LES BANQUES EN FJUNCE
de 452 millions à 525 : il est vrai que depuis le second semestre de 1848^ la Banque avait repris de fait ses paiements en espèces. La loi qui rétablit l'échange obligatoire des billets contre espèces a sanctionné un état de choses qui existait auparavant.
Les opérations de la Banque, depuis 1848 jusqu'à 1851^ont présenté la plus parfaite régularité et n'ont été remarquables que par Tabondance des encaisses et des dépôts particuliers. Le 2 octobre 1851 , les encaisses avaient atteint 626 millions : ils avaient^ pendant quelques jours^ excédé de 1 10 millions la somme des billets. La moyenne de la circulation, qui^ en comptant les banques départementales, s'était élevée en 1847 à 337,218,000 fr., atteignait en 1850, 491,827,000 fr. Au 10 juin 1852, la circulation montait à 612,421,700 fr. Si les billets de 25 et de 50 francs avaient été émis, l'encaisse se serait élevé de quelques centaines de millions de plus, sans que personne en eût souffert.
11 est arrivé souvent à la Banque de ne pas trouver un emploi suâlsant pour les capitaux dont elle dispose, et c'est encore ce qui lui arrive aujourd'hui : en vain elle a réduit à 3 p. *^/o le taux de Tescompte, en vain le décret du 3 mars 1852, qui proroge son privilège jusqu'à 1867, l'autorise à faire des avances sur les actions et obligations de chemins de fer français ; en vain celui du 22 mars 1852 Tautorise à faire des avances sur les obligations de la ville de Paris; les affaires lui manquent, et elle est réduite à faire construire de nouvelles caves pour recevoir ses
Ce court exposé de l'histoire de la Banque de France peut faire comprendre, mieux que toute démonstration théorique, le caractère de cet établissement, les éventualités auxquelles doivent être préparés ceux qui le dirigent et les maximes en vertu desquelles ils doivent opérer. Jusqu'à ce jour, on a pu le remarquer, la Banque de France n'a rendu que par exception les services d'une banque de circulation : après cinquante-trois ans, elle professe encore les maximes et suit les traditions d une simple caisse des comptes courants : elle fonde ses bénéfices ordinaires sur Tusage gratuit des sommes que lui apportent les dépôts plutôt que sur les émissions de billets : celles-ci sont considérées par le conseil général comme une simple réserve.
C'est pourquoi la Banque n'a jamais cherché à étendre la cir-
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oolation de ses billets^ 6oitpar.de petites eôupures^^t par l'extension.donnée aux pkeements. Elle aime les forts -encaisses et iemble s*ètre proposé pour tâche d'empêcher réexportation ou remploi industriel d'un seuléen^ de manièreà toujours tenir en réserre^une somme|de monnaie -métaHique'SuflSsante pour rempiacer au besoin la circulation des btUeliS.
La Banque ^-t-elle tort ou raison? Est-il vraique l'enrploi de la monnaie de papier^oit dangereux en «France et qu'il failte conserver inactif tout le cafpital d^tme circulation mérteUiqué? — Il est TPai que la place de^Faris est exposée à des demandes annuelles et périodiques de nmnéraire 'pour les départements^ et aux demandes extraordinaires que des importations de grains ou une longue série de changes contraires peuvent occasionner; mais il est permis de juger excessives les précautions de la Banque de France en 1847, par exemple, en présence d'unœicaisse de 70 à ^0 millions, en pleine sécurité politique et au milieu de son crédit.
Quant aux crises politiques, aux paniques révolutàonnaires, elles ne peuvent faire Tobjet d'aucune'prévision parce qu'elles ne ^ont pas,' Dieu merci I un fait nécessaire et périodique. D'ailleurs lorsqu'elles se produisent, elles déjouent tous les calculs. En 1830, im encaisse ordinaire suffit à la Banque : en 1848, Ténorme encaisse qu'elle possède aujourd'hui ne l'aurait pas préservée des besoins auxquels pourvut le décret du 15 mars, et le meilleur portefeuille lui aurait laissé des effets en souffrance. Il n'y a jamais assez de numéraire lorsque les espèces 'restent enfouies ou bien oisives dans les caisses, dans les armoires, lorsque chaque particulier veut avoir sa réserve sous la main : il n'y a jamais de portefeuille dont Téchéance soit assurée, lorsque le .commerçant redoute moins de subir un protêt tjue de se séparer d'une somme qu'il craint de ne pouvoir remplacer. 11 n'existe aucun moyen de pourvoir^à l'avance avec certitude à de telles éventualités.
On peut admettre toutefois queles maximes et les -méthodes de laBanqaie sont convenables et seulement prudentes sur la place de Paris, où il estsouvent utile au gouvernement et au commerce de trouver au besoin une forte Téserve. 11 n'en est pas de même dans les départements, où, à part quelques mouvements du numéraire réguliers et prévus, rien ne vient troubler le service des encaisses. Là, point d^exportations'soudMncB ,m de*grandes crises :