‹ Traité théorique et clinique de percussion et d’auscultation, avec un appendice sur l'inspection, la palpation et la mensuration de la poitrineChapitre 78 sur 151 · SOUFFLE FOETAL · texte numérisé non relu

SOUFFLE FOETAL

sans prétendre trancher la question, et en rappelant que le toucher est ici un complément obligé de l'auscultation.

3° Bruit de souffle fœtal, souffle ombilical. — Eli dehors du souffle utérin, « on peut rencontrer deux bruits spéciaux : l'un quia son point de départ dans le cœur de l'entant et qui accompagne le second temps (ou bruit), l'autre qui a son origine dans le cordon ombilical, et qui est très-probablement produit par une gêne de la circulation dans cette tige vasculaire, soit parce que le cordon est enroulé autour du cou de l'enfant, soit parce que ce même cordon est comprimé entre le corps du fœtus et la face interne de la matrice, soit entin parce que l'observateur le comprime pendant l'auscultation (1) ». Suivant F. Nsegele, le souffle ombilical aurait une situation variable selon la présentation céphalique ou pelvienne de l'enfant, comme nous l'avons vu pour le souffle utérin.

Le souffle du cœur fœtal paraît dépendre du passage du sang par le trou de Botal, car il cesse après la naissance. — Le souffle ombilical, appelé son ombilical par Kennedy, qui l'a découvert, peut faire soupçonner une compression ou un simple enroulement du cordon, sans que ce signe ait la gravilé pronostique qu'on acru devoir lui attribuer.

L'obstacle au cours du sang qui produit le souffle ombilical ou funiculaire n'est pas en effet exclusivement dû à la compression du cordon, avec ou sans enroulement autour du cou de l'enfant. Le docteur Pinard a démontré que ce souffle se produisait surtout dans l'intérieur des vaisseaux artériels ou veineux du cordon, où il existe de nombreux replis extrêmement développés, oblitérant plus ou moins la lumière des deux. ordres de vaisseaux, parfois d'un tiers, de la moitié ou même des trois quarts de leur dia-

(1) Depaul, Leçons citées, p. 89.

mètre. C'est dans les cas de souffles doubles, permanents, avec maximum éloigné du cœur, queles replis diaphragmatiques étaient le plus prononcés. Berger avait constaté ces replis auatomiquement, quand Pinard eut l'idée de rechercher s'il n'existait pas de rapports de cause à effet entre ces replis et le souffle dit ombilical. Les faits nombreux qu'il a recueillis lui ont démontré que c'est là en effet qu'est la cause habituelle de ce souffle en particulier (1).

4° Bruits de choc ou de frottement par le fœtus. —

Les mouvements perceptibles du fœtus sont un signe précieux de la grossesse. Aussi la recherche des bruits qui en résultent a-t-elle été le point de départ de l'auscultation obstétricale. C'est ainsi que Mayor de Genève et de Kergaradec ont été conduits à leurs découvertes, et que Nauche a eu l'idée de son métroscope pour apprécier, dès le troisième mois de la grossesse, les petites saccades produites par les mouvements actifs du fœtus, avant que la mère pût les sentir et que le ballottement fut sensible par le toucher.

Un premier bruit sec et court a été attribué par Hohl à l'agitation du liquide amniotique par les mouvements de l'enfant. Il constitue un bruit sourd, accompagné d'un choc assez brusque. D'autres fois il y a un bruit de frôlement ou de frottement, qui résulte du mouvement du fœtus, contre les parois de l'utérus. Enfin, il y a quelquefois un bruit de véritable choc, qui provient de la pression brusque d'une ou de plusieurs extrémités du fœtus contre les parois .de l'organe, o>, du déplacement en masse de l'enfant, Si la grossesse est avancée, il en résulte extérieurement des saillies sensibles à la palpation et même à la vue.

Tout l'intérêt pratique de la constatation des bruits dus aux mouvements de l'enfant se rapporte aux premiers mois

(1) A. Pinard, Du souffle fœtal (Gazelle médicale, 1876, page 13 U).

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