DISTINCTION DES SOUFFLES
pos de l'inlerprctation des bruits du cœur. Ces divergences dépendent de ce que l'on considère différemment les rapporta des bruits avec les divers temps des mouvements du cœur. Déjà nous avons traité ce sujet à propos des bruits normaux de cet organe (p. 292), nous devons y revenir avec d'autant plus d'attention que les rapports des bruits et des temps sont ici plus nombreux, et par conséquent plus difficiles à. interpréter.
Corvisart, et le professeur Bouillaud après lui, ont insisté avec raison sur la nécessité de se baser sur la physiologie du cœur, pour bien interpréter les signes cliniques qu'il fournit. Mais au commencement du siècle, et pendant un long temps après, celte physiologie était loin d'être précise comme elle l'est devenue aujourd'hui par l'emploi du cardiographe, dont j'ai reproduit précédemment le tracé. Nous avons vn que ce tracé, qu'il est utile de remettre ici sous les yeux du lecteur (fig. 49), démontre d'une manière très-nette qu'il n'y a, dans l'ensemble de chaque révolution du cœur, que deux actes successifs se succédant l'un l'autre : la systole et la diastole; la systole comprenant la contraction de l'oreillette et du ventricule (4, % 3, 4, 5, 6); la diastole l'état de repos et de réplétion passive du cœur (7, 8, 9, 10).
Pour beaucoup d'observateurs, la systole était autrement comprise. On la considérait comme le premier acte du cœur, « celui, dit Gendrin, dans lequel le sang est chassé du ventricule dans les artères (1) » et auquel correspond l'impulsion que le cœur communique aux parois de la poitrine. Le second acte, la diastole, était celui dans lequel le sang pénètre dans les ventricules du cœur et les remplit. Cette diastole était considérée comme un temps très-court.
Ainsi compris, les actes du cœur étaient l'origine des deux bruits normaux qui se succèdent, bruits correspondant exactement à la systole et à la diastole, et séparés par le petit (1) Gendrin, ouvrage cité.
silence, et le grand silence ou temps de repos du cœur. Le premier, ou petit silence, qui suit immédiatement la systole, était désigné par Gendrin sous le nom de pêrisystole ; le second silence, qui succède à la diastole (second bruit), était la péridiastole, dont la durée était considérée comme
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Fig. 50.
Cycle des mouvements et des bruits du cœur en rapport avec la systole et la
diastole, dans l'état sain.
égale à celle de la systole, de la pêrisystole et de la diastole réunies. Enfin, ajoutait Gendrin, « à l'instant ou le cœur (lisez ventricule) va se contracter et passer à l'état de systole, il y a, à la fin du grand repos du cœur, un moment auquel peuvent se produire des phénomènes morbides, c est
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la périsyslole,... c'est la systole imminente; de même à la fin •du petit repos du cœur ou de la périsyslole, il y a un moment qui précède immédiatement celui de la diastole, que nous appelons prédiaslole (1) ».
Fig. 51.
Cycle des souffles anomaux sysloliqucs et diastoliques, dans leurs rapports . avec les mouvements et les bruits normaux du cœur. - AB, seul point concordant de ces phénomènes.
Ce néologisme, imaginé pour faciliter « l'application exacte de tous les phénomènes pathologiques qui s'accomplissent dans le cœur», portait malheureusement à faux; car il se basait sur des conditions physiologiques erronées. L'intention était excellente; mais les éléments distinctifs diffi- (1J Ouvrage cité, p. 31.
ciles à admettre. Les mots périsystole, péridiaslole, présystole, prédiaslole ne pouvaient évidemment se comprendre qu'avec la systole et la diastole anliphysiologiques rappelées tout à l'heure, la systole étant considérée comme uniquement composée de trois actes synchrones : contraction ventriculaire, choc du cœur, pénétration du sang des ventricules dans les grosses artères; la diastole comme le court moment d'une pénétration et d'une réplétion presque instantanée des ventricules par le sang.
Je n'ai pas besoin d'insisler sur cette distinction erronée. La systole vraie, en effet, comprend, avant la contraction des ventricules, celle des oreillettes (complètement oubliée tout à l'heure), et celle des ventricules eux-mêmes; tandis que la diastole vraie répond à tout l'intervalle qui sépare la fin d'une vraie systole et le début de la systole suivante, diastole pendant laquelle se fait graduellement la pénétration du sang des oreillettes dans les ventricules.
Pour les bruits morbides comme pour l'état sain, c est immédiatement au début de la diastole que se trouve le seul point neutre distinct des mouvements et des bruits du cœur. C'est un point fixe et invariable, d'où l'on devrait a la rigueur faire partir chaque révolution cardiaque. Ce point est représenté par la ligne AB des figures 50 et 51 que nous avons.mises en regard, et qui représentent : 1 une 1 eta physiologique, et l'autre l'état pathologique des bruits et des mouvements du cœur.
11 est si difficile de se défaire des vieilles habitudes scientifiques contractées, lorsque survient une révolution physiologique comme celle qui a été formulée par le cardiographe de Chauveau et Marey, que des observateurs des plus autorisés ont conservé une partie des erreurs et des expression que j'ai rappelées tout à l'heure. On en rencontre encore qu comprennent la systole comme Gendrin, et qui admet e,U vme périsystole comme lui, en la plaçant au moment de la