‹ Traité théorique et pratique de l'agriculture [microforme]Chapitre 25 sur 139 · AGRICULTURE DES ETATS-UNIS · texte numérisé non relu

AGRICULTURE DES ETATS-UNIS

Dans un pays aussi vaste le climat doit nécessairement varier beaucoup. Au nord-est les hivers sont très froids et les étés chauds, variant à mesure qu'on approche du sud. Au sud-est, et le long du golfe du Mexique, les étés sont très chauds et les hivers doux et agréables, Dans les riches vallées de l'Ohio, du Mississipi et du Missouri le climat est délicieux. Près des Montagues-de-Roches, les hivers sont tres froids. À l'ouest de ces montagnes le climat change, devient tempéré et agréable, et se rapproche de celuj des régivns occidentales de l'Europe. Les vents les plus fréquens viennent de l'occident.

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Les swisons ressemblent à peu près à celles de l'Europe, mais elles n'ont pas cette égalité de température à laquelle on peut s’attendre sur un continent ; pendant les chaleurs de l’été, il arrive que le besoin de feu se fasse sentir. La latitude du Canada répond à celle de la France, mais les climats. sont bien différens. Humboldt était d'opinion que la différence de température entre les anciens et les nouveaux continens, à la même latitude, est de 4° à 59 en faveur des premiers ; mais, moi, je suis d'opinion que la différence excède ce calcul de plus du double,

Aux Etats-Unis la surface du pays et le sol présentent toutes les variétés. Quelques endroits du Kentucky sont réputés trop riches pour le blé. Une srande portion du sol de l’union est extrêmement fertile, quoiqu'il y ait aussi un grand nombre d’enuroits arides qui produisent à peine quelques pins, et des marais considérables qui ne sont point cultivés.

: Les habitans des Etats-Unis étant généralement d'origine britannique et le climat propre à l’agriculture anglaise, c'est. le système anglais qu'on a introduit, là où il est possible ; cependant il est quelques particularités de l’agriculture américaine dont il serait à pronos de parler, c’est ce que je ferai dans la troisième partie, ou pratique de l’agriculture.

Dans tous les pays où les terres fertiles abondent et où la population est peu nombreuse, le.prix du travail doit être élevé et le produit des terres mince à proportion. Le bon marché des terres procure si facilement l’indépendance et l'aisance, que de forts gages peuvent seuls retenir des hommes dans un état d'infériorité. De là, la cherté des produits de toutes sortes qui ne proviennent pas de la culture, et le bas prix du grain, parce que là où les trois quarts de la population cultivent eux-mêmes leurs grains, l’autre quart ne consomme qu’une faible proportion du surcroît des produits.

Les productions agricoles des Etats-Unis embrassent toutes celles de la Grande-Bretagne et de la France. Le blé se produit en plus grande quantité dans les Etats de la Pensylvanie, New-York et de la Nouvelle- Angleterre. Le maïs mûrit parfaitement dans tous les districts. . Le riz se cultive dans les Etats méridionaux. La vigne est indigène, mais on ne la cultive pas sur une grande échelle ; quelques cultivateurs.français sont d'opinion que le climat et le sol ne conviennent pas à sa culture. Le müûrier, le cotonnier, la canne à sucre et le tabac se eultivent dans plusieurs Etats avec beaucoup de succès.

Les troupeaux des Etats-Unis, généralement, sont d’extraction anglaise et d'une très bonne e:pèce. Le climat est favorable pour le gros bétail, et on peut se procurer le fourrage en abondance. Les cochons sont d’une excellente race, et le nombre en est pradigieux. Quant à leurs moutons je ne puis émettre d'opinion, car je n'en ai pas vu de grands troupeaux. Je crois que l'opirion générale est qu'on trouve rarement de bons moutons quant à la chair dans les climats très chauds, quoique les pays chauds puissent produire la meilleure laine.

Les opérations agricoles sant exécutées avec art par ceux des cultivateurs qui ont des capitaux et qui possèdent les instrumens les

meilleurs do l'Europa et do l'Amérique. Mais ceci n'est pas généraloment le cas, ce qu'expliquent plusieurs causes, lo manque de capitaux et quelquefois l'indolence. Lo laboureur américain se sert de la hache et de la faux, avec une extrème adresse, et fera plus avee ces outils que la généralité des journaliers de la Grande-Bretagne. Presquo tous ces laboureurs savent bâtir une maison, réparer une charrue, une voiture, un harnais, tuer et habiller un bœuf, un mouton, un cochon.

En Amérique les travaux des champs exigent qu'on les expédie plus promptement qu’en Angleterre. Les hivers sont longs ct rigoureux et la transition au printemps soudaine, Cette saison, dans plusieurs endroits, n: dure que quelques semaines, lorsque l’été commence, et la terre devient trop dure et trop sèche pour permettre les Jlabours ; les semailles doivent donc se faire avec la plus grande célériré. Le elimat de l'Etat de New-York est peut-être aussi favorable qu'aucun de ceux de l'Amérique septentrionale. Ordinairement la terre se couvre de neige en décembre, et demeure en cet état jusqu'en mars ou au commencement d'avril. Le labourage commence fréquemment de bonne heure en avril, ainsi que les semailles du blé printanier. A la fin do mai les récoltes de grain sont généralement aussi avancées qu'en Angleterre à la même époque. Durant les étés et le temps des moissons, il pleut moins fréquerament qu’en Angleterre, ainsi les récoltes peuvent s’y enlever à moins «le frais eten meilleur état, quoique les salaires soient plus élevés. Les produits de l’agriculture aux Etats-Unis sont représentés comme très considérables sur les terres bien conduites. Toutes les herbes cultivées croissent en grande perfection dans les Etats septentrionaux. Les récoltes de racines sont aussi très abondantes. On cultive beaucoup le blé d'inde, et les retours en sont prodigieux. On sème généralement le blé en automne.

Les progrès universels des Etats-Unis, l’aceroissement inouï de leurs cités, de leurs villes, les facilités de communication dans toutes les directions et dans toute l’étendue de leur vaste territoire, sont la meilleure preuve possible de l'état de santé et de prospérité de leur agriculture.

Dans la troisième partie de cet ouvrage, où PRATIQUE DE L'AGRICUL- FURE, je parlerai encore de celle des Etats-Unis, d'après des rapports que j'ai en ma possession ; mais comme je ne puis parler d'après des observations personnelles, n'ayant jamais été aux Etats-Unis, j'espère qu’on me passera les erreurs que je pourrais commettre dans mes récits sur l’agriculture de ce pays. Je désavoue hautement tout désir de ma part de ne décrire l’agriculture d'aucun pays auquel je pourrai référer, que d’une manière impartiale et conforme à la vérité.

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