‹ Traité théorique et practique des opérations de banqueChapitre 137 sur 168 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

DBS C<Wm» C0D1UNT8.

l^ compte courant de banque est le résumé sommaire de touim let tninsactiona qui ont lieu entre deux banquiers ou win un banquier et son client, pendant toute la durée de la période comprise dans ce compte.

|1 y a des oomptei courants sans intérêt de part ni d'autre» ainsi^ à la Banque de France^ les déposants ne reçoivent aucut intérêt des sommes qu'ils ont déposées, et la Banque ne leur fait aucune avance autrement que par l'escompte ou par prêt sur dé** p6t d'effets publics^ matières d'or ou d'argent, actions de che-* mins de fer. L'ayant compte est tonjours créditeur et ne bonifie aucun inlérèt contre la Banque. Il en résulte que le compte cou* rant proprement dit ne donne jamais lieu à un calcul d'intérèli at qu*il se réduit à une ))alance de capitaux^ qui varie à mesure (ue l'ayant compte tire ou remet.

Il y a des comptes courants dans lesquels l'intérêt court à m (aux égal de part et d*autre : il y en a dans lesquels il court | un taui différent : de là deux manières différentes de tenir le| comptes courants.

§ 1. — Comptes courante avec égalité d'intMi déport ^t

(fautre.

ancienne méthode. — Toute somme reçue ou payée en compti courant porte intérêt au taux convenu au profit de celui qui la verse^ soit à dater du jour où elle est réellement versé^^ soit à un autre terme (Ué par les conventions. Ainsi, par exemple^ IfiOOfif* espèces^ versés aujourd'hui en compte courant che^ un banquieTj ne produisent quelquefois intérêt que 10, 20 jours ou j^us ajur^ 1$ versement; si les effets sont admis directement »t sans esoonppte préalable en compte courant, un effet sur place i, 45 imm, qfifiir

que remis aujourd'hui^ ne portera iDtérèt, m plut tôt, que dans 49 Jours. En matière de compte courant ^ Tépoque où une (lomme commence à devenir productive d'intérêt, à quelque titre que oe soit^ se nomme échéance. L'intérêt court du Jour de Téchéance au Jour où le compte est arrêté. 8i ratrèté a lieu le 31 décembre, par exemple , Teffet^ quelle que soit la date de son entrée et de son encaissement, dont le montant entre en valeur au 15 novem* bre^ ne porte intérêt que pendant 46 jours; la somme avancée le 20 décembre ou les valeurs antérieurement fournies réalisables k Cette échéance, ne produisent intérêt que pendant 11 jours*

Afin de simplifier les comptes courants, dand les maisons surtout qui font les recouvrements et par les mains desquelles il pasM un grand nombre de petite effetsychaque remise de valeurs de la part de 1 ayant compte e^t escomptée au jour de la remise^ et le net produit seul est porté au crédit en compte courant. Cette mjMfiière de passer écriture fait supporter à l'ayant compte l'escompte des effets même dont il n'aurait pas touché le montant^ de sorte que l'intérêt court contre lui sur la somme brute énoncée en bon bordereau, tandie qu'il ne court à son profit que sur le net ptih duit. Ajoutons que le plus souvent, sinon toujours^ le taux de riatérêt n'est pas le même de part et d'autre. Mais cette manièie de pasfter écriture abrège tellement left comptes^ qu elle est préférable h toute autre, et il convient de rinscrire toujours dans les conditions générales du compte courant^ sauf compensation équitable accordée à l'ayant compte. La compensation est fiioile : ainsi, Fititérêtqui court en faveur du banquier est ordinairement un peu plus élevé que celui qui court en faveur de l'ayant oompte. Hièû n'est plue facile que de réduire ou de supprimer la différence , et de convenir que le produit net de chaque remise sera eetil inscrit au crédit de l'ayant compte.

De banquier à banquier, il n'est pas môme besoin de s'oocuper de cette difficulté^ puisque les comptes se balancent le plue bûii«> vent par une suite de remises récituroquee, de telle aorte que par lee éléments mêmes du compte , les différences étant tantôt en faveur de l'un^ tantôt en faveur de lautre^ se compensent natuK rellement.

Cendant on tient encore un grand nombre de comptes cou» fttta en ferme de ««nptea d'eflUi, si Ton peut ainsi dire^ avee

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écriture de chaque effet séparé , valeur à son échéance ^ de telle sorte que la tenue de ces comptes prend encore , chez la plupart des banquiers, un temps considérable.

11 ne peut en èt^ autrement lorsqu'on reporte au livre des comptes courants tout le détail des traites et des remises, qu*au lieu d'inscrire le net produit de chaque bordereau, on recommence à établir effet par effet tout le détail du compte et que les opérations faites et inscrites jour par jour ne deviennent défini- «tives que le jour où le compte est arrêté.

Quoi quUl en soit, Farithmétique est toujours la même. Pour établir un compte courant du 1*' juillet au 31 décembre , par exemple, on peut faire au crédit et au débit le décompte de Fintérèt produit par chaque somme du jour de l'échéance au 31 décembre, additionner ensuite les comptes partiels, balancer la somme de ceux du débit avec la somme de ceux du crédit, ajouter la différence aux capitaux de celui auquel elle appartient et balancer le tout.

En effet, Tintérèt d'une somme versée, valeur au 1*' novembre, a bien couru, au profit de celui qui Ta versée, jusqu'au 31 décembre, et ainsi des autres sommes. Le compte des intérêts récipro* ques se solde nécessairement par la différence des intérêts courus au débit et des intérêts courus au crédit. Cette différence est le seul chifire qu'il importe de connaître , puisqu'elle est Tobjet même du compte.

Pour abréger le calcul, au lieu de rechercher et d'inscrire successivement au crédit et au débit Tintérêt de chaque somme entrée en compte, on recherche seulement le nombre, c'est-à-dire le produit de chaque sonmie multipliée par le nombre des jours pendant lesquels l'intérêt a couru: en d'autres termes, la somme dont l'intérêt pendant un jour serait égal à l'intérêt cherché. On inscrit successivement chacun des nombres obtenus dans une colonne spéciale. ^ , *

Le jour où Ton règle le compte, soit le 31 décembre, l'addition de la colonne des nombres^ tant au crédit qu'au débit, donne une somme égale à celle dont l'intérêt pendant un jour serait égal à la somme des intérêts courus au profit de chaque somme, tant au crédit qu'au débit : donc en cherchant l'intérêt de la somme des nombres, au crédit et au débit, par la division indiquée plus

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haut ^y on aurait le montant de l'intérêt dû à chacune des deux parties du compte : une soustraction ferait ressortir la différence' cherchée.

Mais il est plus simple encore de relcYcr d'abord la différence des nombres et de calculer Tintérèt sur cette différence. En effot, par ce moyen ^ qui n'altère en rien le résultat définitif^ on ne fait qu'une division au lieu de deux^ et avec un dividende plus petit.

Avec cette méthode, dans un compte courant composé seulement de cent articles , on ne fait qu'une division au lieu de cent^ et on n'achète cet avantage qu'au prix de l'addition des nombres, plus élevée , il est vrai, que Faddition de Fintérèt produit par chaque somme.

Dans les maisons, en très-grand nombre, où les comptes cou* rants sont tenus suivant cette méthode, le livre se règle^ au crédit et au débit , comme le bordereau d'escompte dont nous avons reproduit le modèle. Quelques maisons, pour rendre les vérifications plus faciles, ajoutent à gauche la date d'entrée; presque toutes , le folio du journal où l'article est inscrit; la plupart règlent simplement comme le bordereau de négociations. Comme les comptes courants sont toujours relevés t6t ou tard et qu'il est bon de rappeler au correspondant la date de chaque remise , il est plus convenable dUnscrire les dates d'entrée.

Prenons un exemple simple et tel que les calculs puissent être facilement faits, même sans le secours de la plume, sur un petit nombre de sommes, sans changes ni commissions d'aucune part, en supposant que chaque négociation ait été passée par son net produit. On comprend assez que les calculs auxquels donne lieu le net produit d'un bordereau pourraient aussi bien être détaillés effet par effet et que les règles du compte par^ bordereaux s'ap^ pliquent sans modification aux comptes par effets. Le livre s'établit et se règle de la manière indiquée ci-contre :

■ Voir pages 4A2 et suîv.

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