‹ Traité théorique et practique des opérations de banqueChapitre 112 sur 168 · DES DIVERS SYSTÈMES MONI^TAIRES · texte numérisé non relu

DES DIVERS SYSTÈMES MONI^TAIRES

Les monnaies ont été introduites dans les échanges pour y servir de mesure * : en comparant la valeur des diverses marchandises à un seul type, à la marchandise-monnaie, les hommes ont tenté de donner à leurs transactions plus d'uniforiQité, en même temps qu'ils les rendaient plus faciles et opposaient le prix courant aux entreprises de la ruse et de la force dans les marchés .isolés. Les monnaies sont donc d'autant plus parfaites que leur yaleur est moins variable, qu'elles se rapprochent davantage du type idéal auquel se rapportent tous les contrats particuliers.

C'est pour avoir une monnaie de valeur moins variable que la . plupart des peuples, après avoir pris pour commune mesure la

* Sous la réserve posée^ pages 11 et suiv.

334 Wm IV. CBAFIIMB OL.

deovéedoBt le commeiiee était le plasTépandv^pnvii eiix^, aboi venrn^ l'usage presque exchiûl des méUm% préoiear,

A rorigine, la valeur de la monnaie dép«aâaH exchiBmDifflit de la matière dont ^le était faite. Plu« tard, lorsque l'usage des monnaies s'est répandu et a vieilli dans les sociétés humaines^ de Bianière à y devenir un besoin de première nécessité^ cet usage est devenu lui-même Tune des causes priiMÂpales de la valeur écB monnaies.

§ 1 . — Monnaie métallique.

la monnaie métallique tire à laiois sa v^eur de l&Mjaàièxe dont elle est faite et de l'usage auquel ^Ue sert. Aussi la coasidère-t-on avec raison comme la seule monnaie régulière^ la seule dont les variations soient à Tabri des caprices et des fantassies des particuliers et des gouvernements^ la seule dont les émissions soient toujours^ à la longue, réglées exactement sur les besoins commerciaux.

Plusieurs métaux fournissent la matière des monnaies, et dans tous les pays des actes de l'autorité publique ont fixé le rapport (le valeur dans lequel l'or et Targent seraient employés à la fabrication des monnaies. En France^ on le sait^ la loi du 7 germi-

* Voir sur les monnaies des anciens Rnsses et ndtamment sur l'emploi des fourrures comme monnaie^ le 4;. IV du Cours à* économie politique de Storch. — Au commencement du xvii* siècle, les planteurs des colonies anglaises de rAmérique du Nord noanquaient souvent d'espèees monnayées : alois les paiements s'effectuaient au moyen de la marchandise qui avait le prix courant le mieux établi. En 161 8^ les paiements furent faits en tabac dans la Virgioie 'sar le pied de trois shillings la tivre. £n 1641, ils forent faits en Ué .dans le Massachiasette.^

Le tabac de Virginie servit même à une emplette 4le femmes : c En -1630^ dit uu chroniqueur, sir Edward Sandys, trésorier de la compagnie de Virginie, proposa d'envoyer une cargaison de femmes pour les planteurs qui en wan^oaient. La proposition fui apj^rolivée, et SO-.filifiB; jennes et inmiiéles, furent expédiées en Amérique .: l'année suivant^ on en expédia 60 anties, belles et bien recommandées à la Compagnie pour leur bonne éducation et leurs bonnes mœurs. Le prix oourant d'une femme de la première expédition ' était de iflO livres Hb talKoe ; oiais soit que rarcicle Jftt ^v«Dn irare^ soit que ies femmes de la seconde ;expédition .eussent plus de valeur,, elids fîireai cédées au prix courant de 150 livres de tabac évaluées à 3 shillings la livre. Si une femme était achetée à crédit^ la dette qui résultsût de ce marché était privilégiée et primait toutes les autres. »

BES BIYiaS «illililS li(mÉTAIR£8. ^5

nai an 1[I a décidé <[ael'4iir et l'argent seraieill «stitnés m monnaie aa rapport de valeur de l à i5 1/2, on, «a d^aulres termes^ qu'une pièee d'or ihi poids de 6 graimieft 4dt, serait reçue dans les paiemendiB comme t'équivaleAt 4e vingt pièces d'argent au wèsûQ titre et^ poids de 5 grammes.

Ob «ompr^id assez ^e eette fixation légale n*empèdie point le prix des deux métaux précieux deTarier^non-seulementkjTBqu'ils sont en barres^ mais aussi lorsqu'ils sont sous forme de mcm<naie. Ainsi tantél la valeur de l'or est supérieure et tantôt eile est inférieure au rapport de 15 1/2 à 1^ établi par la loi de germinal an Xi. Des kommes éminents ont pns texte de «ette m(4)ilité des comrs pour iCritiquer la fixation légale d'un rapport de valeur, et qudqœs^uns ont pensé qu'il résulterait de cette fixation de grands incon^nients, si, comme il est probable, le piix de For venait à baisser bien au-dessous du rapport légal.

Cependant il est difficile, surtout chez les peuples qui répugnât à Tusage de la monnaie de papier, de se passer de monnaie d'or. Cette monnaie répond à des bescMhis spéciaux et lègitijnes (fu'il serait difficile de satisfaire, s'il n'y avait pas un rapport de change officiel étad)li par la loi. Kien n'oblige, du reste, le oonnnerpe à en^ployer dans telle proportion la monnaie d'or et dans telle autre la monnaie d'argent : rétablissement par ir%l A'vn rapport entre les deux métaux dans le change des monnaies donne seulement à l'adieteur ou au débiteur la faculté d'opler dans ses paiements entre la monnaie d'or et la monnaie d'argent. 0n se voit pas bien d'où pourrait sortir un danger réel de cette acuité d'opte accordée au commerce.

Qu'arrrr^-il, en effet ? C'est que le commerce emploie et emploiera toujours de préférence celui des deux métaux qu'il trouvera tout à la fois le plus commode et le moins clïer.,l5d le rapport de valair fixé par la loi vi^t à changer dans les marchés et que le commerce substitue dans les paii^nents un métal à Tautre* ia fixation lé^e du Tapp<»^ de change sert à modérer la rapidité du xhafig^Qoent de valeur relative. £n effet, si, comme on paraît le <sraindre, l'or remplace Targent dansia circulation monétaire de laFraiicç!^ Targent^ privé de remploi considérable qu'il tireeno^^ «i^ourd'hui de son tisage c(»nme monnaie, baissera de prix, en même iwaps que l'or, acquérant ua emjploi qu'il n'avait pas mj^

330 LIVBE lY.^GHÀPITBX IX.

parayant, perdra sa valeur moins rapidement. Quel dommage pourrait-il en résulter pour la communauté commerciale ?

Si For, par exemple^ au lieu de valoir 15 fois et demie Targent, baissait jusqu'au rapport de 14 à 1^ il est probable que Targent ne servirait plus qu'aux appoints^ et que les pièces de 10 fr. et de 20 fr. prendraient dans la circulation presque toute la place qu'y occupent aujourd'hui les pièces de 5 fr. La France aurait alors un état monétaire semblable à celui de l'Angleterre.

Car il ne faut pas s*y tromper : bien que la livre sterling^ qui n'était, avant 1816, qu'une monnaie de banque, existe réellement aujourd'hui sous la foime d'une pièce d'or et serve de mon« naiede compte, la véritable unité monétaire est la pièce d'argent, le shilling, commune mesure entre l'ancienne et la nouvelle pièce d'or, qui est la 21« partie de la guinée , et la 20® partie de la livre. Les besoins et les habitudes du commerce ont seuls fait préférer la livre, comme monnaie de compte, au shilling d'argent.

Il est certain qu'une circulation monétaire , dans laquelle Tor occupe la place principale, est sujette à plus de fluctuations qu'une circulation fondée sur l'argent. Mais qu'y faire? On ne peut empêcher que les deux métaux ne soient employés concurremment aux usages monétaires. En exclure l'or par la suppression de tout change légal et certain de ce métal contre Fargent serait une mesure qui blesserait les habitudes reçues et précipiterait la dépréciation de l'or, sans aucun avantage bien évident et bien distinct. Quant à la dépréciation de la monnaie métallique en général, par Tabondance de la production des mines d*or ou d'argent, c'est un fait purement commercial et inévitable dont le législateur n'a pas à s'occuper. Cette dépréciation, si elle a lieu , sera toigours assez Xente pour ne pas troubler les contrats de manière à mettre eu danger Tordre public.

Nous n'avons pas besoin de nous occuper ici des altérations du titre et du poids des monnaies. Les gouvernements des peuples civilisés ont renoncé à cette pratique détestable; ils ont compris qu'il n'y avait aucun bénéfice pour l'État, qui reçoit toujours autant qu'il paie, à diminuer la valeur réelle eh conservant la valeur nominale des monnaies; ils ont compris que cette espèce de fauxmonnayage, autorisant les débiteurs à se libérer par le paiement d'une partie seulement de leur dette, jetait dans tous les contrats

D£S mVEBS SYSTÈMES MONÉTAIRES. 337

une perturbation déplorable et qu'il importait d'éviter. Désormais on peut considérer le titre et le poids des monnaies comme quel* que chose de fixe et qui ne subira guère de variations : on pourra créer des monnaies nouvelles; probablement on ne changera plus le titre et le poids des anciennes.

*§ 2. — />e la monnaie de papier.

Mais la plupart des peuples ont introduit^ à côté de la monnaie métallique, une monnaie de papier; ce sont les billets de banque, payables en espèces , à vue et au porteur. On sait quelles sont leurs propriétés, et comment ces billets remplacent et jettent hors de la circulation la monnaie métallique, et comment ils constituent un système monétaire mixte sur lequel on a beaucoup discuté.

Ce système, à ne le considérer qu'au point de vue monétaire, est-il meilleur que celui d'une circulation purement métallique? Est-il plus mauvais ?

il est inutile de parler ici des émissions excessives et sans motif qui ont préoccupé beaucoup d'esprits. La théorie nous enseigne, et ici la théorie est confirmée par la pratique , que la quantité de monnaie employée dans un pays est réglée uniquement par les besoins du commerce et ne peut s'élever au-dessus de la somme requise par ces besoins, sans qu'il y ait aussitôt une dépréciation. Or toute dépréciation des billets de banque au-dessous de la monnaie métallique occasionne une demande immédiate de remboursement qui modère les émissions des banques. On peut donc affirmer que le billet de banque, payable à vue en espèces, est toujours au pair, comme l'eau contenue dans deux vases commu* nicants est toujours de niveau.

Ainsi , la monnaie de papier a pour le porteur la même valeur que la monnaie métallique, et à l'usage, elle est presque toujours plus commode.

Ajoutons qu'avec un système mixte, lorsque la circulation monétaire se compose d'un papier convertible et d'espèces , le prix des monnaies est moins sujet aux variations que dans une circulation purement métallique.

En effet les besoins et les usages du commerce, sur lesquels est

St* EDITION. ^i

336 uviuE nr. c&apitbe ix.

réglée la quantité de momide en circulation^ sont sujets à varier. Deois une crise purement commerciale^ par exemple, les capitaux sons forme de monnaie sont l'objet d'une demande extraordinaire qui en élère le prix : le besoin de réaliser multiplie les échanges^ elles capitaux appropriés subissent une baissé dont nous avons indiqué les lois ^ La circulation monétaire est-elle purement métallique? EUe ne peut se modifier d'un jour à l'autre : avant que le commerce ait importé du dehors des monnaies et des capitaux mobiliers, il s'écoule du temps^ et pendant cette période les désastres se multiplient ; les réalisations se précipitent et se font à vil prix ; le cours de la monnaie subit une hausse énorme qui finit de jeter du trouble sur le marché du crédit.

Lors, au contraire^ que le marché jouit d'une circulation mixte en écus et en billets à vue et au porteur^ il suffit à la banque ou aux banques d'escompter largement y de manière à augmenter les émissions^ pour rétablir Téquilibre : la monnaie parait sur le marché au moment môme où elle y est demandée, de telle façon que son prix éprouve peu de variations. Tant que la crise dure , les billets émis en excédant restent dans la circulation : • que la crise passe , ces billets, inutiles désormais, rentrent à la banque.

Cette propriété remarquable d'un système de circulation mixte mérite de fixer toute l'attention du lecteur, d'autant plus qu'elle a été singulièrement méconnue par les théoriciens et surtout par Ricardo et par Técole métallique anglaise. Les actes de sir Robert Peel, dictés par cette école, en 1844 et 1845, ont eu pour effet immédiat de priver la Banque d'Angleterre de cette élasticité, si ton peut ainsi dire, qui faisait le mérite principal de cet établissement et qui lui avait permis de rendre plusieurs fois des services signalés au commerce anglais. On s'en aperçut bien lorsque la crise de 1847 éleva tout-à-coup la demande des capitaux évalués en monnaie : sans en bien comprendre le motif et sous la seule inspiration de la nécessité, on suspendit l'acte de 1844 et la crise fut conjurée.

C'est par cette faculté d'augmenter soudain , au moment précis du besoin, la somme de la circulation monétaire que les ban-

« Livre 1", cb. 13 et 14.

DES Dm»8 STSTtaffiS MOIliTÂl&ES. 339

qoes mêmes qui ufQisent le moins lean émissions de billets comme les Banques de France et d^Ai^leterre^ sauvent quelquefois le conunerce des dernières extrémités.

Il semble que ce soit un paradoxe de dire que le besoin de monnaie augmente tout-à-coup dans des proportions considérables sous Tempire de certaines circonstances. On croit généralement que la prévoyance du commerce, les importations, etc., suffisent à maintenir un équilibre constant entre l'ofiFre et la demande y parce qu'on ne tient pas compte d'un grand élément ^^s affaires humaines, du temps. Cependant il n'est pas un homme d'affaires un peu expérimeuté qui n'ait vu quelqu'une de ces crises, et il suffit de jeter les yeux sur le tableau du cours de For monnayé et de l'or en barres, pendant la panique de 1848, pour voir à quel point les besoins sont impérieux en certaines circonstances , et combien les espérances les plus prochaines et les plus certaines suffisent peu à les satisfaire. En 1848, au moment où For en barres valait seulement 30 francs, par 1,000, où il pouvait sous huit jours être converti en monnaie, Tor monnayé se vendait 120 fr. par 1 ,000 ! Que représentait cette différence de prix ? Huit jours d'attente, pas davantage.

Jamais la supériorité d'une circulation mixte sur une circulation purement métallique ne fut plus sensible que dans la grande crise qui, à la fin de 1825, bouleversa le marché de Londres. Des emprunts à l'étranger, des spéculations de toute sorte à Tintérieur, des jeux de Bourse avaient absorbé, pendant les années 1823 et 1824, la somme des capitaux disponibles sur la place de l^ndres*.

« On a calculé depuis la crise que le nombre des projets lancés en 1824 à la Bourse de Londres était de 243, au capital nominal de 248 millions sterling, sur lequel 43,062^608 livres étaient payées. Restait donc nne dette connue et déclarée de 204,937,392 liv. En ajoutant à ces projets ceux qui s'étaient produits dans les provinces, on trouve que la somme demandée aux capitaux disponibles de l'Angleterre s'élevait à 350 millions sterling ! La plupart de ces projets avaient pour but l'exploitation de mines d'or et d'argent en Amérique. Les actions jouirent presque toutes, durant l'année 1824, dune prime fort élevée. Sans parler de la grande compagnie d'assurance fondée par la maison Rotschild, l'action de 100 livres de la compagnie anglo-mexi-^ caine, sur laquelle 10 livres payées, jouissait au 10 décembre 1824 d'une prime de 33 livres, celte de la Colombienne dans les mêmes conditions, ga~ gnait 19 livres. La compagnie de Real-del-Monte, dont l'action était de 400 livres, dont 70 payées, se cotait à 550 livres et à 1550 livres, le 11 janvier

340 UVBS IV. GHAFITBS IX.

L'ensemble de ces opérations avait donné lieu à des créations de papier dont une partie avait été escomptée par la Banque d'Angleterre. Les choses étaient en cet état, lorsque les besoins du change et peut-être des émissions de billets inopportunes firent sortir des caisses de la Banque six millions sterling ; vers la fin d'avril 1825^ cet établissement éprouva le besoin de restreindre sa circulation et réduisit brusquement ses escomptes. Les sorties d'espèces^ qui avaient lieu par l'effet d'engagements antérieurs, ne cessèrent point : en septembre, rencaisse, réduit encore de quatre millions de livres, ne s'élevait plus qu'à trois millions : la Banque restreignit encore ses émissions ou, en d'autres termes, réduisit ses escomptes.

On comprend que dans une situation aussi tendue que celle où se trouvait alors la place de Londres, lorsque chacun avait usé de son crédit jusqu'à l'extrémité, une réduction soudaine des escomptes dut produire des effets très-graves. Dès le commencement de novembre, la gène fut grande : le 29, on apprit qu'une grande maison de banque venait de suspendre à Plymouth, puis d'autres à la suite : le 12 décembre, la maison Pôle et Thornton, Tune des plus anciennes de la Cité, qui correspondait avec 47 banques provinciales, suspendit aussi et donna le signal d'une panique sans exemple; le lendemain, une autre grande maison de la Cité, Burgess et C'*", suspendit également, puis deux ou trois autres, et la déroute fut universelle, a On ne regardait plus, disait un journal, si les effets présentés à l'escompte étaient bons ou mauvais ; il était impossible, à quelque condition que ce fût, d'obtenir des fonds. » Les caisses des banquiers étaient vides, leurs réserves en rentes et billets de TÉchiquier irréalisables : ils assiégèrent la Banque, où ils ne trouvèrent, comme les jours précédents, que des refus obstinés.

Un jour encore s'écoula dans une sorte d'agonie : « La question, a dit depuis dans une enquête un des directeurs de la 'Banque, n'était plus de savoir qui manquerait, mais bien qui pourrait tenir? » La panique de Londres avait son contre-coup dans tous les comtés.

1825. La compagnie Mexicaine-Unie dont l'action était de 40 livres, sur lesquelles 10 livres payées, jouissait d'une prime de 35 livres!— Yoy. T. Tooke, t^istoTu of criées.

DIS DIVERS STSTÈMIS MONÉTÀIBES. 341

Enfin, à la dernière extrémité, la Banque changea brusquement de système : elle escompta largement, fit des avances sur des titres de rentes et sur billets de FÉchiquier : une boite dans laquelle on avait mis pour 600,000 /. de vieux billets de 5 livres* destinés, en exécution de la première loi de l'école métallique^ à être retirés de la circulation^ fut comme découverte dans les caisses : ces billets furent aussitôt répandus au dehors par des escomptes. Le mardi, il semblait que les émissions ne pussent être assez réduites ; le mercredi, il semblait qu'elles ne pussent être assez étendues; et le samedi^ rencaisse métalllqute^ les billets, tout était dehors.

On a dressé le tableau suivant du mouvement des émissions de la Banque dans cette période; il est remarquable :

1825, septembre, 3

1825, décembre, 3

— novembre , 5

L'effet de ce changement de système de la part des directeurs de la Banque fut prompt et excellent. Les paiements reprirent aussitôt et la liquidation s*opéra sans trop de désastres. Il n'y avait aucun doute sur la cause qui avait arrêté la panique : toutefois l'école métallique n'abandonna pas un iota de ses théories et continua plus que jamais de faire la guerre aux billets de 5 livres.

Tels sont les avantages d'une circulation monétaire mixte dans laquelle le papier de banque occupe une place importante. Ces avantages, éprouvés plusieurs fois à Londres et à Paris, ont un prix inestimable sur ces places agitées.

Ne croyez pas toutefois, quoiqu'on le dise souvent, que les banques, en ce cas, créent des capitaux pai* leurs émissions. Le billet de banque n'est toujours qu'une promesse, mais une promesse dont le public a l'habitude de faire usage de monnaie. Par l'escompte et l'émission qui en est la suite, la Banque substitue son crédit à celui du banquier et du négociant dont elle a pris le papier. Sa promesse va de main en main, substituant à

• V. Tooke, History of priées,

' JopUn's Examination of the report of joint itoeh hanks committee.

342 tfTBS IT. CEàPimB ts.

chaque paiement^ le erédit de la Banque à cehd d'un B(m^^u particulier : les eompemations s'opèrent^ les crédite s'éleîgiimt josqu^à ce qu'on arrife à l'empioî dan» lequel le capital reptésente par le billet ya s'arrèier. Le Inllet^ alors, par une Toie eu par Tautre^ rentre à la Banque et tout reprend son assiette ordinaire, fie déplacement soudain de capitaux qui avait donné lieu à ta crise commerciale s*esft opéré par un déplacement de erédits.

§ 3. — JOt* papîer^mtmnaie.

Les billets de banque, payables à vue et au porteur^ sont de la monnaie de papier : ils ne sont point du papier-monimie. On a réservé ce nom à des titres sur lesquels le gouvernement qui les émet ou qui autorise leur émission, n'a stipulé aucune promesse de remboursement ou n'a stipulé que des promesses auxquelles il a manqué.

La monnaie ordinaire tire sa valeur de la matière même d<mt elle est faite et aussi de Tusage auquel elle sert. Le chiffon de papier auquel un gouvernement donne cours forcé de monnaie, ne tire aucune valeur de sa matière; mais il peut servir à Tacquittement des créances existantes et au paiement des contributions publiques : cela suffit pour lui conférer une valeur qu'il n'obtiendrait jamais auprès d'un peuple peu avancé dans la civilisation^ chez lequel les créances particulières et les contributions publiques ont toujours assez peu d'importance.

La valeur de ce papier, résultant uniquement de Tusage au* quel il sert, est limitée par cet usage même ; si les émissions étaient médiocres, le papier-monnaie pourrait valoir autant que la monnaie métallique. Mais dès que les émissions excèdent le chiffre inconnu que l'usage et les besoins ont âxé, sa dépréciation cpmmence, et suit, en raison directe, le progrès des émissions.

Si nous évaluons à 100 la quantité de papier-monnaie que comporte remploi dont ce papier est susceptible, toute émissi(m qui excédera ce chiffre de 100, n'ajoutera rien à la valeur totale de la circulation : elle ne servira qu'à déprécier le papier-monnaie précédemment émis en même temps que le nouveau, dans une proportion facile à calculer d'avance. Si, par exemple, l'emploi utile du paper-monnaie égale 100, et que i'émiasioa Mût de

DIS fonm wtnÈtoB imnlTÀiBis. 343

100, ce papier iraui la monnaie métallique^ et on pourrait le coofartff en biUet échangeable à vue contre espèces^ sans qn*tt aoittt pour ceb de la drcnlatîon. Mais il est rare que le eouni teGé de memaie Mit altriboé à \m papier sans inlentieft d'en forcer les émissions : l'histoire n'en fournit peiii^e qu'un seul ezonple^. Supposons donc que les émissions soient povtées à 135 : la totalité du papier émis ne vaut cependant que 100 : eliaque Miel perd une partie de sa valeur dans le rapport de 25 à 100 on de 1 à &; cinq francs en papier^rnoonaie, par exemple^ ne va«« droBt {dus que qnatre francs de monnaie métallique. En ajoutant 35 à la somme du papier monnaie en circulation^ le gouverne^ ment aura réduit dans la proportion de 1/5 chaque billet antéheunment émis, dans la main ou dans la caisse du portent Comme transfert de propriété, le résultat est le même que s*il avait pris de vive force 1/5 de toutes les sommeada p^piei^GQQi^ naie possédées par les particuliera.

Il faut observer que, dans la supposition faite ci-dessus, la somme de 25 émise en excès par le gouvernement perd, elle aussi, 1/5 de sa valeur, soit au change contre la monnaie métallique, soit pour l'achat de services personnels ou de marchandises. Les émissions continuent^elles et atteignent-elles en somme le chiffre de 150? La valeur totale du papier-monnaie n'a point varié ; elle est toujours égale à 100. Les dernières émissions ont réduit la valeur de chaque billet en circulation dans le rappjrt de 100/150 : chaque billet perd donc 1/3 de sa valeur primitive, les derniers émis par le gouvernement, comme tous les autres.

Si les émissions continuent jusqu'à 200, jusqu'à 500, jusqu'à 1,000, la valeur de la somme totale du papier-monnaie n'en est point altérée; elle reste toujours égale à 100, tandis que la valeur de chaque billet est réduite exactement en raison des émissions, de telle sorte que chaque billet vaut seulement 1/2, 1/5, 1/10 de ce qu'il valait au commencement. Pour prendre un quart de la valeur de la somme du papier-monnaie lorsque les émissions ont atteint 1,000, il faut donc recourir à une émission nouvelle de 300, tandis qu'à Torigine, le même résultat eût été obtenu par

* Le déeiet qui donna, cours forcé aox billet» de la Banque de France, en 1948.

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une émission de 33. Ainsi plus les émissions ont excédé les besoins, plus la dépréciation est grande, moins les émissions de papier-monnaie produisent au Gouvernement. On a vu deux fois • en France, pendant le dernier siècle, jusqu'où pouvait conduire l'abus de cet expédient hasardé.

La plupart des créations de papier-monnaie sont faites avec pnMnesse de payer plus tard en monnaie métallique le papier émis. Aussi les cours sont affectés non-seulement par Tabondance des émissions, mais aussi par la confiance qu'inspire le gouvernement duquel émane la promesse. Sans parler des inddents de Thistoire des assignats dont le nom seul soulève encore des passions, on peut voir par le» variations du cours du papier continental émis par les États-Unis dans la guerre de Tf ndépen-dance, que le prix de ce papier éteit affecté presque autant par les 4y^némêtttS pcîitiîiùés que par Pabondaûce deS émissions. Ea 1776, il figurait dans la circulation pour neuf millions de dollanf et niavait pas subi de dépréciation sensible; en avril 1778, les émissions s'élevaient à 30 millions: la dépréciation naturelle aurait donc dû être dans le rapport de 3 1/2 à 1 ; mais comme Tissuedela guerre étaittrès douteuse, six dollars de papier ne valaient plus qu'un dollar d'argent. En juin suivant, la France était intervenue et la capitulation de Burgoyne assurait le succès de la cause américaine ; alors, bien que les émissions eussent atteint 45 millions, le papier-monnaie n'était déprécié que dans le rapport de 4 à 1. Mais en février 1779, l'excès même des émissions fit penser que jamais ce papier ne serait remboursé, et la dépréciation fit des progrès rapides; à la fin de l'année 1780, elle avait atteint la proportion de 80 à 1.

Le papier-moûnaie ne peut fournir à un gouvernement que des ressources très-bornées, et il apporte dans les transactions privées des perturbations fréquentes et déplorables : il altère la fidélité due aux contrats; il déplace de la manière la plus Inégale et la plus arbitraire les fortunes particulières, et trouble bien autrement la société qu'une levée d'impôts équivalant aux capitaux obtenus par les émissions successives. L'impôt pourrait être dur, vexatoire, odieux; il affecterait même les contrats de crédit en rendant les capitaux mobiliers plus rares et plus cbers; mais les créations successives de papier à cours forcé sont plus fâcheuses,

BE8 BIVEB8 STtliafÈS IfONiTAIBXS. 345

parce qu'elles exercent la même influence sur le marché des capitaux mobiliers, et changent en même temps la valeur qu'il importe le plus de maintenir invariable, celle de la monnaie.

Cependant la plupart des gouvemements modernes ont eu recours au papier-monnaie qu'ils n'ont pas inventé. Ce moyen d'exaction ne fut pas inconnu aux anciens; on s'en servit à Carthage^, et Haiipo-Polo en trouva Tusage établi en Chine ^^ avant 'que les gouvernements européens y eussent songé et lorsqu'ils se bornaient à amenuisier la monnaie^ c'est-à-dire à en abaisser le titre».

* « Les Carthaginois^ dit Eschine le philosophe^ cité par Heeren^ se servent de la monnaie soivante : dans un petit morceau de cuir ils enveloppent

'quelque chose de la grosseur d'une pièce de quatre drachmes; mais ce que c'est que la chose enveloppée^ voilà ce que savent seulement ceux qui l'ont confectionnée. Puis^ cachetée^ on la met en circulation ; et celui qui en possède le plus est regardé comme ayant le plus d'argent et étant le plus riche. Mais quelle que fût la quantité qu'en posséderait un homme chez nous, il n'en serait pas plus riche que s'il avait autant de cailloux. »

' <x Dans la ville de Kban-Balikh est la monnaie du ^rand Khan^qui pourrait passer pour posséder le secret des alchimistes^ car il a l'urt de produire de l'argent au moyen du procédé suivant : il fait enlever l'écorce des mûriers avec les feuilles desquels se nourrissent les vers à soie. On en prend la partie intérieure, celle qui touche le tronc de l'arbre^ et on la pile dans un mortier^ jusqu'à ce qu'elle soit réduite en une pâte dont on forme du papier semblable à celui que l'on obtient du coton^ mais plus fbncé. Quand il est tout préparé^ on le coupjB par morceaux de différentes grandeurs^ carrés, mais plus longs que larges^ et qui sont censés valoir, les uns un denier tournois, les autres un gros de Venise^ d'autres enfin 2^ 5 et 10 gros^ jusqu'à JO pesants d'or.

» Ce papier se fabrique avec autant de cérémonie que si c'était de la monnaie d'or et d'argent; les divers ofQciers préposés à cet effet ont soin d'apposer dessus leurs noms^ leurs cachets; et, finalement, le garde du sceau royal trempe dans du vermillon le scel qui lui est confié, en marque tous les morceaux de papier pour achever de leur donner un caractère authentique. Quiconque contrefait la marque de ce â^au est puni de mort.

» Ce papier est ensuite répandu dans tous les domaines de S. M., et per* sonne n'ose, sous peine de la vie^ refuser de le recevoir en paiement. Les individus qui ont en leur possession du papier-monnaie détérioré par suite d'un long usage n'ont qu'à le porter à la Monnaie, où, moyennant un léger droit dé 3 pour 100, on leur en remet de neuf en échange. » Mareo-Polo. Koblal-Rban l'empereur, dont parle Marco-Polo, fut bientôt obligé d'abolir son papier-monnaie. Le gouvernement chinois en a depuis cette époque créé plusieurs fois. — Voy. dgns le Journal asiatique, les mémoires curieux de M. Ed. Biot sur le papier-monnaie chinois.

* Gommines parle d'une monnaie de cuir mise en circulation par celui de nos rois qui falsifia le plus souvent les monnaies, le roi Jean.

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ht» Étot8-Uni» pendant la giMTfe deriodépeadaiieet eitoiuiks peuples de TEuiope diinail la guerre de k EéYehftkm el de YEatpire, oui eu reeeurs au papierHounuiaie; mais il» n'oat pas toos poussé les émimoiBs à TexIrèiBey de Idlesorte (fse leurs bîtlets Mi conservé une valeur et sont restés dans le oommeree en Anglelerre^ en Allemagne, en Russie.

Partout le papier-monnaie a ^ eensidéri à jmrte titre eomae «a expédient extrême et dangereuse, eomme une ressouree dep» nière dans les tempe difficiles» La seienee et Topinmi en ont proscrit la création toutes les fois que leur voix n'a pas été eouverte par le cri de la nécessité. En effet, outre les inconvénients qui accompagnent ses émissions^ à la paix même^ le papier-monnaie laisse encore aux peuples qui l'ont em^yé un pri^ème re^ doutaMe à résoudre, celui de savcnr ecmunent on reviendra à remploi exclusif de la monnaie commerciale^ métallique et fidueiaire, ou même si on y reviendra.

Quelques pays^ FAutricbe entre autres^ sont restés dans l'usage du papier-monnaie en suivant à peu près les procédés du grand . Khan dont parle Marco-Polo. On reste ainsi sana peine, mais non sans dommage, dans le régime du pajôer-monnaie.

L'Angleterre et la Russie en sont sorties par deux voies opposées. L'Angleterre, sur l'initiative de sir Robert Peel, a réduit successivement les émissions des biUets de banque^ de manière à revenir au pair; puis elle a rétaWi les paî^nents, rechange à bureau ouvert des billets contre espèces et transformé le papiernMmnaie en monnaie de papier.

Cette transformation a eu sur tous les contrats des eifels fort graves. Car si les émissions excessives de papier-monnaie diminuent la valeur de ce papier, la réducticm des quantités émises I augmente cette valeur de la même manière, mais en sens inverse. I Les contrats se trouvent donc altérés au détriment des débiteurs, comme ils avaient été altérés, lors des émissions, aux dépens des créanciers, et une telle mesure doit nécessairemient afEecier en baisse la plupart des transactions.

L^empereur de Russie est revenu du papier-^ncmnaie à la monaaie de papier par un moyen plus judicieux et plus équitaMe» 11 a fondé une banque de circulation et de dépôt; puis, par une déclaration en date du V juillet iS3d, il a décidé que Fancien rou-

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DIS DCTIBS nSTim MQHÉIJUBES. 347

Ut de p^fiftt unit éduoigé contre eqpèeee ou contre bittcte de latenque impMale au cours de troieet demi pour un, c'eeVàdire au coues du jour oà la dédaration était puUiée. Ainsi la traontioa a eu liwien Russie sane secousse et sans nouvelle alté* iatioft<de contrats; et aftn d'accélérer l'échange, la Banque împèliale a augmenté ses émissiona en achetant po«ir 50 millienf» de renie à la Banque de France, payables à Saint-Pétersbourg. On ne pouvait conduire plus habilement les opérations qui ont mis in au régime du papier monnaie dans TEmpire russe.

Ce court eiposé des lois qui régissent les variationn du papieemennaie, suffit pour Dure comprendre combien étaient excesaiii les projets de ceux qui, récemment, proposaient de mobiliser^ au moj^Di d'un pi^er à cours fœrcé y la plupart des créances hypothécaires qui existaient en France, il s'est agi d'une émis-* sian de deux et de trois milliards, somme très -supérieure aux besoins que le papier-monnaie peut satisfaire et dont la présence sur le marché aurait i^oduit une déiHréciati(»i soudaine et considérable, une grave altération des contrats au détriment des créaneierB.

Mais ceux qui fûsaioit ces propositions étaient frappés des résultats déplorables d^une hausse énorme des capitaux tnobilins sous l'influence de la panique politique : ils voyaient chaque jour transftxer des valeurs considéFables, sans causes commerciales, des débiteurs aux créanciers, et ils voulaient établir une compensatieai qui, dans le mom^t où ils la demandaient, n'eût pas été injoste. Leurs projets excédaient le bot j l'inertie dans laqueUe û convint m gouvonement d'al<»rs de se tenir ne permit pas de Tatteindre : elle fut avantageuse, bien au-delà de ce qu'exigeait la justice, aux capitalistes et aux créanciers en général. 11 eût été peotrètre heureux pour le pays que le gouvernement eût été forcé de demander à la Banque une avance de 2 ou 300 millions. Cette avance, dont Teifet immédiat eût été une légère d^NTéciatian du billet-monnaie^ aurait rétabli l'équilibre et per- BBS la résolutioin des contrats dans des conditions équitables , de telle manière que la valeur reloue au créancier eût été égale à la valeur prêtée.

Le papier-monnaie oflfre des ressources proportionaellement plus considérables dans un pays demi-barbare, que dans un pays

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ciyiliBé, parce que dans le premier il faut plus de monnaie que dans le second pour efiectuer une quantité d^échanges déterminée. Le papier à cours forcé remplace et chasse la monnaie métallique sans en économiser Fusage en aucune façon, et sans imprimer au commerce de nouvelles habitudes. La monnaie dé papier qui se répand par la persuasion et non par la force, ne peut au contraire se propager qu'en changeant les habitudes^ en introduisant Tusage des crédits de banque et en économisant l'usage de la monnaie. Aussi^ lorsque le papier à cours forcé vient dans un pays civilisé remplacer la monnaie de papier^ ses émissions sont restreintes par les limites étroites où était renfermé le papierde banque. Des banques de circulation nombreuses sont donc le meilleur préservatif qu^on puisse employer dans un pays contre les abus du papier-monnaie.

Encore une observation qui pourra servir à faire mieui comprendre le caractère du papier-monûaie. Sa création produit les mêmes effets sur les contrats qu'un abaissement du titre des monnaies de métal. Toutefois, il y a cette différence que la dépréciation de ces monnaies a une limite dans la valeur même du métal fourni comme monnaie, tandis que la dépréciation du papier n'en a point et ne se trouve toujours, à la fin, réglée que par les émissions ^

On peut assimiler au papier-monnaie les monnaies d'appoint, comme celles de cuivre, qui tirent de leur usage, et non de la matière avec laquelle elles sont faites , leur principale valeur. Hais ces monnaies, qui existent dans presque tous les pays, occupent dans les affaires une si petite place qu'elles ne fournissent guère la matière d'opérations de change ou de banque, et il n'y a pas lieu d'en parler ici. Cependant cette monnaie a donné moyen d'émettre d\x papier dont l'apparence est fiduciaire et qui, en réalité, a un cours forcé. Ainsi, lorsque le gouvernement, comme on l'a vu dans plusieurs E^ats du nord de l'Europe, fonde une ban-, que de circulation dont le papier est remboursable en monnaie de cuivre^ il crée un papier-monnaie susceptible de se déprécier jusqu'à concurrence de la valeur intrinsèque du cuivre.

* J'ai exposé avec un peu plus de développements la théorie du papiermonnaie dans Tarticle papier* monnaie du Dictionnaire d* Économie poli-' limite.

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Quelquefois même on a vu franchir cette limite^ comme le gouvernement russe S lorsqu'il défendit, sous des peines très-sévères^ Texportation et la fusion du cuivre^ afin de pouvoir tenir plus de papier de banque en circulation.

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