‹ Traité théorique et pratique de l'agriculture [microforme]Chapitre 117 sur 139 · DES ANES ET DES MULES · texte numérisé non relu

DES ANES ET DES MULES

On emploie ces animaux très peu dans ce pays, quoiqu'élevés avec soin et convenablement traites, ils pourraient rendre de grands services aux fermiers. Un agriculteur anglais met 4 ânes à sa charrue, et par le laboureur même, ils labourent un acre par jour, guidés. Le comte d’Egremont forma un attelage de six ânes, qui furent capables de porter un chaudron et un quart de charbons dans une voiture, et pesant audelà de trois tonnes et un quart. Ils n’eurent point d’avoine et ne furent nourris que de bruyères, de houx et de feuilles de ronce.

Les mulets sont une espèce d'animaux bâtiuds, tenant du cheval et de l’âne. Ils sont forts, robustes, d’un pas ferme, atteignent un âge avancé, et peuvent être entretenus à une moindre dépense que les chevaux. C’est la seule espèce de bêtes de somme de l’Europe méridionale ; en Espagne et en Portugal on s’en sert également à la selle et aux voitures élégantes. À ce dernier but ils sont choisis d’une bien grande taille, et se vendent à un prix d’autant plus élevé que les che vaux, de ce que non seulement ils vivent plus longtemps et sont moins sujets aux maladies, mais qu’on trouve qu’ils font plus d’ouvrage et y résistent mieux. La charge ordinaire d’une mule espagnole, non compris le bât pesant, est de 280 livres, et avec cette charge elles voyageront pendant plusieurs jours, au train de 30 à 40 milles. L’orge, le mais ou la paille”est leur seule nourriture, et qui les tient en excellent état; et si on ne les maltraite pas ils continueront à travailler pendant 30 ou même 40 ans. On sait qu’à Lisbonne une paire de mulets de voiture ont été payé jusqu’à 250 moidores, égaux à 3371. 10s. ; et on peut rarement s’en procurer une bonne paire à moins de 150 moidores ou 2001. à peu près. :

On pourrait se servir de ces animaux dans plusieurs travaux, que font maintenant les chevaux ; ils sont plus vigoureux et exigent un entretien inférieur. Un monsieur qui en possédait un grand nombre en Angleterre, dit “ que bien loin de mériter le reproche qu’on leur fait communément d’être opiniâtres, on n’observait cette disposition qu’en conséquence de mauvais traitement et de la méchanceté de ceux auxquels ils sont confiés ; qu’ils ont un fort ressentiment des injures reçues et agissent en conséquence ; mais que traités humainement, ils sont très dociles et aisés à être gouvernées. Dans le midi de l’Europe les mulets justifient le caractère qu’on leur donne ici. En important quelques ânes de la plus grande taille et de la meilleure èspèce, les fermiers pourraient s'élever des mulets et les essayer. Je crois que dans beaucoup de situations ils feraient très bien.

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