‹ Traité théorique et pratique de l'agriculture [microforme]Chapitre 28 sur 139 · QUES · texte numérisé non relu

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Depuis l’époque de la paix générale en 1815, lagriculture a subi une rude atteinte par suite de la baisse dans le prix des produits, causée principalement par une diminution dans la circulotion des espèces. Dans ce revers des milliers d’agriculteurs des îles britanniques perdirent tous leurs capitaux et furent réduits à linsolvabilité et au paupérisme, tandisque d’autres, plus heureux, purent conserver des débris de leurs biens assez de quoi pour émigrer en d’autres pays. Cleghorn, dont le pamphlet sur l’état déprimé de Pagriculture lui a mérité le prix de la Highland Society d’Ecosse, pense que cette perte ne pet être moindre qu’une année de revenu de l’île entière. Les ré: ponses à la lettre circulaire du bureau d’agriculture relative à l’état agricole du royaume, en février, mars et avril 1816, fournissent une masse de preuve qu’on ne saurait contredire, et déroulent le tableau d’une ruine largement répandue chez les classes agricoles, et de la détresse de tous ceux qui en dépendaient immédiatement, ce dont il n’y a probablement pas de parallèle. ”

J'ai été témoin oculaire de cet état de choses en Irlande. La ruine totale de tous les fermiers qui avaient loué des terres pendant la guerre venait de ce qu’ils étaient obligés de payer les loyers à même les retours de leurs produits qu'ils ne vendaient plus qu’à des prix réduits en conséquence de la paix, et lorsque le cours des espèces était de beaucoup diminué. J’ai vu dernièrement un état, qui m’a paru correct, qui portait la perte des capitaux agricoles de l’Ecosse seule depuis 1815 à 60 millions de divres sterling, y compris une grande partie des terres que des récoltes constantes et sans repos avaient détériorées, mais extrêmement bien cultivées d’ailleurs. On se demande qui a profité in- Justement de ces pertes ? à ceci je réponds sans hésitation : généralement les propriétaires, qui ne voulaient pas réduire les loyers à ce taux équitable qui eut permis au locataire de conserver ses capitaux intacts, ce à quoi il a, suivant moi, droit de s’attendre, lorsqu'il remplit son devoir comme agriculteur.

Je crois, toutefois, qu’un arrangement plus équitable, quant aux loyers, commence à s’établir entre le propriétaire et le locataire, surtout en Angleterre.

L’agriculture de l’Irlande est encore en arrière, si ce n’est chez les fermiers qui ont des capitaux. La société de Dublin fut formée en 1731, par un nombre de messieurs, à la tête desquels était Prior, de Rathdowney, comté de Queen, qui s’associèrent dans le but d’améliorer Pagriculture de leur pays. En 1749, Prior, par son crédit auprès du lord lieutenant d’alors, obtint un octroi de £10,000 par année, afin de pouvoir mieux exécuter les vues de la société. Suivant miss Plumtree, cette association est la première qui fut jamais organisée dans les possessions britanniques expressément dans ce but, La société agricole d’Irlande fut instituée en 1800 ; elle fesait des expositions annuelles de bétail à Dublinet à la grande foire d'animaux de Ballinasloe, Ces montres fesaient voir des troupeaux d’une qualité supérieure et de

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toutes sortes, et excitaient beaucoup Vémulation, mais seulement chez les fermiers capitalistes, ou parmi les propriétaires qui cultivaient eux-mêmes leurs terres, nul autre ne pouvait concourir avec la moin dre chance de succès.

Le climat de l’Irlande est beaucoup plus doux que celui de l’Angle- ‘terre, surtout dans les parties du sud et de l’ouest ; dans ces endroits il'est rare que la neige reste, et la gelée ne dure que quelques jours ; au fait le Jabourage n’est pas souvent interrompu par la gelée ni par la neige ; et l’ouvrage à la bêche, puis les autres opérations rurales mar -chent toujours. La dcuceur et humidité de l’atmosphère produisent dans la végétation un développement à peine connu dans aucun autre ‘pays. Ceci apparaît surtout dans le lierre, et autres plantes toujours vertes, dont l’Irlande abonde; elles ne sont p:: seulement plus abondantes, mais beaucoup plus luxuriantes et d’une pousse beaucoup plus rapide, que dans les endroits les plus favorisés de la Grande-Bretagne. C’est à la nature du climat que les Irlandais doivent attribuer la ri- -chesse de leurs pâturages, avantage qui, de pair avec la siccité et la friabilité remarquables du sol, désigne, d’une manière non é "uivoque, une rotation de récoltes dans laquelle les prairies doivent oc uper une ‘place saillante.

Le sl de l'Irlande est généralement d’une marne fertile, mais il y a ‘veaucoup d’autres sortes de sols inférieurs, Elle possède une portion de terre ferüle beaucoup plus grande, à proportion de son étendue, que l’Angleterre ou l’Ecosse. Nonseulement l’île est douée de cet espace de terrain cultivable, mais encore est-il presque tout d’une qualité propre à produire des récoltes surabondantes, avec une culture très inférieure. Le sable et la glaise tenace sont rares. Une grande partie du terroir de PIrlande pousse un herbage luxuriant, sans l’aide de Pagriculteur.. Dans quelques comtés, surtout celui de Limerick, ilya une marne noire, friable et sablonneuse, qui, tenue dans un état propre, donne des récoltes de céréules plusieurs années de suite. J’ai vu de la terre qui a produit 17 récoltes de grain de suite, sans engrais ; et la dernière récolte (avoine,) excédait une moyenne. Ces terrains sont également propres uu pâturage et aux guérêts et n’éprouvent pas souvent un hivers trop humide ni un été trop sec.

Les bogs de l’Irlande sont estimés à 2,330,000 acres ; ces marais sont supposés avoir été formés par la chute des bois ; ile : sont suscepti= bles d'amélioration, mais, hélas ! les capitaux manquent,

J’ai vu l’agriculture se pratiquer en Irlande, chez les propriétaires et fermiers cupitalistes, sur uu aussi bon ton, aussi judicieusement et scientifiquement que dans aucun pays ; mais chez les fermiers dénués de fonds, il doit en être autrement. Il est rare que le propriétaire contribue aux bâtisses ou aux réparations. Quelque nécessaires ou quelque minces que soient ses ressources, le fermier doit pourvoir à toutes ces choses. D’anrès Wakefñeld, le pis dans l’économie rurale de cette île est le manque total de capitaux chez les fermiers, et la complète irdifférence des propriétaires sur le caractère, la richesse et Pindustrie de son locataire, On ajoute si peu d’importance aux capi-

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taux en Irlande, qu’on voit constamment dans les papiers publics des annonces où il est dit que la préférence sera certainement adjugée au plus haut enchérisseur. On transige sans cesse avee un mendiant comme nouveau locataire, qui, offrant plus de loyers, remplace tou-

jours l’ancien, quelque industrieux qu’il soit, ” D’après ce tableau,

auquel il faut ajouter les dîmes et autres taxes, il est facile de juger quel espoir a le locataire, quelque industrieux, quelque babile qu’il soit, d’amasser des capitaux s’il en manque, ou de les conserver s’il en a.

Plusieurs comtés de l’Irlande produisent du bon blé. J’ai connaissance que des jachères bien cultivées aient produit de 30 à 45 boisseaux à l’acre anglais, ou de 1800 à 2800 liv. ; mais cette dernière quantité dans les jachères les mieux cultivées seulement et où on avait fait usage de chaux. La moyenne est de heaucoup au-dessous de 30 boisseaux. L’orge y est inférieure à celle d’Angleterre. L’avoine y vient en grande abondance, dans de la bonne .erre de 45 jusqu’à 70 boisseaux à l’acre anglais ; la moyenne est au dessous de 45 boisseaux. La patate y est aussi cultivée parfaitement, mais ne produit pas plus à l’acre que ce que jai vu en Canada. L’acre anglais produit de 12,000 à 21,000 liv. de patates, ma:s rarement davantage. On la cultive dans des sillons ou dans des couches paresseuses ; cette dernière méthode convient mieux aux sols lourds et profonds, à cause de la grande humidité du climat.

Les laiteries en Irlande sont bien dirigées. Quatre bonnes vaches donnent ?8 liv. de beurre par semaine. Chaptal observe que l’art de saler le beurre est mieux connu en Irlande que dans aucun autre pays, De grandes étendues de terres sont exclusivement consacrées à l’élève et l’alimentation du gros bétail et des moutons. Roscommon, Gulway, Clare, Limerick et Tipperary, sont les principaux comtés pour l’élève des moutons ; Galwey, Clare, Roscommon, Tipperary et Meath sont les endroits où on engraisse les moutons et le gros bétail de première qualité. Les moutons soat de la race à longue laine, très gros et bien faits, généralement.

La fertilité du sol, dans plusieurs parties de l’Irlande, est plus grande que dans aucun autre pays ; et c’est une chose remarquable que tandis qu’elle exporte bétail, moutons, cochons, blé, avoine et autres produits agricoles, au montant de plusieurs millions de livres sterling, annuellement, sa population agricole et les classes ouvrières jouissent de très peu d’aisance, comparées aux habitans de l’Angleterre, qui achetent tous ces articles de l’Irlande. En 1823, et autres années, lorsqu’un grand nombre des classes industrielles y mouraient de faim par suite de lirrcussite des récoltes de patates, et qu’une collecte à un montant considérable se fesait en Angleterre et même sur le continent pour les secourir, le blé et le bétail s’exportaient continuellement de Cork et des autres ports irlandais, comme si rien n’était arrivé ou que le besoin ne se fit sentir dans aucure clasie. Combien ii serait à désirer que les classes ouvrières en Irlande eussent le goût des jouissances de la vie! si elles l’avaient, leur condition s’amélicrerait bientôt ; elles ne se contenteraient pas de paille, de patates et de lait, quand elles peuvent en avoir, comme leur portion des bonnes choses que produit leur

pays. Lorsque qu'elles quittent leur pays pour venir en Canada, je À conser crois qu’elles savent apprécier et jouir des commodités de la vie aussi est une bien qu’aucune autre classe de personnes. Il est

L'agriculture de l’Ecosse était regardée comme bien en arrière de 4 « Il est celle d'Angleterre au milieu du dernier siècle, mais depuis on suppose 4 de pâtu qu’elle l’a dévancée, quant aux labours. Le système de récoltes alter- D. temps © natives, ou assolement, est généralement adopté ; les prairies, c’est-à- D promet dire les pièces soumises permanemment à l’herbe pour les récoltes de 1 Dans foin, sont rares dans les valiées de l'Ecosse. Sur les bonnes terres 4 sentée € la moitié de la ferme est soumise à diverses sortes de récoltes de grain, À en six ( l’autre moitié au pâturage, racines, herbage cultivé et aux jachères 4 sont en mortes. Sur les fermes les mieux cultivées, on n’élève d’animaux que 4 bétaild ce qui en faut pour les labours, En général l’agriculture des vallées 3 l’acre de l’Ecosse, le labourage, la fumure, l’écoulement et les instrumens à général agricoles ne sont surpassés en excellence dans aucun pays. Les loyers È grands élevés des teres ont cependant, d’après ce qu’on rapporte, induit ou 4 favora plutôt forcé les fermiers d’ensemencer les terres sans les laisser repo- h Le ser en pâturage pendant des intervalles suffisans, ce qui a considérable- 3 est exp ment épuisé ces terres et les a rendues trop déliées pour produire à ser ; les récoltes les plus profitables, surtout les sols qui ne sont pas de pre- L. La race mière qualité. Dans une grande partie de l'Ecosse, ainsi que dans les 4 général vallées, la culture des lahc ars est bien conduite. Le duc de Suther- 4 Jand ( ex-marquis de Stafñford,) a introduit de grandes améliorations À N01 sur ses vastes propriétés en Ecosse, dans le comté de Sutherland. Peu À de propriétaires ont fait plus pour perfectionner l’agriculture sur leurs ÿ Il se domaines que ce dignitaire n’a fait en Angleterre et en Ecosse. L’a- 4 princip mélioration des terres et des habitans de sa propriété de Sutherland, est 4 Galles, presque incroyable, et lègue un exemple utile de ce qu’on peut faire à gricult avec des capitaux et l’industrie bien employés. 4 ceux d

Je n’ai aucun rapport statistique des produits agricoles, troupeaux, : 1 PE

etc. en Ecosse, excepté le noinbre d’acres en superficie, qu’on estime 4 97 084 à près de 20,000,000, dont 5,265,000 sont en état de culture, 5,950,000 4 30.000 sont incultes, mais susceptibles de culture ; et près de 9,000,000 sté- 4 :

riles ou improductifs. Une partie des terres cultivées est d’une fertilité He très luxuriante. Les loyers des terres en Ecosse étonneraient le fer déve mier canadien qui n’est jamais sorti du Canada. En vérité, je crois 1 id qu'il est presque impossible que le fermier puisse payer ces loyers et À : du

se réserver une juste part des produits, si ce n’est dans les locaux très 4 est d'u favorables, près des villes ; c’est ce qui explique la perte-qu'on dit 4 banane être survenue dans les capitaux agricoles en Ecosse, pendant les der- Unes nièr« 17 années. J'ai des rapports qui, suivant moi, constatent que 4.167

les frais pour mettre quelques terres de ce pays en état de culture éga- dotées leraient le prix de leur achat, comme fief absolu, et surpassent de 3 à ton à 5 fois ce que coûte ici le défrichement des forêts ordinaires pour les ré- 991 "( coltes. La seule objection qu'on puisse faire à l’agriculture des dis- téle Us tricts où elles est le plus perfectionnée est que les labours et les pâtu- 4 lettres

rages ne sont pas cultivés copjointement autant qu'il le faudrait pour a cale

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conserver au sol une fertilité perpétuelle : du moins ceci, suivant moi, est une objection.

Il est dit dans les “Opérations de la Société dite Highland d’Ecosse”’: ‘ [l est des modes d’assolement dans le cours de l’adoption, au moyen de pâturages introduits dans un ordre différent, où pour plus longtemps ou d'autres récoltes, cu ce qu’on appelle assolement double, qui promettent d'améliorer beaucoup le sol. ”?

Dans le comtés de Perth, une ferme contenant 182 acres est représentée comme n’ayant que 11 acres en pâturage ; le reste est disposé en six divisions de 28k acres chaque, qui, à l'exception d’une jachère, sont ensemencées de blé, avoine, orge, turneps, patates et foin : le bétail de la ferme est nourri de trèfle. La moyenne des récoltes à l'acre varie extrêmement en Ecosse : j'ignore quelle est la moyenne générale ; dans les bons sols, je crois que les rapports sont tout aussi grands que ceux des îles britanniques où le sol et le climat sont le plus favorables.

Le gros bétail d’Ecosse est moins gros que celui d'Angleterre, où il est exporté en grand nombre et où on l’estime beaucoup pour l’engraisser ; le bœuf gras, se vend plus cher au stone que le gros bœuf anglais. La race des vaches d’Ayreshire est très estimée pour les laiteries et est généralement d’une vhs bonne taille.

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