‹ Traité théorique et practique des opérations de banqueChapitre 143 sur 168 · ifh · texte numérisé non relu

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DIS GHAmiS. 487

Pour thaager Tu&e contre Fautre deux momudeB dilllirailêi> il faut nécessairement prendre Tune des deus pour tftrme de comparaison. Lorsque nous faisons le change de notre plus grosse pièce d'or arec le franc, nous disons qu V/fe mut quarante franeè. Dans la comparaison que fait notre esprit il y a un terme fixe,c*est la pièce d'or. Soit que le rapport de Yalettr qui existe entre la {Hède d'or et la pièce d^argent varie par rendiérissement ou la dépréciation de Tune ou de l'autre, nous disons que la pièce d*or vaut tel ou tel nombre de francs, plus ou moins : la pièce d'or reste comme un terme fixe de comparaison. Dans le langage du change, ce terme fixe s'appelle le certain ; le terme variable de comparaison se nomme rineertain. On comprend assez que Tun n'est en réalité ni plus certain, ni plus incertain que l'autre, et que ces moti 86 rapportent au rôle de l'une et de l'autre monnaie dans la comparaison. Ainsi, lorsqu'on dit qu'une livi*e sterling vaut S5 bé SI c, plus &u mêinêy la livre sterling est le terme fixe, le point de comparaison, ou, pour tout dire en un fnot, le certain^ Si 0lle venait à se déprécier^ comme à l'époque du papièr^môA"* naie, à subir des variations de 15> 30, S5 p. OtO> on dirait que le change est à 22^ à 30> à 18 fr., mais la livre sterling n'en serait pas moins le certain^ le terme invariable de comparaison; 16 firanc, qui n'aurait éprouvé aucune variation, n'en serait pas moins f incertain.

On dit qu'une place donne le certain à une autre, lorsque c'est la monnaie de la première qui sert de terme de comparaison entre les deux places. Londres donne donc le certain à Paris, et réciproquement Paris lui donne l'incertain. Autrefois ces rapports, fixés par d'anciens usages, étaient tels, qu'en général les monnaies les plus vieilles, les plus anciennement connues, Sonnaient le certain aux plus modernes. Aujourd'hui on prend presque toujours pour terme fixe, pour certain, celle des deux monnaies dont la valeur est la plus élevée, parce qu'il est plus facile, par ce moyen, de constater et de suivre les plus petites variations du change.

Sur les cotes de change des diverses places, on n'inscrit souvent que V incertain; on suppose que tous les intéressés connaissent, et ont fixé dans leur mémoire le certain. Ainsi on dit ^n^ jourd'hui que le change de Paris à Londres est de 25 fir. 05, ce

488 LIVBE.Tl. CBAnTBE IV.

qui signifie quniiie livre sterling ne vaut à Paris que 25 fr. 05.

Il y a des changes directs et des changes indirects. Le change direct est celui qui est inscrit sur la cote. Le change indirect est celui qui résulte d'une place à une autre par une troisième. On peut changer des francs en livres sterling directement à Paris et k Londres; on peut changer indirectement, soit par Hambourg, en changeant des francs en marcs banco et des marcs banco en livres sterling ou réciproquenaent. Ainsi aujourd'hui les cote^de change établissent que la livre sterling changée directement vaut 25 fr. 05,. qu'elle vaut à Hambourg 13 marcs 4 schellings, et que le marc banco vaut 1 fr. 90 ; on trouve, en réduisant la livre sterling en marcs et ceux-ci en francs, que par changé indirect de Hambourg la livre sterling vaut 25 f/. 1-7 c.

Du change indirect résulte le pair dit politique ou proportionnel, qui, dans l'exemple cité plus haut, serait un cours tel que le change de la livre sterling par Hambourg donnât le même résul-. tat que le change direct.

On voit que cette espèce de pair est aussi variable, que le pair intrinsèque,, fondé sur le rapport des quanliiés de fin contenues dans les diverses monnaies, est fixe et invariable. Dans la pratique, du reste, le pair intrinsèque n'est utile à connaître que lorsqu*on fait des opérations de change pour vendre ou acheter des monnaies comme matières d*or et d'argent. Quant au pair proportionnel, ainsi défmi (1), ce n'est quun degré sur Téchelle des .innombrables variations des changes indirects sur lesquels on calcnle et on opère tous les jours.

.. 11 n'e^t pas besoin de rappeler qu'on appelé traite une lettre de change tirée ; remue, une lettre de change négociée ; acceptation, une lettre de change acceptée; qu'une ietire de change représente la monnaie dans laquelle elle est exprimée ; que tirer équivaut à vendre, et que remettre équivaut à acheter. Tout ceci a été dit dans le cours de cet ouvrage ou résulte immédiatement dé ce qui y a été dit. Il est évident, en .effet, que celui qui fait sur Londres une traite de 100 livres sterling et qui la négocie sur quelque place que ce soit, vend 100 livres sterling, tandis que celui qui

* Quelques aiiteurg et un grand riombre de praticiens confondent le pair proportionnel avec le change indirect mi même Ce n'est qu'une affaire de nomenclature trop peu importante pour qu'il soit utile d insister sur ce si:ûet.

DES CHANGM. 489

fait une reraîse dé 100 livres sterling achète cette somme de celui auquel il la remets puisque là somme est en «ffet passée à son crédit sur les livres du banquier auquel est faite la remise.

L'arithmélicjfue des changes se présente à l'œil comme quelque chose de difficile et d'effroyable. En réalité elle est fort simple. Cependant la pratique des changes s'acquiert lentement à cause du grand nombre et de la variété des connaissances quisont nécessaires pour s*y livrer utilement. Il faut connaître en effet lé nom^ la matière, les subdivisions, ie.pair intriusèque de toutes les monnaies des principales places cambistes, se rappeler exactement le certain, sôus-entendu sur cliaque cote des changes, savoir comment les diverrses places cha)îgent entre elles. Ces connaissances positives et qui ne s'a-cquièrent pas en un jour, sont indépendantes de rarithmélique. Il fa;uteu outre à* celui qui veut spéculer sur les changes une connaissance approfondie des causes générales qui. peuvent faire varier les cours, soit en hausse soit en. baissé, et ces ca\ises ne sont autres que l'ensemble du mouvement commercial entre les divers pays, etc. L'arithmétique n'est donc qu'un accessoire dans les opérations qui se font journellement sur les changés.

Encore l'action du temps et de la civilisation a4-elle merveilleusement simplitié Tarithmétique des changes. Depuis trente ans environ, les opérations sur les changes se sont presque toutes concentrées sur tes places de Londres et de Paris, et sur quelques places accessoires, telles que Hambourg, Amsterdam, Livourne, Vienne, Pétersbôurg. Les villes cambistes, telles qu'Augsbourg ou Auguste, comme on rappelait en banque depuis les premiers banquiers lombards, ont perdu presque toute leur importance spéciale. En même temps plusieurs États, comme la Hollande et bientôt l'Espagne, le Portugal ont perfectionné leur système monétaire et y ont introduit le système décimal. Les décimales ont été admises dans les calculs même dans les pays où elles nétaient pas représentées par des monnai s réelles : le commerce, sur ce point, a pris les devants sur les gouvernements.

Enfin on tend de toutes parts à changer Tune contre l'autre les monnaies de compte de chaque jays, et à négliger les anciennes monnaies de change, et l'on cote les changes eux-mêmes, à Paris surtout,, de manière à faire prévaloir le système décimal.

4M UTRK Yl. CHAnTRS IV.

Ainsi déjà les changes avec la Belgique, la Suisse et les États Sardes sont devenus en quelque sorte intérieurs^ et Ton ne change pas avec Anvers^ BAle, Genève ou Turin et Gènes autrement qu'avec L^on et Marseille. Pour les places qui ont un système monétaire différent du n6tre^ on a pris la monnaie de compte de chaque pays et on Ta comparée à la nôtre, de telle sorte qu'aujourd'hui, pour parler Tancien langage^ Paris donne partout Fincertain. Voici quelle y est actuellement la cote officielle.

Amsterdam.

Hambourg.

Berlin. . .

Londrei. .

Madrid.

Cadix. . .

livoume. .

Naplat. .

Palerme. • Messine. .

Tienne.

Triflste.

Milan. . .

Auguste. .

Francfort. • Pétersbourg.

Changes de Paris,

31 4 fr. plus ou moins p. 100 florins

100 marcs.

100 thalers.

1 liv. sterling.

100 piastres de 1848.

1 00 lire de ToscaAe.

100 ducats.

1 once d'or.

lOO Û. de c. (Gulden).

100 lire austriacbe*

100 flor. de conv.

100 flor. pied de 24.

100 roubles.

Bien que les autres places ne comptent pas toutes atec Paris comme Paris compte avec elles, qu'Amsterdam, par exemple, donne 56 florins plus ou moins pour 120 fr., tandis que Paris donne 214 fr. plus ou moins pour 100 florins, les réductions sont devenues, presque partout, infiniment plus faciles qu'autrefois.

Voici les changes ordinaires de Londres, de Hambourg et d*Am* sterdam :

Changes de Londres,

Amsterdam.

Copenhague.

Hambourg. .

Paris. . .

Francfort. .

Tienne. . .

Trieste. . .

Pétersbourg.

Madrid.

Cadix. •

95,1 1 florins, plus ou moins p. 1 Uf . sterling,

9 thalers rixbanq. — —

13,64 marcs banco. — —

25,21 francs. — —

117,93 fl. pied de 24 pour 10 liv. sterl.

9,83 flor. de conv. ,— l —

37,58 pence pour 1 rouble d'argent.

49 pence — 1 piastre forte.

Liirountt. .

Milao. . .

Gènes. • .

Naples.

Païenne. .

Messine. .

Lisbonne. .

Aio-JaiMiro.

Calcutta* .

Bombay. .

Uidras.

DIB GHÀM6E8.

30,38 lire — 1 livre st.

80 lire — 1 d»

25,21 Urc. do

39,90 pence — 1 daeat M regao.

124 pence *— 1 once.

57,72 pence pour 1 milreîs.

30 •— pour 1 milreb effectif .

25 pence pour 1 roupie.

Changes de Hambourg.

Londres 13,63 marcs b<> p. 1 livre sterling.

: Il

Paris.

Gènes. •

Livoume. .

Pètersbourg.

Madrid. «

Cadix. . .

Lisbonne. . . .

Porto. . , fc .

Amsterdam. '. .

Anvers. • . .

Francfort-sur-Mein.

Augsbourg.

Prague

Yienne

Trieste

Breslau.

Berlin

Leipzig

188 francs p. 100 marcs banco.

222,79 liv. tosc. p. 100 marcs.

34,17 scheU . b<* p. 1 rouble d'ar^eat.

1 piastre forte.

Durg, . . .

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