‹ Traité théorique et pratique de l'agriculture [microforme]Chapitre 119 sur 139 · TAUREAU DE LA RACE DE DEVONSHIRE · texte numérisé non relu

TAUREAU DE LA RACE DE DEVONSHIRE

œelte race d'animaux a été améliorée de sorte à présenter des races particulières à chacun deces objets, et elles sont bien supérieures à tout ce qu’on peut trouver dans d’autres pays. Cependant il reste encore beaucoup à savoir à l’égard de la nourriture que peuvent fournir les différentes espèces d’herbes et de racines ; la quantité d’alimens consommés pur les différentes races tant en raison de leur poids dans le temps, qu’en raison de leur augmentation ; et l’avantage d'employer dans des circonstances données de grands ou de petits animaux. On n’a pas même essayé d'en venir à une grande exactitude, quant aux degrés de progrès fait en engraissant le bétail en général ; parceque des machines pour peser de temps à autre les bestiaux et leur nourriture; n’étaient pas généralement introduites dans la Grande-Bretagne.

Les variétés de vaches européennes sont innombrables. La flexibilité de leur nature est telle, qu’elles ont pris des formes différentes, et acquis des qualités entièrement différentes de celles qui leur étaient naturelles. Les Uris ou vaches de Lithuanie sont presque grandes comme un éléphant ; pendant que celles des hauteurs Grampianes excèdent peu la grandeur d’une chèvre; et on trouve des vaches de toute sorte de variété, entre les unes et les autres. Elles ne diffèrent pas moins quant à leur taille. Le bison, qui est une espèce de famille du bœuf, et qui se propage en effet avec nos vaches, a la crinière longue ct velue comme le lion ; la barbe comme la chèvre, autant de poil sous la nuque et le poitrail comme il y en a qui couvre ses jambes ; une bosse sur les épaules, presqu’aussi grande que celle du chameau (quelquefois du poids de quarante à cinquante livres,) avec une queue qui atteint à peine la cuisse; et il ressemble plutôt au lion qu’à nos vaches domestiques ou à d’autres 4 espèces de la même variété. ‘UE

La variété des qualités dans la famille des vaches est aussi bien grande. Nos vaches sont si intrépides et inactives qu’elles connaissent à peine lo chemin de leur étable à leur pâturage ; pendant que celles des Hottentots sont si traitables, qu’on leur confie la charge d’autres animaux, qu’elles empêchent de passer dans les champs de grains, ou dans d’autres terres prohibées. Elles se battent aussi pour leurs maîtres, et meurtrissent ses ennemis de leurs cornes. Nos vaches à lait sont si faibles et inactives, qu’en faisant lentement un mille deux fois par jour de leur gite au pâturage, elles se font du mal ; pendant que celles de la Toscane servent d’animaux de selle et de voiture. Celles de l’Indostan mènent des carosses, et vont de pair avec les chevaux au grand trot; et les Hottentots apprennent à leurs vaches à faire la chasse aux élans. Des vaches de la race sauvage négligée peuvent avec peine être transférées d’un enclos ou d’une colline à l’autre, pendant que celles qu’on a attentivement soignées, sont dociles et font toute sorte d'ouvrage. Quelques vaches jon- “248 neront plus de laiten un jour que d’autres n’en donnent en dix et pétit-être & en vingt jours. Celles-ci n’appartiennent pas à autant de différentes ra- 1 ces d'animaux, mais elles sont toutes de la même espèce, toutes capables 4 de procréer l’un avec l’autre des rejetons parfaits. Toutes ces variétés É proviennent de la même race première, en partie par la différence du sol

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et du climat, ou par d’autres circonstances accidentelles ou’accessoires, et en partie eu dernier lieu par l'adresse et l’industrie humaines.

De la variété européenne sont provenues les différentes races cultivées dans la Grande Bretagne et aussi nos races canadiennes, Après ce que J'ai déjà dit à l'égard de quelques unes de ces races qui sont et pourraient être très avantageusement cultivées ici, il n’est pas nécessaire de les décrire ici £! y a pourtant deux races de bestiaux bien estimées dans la Grande-Bretagne, celle d’Ayrshire et de Devonshire, que je n’ai pas décrites, et comme toutes les deux ont été introduites en Canada, il est juste de les mentionner.

Les bestisux du Devonshire sont d’un rouge éclatant ( s’il y a quelques taches blanches on considère la race impure, surtout lorsque ces taches se confondent l’une dans l'autre) avec un anneau d’un brun leger autour des yeux et l2 mufle de la même couleur, d’os bien délicats, le cou dégagé, les cornes d’une longueur mayenne tournées en haut, la tête mince, les mâchoires fincs, les hanches larges, le corps moyen, mais un peu pl.t sur les côtés, la queue petite et posée bien haut; ils ont la peau mince, douce au toucher ; paissent en bas âge et parviennent plutôt à maturité que la plupart des autres races. On les considère comme des modèles pour tous ceux qui élèvent des bœufs pour le joug. J’ai connu des hommes en Irlande qui les ont importés d’Angleterre pour en avoir des bœufs de labour ; quoique le poids de la vache est ordinairement de 30 à 40 stones (420 à 5601bs.) et celui cs bœufs de 40 à 60 (560 à 8401bs.) La variété du nord de Devenshire surtout est très estimée à Smithfield par rapport au grain délicat de la chaire,

Les bestiaux de Devonshire sont excellents au trait et à l’engrais, non pas pour la laiterie. La nature particulière de lPanimal le dispose à devenir gras plutôt qu'à produire du lait. Quant à Pouvrage cette race n’est surpissée par auc ne autre en docilité, activité et vigueur, ce qui est prouvé sans doute par la circonstance, que dans le Devonshire un attelage de 4 bœufs laboure dans sa journée deux acres ‘’e friche avec la charruc à deux so:s ; qu’on s’en sert généralement de nême, ainsi qu'au trait, dans leur pays natal et dans d’autres pays, où on les a depuis introduits, On croit que c’est une des races originaires de la Grande-Bretagne, qui a le plus conservé s1 forme primitive. Je crois que ce serait une race de bestianx, qui, pour le labour et l’engrais, pourrait le mieux convenir aux provinces britanniques de l'Amérique du Nord.

La race dAyrshire est très estimée en Ecosse pour la laiterie et pour l’engrais, et elle est généralement d'une belle taille et d’une grandeur moyenne. Selon Aiton ‘ le poids des vaches laitières d’Ayrshire varie de 20 à 40 stones (280 à 5601bs.) selon la qualité ou l'abondance de leur nourriture. Si les bestiaux sont trop petits pour le sol, il s’élèvera bientôt à la taille qu’il peut maintenir, et vice versà, ils sont trop grands pour qu’il puisse le laire, ” Le même auteur dit (dans son agriculture d’Ayrshire) que cette race de bétail n’est pis surpassée sur un sol, dans nn climat et des circonstances relatives non seulement quan

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à la laiterie, mais encore quant à l’engrais pour la boucherie. Elle n été améliorée dans sa taille, sa forme et ses qualités uniquement par un choix judicieux, en les croisant, pur la manière de les nourrir et de les traiter pendant une longue série d'années. Le produit de ces va: ches en beu”-e dans une année est, dit-on, la moitié de leur poids (v’està-dire des quatre quartiers) ; pour cela le pâturage doit être bon, et la vache être bien tenue toute la saison, Par ce que j'ai vu de cette race, je la préfèrerais sans doute à lu race plus grande de bestiaux anglais qui ont été importés ici ; et les taureaux de cette race serviraieut admirablement à se croiser avec la race canadienne, Ceux qu'on a importés jusqu’à présent ne sont pas des animaux supérieurs de la race d’Ayrshire.

Dans chaque partie de l'Amérique Britsunique, il est très faisable d’obtenir une race supérieurs et utile des bestiaux qui s’y trouvent déjà; tout ce qui est nécessiire à cette fin c’est un choix soigneux pour la propagation, en les croisant, nourrissant et traitant judicieusement, C'est de cette manière que les bestiaux des Iles Britanniques ont été améliorés, et dans les colonies britanniques ils ne peuvent pas l'être par d’autres moyens. Le fermier qui sait quelle est la meilleure forme et taille de ses animaux, pour Gonner le plus &e profit, peut améliorer ses bestiaux jusqu’à ce qu’ils aient la taille et les formes requises avec les matériaux qui se trouvent déjà dans le pays, en tout tems qu'il veut faire attention et vouer ses soins à leur propagation et nourriture. Un fermier doit avoir peu de connaissance des bestiaux, s’il s'imagine qu'il peut améliorer la taille et la forme de ses animaux, en achetant un mâle supérieur d’une espèce quelconque pour croiser avec ses propres bestiaux, sans adopter en même temps une amélioration dans la manière de soigner et de traiter les rejetons de ce croisement ; le défaut de soins et de traitement est peut-être la seule cause de ce que les bestiaux qu'il possède déjà sont inférieurs à ceux avec lesquels il veut les croiser. Les fermiers qui veulent élever et nourrir avec succès des bêtes à cornes et des moutons doivent avoir une grande connaissance des bestiaux et du traitement qui leur couvient.

Les signes de l'excellence des bestiaux en général sont expliqués de la manière suivante par Mr. Wiikinson de Linton près de Nottingham en Angleterre.—(Remarlks on callle, 1820.) Ceci peut être appliqué à des bestiaux de toute taille et de tout pays.

‘ La tête doit être assez longue, le mufile fin; l'air calme et tranquille, ce qui est un signe de la disposition d’engraisser; les cornes fines ; le cou léger, surtout là où il se joint à la tête ; le poitrail large, et bien prominent sur les jambes ; les épaules moyennement larges en haut, les jointures bien placées, et, lorsque l’animal est en bon état, l’échine assez pleine pour laisser un creux derrière elle ; ie flanc de devant bien rempli, et la ceinture derrière les épaules, profonde ; le dos droit, large et applati ; les côtes larges et l’espace entre elles et les hanches court ; le ventre bien reprimé et non pas tombant vers le milieu, mais formé de manière qu’une section en profil ressemblerait à un oval, dont les deux extrémités sont de la même largeur, et dont la forme ap-

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proche celle d’un cercle ; les hanches globulaires, larges au travers, et au niveau du dos même ; les quartiers de derrière, c’est-à-dire depuis les hanches jusqu’à l’extrèmité du croupion longs et droits ; les pointes du croupion grasses ei montant bien vers la queue ; le cordon large, et la couture dans son milieu si bien remplie, que le tout présente un plan presque perpendiculaire à la ligne du dos ; la partie inférieure de la cuisse petite ; la queue large et platte vers = bout, mais la partie inférieure mince ; les jamhes droites et d’un , ©t, si l’animal est en bon état, la peau d’une apparence riche et soyeuse, ?

On peut dire en eflet que ce sont là les points les plus essentiels pour former une véritable symétrie dans les bestiaux ; il peut y en avoir d’autres d’une cousidération mineure, que l'attention et l’expérience indiqueront facilement.

Les formes les plus recherchées dans une vache laitière sont, la tête petite, mais assez longue et étroite au muffle ; les cornes fines et nettes ; le cou long et délié, diminuant vers la tête, sans avoir une peau Jà ‘he derrière ; les épaules minces ; les quartiers de devant légers, ceux de derrière gras, et forts vers les flancs ; le dos droit, large par derrière, les jointures assez déliées et ouvertes ; la carcasse profonde, Jarge aux hanches, les parties de derrière larges et charnues ; la queue longue et mince ; les jambes petites et courtes en proportion de leur dimension, avec des jointures courtes et fermes ; le pis ample, large et quarré, ni charnu pendillant, ni lâche ; les tettes pas bien courtes ou minces, tournées en dehors, et assez distantes l’une de l'autre ; les veines de lait grandes et saillantes ; la peau mince, déliée et soyeuse ; la tête, les os, les cornes et toutes les parties d’une valeur inférieure, petites, et toute la figure bien proportionnée. D'un autre côté une vache avec une tête épaisse, un cou court, los du dos saillant, une poitrine légère, un ventre relevé, de legers quartiers de derrière, des parties postérieures minces, un tet pis, ou un sac charnu, des tettes courtes et minces, est absolument inutile à la laitière et à celui qui élève des animaux. Tels sont les signes qui approchent le plus de la perfection dans les bestiaux ; l’expérience des premiers fermiers des Iles bri. tanniques les a confirmés.

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