LABEUR ET RÉCOMPENSE
Pour le rendre fécond, un jour, des travailleurs Remuèrent un champ que l'on croyait stérile.
Ceux qui passaient, disaient: ‘ Leur peine est inutile, Pourquoi ne vont-ils pas porter leurs bras ailleurs ? ?
Pourtant, ils se trompaient. A la moisson prochaine, La haïne ramenant ces insulteurs obscurs,
Les travailleurs chantaient, leur face était sereine,
Et le champ se cachait sous des flots d’épis mûrs !
Ne nous a:t-on pas fait, à nous, la même injure ? N’a-t-on pas dit ce sol rebelle à tout labeur ? L'ignorance devait, honteuse flétrissure S’attachant à nos fronts, nous vouer au malheur !
Regardez! Le spectacle est sublime et console ! Voyez ces travailleurs heureux et triomphants! Peuple d’un million, sur les bancs de l'école, Contemple avec orgueil plus de cent mille enfants !