CHAPITRE IX
De l’Alinéa,
Alinéa signifie écrire à la ligne; et écrire à la ligne signifiecommencer une ligne, quoique celle où l’on vient de terminer une phrase ne soit pas remplie. Pour rendre l'alinéa plus sensible, on rentre la première ligne un peu en dedans.
On fait usage de l'alinéa chaque fois que l’on veut indiquer un repos plus considérable que celui qui est indiqué par le point, ou pour présenter d’une manière plus claire et moins confuse les détails de certaine proposition générale.
Exemples: Corneille n’a eu devant les yeux aucun auteur qui ait pu le guider; Racine a eu Corneille,
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RÈGLES DE PONOTUATION. 127
Corneille a trouvé le théâtre français très-grossier, et l’a porté à un haut point de perfection; Racine l’:. soutenu dans la perfection où il l’a trouvé.
Exemple: Il faut d’abord s'attacher à un petit nombre d’époques, telles que sont dans les temps de l'histoire ancienne,
Adam, ou la création ;
Noé, ou le déluge ;
La vocation d'Abraham, ou le commencement de l'alliance de Dieu avec les hommes.
Contenant des exemples dans lesquels on trouvera l'application des règles de ponctuation données dans les chapitres précédents, et pouvant servir de malière d'analyse g'rammaticale ou d'analyse logique.
En 1851, M. Casault fut élu supérieur du Séminaire. Nommé une seconde fois sans interruption, il devait sortir de charge au bout des six ans fixés par la règle; mais, la fondation de l’Université qu’il avait commencée n'étant pas encore terminée, les Directeurs du Séminaire jugèrent qu’il serait difficile de le remplacer alors, et, sur leur prière, Mer. l’Archevêque l’autorisa à exercer encore trois ans des fonctions qu’il remplissait avec tant d’habileté.
Il réunissait, en effet, à un trés-haut degré, toutes les qualités qui font le véritable administrateur. La multiplicité des affaires et ses souffrances continuelles lui rendaient presque impossibles ces habitudes d'ordre pour ainsi dire matériel, qui ont sans doute leur mérite, bien qu’elles soient quelquefois le partage des esprits ordinaires ; mais, ce qui vaut mieux, il était éminemment doué de cet esprit de suite qui permet de poursuivre et de mener à bonne fin les projets que l’on a une fois conçus. D’un coup d'œil rapide et pénétrant, il embrassait les choses dans leur ensemble ; il distinguait les moindres détails; il savait prévoir d’avance toutes. les objections, et, une fois ses idées fermement arrêtées, il travaillait avec un courage inébranlable, sans jamais se laisser rebuter ni par les difficultés ni par les obstacles.
Il avait sur toutes choses Sr larges et élevées. Il
aurait voulu que, sous le double rapport des études et du matériel de l'établissement, le Séminaire de Québec n’eût laissé rien à désirer. À ses yeux, l'éducation de la jeunesse était chose si grande et si sacrée, qu'il était prêt à faire tous les sacrifices pour lui donner toute la perfection dont elle est susceptible. Homme de tradition et homme de progrès tout ensemble, autant il respectait les anciens usages, autant il s’empressait d'introduire les améliorations et les réformes qui lui paraissaient nécessaires ou simplement utiles. C’est lui qui suggéra aux Directeurs du Séminaire d’envoyer étudier en Europe plusieurs jeunes gens dont il avait su deviner le zèle et les talents. Il avait surveillé leur enfance avec un soin tout particulier ; il les dirigea par ses lettres durant le séjour assez long qu'ils firent à Paris, et il a eu ensuite le bonheur de les voir à l’œuvre et travailler sous ses yeux. Satisfait du résultat de cette première expérience, il était convaincu qu’il est utile, nécessaire même, que, dans un pays nouveau comme le nôtre, les professeurs aillent de temps à autre s'initier aux formes d'enseignement suivies chez des peuples plus anciens et plus avancés. L'Ecole des Carmes à Paris, les classes de hautes études littéraires et philosophiques fondées à Orléans par Mgr. Dupanloup, et l'Université catholiqre de Louvain, lui semblaient des établissements très-propres à remplir ces conditions.
M. E. MéÉruor, ptre.
L'homme distingué (M. Casault) dont nous déplorons la perte n'est pas mort; il vit encore dans l’œuvre qu’il a édifiée, et qu’il lui a été donné de voir grandir avec tant de rapidité ; il vit dans la personne de ses confrères bienaimés qui ont coopéré si admirablement à cette noble entreprise ; il vit dans la personne des professeurs de l’Université, si dévoués à la science. Tous, prêtres et laïques, animés de son esprit, cultiveront à l’envi cette belle jeunesse sur laquelle reposent tant de glorieuses espérances; leurs successeurs se feront un devoir de suivre leurs traces, et l'Université-Laval, l’orgueil de notre pays, remplira d'âge en âge la mission de lumière qu’elle a reçue de son vénérable fondateur.