‹ Traité théorique et pratique de l'agriculture [microforme]Chapitre 111 sur 139 · VETIR · texte numérisé non relu

VETIR

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faitement réduite, les pierres, racines &c. qui restent sur la surface, en: tièrement enlevées. La graine devrait être semée en printemps aussitôt que la terre puisse être prénaréo, La quantité de la graine déperd de Pobjet de la récolte. Si l'on veut récolter la graine, là semence devrait ètre légère, afin que la plante puisse faire des branches latérales, :{ êire accessibles à l’air pendant la fleuraison et en formant les graine: Mais lorsqu'on arrache le plant vert pour en faire de la filasse, la science ne devrait pas être légère, car le retour sera alors grossier et pen rroductif, En Irlande on sème ordinairement 18 à 20 gallons par acre auglais, ici il faudrait une bien moindre quantité. La graine hollandaise qu’on importe en Irlande produit mieux que la graine importée d'Amérique. Je crois que cela doit surtout provenir du climat différent des deux pays ; celui de la Hollande ressemblant plus au climat de l'Irlande que ne fait celui de PAmérique. Lorsque le sol est parfaitement ameubli, on sème la graine, on la herse et on fait bien d’y appliquer le rouleau.

Lorsqu’en Irlande on destine la récolte à faire de la filasse, on l’arrache pendant qu’il est vert, immédiatement après que la graine est formée, et lorsque le bas de la tige commence à jaunir, parcequ’alors la filasse devient plus fine et de meilleure qualité, que lorsqu’on lui permet de plus avancer vers la maturité. Arraché on le met en gerbes comme le grain, on l’enlève sur le champ pour être mis dans les fondrières d’où on a retiré de la tourbe. Dans ce pays où il peut ne pas convenir de tremper le lin dans l’eau, on peut y appliquer ce qu’en Angleterre on nomme rouir à l’aide de la rosée. Ceci ne consiste qu’à étendre le lin sur le champ, et à l’exposer à l'influence du temps jusqu’à ce que les tiges parviennent à cet état dans lequel les parties boiseuses se séparent très aisément de la fibre. Cependant partout où l’on peut le tremper dans l’eau, on trouvera cela une méthode préférable, et on peut tremper le lin dans des étangs, ou des trous faits exprès, dans des marais ou des fondrières, en plaçant des poids sur les planches qui doivent tenir le lin fermément sous l’eau. De l’eau claire et douce est l1 meïl'sure pour tremper le lin. Le temps pendant lequel on doit laisser :e lin sous Peau dépend de différentes circonstances,p.e. de l’état de 1: raison dans lequel il fut arraché, de la qualité et de la température de l’eau,&e. La meilleure règle pour juger si le lin est suffisamment trempé, c’e:t lorsque la fibre devient friable, et que les parties dûres ou boiseuses s’en s yurent aisément. Par un temps chaud six ou sept jours sufhront jour le tremper à Peau. Il vaut mieux de lui donner trop peu que trop d’eau, parce que au défaut d’eau on peut remédier en le laissant plus longtemps sur l'herbe, pendant qu’on ne peut pas remédier à un excès d’eau.—L’opération suivante consiste à rouir le lin; son objet est de rectifier tout défant dans le procédé de tremper, et de continuer la putréfaction au point que l’écorce ou la partie baiseuse de la tige se sépare de la fibre le plus aisément possible. A cet eflet le lin est très mincement étendu sur l'herbe, en rangs réguliers, l’un un peu excédant l’autre afin que le vent ne puisse pas l’éparpiller. Le temps pour rouir se règle d’après l’état du lin, et excède rarement en Irlande 12 à 14 jours ; mais il n’en faudra pas autant en Canada. On doit continuellement l’examiner, et lors-

qu’étani cassé et broyé entre les mains, la fibre se sépare facilement des parties boiseuses, on peut le mettre en bottes, et le sauver pour les opérations ultérieures et la manufacture.

La préparation de la filasse consiste en différentes opérations, telles que broyer, par laquelle les parties boiseuses sont rompues, et peigner, par laquelle la fibre est séparée de la partie boiseuse. Ces opérations doivent se faire à laŸ main, lorsqu'on n’a pas de moulins à filasse.

La méthode de rouir le lin sans le secours de la rosée et de l’eau fut inventée par Mr. Lee en 1810. J’ai vu quelques-unes de ses montres soumises à la société des fermiers en Irlande ; elles furent bien belles et soyeuses à les voir, et plus fortes que le lin roui à l’eau. L’inventiou de Mr. Lee a été perfectionnée par une nouvelle machine faite par Messrs, Hill et Bundy. Ces machines sont portatives et peuvent être employées dans les granges ou dans aucun édifice; une grande partie de l’ouvrage est si facile que des enfans ou des infirmes peuvent le faire; etla machine est tellement simple dans sa construction, qu’on n’a pas besoin d'instruction ni de pratique antérieure. Son introduction en Canada serait très à désirer, et elle serait très propre à être employée dans les maisons d’industrie. La partie boiseuse de la tige est enlevée par une machine très simple ; et passant par une machine également simple, la filasse peut parvenir à un degré de finesse qui l’égale à celle dont on se sert en France et dans les Pays-Bas pour faire les plus belles dentelles et la batiste. La longueur originaire et la force de ja fibre ne souffre nullement ; et on dit que la différence du produit est immense, étant presque de deux tiers ; une tonne de filasse serait produite de quatre tonnes de tiges. La dépense de l’ouvrage n'est que de cinq louis par tonne. La matière glutineuse peut être enlevée à l’aide du savon et de l’eau seulement, ce qui blanchira la filasse :1 parfaitement, qu’un autre blanchissage n’est plus nécessaire, même après que la filasse est tissée ; et tout le procédé pour préparer la filasse peut se faire en six jours. Le produit du lin en filasse varie beaucoup. Avant d’être assorti, le produit brut de la fibre est depuis 300 à une demie tonne par acre anglais.

Lorsque le retour du lin doit être en graines, on ne doit l’arracher qu'après qu’il est mûr. Les cosses à graines sont séparées des tiges par un procédé nommé le coulement, et on pense qu’on fait le mieux cette opération immédiatement après que le lin est arraché, comme étant le temps le plus propice pour le faire. On sèche la graine ensuite. Cette opération est faite en Ôtant les cosses de la tige moyennant un peigne de fer appelé couloir, qui est attaché à une pièce de bois à travers lesquels le lin est passe jusqu’à ce que la graine est séparée de la tige. On étend vrdinairement un grand linge sous le couloir pour recevoir la semence, qui doit être parfaitement séchée au soleil avant d’être battue. Lorsque l2 graine est battue et vannée, on doit la remuer fréquemment afin d’empècher qu’elle ne chauffe.

Comme la fabrication de la gelée de graine de lin est une opération agricole, je m’en vais la décrire ici. La proportion de l’eau à la graine est près de 7 à 1. La*graine ayant été trempée en une partie de l’eau pen-

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dant 48 heures avant de la faire bouillir, le reste de l’eau est ajouté froid, et le tout mis à bouillir doucement pendant deux heures, étant mu pendant l'opération, pour qu’il ne brûle pas dans la chaudière. Par là le tout est réduit à une substance ressemblant à la gelée ou plutôt à une substance collante et glutineuse. Après avoir été refroidie dans des cuves, on la donne avec un mélange de farine d'orge, de son et de paille hâchée ; on donne à un jeune bœuf à peu près deux quarts de la gelée par jour, ou un peu plus d’un quart de graine en 4 jours, c’est-à-

dire, à peu près une seizième partie d’allouance moyenne d’un gâteau d'huile.

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