‹ Traité théorique et pratique d'analyse grammaticale, d'analyse logique et de ponctuation [microforme]Chapitre 73 sur 104 · UD · texte numérisé non relu

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nira les renseignements nécessaires sur les trois premiers points: quart aux talents de l'enfant, le maître peut le renseigner sur ce point. ,

3° L'examen doit se faire par classe, l’une après l’autre, et il faut avoir bien soin de ne pas questionner les enfants sur des leçons qu'ils auraient préparées d'avance et sans les avoir comprises. |

4° Pour se rendre compte des résultats, l'inspecteur doit avoir égard aux réponses qui ont été données, à la méthode suivie par le maître, aux connaissances de chaque élève lors de son entrée à l’école. Il doit aussi s'assurer ei le maître n’a pas négligé telle ou telle ciasse, comme c’est souvent le cas ; si les leçons ont été données de manière à rendre la classe agréable, surtout aux plus jeunes des élèves.

5° L’inspecteur doit ne pas faire subir un examen trop long aux jeunes commençants. Il doit pouvoir juger d’un coup d'œil de leurs progrès. (Ezxtraît du rapp. de 1861).

JoHN BRUCE, Insp. d'écoles.

Dans beaucoup d'écoles, on ne remarque plus, lorsqu'on fait lire les enfants, cette voix traînante, embarrassée et souvent nasillarde; une voix naturelle a succédé à ce ton forcé et si choquant pour l'oreille ; les signes de la ponctuation sont aussi mieux observés.

La grammaire n’est plus un livre qu’on faisait seulement apprendre par cœur; on s'efforce d’en je Li les règles et de les faire comprendre ; l’analyse est plus pratiquée, et dans les trois quarts des écoles, on trouve des élèves capables d’orthographier.

En somme, les choses semblent prendre un aspect plus riant, une tendance plus directe vers le progrès; mais je ne me fais pas illusion, et je suis loin de croire que les progrès sont tels qu’il ne reste plus qu’à se croiser les bras et laisser faire.

Non. Il ne euffit pas à ceux qui ont pour mission de faire exécuter la loi d'éducation, de mettre partout cette loi en activité ; d'établir le plus grand nombre d’écoles possible ; il leur reste à travailler encore et toujours au perfectionnement de ce qui est fait; car si nous ne rencontrons plus de ces partisans de l'ignorance qui criaient à la ruine du peuple par la taxe, ei les bons pete ne nous manquent plus,

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mille obstacles fâcheux entravent encore les progrès. Pour n’en citer ici Su deux, je nommerai la négligence de plusieurs parents à fournir à leurs enfants les objets nécessaires, comme livres, papier, &c., le peu de respect témoigné au maître par ces mêmes parents et, souvent, en présence de ses élèves.

De tels faits, que l'inspecteur, avec le peu de pouvoir discrétionnaire dont il est investi, ne peut que signaler, sont bien propres à décourager l’instituteur et à lui faire mépriser sa profession.

oulons-nous avoir des instituteurs qui remplissent leurs devoirs avec contentement, entourons-les de tout le respect, de toute l’affection qu’ils méritent pour les services importants qu'ils rendent à la jeunesse du pays. (Extrait du app. de 1861.)

SAMUEL Bolvin, Inspecteur d'écoles.

Je crois devoir déclarer à mes jeunes compatriotes que,

uel que soit l’état pour lequel ils se sentent appelés, ils doirent se convaincre qu’ils ne peuvent jamais obtenir de succès bien marqués, ni s'élever à une haute célébrité, à moins qu’ils ne soient préparés et disposés, dans les grandes oczasions, à payer de leurs propres personnes. Que leurs prédilections soient en faveur des professions savantes ou des beaux-arts, de la littérature, du commerce oude la

litique, de la marine ou de l’armée, il se présentera toujours, dans le cours de la vie, des circonstances où ils seront forcés d'agir: et de la manière dont ils sortiront de la première épreuve, dans une occasion solennelle, dépendront indubitablement leur réputation et leur avenir. Qu'ils y réfléchissent donc sérieusement ; car il faudra que leur ambition soit bien limitée, et le rôle qu’ils se proposent de jouer bien secondaire, s'ils croient pouvoir se dispenser de mes recommandations. Qu'ils ne comptent pas sur les rares exceptions d’un hasard capricieux et aveugle; mais, au contraire, qu’ils fondent leur espérance et qu’ils calculent leurs chances de succès sur eux-mêmes, sur leurs propres ressources, se rappelant sans cesse cette sentence d’un graud

ête, même à l'égard des enfants gâtés de la fortune :

‘46 Qu’à vaincre sans périls, on triomphe sans gloire.’

SRE E. P. Tacué.

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Sonde ovusion.

ENSEIGNEMENT

Si l’analyse grammaticale doit être enseignée à tous les enfants qui apprennent la grammaire, l'analyse logique doit être réservée à ceux auxquels l’âge permet de réfléchir, de raisonner, et qui sont assez avancés pour en profiter.

La première décompose une phrase, pour considérer un à un les différents ra1ots dont elle est formée, ainsi que les rapports grammaticaux qu’ils ont entre eux; la seconde décompose la phrase er propositions, et chaque proposition en ses parties écréntielles et secondaires. On voit que celle-ci exige un jugement plus müûri que l’autre.

Dans l’analyse logique, il est avantageux d'adopter une méthode tout à la fois exacte et assez simple. Ainsi, reconnaître trois sortes de propositions, la princijale (absolue ou relative), l’incidente (déterminative ou explicative) et la subordonnée, nous paraît suffire, de même que, parmi les compléments, distinguer le direct, l'indirect et le circonstanciel. Il ne faudrait qu’ajouter, en certains cas, si la proposition est mnt se ou implicite.

Il est encore utile de renfermer entre parenthèses tous les mots qui appartiennent à une même proposition.

Enfin il est à propos, dans les exercices d'analyse logique, de graduer les diu ultés, afin que les élèves se familiarisent insensiblement avec elles. (Cours de Pédagogie.)

Mar. JEAN LANGEVIN, Evéque de Rimouski.

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Act.

TRAITÉ

OBSERVATIONS PRÉLIMINAIRES

Les mots ‘{ analyse logique‘? viennent de deux mots grecs, qui signifient littéralement décomposition de la pensée.

On exprime une pensée ou un jugement en comparant deux idées; chaque idée est représentée par un mot. Les divers mots de la langue française peuvent représenter des idées différentes : les uns désignent des êtres, les autres des qualités; ceux-ci marquent l’affirmation, ceux-là établissent des rapports ou des liaisons avec les autres mots, etc.

Quand on prononce un mot, on exprime une idée.

Quand on exprime une pensée de vive voix ou par écrit, on énonce une proposilion.

Si l’on exprime plusieurs pensées, en énonçant plusieurs propositions qui se rapportent entre elles, on a ce que l’on appelle une phrase.

i l’on dit: Dieu,-on exprime une '

Si l’on dit: Dieu, p IDÉE

Si l’on dit: Dieu est bon,-on exprime une PENSÉE.

Si l’on dit: Dieu est bon, car il pardonne; mais il veut

) P j que nous nous repentions,—on énonce une PHRASE.

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Dans une phrase il y autant de propositions que de verbes à un mode personnel, exprimés ou nécessairement aousentendus.

Pour former une proposition, il faut trois parties essentielles, qui sont: le sujet, le verbe et l'attribut.

Le sujet logique est le même que le sujet grammatical : c'est l’idée principale d’une proposition,

L'attribut est la qualité ou la manière d'être du sujet.

Le verbe exprime l’existence de la qualité ou de la manière d’être du sujet.

Le sujet peut être exprimé ou par un nom, ou par un pronom, ou par un infinitif,

Le verbe est toujours éfre, soit sous sa forme simple, soit combiné avec le participe présent, pour former ce qu’on appelle verbe attributif comme dans Je lis, qui est pour je suis lisant.

L'attribut est exprimé ou par un adjectif, ou par un participe, présent ou passé, ou par un nom, où par un pronom, ou pe un infinitif. Le sujet et l’attribut sont appelés simples lorsqu'ils sont exprimés par un seul mot, et composés lorsqu'ils sont exprimés par plusieurs mous.

Outre ces trois parties constitutives, il en est une quatrième qui complète l’idée exprimée par le sujet ou par l'attribut; c’est le complément, que l’on pourrait considérer comme partie intégrante du sujet ou de l'attribut,

Le complément peut se subdiviser en six sortes de compléments, qui sont: le déterminatif, le qualificatif, l'adverbial, le direct, l’indirect et le circonstanciel.

Le complément déterminatif est celui qui est représenté par un nom ou un pronom précédé d’une prépusition, par un adjectif déterminatif, ou par un membre de phrase qui commence par un pronom relatif et quelquefois par une conjonction.

Le complément qualificatif est celui qui est représenté par un adjectif qualificatif, ou un nom pris adjectivement.

Le complément adverbial est celui qui est représenté par un adverbe ou une expression adverbiale,

Le complément direct est formé des mots qui se joignent aux verbes sans l'intermédiaire d'une préposition.

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Le complément indirect est formé des mots qui se joignent aux verbes au moyen d’une des prépositions d, de, par. (1)

Le complément circonstanciel est celui qui exprime une circonstance de temps, de lieu, de manière, de matière, de but, de cause, d’instrument, d'âge, de moyen, de partie, de distance, de prix, de mesure, &c.

L'article et la conjonction sont les seuls mots qui ne soient pas compléments.

Lorsque le sujet et l’attribut sont sans complément, on dit qu’ils sont incomplexes, et s'ils ont un complément, on les dit complexes.

Il y a trois sortes de propositions : la proposition principale, la proposition incidente et la proposition subordonnée.

La proposition principale est celle qui ne dépend d'aucune autre proposition, et qui a souvent par ellemême un sens complet. Si dans une phrase il y a plusieurs propositions de cette espèce, la première est appelée principale absolue, et les autres principales relatives.

La proposition incidente est celle qui dépend d’une autre proposition, et qui n’en modifie qu'une partie, soit le sujet, soit l’attribut, soit un complément.

La proposilion subordonnée est celle qui dépend d’une autre proposition, et qui en modifie tunt le sens.

La proposition, considérée sous le rapport de ses parties constitutives, est pleine, elliptique ou implicite.

La proposition est pleine, lorsque toutes les parties constitutives en sont exprimées, telles que le sujet, le verbe, l'attribut, ainsi que les compléments qu'exigent le sujet ou l'attribut.

La proposition est elliptique, ; rsqu’il y a quelques mots de sous-entendus dans une proposition, lesquels devraient figurer comme sujet, verbe, attribut, ou complément.

(1) Il arrive quelquefois qu’un nom ou un pote joint au verbe par une préposition autre que à, de, par, doit être considéré comme un complément indirect, C’est lorsque ce nom ou ce pronom est nécessaire au sens du verbe et qu’il est le terme où aboutit nécessairement l’action. Ex.: Comptes SUR l’aide de Dieu.—Conparez la vie du juste AVEC celle du pécheur. Dans ces deux propositions, chaque verbe doit son sens particulier à la préposition qui le suit ; par conséquent, cette préposition, quelle qu’elle soit, amène un complément indirect, at non point un complément circonstanciel, comme cela aurait lieu par sont dans les propositions suivantes : Les bergers comptent SUR leurs doigts, —Jugez, compares AVRO soin. (POITEVIN.)

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94 ANALYE&’; LOGIQUE.

La proposition est implicite, lorsqu'elle renferme en soi le sujet, le verbe et l’attribut, sans qu'aucune de ces parties y soit exprimée; par exemple, oui, non, certainement, &c.

Quant aux interjections, que certains grammairiens considèrent comme formant des propositions implicites, nous ne leur donnons la valeur d’aucune proposition; elles ne servent qu’à nuancer le sens des pensées que l’on exprime.

. La proposition est aussi appelée afirmative, négative, interrogative, erclamative, selon qu’elle exprime l’affirmation, la négation, l'interrogation, l’exclamation.

S'il se présente, en analyse logique, quelque gallicisme ou quelque construction figurée, on doit les ramener à une forme grammaticale régulière, pour connaître la valeur de la proposition à analyser.

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