BANQUES DU COMMERCE
dales et industrielles? — Au Lieu d'entreprendre directement, le banquier peut commanditer un ou plusieurs entrepreneurs : par ce nic^en il se dégage de la nécessité d'une intervention perflonnelk immédiate dans des. opérations étrangères à sa profession, et il couvre sa responsabilité par celle d'un homme dont la persoime, la fortune et Thonneur sont engagés en première ligne «iaas ^entreprise. La cominandite a deiu formes : ou elle est directe et résulte d'un acte positif qui établit les conditions du compte courant; om elle est imparfaite et résulte seulement d'engagements pris poor une somme d'avances déterminée. Dana l'un et l'autre cas, l'acte stipule en faveur du banquier des avantages certains ou incertains, mais toujours supérieurs aux profits ordinaires de banque.
Noos avons déjà indiqué les inconvénients de la commandite déguisée sous forme de crédits à découvert ordinaires ou garantis par des inscriptions hypothécaires. La commandite directe présente les mêmes inconvénients : elle engage pour un temps indéterminé, mais toujours fort long^ les capitaux qui y sont employés : elle ne convient donc qu'au banquier dont les capitaux propres sc»it abondants et ne sont point requis par les besoins présents ou éventuels des opérations courantes. On peut dire en général que la commandite, sous toutes les formes , est pour un banquier une opération facile et dangereuse dans laquelle il ne doit entrer qu'avec une extrême précaution.
Si, après réflexion, il lui convient de s'y livrer^ il y a quelques principes généraux qui peuvent le guider dans sa conduite. Pas n'est besoin de dire qu'il doit étudier avant tout le caractère persocmel et les qualités de celui qu'il commandite, s'assurer de sa probité, de sa capacité commerciale ou industrielle, des garanties de toute sorte qu'il peut offrir. Mais il doit aussi examiner avec soin quelie est la nature d* l'entreprise et jusqu'à quel point elle peut faire espérer que les capitaux qui y sont engagés pcmrront en être rétives sûrement, au temps fixé. Il faut que le banquier considère avee la plus grande attention quelles sont les chances probables de gain, et si l'entrepreneur se trompe lui-même sur ce point : il £amt enfin que les profits de la commandite ne soient pas exagérés, qs'ils laissent un béiiéfice honnête à l'entrepreneur. Sur ce dernier point la prudence est rare, car, d'une part, l'entrepreneur se
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fait souvent d'étranges illusions et consent facilement à des conditions dont il se repent vivement dans la suite; d'autre part, le banquier ne sait pas toujours modérer son désir de gagner. Cependant, placé dans une position plus indépendante que Tentrepreneur , il doit savoir que si celui-ci est mécontent des conditions de la commandite; s'il se croit lésé, et surtout s'il voit que, malgré son travail, le désordre se met dans ses alSaires, il perdra bien vite et à la fois sa liberté d'esppit et Taptitude^ la capacité, qu'il pouvait apporter dans son entreprise. L'intérêt bien entendu du banquier, autant que la justice, exige que les conditions de la commandite soient modérées.
Il faut aussi considérer beaucoup, comme nous l'avons Indiqué plus baut, quelle est la nature du commerce ou de l'industrie qui fait l'objet de la commandite. Le commerce vaut mieux que l'industrie, parce qu'il est plus facile de réaliser un fonds de marchandises qu'un mobilier industriel, et parmi les marchan-* dises, celles dont la réalisation est la plus facile sont celles dont le commerce peut avec le moins d'inconvénient se prêter à la commandite d'un banquier.
Toutefois il est remarquable que les marchandises qui ont le prix courant le mieux établi et dont la consommation est la plus assurée sont celles sur lesquelles la spéculation se porte le plus volontiers. Chacun sait avec quelle facilité la spéculation s'exerce sur les grains, sur les vins et esprits, sur les bestiaux, etc.^ même dans les plus petites localités. Il y a là un écueil que le banquier ne doit pas perdre de vue.
La commandite est aussi sollicitée bien souvent par les entrepreneurs de bâtiments et par les entrepreneurs de travaux publics. Les premiers spéculent presque habituellement sur les terrains ou emplacements et sur les maisons : ils sont prompts à s'engager et se trouvent bien souvent chargés d'immeubles et d'obligations à remplir : ils réunissent les inconvénients du gage hypothécaire et ceux du commerce de spéculation. Les entrepreneurs de travaux publics, au contraire, ont toujours des créances assurées, au moins en apparence, et il semble que la liquidation de leurs affaires soit merveilleusement facile à certaines périodes. Mais lorsque l'on connaît les habitudes des communes, des départements, des fabriques et établissements publics, lors-