CHAPÎTRE YF
BANQUES JULLEIUNDBS.
Les institutions de crédit que la France possède sont fort imparfaites et cependant elles sont égales ou supérieures à celles deç autres peuples du continent^ la Belgique exceptée. Encore, en Belgique, la concentration des instruments de crédit les plus piiissmts entre les mains du geuvernement ou de compagnies privilégiées est-elle un obstacle^ même dans un pays dont le territoire est peu étendu. L'Espagne^ l'Italie, le Piémont même, en sont encore aux débuts, et dans tout le Nord Torganisation des banques présente encore l'aspect d'une masse où tout est ûon«fondu. En Russie, en Suède, en Allemagne, les banques de circulation n'ont guère servi à autre chose qu'à rémission de por piers-monnaie de formes difiGérentes et de titres divers^ et les entreprises particulières ont été, conune il arrive toujours^ foomprimées par les entreprises privilégiéeà.
Deux sortes de banques s'élèvent en Allemagne au-^iessus des banquiers particuliers : ce sont les associations de crédit foncier, el les banques de circulation destinées à emprunter,, au pcofii des gouvernements, la valeur^e la monnaie métallique. Les sociétés de crédit foncier ont été formées, dans certaines localités, par le gouvernement ou avec son concours; dans d'autres, par des réunions de grands propriétaires qui ont engagé solidairement leurs biens aux porteurs des obligations négociées par les sociétés. Quelques-unes de ces banques foncières émettent des billetsmonnaie. Jacob, dans son Traité sur le commerce des grains, avait fait connaître celle du Mecklembourg; l'ouvrage de M. de Royer, le volume si rempli de faits publié par M. Josseau, par les ordres du ministre du commerce, ont fourni depuis sur ce sujet tous les renseignements désirables.
La circulation des Pfandbrtefe, lettres de gage bu obligations foncières, s'élevait récemment, d'après ce dernier auteur, à la
BiKgiIIS U.T.BMANM», 307
flmmne de 540 mttlioiis ée frases^ répartis de la muttèresuiTante entre les divers États de rAllemagae :
Prusse
S68.3 miDioiiB d* franci.
Hmovre. . « . ■
Mecklembourg. . . .
Saxe .*...,
Bavière
Wurtemberg. . .
Hesse-Electorale. . ,
Btde « t
Nassau
Gailicie. . . . • '
Ces lettres de gage se placent chez les capitalistes en concurrence ayee les titres d'emprunt et les actions de chemins de fer et à un prix assez élevé. C'est le titre qu'on semble préférer à tous les autres^ à conditions égales, dans la plupart des États de TAllemagne.
Les banques de circulation proprement dites ne sont pas nom- Inreuses. L'excellent annuaire de Hûbner, auquel nous empruntons un tableau de la situation de ces établissements pendant Tannée 1851^ n'en compte que dix^ dont deux seulement^ les Banques nationales de Prusse et d'Autriche, ont une importance réelle. Les autres sont, ou des banques territoriales, ou des banques de virement, qui font péniblement quelques opérations de caisse et quelques négociations de capitaux.
La Banque d'Autriche est, on le sait^ une grande fabrique de papier-monnaie. Créée sur Tinitiative de l'État ou j^lutôtpar luimême, elle a fait ou soutenu, depuis qu'elle est fondée, toutes les opérations financières du gouvernement autrichien. Bien qu'elle lasse quelques aflhires avec le commerce de gros et les banquiers de Vienne, elle ne doit p(wt être considérée comme une banque eonunerciaie*
La présenœ du papier d'État dans l'actif de la Banque d'Autriche est dissimulée dans la composition du bilan officiel. L'annuaire aaïqudi est emprunté le taMeau ci-coatre nous apprend que ttir un actif de 182,336.623 thalers^ les engagements de l'Etat entrent poiur 119,390,399. Si à cette sotnme on ajoute l'encaisse métallique, on trouve qu'il n'y a dans cet établissement que 32,966,964 thalers en valeurs autres qu^espèces et papiers d'État..
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BANQUES AUEMANDE8. 309
La Banque de Prusse est moins exclusivement aJDTcctée aux opérations financières du gouvernement, parce que les finances de la Prusse sont moins compromises que celles de FAutriche. Sa constitution est un peu plus commerciale et ressemble assez bien à celle de la Banque de France : elle a dix-huit comptoirs. On voit^ par le tableau ci-dessus, que son encaisse métallique est bien supérieur à sa circulation de billets.
Si l'on excepte la Banque d'Autriche, qui, sous tous les rapports, est placée dans une situation particulière, on observe que les banques de second ordre sont celles qui, proportion gardée, empruntent le plus à la circulation métallique. Dans celle de Dessau, par exemple, le rapport des billets aux espèces est 2 : 7 ; dans celle dç Lubeck, le rapport est 32 : 6 ; dans celle de Rostock,.500 : 117; dans celle de Leipzig, 760 : 398. Partout le prêt sur nantissement est pratiqué sur une large échelle et le crédit est plus volontiers accordé à la chose, à la marchandise, qu'à rhomme.
En Allemagne comme en France, et plus encore qu'en France^ les privilèges empêchent les développements des banques particulières; les paires sont écrémées, si l'on peut ainsi dire, par les banques privilégiées, et il ne reste aux banquiers que des affaires inférieures^ des crédits médiocres sur lesquels il est impossible de fonder un établissement de quelque valeur.
310 UT» lY. GHAPITHI TU.