BRUITS DU COEUR DU FOETUS
■côté gauche, que les battements s'entendent avec le plus de force (Carrière, Depaul), les pulsations décroissantà mesure ■qu'elles s'éloignent de leur point de départ. Ce dernier fait -a été utilisé pour diagnostiquer les présentations de l'enfant •comme on va le voir.
Signification. — La constatation du signe qui m'occupe ■est la meilleure preuve de l'existence de la grossesse : on est unanime sur ee point. — Quant au diagnostic des présentations du fœtus, on n'est pas généralement d'accord sur les résultats de l'auscultation des battements du cœur fœtal. Depaul est le plus chaud partisan de cette ressource de diagnostic. Il en expose les résultats en divisant le globe utérin par deux lignes fictives, l'une verticale, l'autre horizontale (fig.66.AB, CD), et il pose en principe que les pulsations fœtales se propa-
Fig. 66.
Incliquant le siège et la direction des battements du cœur fœtal, dans la présentation çéph'alique a b, et dans la présentation de l'extrémité pelvienne.
gent de bas en haut en diminuant d'intensité à partir de a ou de b, lorsque la tête se présente, tandis que ces pulsations se propagent au contraire de haut en bas en s'a fa.bhssanl (à partir de d et de c) lorsque c'est l'extrémité pe v.enne. Dans le premier cas, le maximum de force ,1 battements repond à un point voisin du détroit abdomin;, lans le quart inférieur droit ou gauche de l'utérus; et dan le cas de présentation pelvienne, c'est dans un des quar
supérieurs qu'est le maximum perçu, comme le montre la figure.
Cependant celte précision n'est pas absolue. Un assez grand nombre d'observateurs l'ont combattue dans ce qu'elle a de trop positif, tout en admettant que l'auscultation peut servir dans un certain nombre de cas à diagnostiquer les positions et les présentations. Mais tout récemment, le docteur A. Ribémont émit des opinions en désaccord sur plusieurs points avec celles qui ont cours dans la science (1). Par des coupes faites sur des cadavres congelés de fœtus, il a montré que le cœur était à égale distance des extrémités céphalique et pelvienne, et non pas plus rapproché de l'extrémité supérieure. Il a insisté aussi sur ce fait que le maximum des bruits du cœur ne correspond pas toujours à la région vertébrale, et qu'on peut le constater en avant, où le cœur est plus rapproché des parois, et sur le côté gauche, malgré l'interposition du Bras. Il en conclut que l'auscultation seule ne peut suffire pour diagnostiquer la position du fœtus, puisque à son aide on ne . saurait déterminer ni la direction du corps du fœtus, m la région sous-jacente. Il fait d'ailleurs remarquer comme autre cause d'erreur, que la hauteur du point maximum des doubles bruits d'auscultation sur l'abdomen de la femme est différent selon que la tête de l'enfant est ou non engagée dans la cavité pelvienne.
Comme preuves, l'auteur rapporte une vingtaine d observations qui ont présenté le maximum des bruits au-dessous ou au niveau de l'ombilic; dans un seul cas, relatit a une grossesse gémellaire le point maximum, pour un des deux fœtus, a été constaté dans la zone supérieure a la cicatrice ombilicale. Je me contente de ce simple expose,
(1) A. Ribémont, Recherches sur Vanalomie topographique du fœttâ in-folio avec planches, 1878.