‹ Traité théorique et pratique de l'agriculture [microforme]Chapitre 103 sur 139 · DU SAIN-FOIN · texte numérisé non relu

DU SAIN-FOIN

Le sain-foin est une plante perpétuelle à longues racines, dont les tiges étendent beaucoup de branches, des feuilles réunies, et des fleurs d’un rouge éclatant. L’Angleterre est sa patrie, ainsi que plusieurs parties de l’Europe, mais on ne le trouve jamais, excepté dans un sol sec et chaud, dans lequel il dure longtemps. Il a été tongtemps cultivé en France et dans d’autres parties du continant de l'Europe, et fut introduit comme plante d’agriculture de la France en Angleterre vers le milieu du 17me. siècle. On l’a depuis beaucoup cultivé, et ce qui lui donne une valeur particulière c’est qu’on peut le cultiver dans des terres qui ne peuvent pas toujours être sous la charrue, et qui produiraient peu d’herbe commune. Cela est dû aux longues racines du saint-foin qui descendent bien avant dans la terre et qui pénètreront jusque dans les fractures du rocher. On prétend que son herbage est également bon à servir vert de pâturage et à être reduit en foin, et que mangé vert il ne fait pas enfler les bestiaux comme le treffle ou la lucerne. ‘ Arthur Young dit que, dans des terres convenables à cette plante, le termier ne peut pas en semer trop, et dans le code d’agriculture on dit que c’est Pherbacée la plus précieuse dont nous devons remercier la providence bienveillante.”? °

Le meilleur sol pour cette plante est sec, profond et calcaire, mais elle viendra dans aucune terre dont le sous-sol est sec. Des terres légères, sableuses et graveleuses, et celles d’une qualité mixte, dès qu’elles sont sèches, lui feront très bien et mieux que celles dont le terreau est profond. Marshall assure que cette plante donre un grand produit même dans les terres les plus pauvres, et que celles qui sont d’une qualité plus riche et plus friable produisent fréquemment d’abondantes récoltes. Cependant il croit qu’it ne réussit parfaitement et ne devient durable que dans des terres calcaires ou celles qui ont été bien imprégnées de chaux.

— La meilleure préparation du sol est sans doute de le bêcher, celle qui est la plus commune et la même que celle du treffle, un labour plus profond que de coutume soit par la grande charrue de défoncement, ou ce qui vaut mieux parceque c’est plus simple, un deuxième labour dans la même raie moyennant la charrue ordinaire. Plus de bonne heure en printemps que va la graine en terre mieux c’est, parceque pour la plus grande moiture des terres convenables il est plus probable que la

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