‹ Traité théorique et practique des opérations de banqueChapitre 73 sur 168 · ANNÉES · texte numérisé non relu

ANNÉES

ESPÈ6B.

E8COMPTI8.

PHÉT8

BILLSTS.

DÉPÔTS

10,51 l,SOq 11,262,763 15,475,356 16,046,951 16,834,228

■al

On voit par ce tableau que ces banques étaient en progrès, et que le progrès était régulier. Toutes, elles donnaient des bénéfices à leurs actionnaires : celle de Lyon, constituée au capital exigu de 2 millions, produisait 14, 62 p. % en 1841, 20, 73 p. % pn 1844, 24, 40 p. % en 1846, et 28, 75 p. % en 1847. La moins 'productive était celle du Havre, dont le capital, un peu lourd, s'élevait à 4 millions. Toutefois elle avait distribué à ses actionnaires 5, 33 p. %en 1841, 6, 35, p. ^o^n 1846, et 7, 76 p. Vo «» 1847. Ces banques étaient, il est vrai, isolées parleurs statuts, de manière à ne pouvoir faire les opérations les plus commodes et les plus lucratives, les recouvrements au dehors. Mais il était étrange que cet isolement contre lequel elles n'avaient cessé de réclamer depuis leur fondation leur fût reproché par le gouvernement et la Banque de France *.

I Voy. le rapport du ministre des finances, 2 mai 1848. — Compte rendu de la Banque, 1849.

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^uoi qu*il en soit, après quelques difflcaltés tirées de la diflérenée de valeur yénaledes actions en Î847, lalosioa eut lieu m

pair, c'est-à-dire sur les bases les plus équitables, de manière à présenter aux actionnaires des banques départementates une lég^ compensation pécuniaire en échange des droite qu'on leur enlevait. Le capital de la Banque de France était porté de 67,900^000 fr. à 98,S50;000 fr. : la4imitede sa circulation était élevée de 350 à 452 millions et elle acquérait un encaisse de 19,450,000. If ais la masse des effets en souftranoe était à peu près égatle, proportion gardée, àl^s et dans les départements : on en comptait pour 7,703>564 fr. dans «le portefeuille des banques départementales.

I^ Banque entreprit résolument de soutenir lecrédlt du commerce et celui de TÉtat. Au fond, le décret de réunion n'ajoutait rien à ses risques et il lui ouvrait pour Tavenir de grandes perspectives. En effets si la panique était la plus forte, la Banque était assez^engagée^par ses affaires de Paris pour ne pas s'en relever : si^ au contraire, la Banque triomphait de la panique, les mêmes causes qui rendraient de la valeur à son portefeuille feraient revivre celui des banques départementales.

Le premier résultat du décret de réunion fat un accroissement considérable des mandats tirés de Paris sur les départements et dés départements sur Paris. Le chiffre total de ces mandats ne s'était élevé qu'à 96 millions en 1847 : en 1848, il monta à 436 millions. Que d'affaires gênées par les statuts imposés aux anciennes banques départementales !

Pendant l'annëe 1848, la Banque fournit en espèces aux particuliers ou au Trésor une somme de 506 millions. Le 31 mars, elle prêtait à TÉtat, sans intérêt, 50 millions contre dépôt de bons du Trésor de la République; le 5 mai, elle consentait à la Caisse des dépôts et consignations un prêt de 30 millions sur transfert de rentes; le 3 juin, elle ouvrait à PÉtat un crédit de 150 millions, avec compensation des intérêts de part et d'autre en compte couraut. Le gouvernement, après avoir usé de ce crédit jusqu'à concurrence de 50 millions, ayant jugé convenable de contracter l'emprunt onéreux du 24 juillet , la Banque s'empressa d'escompter la part qu'elle y avait souscrite et qui s'élevait à 22 millions et demi. La \ille de Paris, celle de Marseille, le départe-

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ment de la Seine^ les hospices de Paris et de Lyon trouvèrent en même temps auprès d'elle des crédits pour une somme d'environ 20 millions.

La situation des grandes usines métallurgiques était déplorable. Engagées pour des sommes considérables avec les compagnies de chemins de fer^ elles voyaient à la fois suspendre leurs commandes et la réalisation de leurs créances : la Banque vint à leur secours et consentit en leur faveur des avances sur hypothèques pour une somme de 34 millions. Les prêts sur dépôts de marchandises s'élevèrent à 60 millions. Les effets en souffrance avaient atteint^ à Paris^ 57 millions et 20,700^000 fr. dans les départements; en tout près de 78 millions : ils s'élevèrent même, un moment^ jusqu'à la somme de 84 millions^.

La Banque put supporter toutes ces charges sans élever beaucoup ses émissions de billets. Ceux de 200 fr. et de 100 fr. récemcemment introduits dans la circulation, y prirent une place de 80 à 90 millions qu'ils auraient obtenue dans les temps les plus calmes et avec l'échange à bureau ouvert contre espèces. Ces émissions, grâce à la diminution des escomptes du commerce dans les derniers mois de Tannée, suffirent à toutes les opérations extraordinaires de 1848, sans que les billets de la Banque éprouvassent de dépréciation.

Depuis cette époque, la Banque a liquidé son fonds d'effets en souffrance et ses opérations hypothécaires ou avec TÉtat, et cette liquidation s'est faite de manière à honorer en même temps la Banque et ses débiteurs. Une fois le premier moment de panique passé, le crédit des billets s'était rétabli : bientôt après, les espèces avaient reparu, et comme sous l'influence des prix élevés de 1848 la fabrication des espèces avait été fort active, les encaisses de la Banque ne tardèrent pas à devenir excessifs, sans que la circulation fiduciaire eût été réduite. Le public préférait même les billets à ce point qu'à la fin de 1849, lorsque le décret du cours forcé était encore en vigueur, le commerce refusait les espèces qu'offrait la Banque et réclamait les billets qu'elle ne pouvait plus émettre, parce qu'elle avait atteint la limite légaie de ses émissions. Il fallut élever par une loi le chiffre de cette limite

* Compte rendu de ISid. * > ^ .

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