‹ Traité théorique et practique des opérations de banqueChapitre 5 sur 168 · LIVRE I. CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I. CHAPITRE I

sont susceptibles de faire Tobjet d'une propriété particulière, qu'un homme ou une agglomération d'hommes peuvent occuper, transformer, ou transporter et consommer à l'exclusion des autres hommes. La plupart de ces richesses sont le résultat d'un travail humain; car si c'est la nature qui en fournit la matière, c'est le travail, collectif ou individuel, qui leur confère Tutilité.

L'utilité^des richesses est la propriété qu'elles ont de servir à la satisfaction de nos désirs; et cette propriété tient non-seulement aux choses elles-mêmes, mais à l'appréciation et à l'estime que les hommes en font. L'utilité des choses, ainsi définie, est donc soumise à toutes les influences qui agissent sur Topinion des hommes : elle peut être déterminée par des besoins impé-rieux ou par des fantaisies d'imagination ; par les passions les plus nobles ou par les plus viles; par les croyances les plus élevées ou par des préjugés grossiers et ridicules : elle est sujette, par conséquent, à l'erreur et à toutes les incertitudes des jugements humains ; elle varie, dans le temps et dans l'espace, entre les différents individus et les différents peuples.

Il ne s'agit point ici de l'utilité objective et absolue, mais seulement de l'utilité appréciée que l'erreur, aussi bien que la vérité, peut déterminer; et l'erreur en ce cas peut être commise par une agglomération d'hommes aussi bien que par un seul individu.

Il eiListe un certain nombre d'objets dont on considère habituellement l'utilité comme absolue, parce qu'elle a été toujours ou presque toujours appréciée par les hommes. Cette constance relative de l'opinion, fixée proJ)§tblement par des considérations solides et justes, n'appartient point aux choses qui en sont l'objet, et n'infirme point ce qui a été dit de la cause et de l'essence de l'utilité qui est, à son origine, le résultât d'un jugement humain.

Si l'opinion donne ou 6te l'utilité économique aux choses, elle la détermine à plus forte raison et établit seule les rapports de comparaison entre l'utilité de choses diverses. C'est dire as^ez que l'utilité économique, produit d'une opération complexe de l'ânid, n'est point susceptible de mesure dan^ le %ens mathématique du iQot. (.es utilité/3 o'out m aucune fagon le caractère simple, gé« uéral et p^maJ3ent des quantités géométriques. Lorsque T^ exprime par 2 et ptaar 4 le r^^pport de loQgi^eur de d^ux ligiieSi

ce rapport du simple au double présente aux hommes de tous les temps^ de tous les âges et de tous les pays, une idée claire, iden* tique, invariable, qui domine Tesprit par Tinvincible autorité de l'évidence. Lors, au contraire, que je veux estimer et comparer entre elles Tutilité d'un hectolitre de blé et lutilité d'un habit, il faut que je recherche en moi-même jusqu'à quel point Tun et l'autre peyfe^t mrvïj k la satis£|i^tiou de me# Amm, et que je choisisse entre mes désirs ceux auxquels il me convient de donner la préférence. On comprend que, dans une appréciatiop de ce genre, les mêmes objets matériels peuvenj êj^e très-différem* ment estimés et comparés suivant les temps^ les lieu^, les hompies et les circonstances.

On ne peut même comparer exactement, c'est-à -dire mesurer en nombres, des utilités de même nature. Ainsi il n'est pas tou* jours vrai que 10 ou 100 hectolitres de blé aient 10 et 100 fois Futilité d'un hectolitre de blé. L'utilité se règle sur les désirs ou, comme on dit, sur les besoins, autant que sur les quantité^ produites, et elle se détef mine par un rapport dont les termes ne peuvent être rigoureusement exprimés en nombres.

Cependant la somme des utilités dont disposent, soit un parti* culier, soit une société, est susceptible d'augmentation ou de diminution. Il est incontestable, par exemple, que les hommes des /sociétés modernes ont à leur disposition une somme d^utilités, ou, ce qui est la même chose^ de richesses, plus grande que les bommes des sociétés antiques : en effet, ils peuvent satisfaire un plus grand nombre de désirs. Au point de vue purement écono* mique S ils sont donc incontestablement plus riches. On com«* prend même à la rigueur qu'en théorie, sinon en pratique, cette augQientation de la somme des utilités possédées par les moder« nés puisse être approximativement évaluée en nombres : il suffirait de prendre pour unité quelques-uns des désirs humains les plus égaux à eux-mêmes.

.' le dis au point de vue économique, parce quVn morale, on peni ebier*

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