MEMBRES
par l'auscultation pratiquée au moyen du dynamoscope. C'est une tige de 10 à 15 centimètres, construite en liège ou en acier, dont une extrémité est destinée à l'oreille de l'observateur et l'autre creusée en forme de dé à coudre, pour recevoir le bout du doigt de la personne a examiner. On perçoit deux sortes de bruits à l'aide de cet instrument : un bruit continu, dit bourdonnement, et des crépitations survenant par intervalles irréguliers et appelées par r auteur pétillements ou grésillements. Le bourdonnement est un phénomène général; les pétillements n'existent qu'à l'extrémité des mains et des pieds.
» Les données fournies par l'étude de ces bruits, étudiés avec beaucoup de soin par Collongues, ne me paraissent pas assez importantes pour être utilisées dans la pratique, si ce n'est peut-être pour la constatation de la mort réelle, le bourdonnement disparaissant graduellement des extrémités vers la région précordiale et l'épîgastre, où il ne cesserait que quatorze à seize heures après la mort.
)) Le bourdonnement paraît être dû à la contraction fibrillaire des muscles (Barth et Roger, Traité d'auscult., 1860), ou plutôt à la contraction musculaire tonique. Ce n'est donc que le bruit rotatoire de Laennec. Quant aux pétillements, qui, de l'aveu même de Collongues, ne s'observent qu'aux mains et aux pieds, cela s'explique aisément: selon moi, ces pétillements sont produits par les tendons qui occupent principalement ces régions. Il m'est facile de démontrer, en effet, qu'ils résultent du glissement saccadé des tendons dans leur gaines. Car si l'on s'applique la main a plat sur le côté de la tête, de manière à en faire correspondre la paume au conduit auditif, on entend le bruit rolatoire ou bourdonnement continu, et, à de rares intervalles, les pétillements ou grésillements de Collongues Or, que 1 on soulève lentement les doigts, seulement pour les porter graduellement dans une extension forcée et l'on