‹ Traité théorique et pratique de l'agriculture [microforme]Chapitre 134 sur 139 · DRE · texte numérisé non relu

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riaient de £12 10s, à £1S ou peut-être £20 et pour de bons ouvriers, Des laboureurs bien qualifiés ont obtenu de plus grandes gages, mais on ne peut pas toujours se les procurer. Les journaliers, qu'on ne nourrit pas ont généralement un écu, es prix ne se rapportent qu'aux gens qui travaillent la terre, et ces gages sont payées argent comptant. Dans les townships de l'Est et dans le Haut-Canada les gages sont ordinairement plus élevées, mais elles ne sont pas toutes payées argent comptant. La différence nominale sera peut être d'un tiers de plus et peut-être au-delà.

Le prix des produits a beaucoup varié pendant l’époque mentionnéo. Le prix du blé dépend du prix en Angleterre, Il a cependant rarement été vendu dans le Bas-Canada à moins d’une piastre par minot pendant plusieurs annèes. Le prix dans le Haut-Canada est générale. ment inférieur d’un quart ou d’un cinquième dans ses principaux marchés. Pendant quelques-unes des dernières années l'orge a été vendue depuis une écu jusqu’à 4s. 6d. le minot ; le prix ordinaire est depuis un écu jusqu’à trois quarts d’une piastre par minot. L’'avoine depuisun quart de piastre jusqu'à un écu. Les pois depuis 2 à 5 chelins, mais généralement à 8s. 6d. Le blé d'inde depuis 3 à 5 chelins ; et les pommes de terre depuis 1 chelin jusqu’à 1 écu. Le foin depuis 2 pius= tres et demie jusqu’à 16 piastres les cent bottes ; le prix ordinaire est de 5 à 8piastres. A Québec le prix moven du foin est bien plus élevé qu’à Montréal. La puille depuis 2 à 6 piastres les cent bottes, mais rarement plus de 3 ou 4 piastres. Dans le Haut-Can-da le prix de l'orge, de l’avoine, des pois et des pommes de terre est gé:1éralement aussi élevé que dans le Bas-Canada. Le foin est à un prix plus élevé, le blé d’inde à un prix inférieur. Le bœuf varie dans le prix depuis 24 à 6 piastres les cent livres. Le fermier peut obteni: le dernier prix en printemps pour du bœuf bien gras. Le lard se vend, de 44 à 6 et 7 piastres les cent livres. Le moutons,des animaux bien engraissès, se vendra en printemps de 8 à 10 sols la livre et peut-être plus ; mais du mouton d’une qualité ordinaire se vend de 4 à 6 sols pendant 6 à 8 mois de l’année. Le veau et l’agneau se vendent en proportion des autres viandes. Le fromage fait en Canada juqu’à présent ne fut pas de première qualité On le conserve rarement aussi longtemps qu’on ne le fait en Angleterre avant de s’en servir, et de la manière qu'il est généralement fait il ne se conserverait pas longtemps ; mais ou pourra porter remède aux défauts de notre fromage dès que les femmes des fermiers veulent se donner la peine d’appreniire à faire du bon fromage avec de bons matériaux. Le fromage ordinaire fait dans le pays se vend frais à 6 et 8 sols la livre. On fait beaucoup de bon beurre en Canada, mais on en fait aussi beaucoup de mauvais, qui, comme de raison, a un mauvais goût. Avec soin et attention on peut éviter cela dans de bonnes laiteries, en enlevant la crême du lait avant qu’elle ne soit trop vieille, en remuant souvent la crême après qu’elle est enlevée, et lorsque le beurre est fait, en en séparant effectivement tout le lait de beurre. Le prix actuel du beurre frais est en été de 12 à 20 sols la livre de 16 onces. En hiver le beurre frais ne se vend pas beaucoup au-delà du dernier

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Il est difficile de déterminer le prix des terres dans le voisinage de Montréal et de Québec. Dans l’Ile de Montréal, dans un rayon de 10 milles de la ville, des fermes en culture avec des édifices assez bons, ne peuvent pas aisément être achetées à moins de £6 à £10 l’arpent français, et quelquefois il se vendent bien plus. Hors de l'Ile et à une plus grande distance de la ville p. e. 20 ou 30 milles des fermes sont souvent vendues à moins que n’ont couté les édifices qui s’y trouvent, mais ceci n'arrive que dans des circonstances particulières et n’est pas une règle générale. Le prix des fermes près de Québec est peut-être un peu moindre qu'à Montréal, quoique les produits de la terre s’y vendent à meilleur prix. Les terres dans le voisinage de Québec ne sont pas égales en qualité à celles du voisinage de Montréal, les saisons ne sont pas si favorables à l’agriculture, surtout à la culture du blé, parce que le printemps y est considérablement plus tardif. Dans le Haut-Canada le prix des terres est plus élevé que dans la province inférieure, cependant je ne puis pas assigner une cause raisonnable de cette circonstance, excepté que le sol est censé supérieur à celui du Bas-Canada. Cette dernière province cependant a ses avantages par la plus grande salubrité du climat, la plus grande facilité de se procurer la main d’œuvre, et l’existance du meilleur marché pour acheter et pour vendre ; et nonobstant que les hivers sont plus sévères dans le Bas que dans le Haut-Canada, les récoltes ne sont pas plus sujettes à manquer ni à d’autres accidents dans la province inférieure que dans la supérieure.

Il ne sera pas nécessaire de rappeler aux fermiers combien c’est de leur intérêt d'encourager la consommation des produits de l’agriculture dans toute l'étendue des besoins de la population, et de cultiver pour l'exportation tout ce qui trouve un marché. Tout article de notre propre consommation qui peut directement être manufacturé en Canada du produit brut de l’agriculture, doit certainement être préféré à celui d’un autre pays. Il va différents produits de manufactures qui ne sont pas faits du produit de l’agriculture, que, dans les circonstances présentes, nous préférons acheter que faire, surtout tant que notre population est si mince, qu’il y a tant de bonne terre, dont nous pouvons donner le produit en échange pour ces marchandises manufacturées. Tant que cet échange peut être continué sur le pied actuel, il sera autant de notre intérêt que de celui de l'Angleterre, de le continuer, et je pense que les avantages que l'Angleterre retire de ce commerce entre elle et cette colonie sont parfaitement réciproques. Les produits des manufactures que nous pouvons faire nous mêmes du produit de notre agriculture à meilleur prix que nous ne pouvons les acheter, sont :—la

viande de boucherie, le fromage et le beurre, les liqueurs spiriteuses et la bière, Nous pourrions aussi faire du vin de groseille et d’autres grappes, qu'on pourrait cultiver en grand, et d’une qualité infiniment supérieure au vin que nous importons, et la fabrication de ce vin est

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digne de l’attention de toute famille de fermier. Je traiterai de la manière de faive les différentes sortes de vins domestiques dans le supplément. Nous pourrions manufacturer notre laine et en faire du drap assez bon pour tout fermier en Canada. Le lin pourrait être manufacturé pour nos besoins à une très grande étendue. Ce sont peut-être les seuls articles au moins les principaux de notre consommation domestique, dont il conviendrait d'encourager particulièrement la manufacture pour le moment.

Mon but en publiant ce traité fut d’encourager les progrès de l'agriculture, comme le meilleur moyen d’avancer la prospérité de toute la population canadienne, qu’elle se livre à l’agriculture ou non. Je suis convaincu que agriculture ne peut pas avancer comme il faut, sans que ses produits cultivés en abondance, soient convenablement appliqués ; et ceci ne saurait avoir lieu, tant que nous nous faisons fournir des produits de Pagriculture bruts ou manufacturés par des étrangers pendant que nous sommes capables de nous les fournir le plus amplement, si seulement nous voulons nous servir des moyens à notre disposition, Pour un pays qui, par des circonstances particulières, ne pourrait pas fournir sa population des produits de lagriculture les plus nécessaires à la vie, ce serait heureux de pouvoir se les procurer d’un pays voisin en échange de ce dont le pays peut disposer en produit des manufactures ou autres commodités. Mais le Canada n’est heureusement pas dans cette situation, et pendant qu’il néglige ses avantages et achète ce que fournit son prépre sol, sans donner en échange ce que son sol et l’industrie de son peuple produisent ou pourraient produire, il ne peut pas prospérer comme il le devrait. Au moins un tel état des choses doit être contraire à l’intérêt de ses fermiers qui constituent la grande majorité de la population, et qui ont drait à tout encouragement et à toute protection raisonnables. Je n’oserais pas faire la moindre objection au commerce entre nous et d’autres pays (quoique cela puisse interférer avec l’intérêt du fermier) si le commerce était libre et sans chaînes de tous côtés, ou établi sur le principe d’une parfaite réciprocité. Mais sans être établi sur aucun de ces principes, on ne pourrait pas me convaincre que le coinmerce serait juste et équitable, ou également avantageux aux deux pays.

Où rendra enfin justice à l’Irlande, on fera une provision légale pour les pauvres sans ouvrage. Ceci fera un changement vaste et avantageux dans la situation de ce pays là. Beaucoup de produits de l’agriculture qui, jusqu’à présent, sont ordinairement exportés, seront à l’avenir nécessaires au bien-être de sa population. Celà diminuera sans doute la quantité de provisions qu’on pourra épargner pour l’exportation en Angleterre, et ouvrira amplement sans doute, le marché anglais à nous et à nos produits agricoles. J’espère de ne pas être trop hardi dans la‘ persuasion qu’à une période peu éloignée nous pourrons remplir ceimarché, en même temps que nous nous fournirons de tout ce dont nous aurons besoin. J’ai une grande confiance dans les ressources du Canada, comme pays agricole, même avec sa surface couverte de neige pendant plusieurs mois de l’hiver. Nos fermiers sont les propriétaires du sol ou peuvent le devenir ; ils ne connaissent pas cet état de vassalage auquel sont assu-

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jettis les fermiers et toutes les classes ouvrières de presque toutesles parties de l’ancien monde, et dont le meilleur gouvernement de ces pays ne saurait les libérer entièrement. Ils sont en possession d’un pays beau et fertile, qui n’a ni des montagnes froides et désertes, ni des marais incultivables, mais une terre dont presque chaque acre peut être employé à la culture des grains, ou à la propagation et à la nourriture des bestiaux ; etavec de tels avantages, ils pourraient fournir des produits de l’agriculture à l’exportation à un montant plus considérable que ne serait celui des importations d’autres pays, ou que nous n’en avons besoin,

Le plus grand bienfait que la législature puisse faire à un pays dans la situation de ces colonies, c’est de pourvoir et d'avancer par tous les mo yens possibles, l’éducation du peuple. Si chaque individu de cette province ou des autres provinces de l'Amérique du Nord était dûment instruit et élevé selon sa situation et ses circonstances dans la vie, tout homme serait capable de tirer tous les avantages possibles des opportunités qui se présentent à lui, et s’il ne s’en offrait pas de favorables, l’éducation développerait le jugement de la plupart des hommes, pour les rendre capables de connaître les meilleurs moyens pour améliorer leurs circonstunces, de connaître comment se servir de ces moyens, et de leur donner ce degré de confiance que tout homme doit posséder pour atteindre le succès dans ses entreprises qu’il doit désirer ; et ce succès est généralement possible à tous les hommes qui possèdent de l’énergie, de l’industrie, de la frugalité et un esprit bien développé pour employer ces qualités à la meilleure fin.

Ce serait l’objet de mon ambition, et j'espère que c’est celui de quicanque considère le Canada comme son pays, que nous serions un peuple inférieur à aucun de ce continent, mais qui marcherait à la tête de toute amélioration et dans toutes les voies qui pourraient le mieux assurer la prospérité, l’aisance et le bonheur du peuple canadien. Je ne puis pas croire que notre situation ou nos circopstances géographiques ou physiques, soient en aucune manière défavorables à notre progrès vers Le plus haut degré d'amélioration et de prospérité. C’est le devoir du gouvernement et de la législature, de pourvoir, à ce que notre situation civiie et politique, n’exerce pas une influence désavantageuse ou ne retarde pas nos progrès ; et ceci ne sera pas moins le véritable intérêt d’une et de toutes les parties.

Si j’ai envisagé les choses, que je considérais liées à la prospérité de l’agriculture, d’un faux point de vue, j'espère que je serai excusé, si j’assure, que, quelque grand que soit mon désir de promouvoir les intérêts du fermier, je ne voudrais pas, même si je pouvais, le faire aux dépens ou au préjudice d’aucune autre portion de la société. Mon vœu sincère c’est, que Tous puissent s’unir pour adopter les meilleurs moyens de promouvoir la prospériré du pays dans lequel nous vivons, et de Tous ceux qui l’habitent.

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