‹ Traité théorique et pratique de l'agriculture [microforme]Chapitre 120 sur 139 · DE LA PROPAGATION DES BESTIAUX · texte numérisé non relu

DE LA PROPAGATION DES BESTIAUX

Les objets qu’on doit toujours avoir devant les yeux sont des formes convenables pour engraisser, pour produire du lait et pour travailler ; et l'expérience a prouvé qil est très difficile de combiner toutes ces qualités désirables, à un degré éminent, dans la même race. La forme qui indique la disposition de produire beaucoup de lait, diffère matériellement de celle que l'expérience a fait connaître comme étant combinée avec une maturité précoce et la meilleure carcasse: et les races dont on prétend qu’elles donnent le plus grand poids de viande en raison de la nourriture qu’ekes consomment, et qui ontla moindre quantité de restes, ne sont pas ceïles, qui possèdent, au plus haut degré, la force et l’activité requises dans une bête de travail.

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Dans les Lies Britanniques on a généralement cru, que la disposition d'engraisser et celle de donner beaucoup de lait, ne peuvent pas être unies. La forme de l'animal le plus remarquable pour la première, est très différente de celle de l’autre ; au lieu d’être plat sur les côtes et fort de ventre, comme sont toutes les bonnes vaches laitières, il a les côtes hautes, et le ventre léger ; en un mot, le corps d’un animal très propre à engraisser est de Ja forme d'un baril, pendant que celui d’une bonne vache laitière est très large en bas. On trouvera cette règle certainement correcte, quant aux bestiaux d'une grande taille, mais non pas si généralement, quant à ceux d'une taille petite ou moyenne ; et on trouvera toujours qu'une plus grande proportion numérique d'animaux d’une petite taille possèdent les vrais signes de perfection pour le lait et la laiterie, que de celle des animaux d’une plus grande taille, J'ai engraissé des vaches dans l’ancien pays et j’ai trouvé que de bonnes vaches laitières, si seulement un voulait les faire tarir (ce qui fut diffieile quelquefois) engraissaient bien et facilement. Il est raisonnable de supposer, qu’une vache, accoutumée à produire une grande quantité de lait, ne peut pas faire beaucoup de graisse, tant qu’elle continue d'en produire ; mais lorsqu’on ne lui ôte plus ce produit, si on la laisse tarir et qu’elle est en bonne santé, la nourriture antérieurement nécessaire à la production du lait, sera convertie en viande et suif. J’admets que quelques bestiaux ne sont pas bons pour la laiterie, qui seraient très profitables en les faisant engraisser ou travailler ; mais je suis convaincu que des vaches qui sont de bonnes laitières engraisseront aussi dès qu’elles sont bien taries, Si les fermiers veulent seulement choisir pour leur race, des génisses qui possèdent les signes de perfection pour cet objet, et engraisser celles qui ne sont pas de bonnes laitières, 1ls peuvent avoir la meilleure race quant à tous les buts, Tant qu'on laisse indifféremment se propager les vaches de toute espèce, il n’est pas étonnant que la race dégénère, On recommande à la considération des fermiers ce qui suit et ce qui est extrait des rapports sur des fermes choisies en Angleterre en 1830. Te rapport sur une ferme dans le Hampshire dit : “que la race Ja plus convenable à ce pays, est celle d’Alderney, et la race plus petite de vaches normandes. Les races de Devonshire et celles qui sont plus grandes exigent un plus riche pâturage ; et quoiqu’on les tienne en bon état, le lait qu’elles donnent n’est pas en raison de la quantité de nourriture qu’elles consomment. Les bestiaux d’Alderneyÿ et de Normandie sont moins affectés par la qualité de l’herbage. ”

Il ne peut pas y avoir de doute, de ce que certaines races conviennent mieux à certains pays ; c’est pourquoi ceux qui élèvent des animaux doivent tâcher de découvrir quelle race est la plus profitable et la plus convenable dans leur situation, et puis améliorer cette race le plus qu’ils pourront. Pour avoir de bons bestiaux d'aucune race, on doit surtout faire attention d’en choisir qui sont les plus complets et les plus parfaits quant à leur forme, taille et autres qualités, et d'en élever.

On ne doit pas souvent employer les taureaux avant l’âge de deux ans. Les femelles ont ordinairement leur premier veau à cet âge ; mais cette pratique est vicieuse si les génisses ne sont pas assez grandes

pour être convenablement tenues ; cependant on devrait les tenir de manière à ce qu’elles vèlent vers le premier de juin après leur seconde année de leur âge, et pourvu qu’on les soigne bien après, clles ne ceseront pas de grandir quoique si jeuncs elles aient porté venu.

La période la plus convenable pour faire couvrir les vaches c'est vers la St. Jean, afin qu’elles puissent vèler au commencement du printemps, et proliter de toute la saison de l'herbe, Excepté dans des situations où l'engrais des veaux est un ohjet d'importance, le premier avril est peut-être le meilleur temps ; parceque les veaux ayant toute la saison devant eux, seront assez forts pour sapporter le changement pour une nourriture moins agréable en hiver. Un veau nouvellement sevré profite rarement beaucoup pendant cette période, s’il n’est pas traité d’une meilleure nourriture que n’ont ordinairement les jeunes animaux. Mais tant que les taureaux sont libres, comme ils le sont généralement en Cunada, les vaches doivent naturellement vèler dans toute saison de l'année. Ilest bien a désirer que cette pratique cesse, excepté où l'on tient des vaches pour la laiterie près des villes. Les tauraux pourraient bien rester dans une cour ou une étable, et recevoir de la nourriture verte à certaines périodes. Vingt ou trente vaches paraissent suflire à un taureau.

La période de la gestation des vaches est, terme moyen (d’après un grand nombre d'expériences), de près de 40 semaines. Mr. Tessier communiqua à l'institut de France les observations suivantes à ce sujet : De 160 vaches 14 vélèrent entre le 240me. et le 266me. jour ; 3 le 270me. ; 50 le 280me. ; 68 entre le 2S0me. et le 290me. ; 20 le 300me. et 5 le 308me - Les vaches rapportent rarement plus d’un veau à la fois. J'eus deux vaches en Canada qui rapportèrent chacuue, 2 veaux à la fois, et dans les deux cas elles furent les plus petites vaches canadiennes que j'avais.

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