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Le compte courant remis au client en fin de trimestre ou de semestre n'est autre chose que la copie exacte du livre.
Il est vrai que-cette manière de tenir les comptes courants ne peut convenir aux comptes d'effets, comme on les établit cbei un grand nombre de banquiers de département. Mais plus on réûécbit, plusonreconnalti'impossibilité de tenir d'une manière exacte un comptecourant de papier, lorsque le taux de l'intérêt qui court au proBtde l'un et de l'autre des ayants compte n'est pas le même.
En effet, rien n'est plus fréquent que de voir les remises et les échéances des efTets remis, suivre un ordre différent. Telle remise du 1" octobre contiendra des valeurs payables fin décembre, tandis qu'une remise du 1" novembre contiendra des effets payables au IS, au 25 de ce môme mois. Alors comment établir le compte courant au jour de l'entrée T Comment se reconnaîtra, même en fin de compte, au milieu de cet amas d'échéances inscrites sans ordre? Il faudrait décomposer et refaire le compte courant par ordre d'échéances, aller chercher la date des eooaiasemenls et des décaissements réels, travail énorme et dans leqa«i abondent les chances d'erreur.
Il n'y a qu'une manière simple et claire d'établir les con^pMi courants lorsque le taux d'intérËt n'est pas le mémo de part «I
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d'autre : c'est celle qui consiste à réduire au préalable^ par 1%^ compte, tout le papier entré et sorti en articles de caisse, et à faire ensuite le décompte des mtéréts dus de part et d^autre. Si le banquier est un commissionnaire pour le placement des capitaux, il est aussi, et avant tout^ un caissier qui achète et vend du papier de commerce^ mais dont toutes les opérations doivent être faites au comptant et passées à l'instant même en résultats définitifs.
Cest ainsi que la banque est comprise à Amsterdam, à Londres, à Paris, partout où Ton fait des opérations considérables, partout où l'on ne peut rester dans le provisoire et dans Tà-^peu-» près, sans tomber aussitôt dans le désordre. Établir les comptes courants à intérêts inégaux comme si Tintérét courait au même taux de part et d*autre, c'est tromper son client ou se tromper soi-même. Établir séparément et péniblement sur un petit bout de papier volant un compte d'intérêt isolé du compte général, c'est s'exposer à des chances d'erreur si nombreuses que le comptable le plus exercé n'est jamais assuré d'y échapper.
Au contraire, en supprimant par l'escompte, au crédit et au débit, les articles de papier, en laissant sur les livres spéciaux auxquels on doit les inscrire les tirages» les acceptations et les remises, on dégage le compte courant de toute espèce de nuages et on se procure un moyen facile d'en suivre et d'en contrôler, jour par jour, les mouvements, puisque Ton obtient par une seule Bousti'action le montant de chaque balance. £n outre, si le taux de l'intérêt convenu vient à changer par des conventions nou« velles, il suffît, lorsqu'on relève directement les intérêts, d'annoter ce changement à sa date et d'établir en conséquence tous les calculs postérieurs. Ni la tenue, ni l'aspect du compte ne sont altérés.
Il est entendu, lorsqu'on tient les comptes courants par cette méthode, qu'il faut faire le décompte des commissions, courtages et déboursés en même temps que l'escompte, c'est-à-dire n'in^^ scrire au livre que des sommes liquides. Ainsi, aux nombreux avantages que nous avons énumérés, cette méthode en présente un qui est peut-être supérieur à tous les autres : elle ne permet ni retard ni négligence, et oblige le banquier à liquider complé* tement chaque opération au moment même où il la fait, où elle est bien présente à son esprit, et à ne jamais renvoyer à l'avenir le travail qui appartient au préseut.
480 UYBl Vi. GHÀPITRI IV.