NOMS DES BANQUES
banque d'Ecosse
— Royale
British lineo &)iiipany..
Banque du Commerce
Nationale..
— de l'Union et d'Àberdeen...
— d'Edimbourg et de Glasgow
— d'Àberdeen (ville et comté).
— du nord de TEcosse
— de Dundee
— del'Est
— de l'Ouest
— deClydesdale ,
— de Glasgow
— Calédonienne
— dePerlti
— Centrale
Totaux
BILLETS au - desauB
de 5 IW. st.
BILLETS
aunleMous
de
5 lir. st.
TOTAL des billets
en circulation
se.
e,485i 7,9ltf 807,34^ 50,430 94,9901 2:k,373i l«,48ti 45,279
On remarquera sans cloute la modicité du chiffre de la circulation des banques d'Ecosse^ comparé à celui de leiu* capital et surtout à celui des dépôts. Si Ton s'imaginait qu'il suffit aux banques libres d'émettre des billets pour s'ouvrir sur le public un crédit illimité^ on devrait s'étonner que les banques écossaises, qui ont si longtemps joui de la liberté absolue^ n'aient pas tenu en émission une plus grande quantité de billets. C^[>ea* dant elles font tout ce qu'elles peuvent pour répandre les teuirs :
hamwù, Hittary ofbanking.
ainsi^ par exemple, les billets émis par la baoque-mère et par les siircursales ne sont remboursables qu^à l'établissement central, \ et il n*y a par conséquent que dix-sept bureaux de change con- 1 tre 382 bureaux d'émission. En outre, les escomptes ont atteint \ la limite du possible, et la médiocrité même de rencaisse des banques prouve bien qu'elles se sont arrêtées seulement à la dernière extrémité, cpi'elles ont chassé et remplacé autantqu'elles ont pu la monnaie métallique.
Mais il n'y a point de crédit plus étroitement limité par la nature même des choses que celui qui résulte des émissions de billets. A mesure que ceux des banques d'Ecosse pénétraient dans les campagnes à la suite de leurs comptoirs^ les cultivateurs auxquels ces banques ouvraient des crédits ne gardaient plus de monnaie chez eux et prenaient Thabitude de faire sous la forme de compte courant leurs recettes et leurs paiements. Qu'avaientiis besoin dès lors de monnaie, métallique ou autre? Ils ne s'en servaient plus que dans les petites transactions et faisaient par des mandats et virements tous leurs paiements de quelque importance. Cest ainsi que ces banques, en empruntant autant qu'elles l'ont pu la valeur de la monnaie métallique, ont limité elles-mêmes l'usage de toute espèce de monnaie : l'économie qu'elles ont réalisée en ce sens est au moins aussi utile à la population en général qu'aux banques elles-mêmes; et, comme tous les progrès régulière, celui-ci a profité à tout le monde.
Depuis que les banques de circulation se sont répandues par tout le pays, les nombreux efforts tentés pour élever le chiffre des billets-monnaie en émission ont échoué. On en verra la preuve matérielle dans le tableau suivant , où le nombre des banques d'Ecosse se trouve rapproché du chiffre total des émissions :
AHirus.
NOMBRE dea banques.
TOTAL
deiémissious,
AUlfÉKS.
IfUMBRE
dea Lanquef.
TOTAL
dea émiasiona.
' Dor^ttT sapiedi de Dovembrci — > * 5 déeeaibrb. — ^ ' 22 janvier.
260 U\k% IV. CBÀPlTHfi 1.
Les Banques d^Écosse, on le voit par les chiflres cités plus haut^ f fondent principalement leur circulation de papier sur les petites l coupures au-dessous de 5 livres, puisque ces petits billets sont I aux autres dans le rapport de 2 à 1 au moins. En 1826^ les théoriciens de Londres, qui, depuis cinquante ans, ont la manie de chercher dans l'administration des banques la cause des crises commerciales, faisaient rude guerre aux billets d'une livre et ils entreprirent de les faire supprimer en Ecosse. Une enquête fut ordonnée par le parlement^ et le pays entier en quelque sorte vint alors déposer en faveur des petits billets-monnaie. Les banques elles-mêmes protestèrent par quelques observations pratiques et pleines de sens qui jettent une vive lumière, non-seulement sur leur système particulier, mais sur la théorie même du papier de circulation.
« Si Ton nous interdisait les billets au-dessous de 5 livres, disait le secrétaire d'une de ces banques devant le comité de la chambre des lords, nous serions réduits à diminuer le nombre de nos comptoirs, à cause de la dépense que nous imposeraient les fréquents envois d'or. Jamais ces comptoirs, qui font la portion difficile et périlleuse de nos affaires, ne parviendraient à couvrir leurs frais. » Nous devrions retirer nos crédits sous caution^ parce que notre but principal, lorsque nous les ouvrons, est de faciliter et de maintenir en circulation nos petits billets.
y> Nous serions forcés de réduire Tintérèt que nous bonifions à nos déposants, parce qu'il nous faudrait avoir constamment en caisse de fortes sommes d'or pour parer aux oscillations^ qui seraient fréquentes. Nous gardons toujours actuellement sous notre main une certaine quantité de petits billets fabriqués pour suffire aau demandes éventuelles : il nous faudrait garder en caisse une simme ég^le d'or et même une somme supérieure, car il faudrait plus d'or pour faire le service monétaire qu'on n'emploie actuellement de billets. »
Le directeur d'un comptoir écrivait : « La suppression des billeis au-dessous de 5 livres serait ruineuse pour le pays, et je ne saifi vraiment de quelle manière les affaires s*y feraient. Dans les Highlands, par exemple, nous vendons du grain, du bétail, du bois et du poisson. Le petit fermier conduit au marché trois ou quatre veaux de la valeur moyenne de 2 à 4 livres. I^; les nour*
BANQUÏS D^éCOSSE. 261
risseurs en achètent souvent deux ou trois cents, un à un, à leur convenance. Ce sont autant de paiements de plus d'une livre et de moins de 5 livres^ qui se font actuellement en papier, et qui devraient être effectués en or. Il faudrait à ces marchands des masses d*or et d'argent qu'ils ne trouveraient qu'avec peine auprès des biques, auxquelles une telle avance ne procurerait pas les avantages qui résultent actuellement pour elles de la circulation de leurs billets. U en est de même pour le grain qui se vend sur nos marchés par petites parties^ et pour les salaires qui se paient une fois par mois*
d La pèche du hareng sur nos côtes emploie plusieurs milliers d'hommes. A Lochtine seulement cette pêche a produit dans une saison 40^000 L, et mille bateaux y sont employés habituellement. Le pêcheur vend chaque matin à: des marchands le poisson qu'il a pris et repart pour en chercher d'autre. La valeur du poisson ainsi vendu s'élève rarement à 5 livres^ et il faudrait dans cette seule station de quoi payer en or le produit de mille bateaux environ. Et lorsqu'il s'agirait' d'envoyer des fonds... s
Walter-Scott, qui n'était pas seulement un grand romancier et un grand poète^ prit, lui aussi^ dans une Revue^ la défense des banques d'Ecosse, a Si les Anglais se sentent malades, écrivaitil, qu'il prennent médecine et ne viennent pas nous la faire prendre à nous qui nous portons bien... » Ses articles^ remplis de sens et de raison^ eurent un plein succès : le pays entier s'émut^ et le parlement^ comprenant qu'après tout les théories les plus spécieuses et soutenues par les hommes les plus honorables devaient fléchir devant les faits, respecta les billets de petite coupure.
Mais les banques écossaises ne pouvaient longtemps échapper aux utopies de ce qu'on pourrait appeler l'école métallique anglaise. Par le bill étrange qu'il obtint du parlement en 1845, sir Robert Peel atteignit ces banques et leur imposa des restrictions nouvelles, la médecine dont avait parlé W. Scott. D'après cette loi, le droit d'émettre des billets à vue et au porteur est limité aux banques existant au l^'^ mai 1845^ et le montant de la circulation de chacune d'elles ne doit pas dépasser la circulation moyenne de l'année expirée le 1^ mai 1845. Chaque banque ne peut excéder ce maximum qu'à la condition d'avoir en caisse une somme de monnaie métallique égale à l'excédant de sa circulation de pa-
t&t UTBl IT. CHAPITBI T.
pier. A dater du 6 décembre 1845, toute banque doit déclarer chaque semaine à Tadministration du timbre le montant de ses billets en circulation et de son encaisse métallique.
Les résultats de cette loi n'ont pas tardé à se faire sentir; ils sont matériellement établis dans le tableau suivant de la somme de rencaisse des banques et de la somme de leurs billets au second samedi de février, avant le bill de 1845 et depuis la mise en vigueur de ce bill :
AHUBIS.
BILI.ETS.
BSPiCES.
AHNBBft.
BILLETS
BSpiCKB.
Ainsi, avant la loi de 1845, rencaisse des banques était à la circulation dans le rapport de 1 à 7, et il n'y avait ni abus, ni réclamation. A dater de la mise à exécution de la loi, l'encaisse a augmenté dans le rapport de 3 à 1 environ : dans quel intérêt? au profit de qui? dans quel but? à quelle fin? Il serait difficile de le dire. Les banques ne valent pas mieux qu'auparavant, puisqu'elles n'avaient donné lieu à aucune plainte et qu'elles n'avaient jamais cessé de remplir leurs engagements. Le seul effet de cette loi a donc été de limiter leur puissance productive , en les condamnant à garder en caisse, sans aucune nécessité, 700,000 /. environ, soit 17,500,000 fr. Les opinions dogmatiques ont partout le même caractère : obstinées et aveugles^ elles refusent de céder même à Févidence des faits.
Les banques écossaises n'avaient pas attendu la loi de 1845 pour prendre les moyens de limiter l'excès des émissions, ou, pour pp,rler plus exactement, de retrancher le papier circulant sans nécessité. Afin d'assurer le crédit du billet-monnaie et d'habituer le public à s'en servir, elles reçoivent toutes depuis fort longtemps les billets les unes des autres. La Banque Royale, par exemple, accepte sans difficulté en paiement d'un effet de son portefeuille ou dans un versement à sa caisse un billet de la Banque d'Aberdeen. Mais elle ne veut ni l'émettre en concurrence aux siens propres, ni le garder en caisse, ce qui équivaudrait à une ouverture
BANQUES d'AcOSSI. 293
de crédit à découvert à la Banque d'Aberdean. Cest pour éviter cet .inconvénient et pour faciliter cependant )a circulation du papier que les banques d'Ecosse ont pris ensemble un arrangement d'après lequel elles échangent entre elles deux fois par semaine ceux de leurs billets respectifs que le mouvement des affaires a mêlés et dispersés.
[^ jeudi et le samedi^ les délégués de toutes les banques de cir«culation se réunissent alternativement dans les hureauj^ de la Banque d'Ecosse et de la Banque Royale y à Edimbourg. La, chacun échange les billets des autres banques amenés dans ses mains par le mouvement des affaires^ contre ceux de sa banque, dispersés par le même mouvement dans les caisses des autres. Quelques instants suffisent à établir le compte de compensation^ et les différences sont payées comptant en bons de l'échiquier^ en or ou en billets de la Banque d'Angleterre. . Cet usage excellent remonte à Tannée 1770; mais autrefois les différences étaient soldées par une traite sur Londres à dix jours de vue. La pratique a fait ressortir rinconvénient de cette espèce de règlement , et on est convenu que chaque banque déposerait au bureau d'échange commun un certain nombre de bons de l'échiquier, de 1,000 /. chacun qui servent à l'acquit des différences que chacune d'elles peut devoir. Ces bons sont pris au pair, quel que soit le cours au dehors, et mis hors du commerce par l'apposition d'un timbre particulier. Chaque banque doit maintenir entière la somme des bons de Téchiquier qui lui sert de cautionnement envers les autres, c'est-à-dire solder en espèces les différences dont elle est redevable. — Une compensation pareille des billets des diverses banques se fait en même temps à Clascow, et les différences sont réglées le lendemain mjatin, de la même manière, à Edimbourg.
Aucune banque ne pourrait se soustraire à cet usage, sans voir aussitôt ses billets refusés par toutes les autres, discrédités et mis hors de la circulation.
Tels sont les traits principaux du système écossais, système régulier, complet, dans lequel tous les détails sont liés ensemble par un long usage de la liberté, par des habitudes que les banques ont créées, par des aptitudes qu'elles ont développées et sur lesquelles elles ont fondé leurs bénéfices. Les résultats obtenus
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par ce gystèine sont admirables, mais il est Juste d'observer que
j1 ces banques ne subissent aucune nécessité politique et n^ont
' point dans leur ressort commercial un de ces grands centres
I d'affaires et de catastrophes financières , tels que Londres, Paris^
\ » New-York.
Il y a quelques années^ on établissait en Ecosse les premières banques spéciales destinées à prêter sur actions de chemins de fer. Ces banques, fondées depuis l'acte de sir Robert Peel, n'émettent point de billets , elles attendent des dépôts leurs principales ressources.
A Paris ou à Londres , un établissement affecté à cette espèce d'opérations prêterait à courte échéance et en vue de spéculations de Bourse. En Ecosse, on considère les choses à un point de vue pluf^ commercial : on prête à long ternie et Ton attend les bénéfices de la différence entre l'intérêt des dépôts et rintérèt des avances sur actions. La banque d'Ecosse bonifiait, en 1849, 4 p. % à ses déposants sur des sommes exigibles à volonté; la Commercial Exchange Company, banque spéciale pour les avances sur actions de chemins de fer, bonifiait aux siens 5 p. ^|^^^ à condition que le dépôt fût fait pour six mois au moiits et que le retrait en fût dénoncé trois mois d'avance. La banque d'Ecosse escomptait à 6 p. 0/^ le papier à six mois; l'autre prenait 6 1/2 p. % sur les avances qu'elle faisait et prêtait aussi à six mois.
Sur six banques de cette espèce qui existaient en 1847^ l'une a failli^ et deux autres ont honorablement liquidé : il parait que celles qui ont survécu prospèrent.