DE L'ENGRAIS DES BESTIAUX
L'engrais des animaux exige une attention considérable et constante, et le grand point c’est d’engraisser rapidement. Un animal qui grandit n'a besoin que d'autant de nourriture qu’il lui faut pour être toujours en bon état, sans le forcer ; muis s’il est à l’engrais il doit avoir autant de bonne nourriture qu’il peut être induit à manger sans indigestion, autrement des animaux de toute espèce peuvent être tenus à l’engrais pendant des mois entiers, sans gagner une livre de viande.
Jusqu'à présent lPengrais des bestiaux a été bexucoup négligé en Canada tant en été qu’en hiver. Je voudrais pouvoir persuader les fermiers d’introduire généralement et en grand cette branche très nécessaire de l’économie rurale, au moins en autant qu’il nous faut pour notre propre besoin. Si la protection contre la compétition étrangère est nécessaire, on ne refuscra certainement pas une protection raisonnable., Je prétends que le Canada est capable de salisfaire à tous les besoins de sa popululion quant à la viande, le fromage, le beurre, de la manière la plus ample ; el que son agricullure ne peut jamais parvenir à un élat prospere jusqu'à ce qu’il les fournisse dans toute son étendue. Son agriculture arable ne peut pas se maintenir avec avantage sans adopter un système d'assolement, dans lequel une diversité d'espèces de plantes est introduite ; et afin de consommer la portion de ces retours qui ne sert qu’à engraisser les animaux, le nombre de ses bestiaux doit être augmenté, ne fût-ce que pour fournir les fumiers à la culture arable, sans lesquels on n’aura pas des retours qui payeront généralement les dépenses de leur culture,
La nourriture des bestianx qui sont à l’engrais en été c’est l'herbe dans les pâturages ; en hiver le foin, les gâteaux d’huile, les pommes de terre, le grain et le rejet des distilleries. À ces objets on peut ajouter les carottes, les panuis, les choux de Siam. L’âge dans lequel on peut engraisser les bestiaux avec profit, dépend de la manière qu’ils ont été élevés, et des qualités de la race quant à sa disposition d’engraisser plutôt ou plus tard, de travailler, de donner &u hit, de se propager ou d’être seulement élevés pour le boucher. Dans le dernier cas on aura une race améliorée pour la boucherie à l’âge de trois ans et demi ; etsion ne les fait pas travailler, on ne doit jamais les garder au de là de l’âge de quatre ans ; si on les garde plus longtemps ils ne rembourseront pas leur entretien, quel que soit le prix qu’on puisse en obtenir., J'ai vu vendre à Montréal des bœufs de 7 ans, qui devaient bien réduire les profits du fermier, si on considère que ces bestiaux doivent rester dans lPétable ou sous des appentis pendant cinq ou six mois de l’année et nourris d’alimens secs, Un animal qui pourrait être engraissé et porié de 700 à 1000 livres à l’âge de 34 ou 4 ans, payerait mieux qu'un autre qui aurait le double de son poids à l’âge de 6 ou 7 ans, sans parler du risque de mort ou d’autres accidens. Aucun bétail ne payera dans ce pays s’il ne parvient à maturité en bas âge.
En nourrissant les bestiaux dans l’étable il est plus avantageux d’avoir des loges séparées pour chacun, Cela empêchera que le plus fai-
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ble ne soit morgué par le plus fort. et tous pourront manger leur nourriture sans crainte. Les bêtes à cornes sont surtout remarquables par leur esprit de dominer; il y en aura à peine une dans un troupeau qui ne tâchera de maîtriser ceux qui sont plus faibles qu’elle, et c’est une des principales causes de la différence dans la condition d’un nombre d’animaux après l’hivernement. Des vaches qui sont inclinées à heurter dela tête, doivent avoir leurs cornes coupées au bout. En nourrissant l’hiver les bestiaux dans la cour, il est bon d’attacher les plus forts dans leur étable, autrement les nlus faibles ne pourront pas facilement manger beaucoup de la crèche,
Les bestiaux qui sont nourris d’herbe en été, doivent, s’il se peut, être séparés des autres et des vaches laitières ; ils doivent avoir un p4turage suffisant jusqu'à ce qu'ils soient gras ; et s’ils l’ont et qu'ils sont mis à l'herbe en bon état, ils engraisseront en trois mois. Ends nourrissant pendant Phiver dans l'étable,on donnera régulièrement abondance de fourrage riche, on tiendia les animaux propres ; voià Îles deux points principaux à observer. Siles animaux entrent eo hiver nement dans l’étit qu'ils devraient être chez tout fermier, ils engraisseront bientôt. Lorsqu'on donne des pommes de terre on fera bien de les faire cuire invariablement, Un bushel de pommes de terre cuites vaudra mieux que 2 bushels et plus de brutes. Un bushel de pormmes de terre cuites donné en trois repas suffira avec du foin à un animal du poids de 1200 ou 1400 livres en vie. Cent bushels de pommes de terre donnés de cette manière engraisseront Lien un bœuf de 1000 livres ; et des animaux plus petits doivent avoir moins en proportion, Un gallon d'avoine, d'orge ou de blé d’inde moulus, donné dans de l’eau chaude à midi, serait un excellent surrogat d'un tiers de la portion journalière de pommes de terre. Les carottes et les panais contiennent à peu près un tiers de nourriture qu’on trouve dans les pomines de terre ; donc si l’on se sert de ces racines pour nourrir les animaux, il en faudra à peu près le triple de la quantité requise de pommes de terre. Toute sorte de grain inférieur peut servir à engraisser les bestiaux ; le rejet des distifleries y peut avantageusement être appliqué. La chose principale qu’on doit observer en se servant de cette nourriture, c’est d’en fournir autaut que les bestiaux peuvent manger sans indigestion, de les tenir parfaitement propres dans les mangcoires et de leur donner une bonne litière, On doit nettoyer de même trois ou quatre fois par jour et quelquefois plus souvent. On dit que la méthode d'engraisser les bestiaux le plus rapidement dans l'étable, c’est celle de les nourrir d’un mélange de son et d'huile de lin; la proportion pour un auimal de grandeur moyenne serait deux picotins, ou 4 gallons de son divisés
entre trois repas ; et une demie pinte d'huile, bien mêlée avec le son *
pour chaque ; pour de grands animaux Ja portion doit être augmentée. Îl sera aussi facile d’engraisser une vache ou une génisse de trois ans, qu'un bœuf de quatre.
On a généralement trouvé, et j’en ai l'expérience moi-même, que des génisses ou de jeunes vaches, d’une bonne espèce produiront, Si elles sont engraissées plus de bœuf par acre, ou si elles sont tenues à l'éta-
ble, en raison de la nourriture qu’elles consomment que ne feront les bœufs. Les fermiers trouveront une grande äifférence même dans les animaux de la même race, quant à leur disposition d’engraisser. Siun fermier est pleinement convaincu qu’il possède un animal d’une espèce quelconque, qui n’est pas disposé à engraisser, ou qui est malicieux, il deit s’en défaire à la première occasion ; la première perte sera pour lui la meilleure,
Je crois qu’on peut facilement s’assurer du poids profitable d’animaux gras, en les pesant avant de les tuer. J’ai pris un animal gras de l’étable, je l’ai mené à peu près cinq milles, et puis je l’ai pesé. Le poids fut de près de 1300 livres, et le boucher auquel je l’ai vendu, m’informa du j:oids, après sa mort, du bœuf, de la graisse, des restes, la peau incluse, et il fut de 900 livres. Donc la différence du poids ne fut pas entièrement d’un tiers. Si un animal a été longtemps sans nourriture lorsqu’il est pesé, il y aura certainement une grande différence de poids entre lui et ceux qui sortent de l’étable ; mais je crois qu’un tiers sera à peu prés la différence du poids en vie et celui après la mort des animaux destinés au boucher.