‹ Traité théorique et practique des opérations de banqueChapitre 34 sur 168 · LIVBE II. CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LIVBE II. CHAPITRE IV

guère, parce que chacun restait maître de son crédit en banque et était libre de le retirer, s'il en avait besoin.

I^s crédits en banque étaient bien connus de l'antiquité. Un plaidoyer d'[socrate contre Pasion a justement pour objet un crédit de ce genre. Les plaidoyers de Démosthène dans les procès auxquels donna lieu la succession de ce même banquier Pasion^ nous montrent de même l'existence d*une banque importante sans capital propre. Pasion, en mourant, laisse un testament par lequel il lègue sa femme à son commis principal, Phormion^ institué par le même acte tuteur de son second fils et reconnu fermier de la banque pour huit ans au prix annuel de 100 mines. Le fils aîné, ApoUodore, accepte d'abord un partage fondé sur ce testament^ puis il réclame, attaque le testament et on se rend en justice. « Voici, dit Démosthène, plaidant pour le fermier, voici le contrat par lequel Pasion a loué à mon client, alors employé près de lui, sa banque et sa fabrique de boucliers : vous y verrez que Pasion devait onze talents à la banque. Il n'avait point emprunté cette somme par besoin, mais poui* la faire travailler : son avoir en terres s'élevait à vingt talents environ, et il avait, en créances sur divers, cinquante talents. De cette somme, onze talents avaient été pris sur les dépôts et prêtés à intérêt. Lorsque mon client prit la suite d'affaires de la banque et la responsabilité des dépôts, il considéra que, n'étant pas encore citoyen, il ne pourrait exiger en justice les sommes prêtées par Pasion sur des terres et des maisons, et il aima mieux Favoir pour débiteur que d'avoir affaire aux débiteurs mêmes. C'est ainsi que Pasion est débité de onze talents par le contrat de location, comme les té- . moignages l'établissent ^ »

(1) Al {xiv cSv ouvOrixou xa6* à; ^(jtio6«»aev 6 Uttaita^ tcuto» tviv Tpârs^lgiv Kai TÔ dwTciJown-^eîcv tj^ki îca8' éauTÔv cfvTt, aurai et«v, e» âv^pÈ; À5ir]*>aîct, ^eî ^ uptàç àxcùaai xal {jLâôstv, U xmç tpoircu irpcocd^tiXe Ta tv^exa raXav- T« ô Haotov iizi tyjv rpàire^av. Où "yàp ^t* àwopiav raÛT* â^sO^ev, àC/JÀ ^là <p(XepYiAv. è p.8v làû S-p^noç ry cùeîa Ilaoïuvi u.àXi<rrtt raXavrcuv etxo- (nv, àp^picv ^è -Trpô; TauTÇ ^e^avsiauiv6>v i^icv wXéov ^ wevTWCVTa Tâ>AVTa. Ev g5v toi; 7r8vr»i/.cvTa raXàvrci; Tctirci; àiïb twv irapaxara^xôiv twv Tti; Tpars^Yj; Iv^sxa xaXavx' 8V£p^à ry. MioOcuujvo; cuv 6^8 vh ip^amav aùriv T7JV T«ç rpairé^Yj; xai rà; irapaxaradioxaç )auJ^vuv, opàv Un, ^rmiù -niç Tst.T XiTEtaç aÛTû Tap' OaTv cuoyi;, oO^ cîo; t* lactT* lîoTrpaTTSiv <Jaa ITavîcûv in* Y»! xai quvoi/.(a;ç ^ç^gtvsixo); ^v, çtXsTo aà>J.cv aÙT^v tçv lïamwva x^jrrry

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(( La banque, dit-il daus le même discours^ n'avait point de capital propre, et cependant Phormion, qui payait un loyer, a fait honneur à ses affaires, dans un temps où tous les autres banquiers, qui n'en payaient pas, sont tombés*. »

Les prêts étaient faits sur le capital propre : les dépôts devaient cire employés au change des monnaies et aux virements.

On peut remarquer que le virement, qui consiste en un écliaiigc de créances et de dettes, est la forme primordiale et rudimentaire de la lettre de change.

Reprenons Texemple cité plus haut, Irénée doit payer mille drachmes dans le Pont où il va faire le commerce. Cléon, créancier de pareille somme en ce pays, délègue sa créance à Irénée au lieu de lui déléguer celle qu'il a sur Socles. Il écrit à Sosigène, son débiteur du Pont, de payer les mille drachmes à Irénée, et Tordre est rempli. La créance dirénée sur Cléon et celle de Cléon sur Sosigène sont éteintes, sans qu'il ait été fait aucun transport de fonds d'un pays à Tautre et par un seul paiement effectif, celui qui a eu lieu dans le Pont.

Les anciens ont connu la lettre de change telle qu'elle est décrite plus haut. Elle diffère du virement en ce que les deux commerçants, Irénée et Cléon, au lieu d'éteindre la créance de mille drachmes par une délégation sur un débiteur commun et voisin, l'ont éteinte par la délégation sur un débiteur éloigné et avec lequel l'un d'eux seulement était en relation d'affaires.

Aujourd'hui, les virements sont devenus plus rares, et on a

e^ew TouTwv tÔ)v ^pviaaTwv ^ tcÙ; àXXou; ■xpii(rrac, cî; irpoêtasvc; »îv. Kai cÛTo ^là t%ut' ^y?^?^ ^^^ '^ [i.io6<d(nv Tcpoao^iîXfitv 6 na<ri«i>v ftèvuf, Ta-

(1) « ApoHodore n'a point fourni (à ceux qui ont loué après Piiormio:)) de capital propre : il» ont loué seulement !es dépôts el la fiicullé de les faire valoir. Les témoignages vous prouvent que les Ûls de Pasion ont loué la banque sans fournir un capital propre. »

..... Où^è TcuTciç irapÉ^cdXiv î^îav à<pop(Ainv ÂXXà rà^ na^axaTaÔTpca; xai tiy otKO TcuTCùv èp^aoîav xÙT'ysv E^jLiodcoaavTO,.. MeaapTUpriTai uiv tcÎvuv OuÂv, u ocv^pe; Àdrivaict, oTt x.ai toutoi; iyÂd^tùtsw xai où T^ocpÉ^cûXAv i^iav Â^cp-

Je reproduis ici le texte même de ces passages, parce que la «^omposi ion et remploi des mots prouvenl qi e les Athéniens avaient sur le commerce en général, cl spécialement sur celui de banque, des idées plus avancées qu'on ne le croit généralement.

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quelque peine à comprendre l'importance des banques dont c'était l'opération principale. En effet, les gouvernements ont appris le prix de l'uniformité dans le titre et le poids de leurs monnaies^ et celles-ci ont acquis à peu près les qualités qui faisaient rechercher autrefois les monnaies de banque. En outre, tous les gros paiements se font en billets-monnaie : les compensations (le compte s'effectuent au moyen de dispositions directes faites sur la banque ou le banquier, par celui qui a des fonds déposés. Celui au profit duquel la disposition est conçue s'en sert facilement ensuite pour l'usage qu'il juge convenable.

La Banque de France effectue pourtant des virements proprement dits, et ils s'élèvent à des sommes considérables. En 1851, le mouvement général des caisses de cet établissement se décomposait ainsi qu'il suit : espèces, fr. 960,175,700; billets, fr. 4,793,085,300; virements, fr. 8,163,407,200. On voit que plus de moitié des entrées et des sorties de caisse se font par écritures, à la Banque, sans déplacement dé monnaie, et que les versements ou paiements en espèces métalliques n'entrent que pour moins d'un treizième dans le mouvement total.

Dans la Grande-Bretagne, on à introduit entre banquiers Tusage des compensations de compte, sans dépôt préalable. A Londres, les principaux banquiers compensent ensemble, chaque jour, par des écritures, les dispositions dont ils sont porteurs les uns sur les autres : à Edimbourg, les banques d'Ecosse échangent entre elles deux fois par semaine leurs billets respectifs, et à Dublin, les banques d'Irlande opèrent chaque jour un échange du même genre. Dans ces deux sortes de compensations, il n'y a point d6 dép6ts improductifs et Ton ne paie que les solde».

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