‹ Traité théorique et pratique d'analyse grammaticale, d'analyse logique et de ponctuation [microforme]Chapitre 2 sur 104 · VI PRÉFACE · texte numérisé non relu

VI PRÉFACE

le résultat certain de ce livre, c’est qu’il contribuera puissanment À obtenir l'uniformité, si désirable, dans le mode de dire et d'exprimer par écrit les nombreux détails de l'anilyse grammaticale ; qu'il pourra faire adopter un seu} mode d'analyser logiquement, et qu'il prescrira les règles de la ponctuation, sur lesquelles il est bien difficile de se procurer un ouvrage suffisamment détaillé.

.. Nous avons choisi, pour texte d'analyse et de ponctuation, des extraits d'écrits canadiens ; ils sont tous signés chacun du nom de l’auteur. Nous comptons que les personnes dont les noms seront cités dans cet ouvrage, nous pardonneront d’avoir morcelé leurs ecrits pour les soumettre aux préceptes d'analyse ou de ponctuation, ainsi que le requérait le cadre étroit de ce Traité.

Nous avons divisé notre travail d'analyse grammaticle en deux parties, savoir :

1° La classification, qui comprend l'analyse grammaticale des dix sortes de mots dans autant de chapitres, dont le premier ne s'occupe que du nom; le second, de l'article et du nom ; le troisième, de l’article, du nom et de l'adjectif ; et ainsi de suite, en insérant dans chaque chapitre une nouvelle partie du discours, jointe à celles dont l'analyse est déjà connue par les chapitres précédents,

20 La construction, qui fait connaître le sens et la valeur grammaticale de certaines façons de s'exprimer, connues sous le nom d’Zdiotismes, ou gallicismes par rapport à la langue française ; elle comprend aussi les différentes figures de grammaire, telles que l’inversion, l'ellipse, le pléonasme, la syllepse.

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Ces deux parties sont suivies d'une Pécapitulation générale sur tous les mots du «discours, dont l’ensemble présente, pour l'analyse, des difficultés de toutes sortes, mais que la classification et la construction auront pu facilement faire comprendre.

L'analyse logique elle-même forme un travail en quatre chapitres, dont l'intelligence devra faire connaître 19 le nombre de propositions dans une phrase et leur forme respective ; 2° les trois termes essenticls d’une proposition, les compléments et les subdivisions dans les compléments ; 3° les différentes espèces de propositions.

Enfin, dans la troisième division, nous avons prescrit les règles de la ponctuation par autant de chapitres qu'il y a de signes pour indiquer les pauses que l’on fait en parlant ou en lisant.

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TRAITÉ

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ENSEIGNEMENT

Il est indispensable de faire analyser les enfants, si l’on veut s'assurer qu'ils comprennent les règles de la grammaire et sont en état d’en faire l’application. Car ce n’est pas véritablement enseigner la grammaire, que d’en faire simplement répéter les règles aux élèves, ou de leur donner seulement quelques exemples er quelques exercices. Non, en grammaire, ne nous Contentons pas de synthèse; insistons en même temps et surtout sur l’analyse. Beaucoup d'enfants répondront admirablement aux questions d’un programme, et réciteront, sans en omettre.un mot, toutes les règles de grammaire avec leurs exceptions, qui seraient fort en peine de les appliquer aux différents cas, même les plus simples, qu’on pourrait leur proposer.

Il ne faut pas croire que ceux-là seuls doivent analyser, qui sont bien avancés en grammaire, et qui ont vu au moins les verbes. C'est là une erreur: l'analyse peut et doit se pratiquer avec les commençants mêmes, pourvu qu’elle soit graduée, c’est-à-dire, qu’elle ne s’étende pas au-delà de ce qu'ils ont appris. Ainsi, dès que des enfants ont étudié le nom, donnez-leur quelques noms à analyser.

Vous ajoutez plus tard l’article, puis des adjectifs, toujours en commençant par questionner les enfants pour les habituer à analyser ensuite eux-mêmes.

La méthode est tout particulièrement nécessaire dans l'analyse : si vous n’y suivez pas un ordre simple, rationnel, et constamment le même, vous serez sujet à omettre beaucoup de choses essentielles et à vous embrouiller tout-à-fait. Il est presque impossible qu’une analyse soit complète sans une bonne méthode. (Cours de Pédagogie.)

MGr. 9. LANGEVIN, Evéque de Rimouski.

nl TRAITE THÉORIQUE ET PRATIQUE

OBSERVATIONS PRÉLIMINAIRES

Le mot analyse signifie décomposition.

L'analyse grammaticale est la décomposition des phrases, c'est-à-dire, l'examen détaillé que l’on fait de tous les mots qui les constituent, pour en reconnaitre la nature et l'espèce, ainsi que les divers accidents qui affectent chacun de ces mots, SAVOITr :

1° Pour les noms, l'article et les adjectifs qualificatifs ou déterminatifs : le genre et le nombre ;

2° Pour les pronoms : la personne, le genre et le nombre;

3° Pour les verbes : l'espèce, la conjugaison, larégularité, le mode, le temps, la personne et le nombre ;

4° Pour le participe présent : l'espèce de verbe, la conjugaison, la régularité, le mode et le temps ;

5° Pour le participe passé : le genre et le nombre, conformément à la règle d'accord qui s’y applique ;

6° Pour l'adverbe et l'interjection : l'espèce.

70 Quant à la préposition et à l'interjection, ils n’admettent aucun des accidents indiqués pour les autres parties du discours.

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Outre ces détails de classification, il importe en analyse grammaticale de faire connaître la fonction des mois dans le discours.

La fonction de chacune des parties du discours est comme suit, SAvOIr :

1° Pour le nom et le pronom : de figurer comme sujet, comn'e régime direct ou indirect, comme attribut, ou en apostrophe ;

2° Pour l'adjectif qualificatif : de qualifier le nom et le prorom, ou d'en être l’attribut; quelquefois de figurer comme nom et d’en remplir le même rôle;

3° Pour l'article et l'adjectif déterminatif : de déterminer les noms;

49 Pour le verbe : de figurer quelquefois comme nom et d’en avoir la même fonction: comme sujet, comme régime direct ou indirect, comme attribut ;

5° Pour le participe présent : de qualifier le nom ou le pronom, ou d’en être l’attribut, et souvent d’être régime d’une préposition ;

6° Pour le participe passé sans auxiliaire: de qualifier les noms et même les pronoms ;

79 Pour la préposition : de marquer le rapport qu’il y a entre deux mots;

8° Pour l’adverbe : de modifier un verbe, un adjectif ou un autre adverbe ;

9° Pour la conjonction : de lier deux mots entre eux, ou deux membres de phrase ;

10° Pour l’interjection : d'exprimer des sentiments de l'âme : tels que la douleur, la surprise, l’aversion, la joie, l'admiration, l'interrogation, etc.

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