HERBES CULTIVÉES
Les herbes de fourrage ou de pâturage coavrent la surface de là terre dans toutes les Zônes, elles atteignent ordinairement une plus grande hauleut, avec moins d'épaisseur à la racine dans les climats chauds, et produisent dans les latitudes froides un herbage bas, épais, fort, natritif, d’un vert foncé. Les meilleures pâturages d'herbe, les nlus pro. ductifs et les plus nutritifs sont celles qu’on trouve dans des pays qui ont les hivers les moins froids et des étés sans un excès de chaleur. L’Irlande, la Grande-Bretagné, et une partie de la Hollante et du Danémarc sont égales sinousupérieurcs à tous les pays du monde à:cetégaril ; mais dans toute zône où il y a de hautes montagnes, id y a certaines positions ‘entre le pied et le sommet, où, grâce à l'égalité de la température, on trouvera un gazon égal à celui des îles.
La raison pourquoi la culture des herbes fourrageuses est d’une date récente c’est qu’elles se trouvent partout, et 1 toute sorte de sol qu’on laissé sans Culture s’en couvre rapidement. Il parait que cette branche de culture eut son origine en Angleterre vers le miliea du 17me. siècle, et l’herhe qu’on choisit alors fut Pivraie vivace (ray-grass, loliam perenne, fromental d'Angleterre ; ) et après celle Ïà k& mil ( thimoty, Phleum pratense.) Jen Dut de Bedford a en dernier lieu fait les ef: forts les plus assidas peut connaître la vakar comparative de toutes les herbes britanniques et de quelques herbes étrangères dignes d’être cultivées. ‘On en trouve le résultat dans un appendice de la Chimie appliquée à l’agriculture de Sir H. Davy, et plus au longdans an ouvrage de Sinclair (1825) qui fut jardinier dm Duc de Bedford.
Quoiqu'il y ait des herbes en abondance dans 'tont sol et tonte situation, cependant toutes les espèces ne se trouvent pas indifféremment dans ‘tout ‘sol et toute sitation. Au contraire, il n’y a pas de classe de plantes parfaites qui soit si absolue et si inaltérable dans son choix à
cet égard. Les herbes à racines rampantes viendront dans toute sorte de sol ; mais l’espèce à racines fibreuses, et surtout les plantes plus délicates des hauteurs, exigent une attention particulière quant au sol dans lequel on les sème, car elles ne lèveront pas du tout dans certaines terres, ou elles mourront en peu d’années et feront place aux herbes qui y viennent spontanément selon la nature du sol. Pour le présent une grande variété d’herbes n’est pas nécessaire en Canada, excepté là où il s’agit d'établir des terres en pâturages permanents, et même dans ce cas il suffirait peut-être de semer du treffle et du mil dans toutes les bonnes terres ; et quand ces plantes vieillissent et dépérissent, on peut permettre aux herbes naturelles, indigènes du sol, de les remplacer, ce qu’elles feront sans doute. Le treffle et le mil sont les meilleurs herbes qu’on peut employer dans l’agriculture convertible, qui offre le système le plus convenable à l'Amérique Britannique. On sait que le treffle, le sain-foin et le mil viennent le mieux dans un climat chaud comme celui du Canada. Dans la Grande-Bretagne on ne cultive pas une herbe supérieure à celles-ci, ni aucune qui soit plus précieuse. Il serait donc peu judicieux de recommander la culture d'aucune autre dans un bon sol, ou même dans un sol d’une qualité moyenne. Dans des terres très légères ou inférieures peut-être, on pourrait assayer quelqu’autre variété d’herbe pour des pâturages permanants.
En Angleterre, les herbes les plus estimées sont l’ivraie vivace ( perennial ray-grass, lolium perenne, ) la fétuque élevée ( tall fescue, festuca elatior ; la fétuque des près, la fétuque pointue, la tétuque ovine, la fétuque flottante, la flouve odorante (sweet sented soft grass, antoxantum odoratum) le paturin des prés ( poa pratensis, ) la houque laineuse et le paturin aquatique. La valeur comparative de toutes ces herbes a été établie par des expériences faites à Woburn Abbey en Angleterre, le domaine du Duc de Bedford. Le résultat de ces expériences quant à quelques-unes des herbes principales, et celle du mil en particulier, peut intéresser le lecteur. La manière dont on a fait ces expériences est décrite dans la chimie appliquée à l'agriculture ue .» manière suivante :
‘ Des lopins de terre, chacun de 4 pieds quarrés en superficie, dans le jardin de Woburn Abbey, furent entourés de planches de manière qu’il n’y eut pas de communication latérale entre la terre tellement entourée de planches et le jardin. On ôta la terre de ces lopins entourés, on en mit d’autre ou des mélanges de terres pour donner aux différentes herbes autant que possible tel sol qui favoriserait le plus leur végétation ; on adopta quelques variétés pour reconnaître l'effet de ces différentes terres sur la même plante. Les herbes furent plantées ou semées, et leur produit fut ramassé et séché dans le temps convenable, en’été où en automne par Sinclair le jardinier de sa Grâce. Pour déterminer autant que possible le pouvoir nutritif des différentes espèces, on soumit des parties égales d’herbes sèches ou de substances végétales à l’action de l’eau chaude, jusqu’à ce que toutes leurs parties solubles fussent dissoutes ; la solution fut ensuite évaporée à siccité par une chaleur douce dans un poële convenable, et la matière obtenue soigneuse-
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ment pesée. Cette partie du procédé fut encore conduite avec beaucoup d’adresse et d'intelligence par Sinclair, qui a fourni tous les dé. tails et les calculs suivants. Les extraits secs supposés contenir la matière nutritive des herbes, en furent envoyés pour les examiner. La composition de quelques-unes d’entre elles est minutieusement établie ; mais on verra par les conclusions générales, que la manière de détermi ner le pouvoir nutritif des herbes par la quantité de matières solubles qu’elles contiennent dans l'eau, est aasez exacte pour tous les objets d’un examen agricole. ”?
‘ Le temps de la fleuraison est donné comme elle eut lieu à Woburn ; où l’on observe qu’il est impossible de déterminer positivement la période exacte, quand une herbe fleurit toujours, et müûrit parfaitement sa graine ; car grand nombre de circonstances y influent. Chaque espèce parait avoir une vie particulière, dans laquelle ou peut distinctement observer les différentes périodes selon la différence de l’âge, des saisons, du sol, de l'exposition et de la manière de la cultiver. ”
Le sol dans la colonne qui lui appartient est décrit de la manière guivante :-—1°, On entend par terre grasse (loam) tout sol combiné avec de la matière animale ou végétale dépérie, 2°. De la terre grasse argileuse, lorsque l'argile en forme la plus grande partie. 39. De la terre grasse sableuse, lorsque le sable en forme la plus grande portion. 4°, De la terre grasse brune, lorsque la plus grande proportion consiste en matière végétale dépérie. 5°. De la terre grasse riche et noire, lorsque le sable, l'argile, les matières animales et végétales sont combinés en proportions inégales, mais que le sable et la matière végétale en forment la plus grande partie,
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Table de quelques herbes soumises à des expériences à Woéburn Abbey,
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arrangées dans l’ordre de leur fleuraison. aiue. n5| % | 2 | ë à ä | | : : g Ss| Ss © 2 23 E ë |£ TR 2 25 DE ES , E ar "S ä = a = 23 SZ B2É 3 -2 a s Vo Æ = : = 2 : ce] +0 |BES 8 La : È £ So NEA FER $ [3 — 31 <> |2ES = ES | 5 £ | 8 lo! S S E 12 2 + £s = ET 8 2 = 2 e 2e ES £= 3 =£ 2 S S 5 E as. £ En E PA ë Î ps] ca i = | ; | e Flouve vüorante, 14 | Avril 29 | Juin 25ÎTerre grasse riche sableuse Bois, prairies moites 9528 | 2141] 7087] 610! 21225 | 9523 | 17696 | 2228 Fétuque ovine 12 | Jui. 1 | Juil. 20 | Terre grasse subleuse légère Pâturage ñ ibreuse 18376 | S259 | 10105 | 1094 | 19075 | 8675 | 10151 !{ 446 Fétuque des prés 30 |Juil 1 |Juii. 2% me marécageuse et cendres def Prairies Rampantel] 13612 |} 6465] 7146 | 957 | 19057 à 1623 | 11435 | 446 | ois Fétuque pointue 36 | Juil. 1 | Juil. 28 |Terre grasse argileuse Pâturages moites 16335 | 7146! 9188 | 76%, 10890) 4402 | 6397 | 553 Ivraie vivace 21 | Juil 4 | Juil. 20 | Terre grasse riche brune. Prairies fortes Fibreuse 7827 3:22} 41941 305. 14973] 4499 | 10181 | 643 Fétuque à roseau 40 | Juil 10 | Juil. 28 {Terre grasse argileuse Haies 54459 | 9057 | 35392 | 3523 | 51946 | 12123 | 38293 | 2302 Fétuque élevée 26 | Juil. 12 | Août 6 Terre grasse-riche noire Prairies 51046 | 17866 | 33180 | 3988 | 51046 | 18866 | 33190 | 2399 !
Fétuque fiottanse 18 Juil. 14 | Août 12 Argile forte tenace Etangs Rampante 13612 | 11053 9528 | 37 | Se 5 2 7e RS Paturin des prés 24 Juil. 14 os: 26 | Terre grasse argileuse forte Prairies moites 19057 6661 | 12395 | 1191 | 19057 | 2S11 | 15246 À s18 | Herbe fertile des prés 20 | Juil. 14 Le 23 {Terre grasse argileuse Prairies 14975 | 7861) 7111 | 1052 CEE EE Rte 2,2 RES | Mii(féaudesprés, Thimci) 21 |Juil. 16 : Juïl 20 ‘Idem. ED. Prairie et pâturage! Rampante 40937 | 17255 | 23181 | 1593! 40337 | 19397 | 21439 | 3668 !
Herbe douce rampante 30 | Juil 23 ES. De “eux Pâturage sableux |Rampante 34031 | 13612} 20:12 2592} 21090! 5439] 12659 | 1153 Paturin aquatique 72 | Juil D avt 8 { Asie fortetenace À Fossés Rampante Crételle des prés amer 24 |Aofk 02 Oct 36: : ‘2382 ee cr A rémranait 0e PA re PL SE ce 1 Pâturage gras
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Le produit de la deuxième fauchaison de l'ivraie vivace fut 3403 et 53 de matières nutritives ; du mil 9528 et 297 de matières natritives ; la flouve odorante produisit plus de 17015 et de matière nutritive 1129 ; après elle la fétuque élevée 15654 et de matière nutritive 978 ; la fétuque dûre 10209 et de matière nutritive 197. Ce sont les seules herbes dont le lallermalh mérite l’attention. Ce produit est donné en poids de livre.
Il est nécessaire d’observer que la nlupart de ces herbes fu--nt élevées dans les circonstances le plus favorables, dans un sol conve‘able de la meilleure qualité ; on ne pouvait donc pas s'attendre à ob« nir quelque chose de bien approchant dans la culture ordinaire des champs. Il est cependant intéressant de savoir ce que des soins extrêmes et une bonne direction peuvent produire. Quelques-unes de ces herbes pourraient ne pas convenir au climat du Canada, mais cette table d'expériences peut servir en quelque manière de guide à des fermiers qui désirent introduire quelques herbes anglaises que nous ne cultivons pas à présent.
Sir H, Davy a fait quelques remarques précieuses sur le produit nu. tritif, qui regardent le mode dans lequel les différentes substances, come posant la matière nutritive des plant, agissent sur l’économie animale. Les seules substances qu’il découv: t « ns les matières solubles contenues dans les herbes sont, le mucilage, le sucre, l'extrait amer, une substance analogue à l’albumine, ei ditiérentes matières salines. Quelques-uns des produits de la dernière fauchaison (aftermath) donnent une faible indication de tannin. Dans le: expériences fuites sur la quantité de matières nutritives dans les herks coupées quand la graine fut mûre, cel, le-ci en fut toujours séparée, ei :‘est le calcul de la matière nutritive de l'herbe etnon du foin. L'ordre dans lequel ces matières sont nutritives est le suivant :—‘L’albumine, le sucre ct le mucilage, restent probablement dans le corps de l'animal, si le bétail est nourri avec de l’herbe ou du foin ; et le principe amer, l'extrait, la matière saline et Le tannin, s’il y en a, sont probablement vidés, pour la plus grande partie, par Ja voie des excrémens, de même qne la fibre boiseuse. La matière extractive obtenue, en faisant bouillir le fumier vert des vaches, ressemble beaucoup dans son caractère chimique à celle qui existe dans les produits solubles des herbes. L'’extrait du fumier qui a été conservé pendant quelques semaines avait toujours l’odeur du foin. Soupçonnant qu’il y eut dans le fumier quelque herbe non digérée, qui aurait pu fournir du mucilage et du sucre, ainsi que de l'extrait amer, j'examinai avec beaucoup de soin la matière soluble pour trouver ces substances. Elle ne donna pas un atome de sucre, et à peine une quantité sensible de mucilage. ”
De ces faits il parait probable que l’extrait amer, quoiqu’il soit soluble dans une grande quantité d’eau, est peu nutritif ; et sert probablement à prévenir jusqu’à un certain point la fermentation d'autres matières végétales, ou à modifier ou aider les fonctions de la digestion, et serait donc d’une grande importance en formant une partie constituante de la nourriture animale. Une petite quantité d’extrait amer et de matière saline est probablement tout ce qui est nécessaire ; et au-delà de cette quantité la matière soluble doit être d'autant plus nutritive qu’elle
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contient plus d’albumine, de sucre et de mucilage, et moins nutritive à raison qu’elle contient d’autres substances.
En comparant la composition des produits solubles donnés par différens retours de la même LE 24 Sir H. Davy trouve dans toutes ces expériences, la plus grande partie de matière vraiment nutritive dans le retour coupé, quand la graine était mûre, et moins d’extrait amer et de matière saline ; et plus de matière saccharine en raison des autres ingrédiens, dans le retour coupé lors de la fleuraison.
La matière soluble obtenue des différentes espèces de fétuque contenait une grande portion d'extrait amer. La matière soluble du tetour grainé de mil a plus de sucre qu'aucune espèce des herbes anglaises les plus estimées. T'ous les extraits solubles de ces herbes, que les bestiaux aiment le plus, ont un goût salin ou sc'1s-acidulé. On ne trouve pas de différence dans le produit nutritif des didlérentes herbes coupées dans la même saison, ce qui perme:irait d'établir une échelle de leur pouvoir nutritif ; mais probablement ies matières solubles du regain (aftermath) sont toujours d’un quart à un tiers moins nutritives que celles du retour en fleur ou en graine.
La table que j’ai donnée des expériences faites sur des herbes à Woburn, donnera toutes les informations nécessaires aux fermiers pour choisir des herbes et pour connaître la meilleure jériode de la fauchaison. de sorte à obtenir le retour le plus profitable de chacune d’elles. Mais, comme le mil est presque la seule herbe cultivée en Canada, je communiquerai les remarques à son égard selon les expériences de Woburn.
Le fléau des prés ou mil est natif d'Angleterre ; on le trouve dans les terres sèches et moites. Vers 1780 Thimotée Hudon y dirigea le premier l’attention, en l’introduisant de la Caroline du Sud, où l’on en fit grand cas. Quoique jusqu’à présent il n’ait pas été beaucoup cuhivé en Angleterre, les expériences de Woburn présentent cette herbe comme une des plus prolifiques pour en faire du foin. Soixante-quatre drachmes de sa paille, en donnent sept de matière nutritive. Le pouvoir nutritif de la paille seule surpasse celui des feuilles dans la proportion de 28 à 8 ; le pouvoir nutritif à l’époque où l’herbe est en fleur surpasse celui de l’herbe en graine mûre dans la proportion de 10 à 23 ; et le pouvoir nutritif du second retour celui de l’herbe en fleur dans la proportion de 28 à 10. La valeur comparative de cette herbe est donc bien grande, à en juger par les détails que je viens de donner ; et je suis convaincu qu’il n’y a pas une herbe en Angleterre, qu'on pourrait cultiver avec plus d’avantage en Canada ; je lai vu bien venir en toute espèce de sol bien préparé pour la semence des herbes. Celle-ci à la qualité remarquable qu’elle a très peu de feuilles lorsqu'elle est mûre ou parée à être fauchée, et que ces feuilles ont à peine quelque prix comparées à la paille. Les variétés de la fétuque seules équivalaient au mil pour la quantité de leur produit ; mais aucune de ces herbes ne sont équivalentes au mil comme foin ; et il n’y a pas d'herbe qui exige moins de temps pour sécher, afin d’être convertie en foin.
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Le jonc ou herbe d’eau ( herbe à lien?) se trouve uniquement dans des marais, comine dans son sol naturel ; mais il viendra dans de fortes argiles, et donne un produit prodigieux, comme il est prouvé par les expériences de Woburn. Dans les marais de Cambridgeshire, Lin colnshire, &c. de vastes portions de terre qui étaient ordinairement sub mergées et qui ne produisaient que des plantes aquatiques surperflues, et qui quoiqu’égoutées par des moulins, retiennent toujours beaucoup de moiture, sont couvertes de cette herbe, qui non seulement donne un pâturage abondant en été, mais encore la plus grande partie de la nourriture en hiver. Elle a une forte racine rampante, et on peut la faucher plusieurs fois. Dans le voisinage de la Taumise elle est souvent trois fois fauchée dans une mème saison. Elle vient non seulement dans des terres bien moites, mais dans l’eau même, Cette herbe convient bien à quelques terres marécageuses de l'Amérique Britannique, et dans des situations particulières, elle fournirait aux nouveaux planteurs une plus grande quantité de fourrage pour les bestiaux qu'aucune autre herbe, en même temps qu’elle vient dans des endroits où aucune autre herbe ne réussirait, Dans des terres moites et riches la fiorine (fiorin grass) produira abondamment, maiselle müûrit bien tard. Je l’ai vue en très grande abondance en Canada dans une terre moite, sans aucune culture; et partout où el'e prend racine elle couvrira bientôt le sol à l’exclusion de toute autre herbe.
Il y a différentes herbes qui produisent des tiges propres à faire dés tresses de puille pour des chapeaux ; les suivantes sont du nombre des meilleures :—la crételle des prés, l’herbe étroite des prés, la fétuque ovine, l’herbe de l’orge sauvage, la folle avoine &c.
Le temps pour couper les tiges de ces herbes est lorsqu'elles sont en fleur, On les blanchit en versant de l’eau bouillante dessus, en les laissant dans l’eau chaude pendant une ou deux heures, et en les répandant ensuite sur l'herbe pendant deux ou trois jours. Blanchies on les ramasse, on les lave et on les met encore moites dans un vaisseau bien fermé. C’est là qu’elles sont soumises à la fumée de souffre brulant pendant deux heures. Des tiges vertes, plongées pendant dix minutes dans une forte solution d’acide acétique, et puis soumises à l’action du gas acide sulphurique sont parfaitement blanchies en une demie heure. Des tiges vertes plongées pendant quinze minutes dans de l’acide muriatique, délayée dans vingt fois son poids d'eau, et ensuite étendues sur l'herbe, seront parfaitement blanchies en quatre jours. Le tissu de la paille ne souffre pas le moindre dommage par ces procédés. Pour imiter lestresses de Livourne de la manière la plus parfaite, la paille devrait être tressée au rebours de la tresse commune de paille anglaise, Dans les tresses anglaises, la paille est applatie par un petit moulin à main ; mais dans la tresse de Livourne la paille est tressée sans être applatie, et on la soumet à la presse après qu’elle est faite. Il est essentiel que ceux qui veulent rivaliser avec la plus belle manufacture de Livourne observent ces deux points. En renversant la manière ordinaire de tresser, les doigts ont plus de force à tricoter fermement et serrément la
paille ; et l’état de rondeur ot de non applatissement permet de les tricoter plus serrément, circonstance qui doune l'apparence semblable à la tresse de Livourne,