‹ Traité théorique et pratique de l'agriculture [microforme]Chapitre 26 sur 139 · AGRICULTURE DU MEXIQUE · texte numérisé non relu

AGRICULTURE DU MEXIQUE

Au Mexique les climats sont très divers: dans quelques districts il est chaud et malsain, dans d’autres tempété et sujet à un peu de neige en hiver; mais la chaleur artificielle n’est pas nécessaire, et les animaux peuvent rester dehors toute l'année. Humbolt a trouvé que la

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laces le sol est marécageux et se compose d’une terre molle et noire ; il y a aussi des sablonnières arides, et sur les hauteurs le sol est rocheux. Le principal ge est le mais ou blé d’inde ; on le cultive bien et abon: damment. ullock dans ses voyages ( 1824 ) nous dit que les Mexicains sont très curieux dans leur manière d'élever et de nourrir les cos chons, et qu’un talent essentiel à tout porcher mexicain est une voit agréable afin que, par les charmes de son chant, il puisse les appaiser lorsqu'ils se querellent et se battent, ct les endormir aux momens propices pour les engraisser, On sait depuis long-temps que les sons ont un puissant effet sur ce génie d'animaux, On prétend qu’il n’y a jamais eu de nation qui égalât les Mexicains dans l’art de régir tant de différentes espèces d'animaux, qui connût aussi bien qu'eux leurs dispositions, la nourriture qui convient le mieux à chaque espèce et tous les moyens nécessaires à leur conservation et à leur multiplication.

Dans les jardins des nobles et des prêtres du Mexique, on trouve tous les fruits de l’Europe et la plupart de ceux des Indes orientales et occidentales.

Quant à l’agriculture de l'Amérique du sud, telle qu’on la pratique dans la plus grande partie de ce vaste continent, il n’est pas je pensé nécessaire d’en faire une description, elle ne serait pas très instructive pour les agriculteurs canadiens.

L’agriculture des Indes occidentales serait également sans intérêt, attendu que le climat, et conséquemment le système agricole et la nature des récoltes dans ces îles seront à jamais différens de ceux du Canada. Tout le monde ne sait peut-être pas que c’est entre les tropiques seulement, sous un soleil vértical, qu’on voit la végétation dans tout son éclat et sa plénitude. Là, la forme, la couleur, l'odeur, sont déve: loppées. Là, le majestueux palmier s'élance jusqu'aux nues et déploie ses feuilles gigantesques. Là, les bocages sont toujours verts et productifs. Le plumage des oiseaux, les ornemens bigarrés des poissons, des insectes, sont d’une beauté frappante. Partout des couleurs sans nombre offrent le coup d’æil le plus magnifique. Le fruit du bananier, habitant des tropiques, est souvent d’un pied de circonférence et long de 7 ou 8 pouces ; il vient par grappes ordinairement de 160 à 180 fruits, et chaque grappe pèse de 66 à 88 livres. Humboldt dit qu’un petit espace de 1000 pieds carrés, qui suffit à 30 ou 40 de ces plantes, produit par année, d’après un calcul moyen, 4,000 livres pesant de fruit, résultat 133 fois plus grand que celui qu’on obtiendrait du mèmé espace s'il était couvert de blé, et 44 fois s’il l’était de patates. C’est cette extrême fertilité qui donne la subsistance à l’immense population des pays tropicaux dans l'orient. |

Jetons uù regard sur l’homme. Nous le voyons répandu par toute la terre, de l'océan glacial à l'équateur, et partout par les effets de son

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iadustrie et en proportion de l'étendue de ses connaissances, rassembler autour de lui tout ce que son pays et l'étranger ont d’utile et d’agréable ; et on peut admettre comme principe général, sujet à peu d’exceptions, que plus l’homme a d'obstacles à vaincre, plus le développement de ses ‘acultés morales est rapide ; et dans tous les pays agricoles, moins le sol est fertile plus le peuple est civilisé ; et plus le peuple est civilisé plus il y a de demandes des produits de l’agriculture et de toutes les jouissance5 et les commodités de la vie.

D’après l’aperçu de l'agriculture de plusieurs nations dans les différentes parties d: monde, on voit que les différens genres de culture sont fondés sur la position géographique ou le climat, sur la différence des circonstances physiques ou de la surface, et la différence de civilisation et de besoins humains.

L'influence du climat s’exerce non seulement sur le choix des plantes et des animaux qu'il convient d'élever, mais encore sur le mode de les soigner. Un petit nombre de plantes utiles sont universellement répandues. Au nombre de celles qui appartiennent à l’agricultureon compte la plupart des ñerbes annuelles de pâturage ou de prairie, et parmi les céréales, sont le blé, le seigle et l’orge. Lavoine, les pois, fèves, nevets, pat:tes et les plantes vivaces de pâturage ne réussissent bien ni dans un climat très chaud ni dans un climat très froid. Le mais, le millet et le riz ne se cultivent que dans les pays chauds, et l’avoine dans les régions tempérées. L’hyam, larbre-à-fruit, le banane, etc. l’acajou et le teck sont limités à la zône torride, et le pin aux zônes tempérées.

Les animaux, comme les plantes, sont affectés par le climat.—Le bœuf et le cochon soni universels et se trouvent dans toutes les régions ; le cheval et l’âne le sont presque également, le mouton vit dans l'Inde et au Groenland, mais ; perd son utilité. Au Groenland il faut le mettre à l'abri pendant neuf mois de l’année, et dans l’Inde la laine se change en poil et la viande v est trop maigre pour Ja boucherie. Le soin des plantes et des animaux dépend beaucoup du climat. Celui qui n’est pas sorti du Canada ou qui même n’a pas voyagé dans les pays où l’on cultive sous l’eau, ne peut avoir qu’une idée imparfaite de ce que c’est. En Arabie, en Perse, dans l'Inde, nulle culture ne se fait sans eau, excepté dans les hautes régions des montagnes. Dans ces pays, on se procure les eaux aux moyen de citernes, on la puise aussi dans des puits ou des rivières au moyen de machines ; partout où la surface n’admet pas l’irrigation, on ne doit tenter aucune culture régulière, ni espérer de récoltes de grains. É

Dans les pays chauds, les engrais putride ne sont pas négligés, mais y sont bien moins nécessaires que dans les pays froids, très peu suffit si l’eau est abondante pour l'irrigation ; là, l’eau, une chaleur intense, la lumière, et consequemment une atmosphère humide, puis un sol bien ameubli par l’art, fournissent tout ce qui est nécessaire à une végétation luxuriante.

Si, dans d’autres parties du monde, l’arrosement artificiel est nécessaire pour la production des récoltes, en Canada dessécher les terres des

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eaux superflues est le point le plus essentiel de l’agriculture. Si on se servait de l'irrigation il faudrait la borner aux terres à herbes, En général l’atmosphère du Canada donne assez d’humidité ; le grand objet : du cultivateur est donc de tenir le sol parfaitement égouté, de le consèrver divisé, ufin que lhumidité puisse le traverser et que les racines. puissent s’étendre, de le fumer bien pour l’engraisser, de le dégager des mauvaises herbes afin que rien des engrais ne soit perdu, et d’écarter tout ce qui ferait ombre et pourrait intercepter la lumière, Pair et. lu température nécessaires à la prospérité des plantes cultivées.

Les modes de culture propres aux différentes parties du monde ne peuvent pas absolument se déterminer par les dégrés de latitude, il est, tant de choses qui dépendent des circonstances locales, comme élévation, sok, aspect, île, continent, etc. ; mais comme approximation qui: peut donner quelques idées générales au cultivateur pratique PEncyclopédie de Loudon fournit celle qui suit :

L'agriculture d’irrigation peut être considérée comme embrassant 35 dégrés de chaque côté de léquateur.

L’agriculture d’engrais et d'irrigation de 35 à 45 dégrés, au nord et au sud de léquateur.

L'agriculture de desséchement et d’engrais s’étend depuis le 45me.. dégré nord.et sud de l’équateur jusqu’au 67me. dégré, ou cercle polaire.

‘ Le climat a une puissante influence sur la culture des plantes et: élève des animaux, et cette influence est en quelque sorte au-delà de tout contrôle humain, C’est pourquoi les plantes ou les animaux régis. par l’agriculteur ne dépendent pas entièrement de son art ou de son. choix, mais de sa situation locale. Heureusement pour les fermiers du. Canada, les dispositions géographiques ou physiques du pays n’auront. pas d’effets préjudiciables sur lagriculture, pourvu que l’agriculteur adopte un bon système de régie en fait de culture, de distribution et de rotation de récoltes, puis un choix.judicieux d’animaux. En général. les plantes annuelles acquièrent un grand volume et le plus haut dégré de perfection là où Les hivers sont froids et les étés chauds et légers ; la raison «»mble en être que l’action alternative de la chaleur et du froid, de la pluie et de la glace, améliore le sol et le prépare de la meilleure manière pour l’alimentation des annuels. Dans tous les pays où les hivers sont longs et rudes les sols sont tendres... Le sous-sol, qui, en Irlande, exige l’emploi du pic; peut en Canada se creuser avec la bêche, excepté dans les temps de sécheresse extraordinaire,

L’élévation a un influence absolue sur Pagriculture. En Savoie lés. patates et l’orge se cultivent à 4,500 pieds au-dessus du niveau de la mer ; mais tandis qu’en ce pays la moisson des plaines est terminée vers la fin de juin, sur les hauteurs elle ne l’est pas avant la fin de septembre. L’élévation diminue la température graduellement, selon la hauteur au-dessus de la mer, et a une influence proportionnelle sur les plantes et les animaux. Une élévation de trois cents pieds égule presque un demi dégré de latitude, et occasionne à ce qu’on pense une différence de température de près de douze dégrés de Fahrenheit.

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