‹ Traité théorique et pratique de l'agriculture [microforme]Chapitre 48 sur 139 · MALADIES DES VÉGÉTAUX · texte numérisé non relu

MALADIES DES VÉGÉTAUX

Les maladies sont des aifections corrompues du corps végétal, provenant de différentes causes, et tendant à faire tort à la santé habituelle suit de toute, soit d’une partie de la plante. Les maladies les plus fréquentes des végétaux en Canada sont les suivantes : la carie, la rouille cle ver danse blé, qu'en croit être la conséquence de la mouche à

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ti, blé. La carie, dans la signification générale du terme, comprend qua- À d ed tre espèces différentes : la carie, causée par le froid et les vents froids, LAS dans une espèce de vapeur étouffante et pestilentielle, du défaut de ES Fil nourriture, et de la propagation d’une sorte de champignon petit et pa- , céès rasite. à . ; Ut rex La carie, dont les froids et les vents froids du printemps sont la cause, di | pé- coupe et détruit les jets tendres de la plante, en arrêtant le cours de la pe peut sève. Les feuilles qui sont alors dépourvues de leur aliment nécessaire, Ha ie se fanent et tombent, et la sève alors arrétée dans son passage, devient RER la proie d’insectes innombrables qui paraissent bientôt après. C’est 3 es, pour cette raison qu’ils sont erronnément considérés comme la cause de GPL la matadie, pendant qu’ils ne sont que créés dans la sève stagnante qui 4 forme un nid convenable à leurs œufs. Leur multiplication contribuc- de des- ra sans doute à répandre la maladie, parcequ’ils se propagent rapide- 1: que ment partout où ils trouvent abondance de nourriture. RAR plus F La carie, dont des vapeurs étouffantes et pestilentielles sont la cause, a+ 6s à Ë arrive le plus ordinairement en été, quand le grain a presque atteint son Fi l'ile extrême grandeur, et lorsqu'il n’y a ni gelées ni vents froids pour la a est à causer. Telle fut la carie qui habituellement détruisit les vignobles Ines : d'Italie, et qui encore cause des dommages aux plantations de houblon rain et de blé en Angleterre. Les Romains observèrent qu’elle se manifes- 13 il et tait ordinairement après des ondées courtes mais fortes de laprès-midi, ÿ pour suivies d’un soleil clair, vers le temps de la maturation des grappes, et af est que le centre du vignoble en souffrait le plus. Ceci s’accorde assez bien ivre : avec la manière dont le houblon est affecté en Angleterre. Le blé souf- À au- fre d’un espèce de carie semblable, et vers la même saison de l’année, f ière ce qui dans quelques occasions a entièrement détruit la récolte er Anvé- gleterre ; mais Je nai dans ce pays jamais observé qu’elle aît eté si des- fo De tructive. Dans l’été de 1809, un champ de blé en Angleterre, sur un bre, sol tant soit peu léger et sableux, se leva avec tout l’aspect de santé, nois il vint en épis promettant de bien mûrir. Vers le commencement de ains juillet on le considéra surpassant tout ce qu’on aurait pu espérer du sol. fe Une semaine plus tard une partie de la récolte à l’est du champ et d’une | va- | étendue de plusieurs acres, fut entièrement détruite étant réduite et raeut tatinée jusqu’à la moitié de sa hauteur antérieure, et tellement fanée et KT elle cariée qu’on ne l’aurait pas considérée comme appartenant au même ri j tile champ. Le reste du champ produisit une bonne récolte. É nce La carie, causée par le défaut de la nourriture nécessaire, peut at- \ Os | taquer toutes les plantes, tant sauvages que cultivées ; mais on la ren- de contre: communément dans les champs de blé, dans des saisons très l sèches, dans ces surfaces minces et gravelleuses qui ne retiennent pas assez l'humidité. Dans de pareils endroits les plantes flerrissent avant le tems, et l’épi mûrit avant d’être rempli. En Angleterre les fermiers LS lappellent la carie blanche. J’ai souvent vu cette carie en Canada, a+ Dre mais jamais très répandue. La carie causée par les champignons, atta- 4 lle que les feuilles et tiges de plantes herbacèes, mais plus particulièrement LT nos grains les plus utiles, le blé, l'orge et l’avoine. Elle se manifeste e

toujours dans les recoins, les moins ventilés d’un champ, ct elle est

généralement pré:édée d’un temps froid et humide, qui dans les chaleurs du mois de juillet, glace soudainement et arrête la végétation. Elle a presque tonjours l’air d’une poudre rouillée, qui salit les doigts lorsqu’on y touche. Des plantes maladives y sont les plus sujettes, et on croit que le champignon peut exister dans l’engrais ou le sol, et pénétrer la plante à travers les pores de la racine. Il attaque seulement la tige etles feuilles. 11 y a une autre espèce de champignon, connue sous le nom de gomme rouge, qui n’attaque que l’épi, et lui cause un grand dommage. Celui-ci est ordinairement accompagné d’un petit ver de couleur jaune, qui vit sur les grains et augmente la perte.

Le seul moyen de prévenir ou diminuer l’effet d'aucune des variétés de la carie c’est une culture convenable. Grisenthwaite suppose, que, dans beaucoup de cas où la carie et la nielle attaquent le grain, c'est à défaut de l'aliment nécessaire pour porter le grain à perfection ; vu qu’il est connu que le fruit ou la semence de beaucoup de plantes contiennent des principes qui ne se trouvent pas dans le reste de la plante. De cette manière la graine du blé contient du gluten et du phosphate de chaux, et lorsqu'ils manquent au sol c’est-à-dire dans les terres engraissées dans lesquelles viennent la plante, il ne pourra pas perfectionner son fruit qui par conséquent devient plus sujet aux maladies.

La rouille est une maladie ordinaire des grains cultivés, par laquelle la farine de la graine, en même temps que sa couverture et les parties égales de la cosse sont converties en une poussière noire semblable à la suie. La maladie n’affecte pas toute la récolte, mais les épis qui en ont souffert y sont souvent très nombreusement dispersés. Quelques-uns l’ont attribuée au sol dans lequel la graine est semée, d’autres à la semence même, prétendant qu’une semence rouillée produira une telle récolte ; mais en tout cela il existe quelque incertitude, Willdenow croit qu’elle a son origine dans un petit champignog qui se multiplie et s'étend jusqu’à ce qu’il possède tout l’épi. On dit qu’on peut la prévenir en trempant la graine avant de la semer dans une faible solution d’arsenic. Mais outre cette maladie, il y en a une autre qui lui est analogue, ou qui en est un autre dégré. On la connait sous le nom de balles rouillées, où le cœur de la semence seul est converti en une poussière noire, pendant que l'ovaire et la cosse restent saines. L’épi n’est pas bien changé dans son extérieur, le grain malade qu’il contient peut même être battu, et conséquemment se mêler à la masse ; mais on le découvre toujours facilement, et fait alors tort à l'échantillon. On dit qu’on prévient cett: maladie, comme la rouille.

Il n°y a pas de doute, que cette maladie ne soit plus injurieuse au blé canadien qu’aucune autre qui l’a affecté dans les dernières années : il y a à peine un champ qui n’en soüffre plus ou moins; et s’il y a un remède, le fermier devrait Padopter à tout prix. Dans le ‘ Penny- Magazine ” Mr. Bauer de Kew, comté de Kent, celèbre par ses découvertes quant aux maladies des grains, a publié deux écrits intéressans. J’en donne les extraits suivans :

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‘ Cette maladie est causée par La graine d’un champignon parasite extrêmement petit, du genre de l’uredo, absorbé par les racines des graines de blé qui germent, que la sève avance, longtemps avant que le blé fleurisse, dans le jeune germe ou l'œuf, où la graine du champignon végète et se multiplie rapidement, empêchant par là non seulement la fécondation de l’œuf, mais même le développement des parties de fructification. Par conséquent il ne se produit point d’embryon dans un germe infecté, qui continue pourtant, aussi longtemps que les graines saines, de croître, et lorsque celles-ci viennent à maturité, celles qui sont infectées sont ordinairement plus longues que les autres dont on les distingue facilement et par la couleur verte foncée, et par la forme que retient l’œuf depuis le moment de l’infection.

Le nom de cetie maladie est tout aussi indéfini et divers que les causes supposées de son existence. Les noms les plus usités en Angleterre sont ceux de balle à rouille, feu de poivre flétrie et vessie flétrie ; plusieurs autres noms lui ont été donnés non seulement par les fermiers de chaque comté, mais même par des naturalistes scientifiques. On n’a pas encore trouvé un auteur qui eût décrit cette espèce d’uredo, dont le caractére qui le distingue est une odeur très désagréable. Je pense que le nom spécifique le plus convenable scrait celui d’uredo f«tida.

Je découvris le parasyte pour la première fois dans la cavité de l’ovule d’un jeune plant de blé, (la graine duquel avait été inoculée des champignons d’uredo fatida et semée le 14 Novembre 1805,) le 5 juin 1806, seize jours avant que l’épi ne sortit de la tige, et vingt Jours avant que l’épi sain, venant de la même racine, ne fleurît. A ce dégré la cavité intérieure de l’œuf est très petite, et, après la fécondation, elle est remplie d’albumine ou de la substance farineuse de la semence, et déjà alors occupée de beaucoup de jeunes champignons, qui, par leur racine ou frai semblable à la gelée, adhèrent à la membrane qui couvre la ca+ vité, et dont on peut aisément les détacher en petits flocons en même temps que le frai ; dans cet état leurs pédicules très courtes peuvent être vues distinctement.

D'abord les champignons sont d’un blanc pur, et lorsque l’épis sort de la tige l’œuf est bien plus large ; cependant il retient sa form originaire, et les champignons se multipliant rapidement, plusieurs sont déjà presque parvenus à la maturité, ont une couleur plus foncée et gisent détachés dans la cavité de l’œuf, le frai en étant séparé ; les grains infectés se distinguent facilement de ceux qui sont sains, en ce qu’ils sont

énéralement plus grands et d’une couleur verte plus foncée ; et si on es ouvre, ils semblent excessivement remplis de ces champignons à couleur foncée ; mais les grains infectés de luredo fœtida crèvent rarement, et on ne trouve pas souvent ces champignons aux parties extérieures du grain ; mais dès qu’on les broie il en sort aisément l’odeur plus désagréable, que celle de poisson pourri. Lorsque les grains sains sont en parfaite maturité, et bien secs, et prennent une couleur légèrement brunûtre, les grains infectés changent aussi, mais leur couleur est d’un brun plus foncé, gardant cependant la même forme qu’avait le grain

lors de sa formation, les rudimens du stygme restant les mêmes aussi, Si on coupe en deux le grain infecté, on trouvera qu’il consiste uniquement de l’intésument le plus éloigné de l’œuf, rempli de champigons noirs mûrs, sans aucune trâce de l’embryon ou de V’albumine. Sur le champ on reconnañt facilement les balles rouillées par leur grandeur, parcequ’elles sont généralement plus hautes que les plantes non infectées, et par leur grosseur ; et j’ai toujours trouvé que leur racine produisait un plus grand nombre de tiges, que leurs épis contenaient plus de pointes, plus de grains parfaits que ceux des plantes saines de la même semence et du même champ. Une plante provenant de semence que J'avais inoculée eut 24 tiges ct épis complets. Quelques-unes des tiges mesurérent au delà de cinq pieds, chaque partie “2 la plante fût proportionnellement grande, et tous les épis également infectés. Un autre exemplaire eût 8 tiges de la mème racine, dont 5 mesurèrent au delà de G pieds, et les épis furent entièrement infectés ; les 3 autres tiges furent considérablement plus courtes, et leurs grains parfaitement sains. Cet agrandissement de la plante cependant ne doit pas être attribué à l'infection, mais il est sans doute le résultat d’une riche végétation, produite par un sol riche et humide, qui assure et favorise l’infection plus qu’un sol sec et passablement riche. |

Cette maladie n’infecte pas l’épis entier non plus. J’en ai trouvé quelques-uns, dont un côté fut infecté, pendant que le côté opposé fut parfaitement sain. Quelqaefois on trouve 5 ou 6 grains sains dans un épi infecté, ainsi que quelques grains infectés dans un épi sain du reste. Les grains infectés se trouvent toujours au sommet de l’épi, ce qui prouve que la semence infectante des champignons ne parvint à l’œuf

u’après sa fécondation. Dans quelques-uns de ces grains une partie de l'albumine fut formée, mais il n°y exista pas la trace d’un embryon ; mais dans d’autres il y eut une portion considérable d’albumine et il y fat formé un embryon parfait.

Du tems que les grains sains changent de couleur les champignons étant mûrs cessent de se multiplier ; ils sont tous de forme globulaire et à peu près de même grardeur, savoir d’une mil six centième partie de pouce en diamêtre. Je n’ai pas encore pu voir la semence de ces champignons dans Pétat de siccité, car elles semblent :nèlés avec quelque fluide muqueux, ce qui fait qu’elles restent ensemble en gros tas.

Je crois m'être assuré par de nombreuses expériences, en inoculant les exemplaires de blé de semences les plus purs, que les graines des champignons d’uredo fœtida sont la seule cause de cette maladie pernicieuse du blé—la balle rouillée, ou le poivre rouillé ; et si ce fait est admis, il est évident qu’on ne peut la prévenir qu’en nettoyant le blé de semence avec tant d’attention, que chaque particule des champignons et de leur semence soit entièrement séparée du grain. Mais ces champignons extrêmement petits, une fois mêles au blé de semence, s’insinuent dans les cavités au dos et à la barbe au sommet des graines de semence, ct je le crois presqu’impossible de les en éloigner par le seul procès du lavage. Une fois je reçus quelques exemplaires ainsi préparés

et lavés « tant quelc de montr «près les nageunt d prévient peut-être pignons, même que réussite c que faites plus sûr 1 chaux cor de la séch le trouve de cette w blé est gr grands ch mence de ladie prov semence rait se trot antérieure du blé de évidemme répétées e semence q et le résul comme da vait pas ét, infectée pe l'uredo fœt d'une esp segelum, q tié de sa g charactéri plantes de sont beauc que que la dant que mais même seulement par beaucd guons dur Ja racine d mêlée aved presque to où les se

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et lavés dans de la suymure et déclarés parfaitement nets ; mais en jetant quelques-unes de ces graines purifiées dans de l’eau dans un cristal de montre, et les y laissant tremper pendant douze heures, je trouvai «près les avoir soumis au microscope, plusieurs de ces champignons nageunt dans l’eau. Ce fait m’a convaincu que le seul nettoiemeut ne prévient pas sûrement la maladie ; et que le mode le plus efficace et peut-être le seul mode préservatif, c’est de détruire la vitalité des champignons, A cette fin on a proposé des remèdes innombrables et je crois même que les fermiers les ont tous essayé, sans pouvoir se flatter d‘une réussite complête. D’après mes propres expériences nombreuses, quoique faites sur une petite échelle, je suis convaincu que le meilleur et le plus sûr remède c’est de tremper la semence du blé dans de l’eau de chaux convenablement préparée, de l’y laisser au moins 12 heures, et de la sécher ensuite à l’air avant de la semer ; mais je crains qu’on ne le trouve très difficile, pour ne pas dire impossible, de tuer entièrement de cette manière Jes champignons, lorsque la quantité de la semence de blé est grande, et que conséquemment on trouvera toujours dans de grands champs quelques plantes infectées. Tremper et sécher la semence de blé de la manière mentionnée non seulement empêche la maladie provenant des graines infectées, mais elle préserve encore la semence propre à l'infection par la graine des champignons, qui pourrait se trouver dans le sol du champ dans lequel du blé malade est venu antérieurement ; et conséquemment les exemplaires les plus propres du blé de semence devraient être trempés comme les autres qui sont évidemment infectés. Je me suis assuré de ces faits par des expériences répétées en inoculant fortement avec les champignons de la graine de semence qui antérieurement avait été convenablementtrempée etséchée, et le résultat fut toujours satisfaisant, car l'infection n’eût jamais lieu, comme dans le cas d’inoculation de semence nette qui auparavant n’avait pas été trempée et séchée. Le blé est la seule plante sujette à être infectée par la balle rouillée ou le poivre rouillé, qui est occasionné par l’uredo fœtida. La rouille même est aussi causée par une uwredo, mais d’une espèce décidemment différente de chamaignon parasite, l’uredo segelum, qui se distingue de l’uredo fœtida, en ce qu’il n’a que la moitié de sa grosseur, et qu’il est inodore, pendant que l’uredo fœtida se charactérise par une odeur très désagréable. La manière d’attaquer les plantes de l’uredo segetum est aussi entièrement différente, et ses effets sont beaucoup plus destructifs que ceux de l’uredo fœtida, qui n’attaque que la graine dans laquelle elle végète, mais éclate rarement, pendant que luredo segetum non seulement détruit l’épi en entier mais même les feuilles et la tige. Ensuite Puredo segetum n’attaque pas seulement l’orge, mais encure le blé et l’avoine. J'ai été convaincu par beaucoup d’expériences d’invculation, que la semence des champiguons d’uredo segelum ainsi que celle d’uredo fœtida, est absorbée par la racine de la semence germiñante, et, étant si extrêmement petite est mêlée avec et poussée en avant par la sève qui circule, déposée dans presque toutes les parties, même dans le tissu cellulaire de la plante, où les semences continuent de végéter et de se multiplier rapidement,

ainsi que dans chaque partie de la plante dans laquelle !l reste la moin. dre vitalité. Tout l'épis est trouvé entièrement détruit même avant que les fleurs individuelles soient entièrement développées, ou que lépi sain soit sorli de la tige, Quelquefois, mais rarement, l’infection a lieu après que les parties de la fructification ont été formées, et même après que la fécondation a eu lieu ; dans ce cas les progrès de la maladie peuvent facilement être observés. Le germe est d'ordinaire attaqué le premier, et on le trouve entièrement ou en partie rempli de champignons ; puis le pistil, les parties mâles et même les filamens cxtrèmement tendres paraissent pleins de tâches noires, causées par de petits tas de ces champignons, qui végètent et se multiplient si rapidement que tout l’épi en est complètement rempli en peu de jours.

Dans les plants d'avoine une infection si tardive a plus souvent lieu que dars l'orge ou le blé, et qnelquefois toute la panicuie sort entiere en apparence dans un éiat de parfaite santé, ou senlement avec quelque petite partie de la base infectée, mais bientôt l'infection s'étend visiblement sur toute la pamcule et toute autre partie de la plante ; et même quand un épi tellement infecté en partie est séparé de la plante, la végétalion et multiplication des champignons continuent tant qu'il reste la moindre humidité dans cette portion de la plante qui a été ainsi séparée. Une fois j'otai et ramassai plusieurs de ces épis partiellement infectés, que je me proposai de conserver comme exemhles, et pour cette raison je les mis sécher dans du papier brun ; ile furent égarés par hâsard et ne rétombèrent entre mes mains qu’au bout de six mois, lorsque, examen fait, je trouvai que les exemplaires ea entier avaient été consommés par les champignons, Je ne Gvute nuliement que le vent ne secoue et disperse les semences des champignons, et que même plusieurs plaintes et épis infectés sont jetées sur le sol d’un champ où sont venu des plantes tellement malades, et que les champignons continuent de végéter et de se multiplier comme ceux sur le pupier, jusqu’à ce qu’ils deviennent une partie du sol dont on ne peut pas les distinguer. Je crains beaucoup qu’il ne soit très difficile, de trou er un remède sûr pour prévenir ou même arrêter cette maladie destructive ; et cette crainte semble se fortifier par la considération des nombreux remèdes qu'ont suggérés plusieurs auteurs distingués tant dans ce pays que sur le continent. Je ne suis nullement surpris de ce que les remèdes de ces auteurs ont manqué leur but, car je trouve que les plus célèbres parmi eux, non seulement confondent deux ou trois maladies différentes ; car quelques uns la considèrent comme causée par des insectes, d’autres l’attribuent au vent, et d’autres encore pensent que ces maladies sont le résultat d’une corruption du sap des plantes. Ces causes et plusieurs autres également erronnéés ont été avancées ; mais j’espère que, admis que les graines des champignons parasites soient la cause réeile et unique de ce mal, chacun verra, que si on délruisait la vitalité des semençes de ces parasites, on empêcherait la maladie. Je me suis convaincu par beauccup d'expériences que treinper dans de l’eau de chaux détruit cette vitalité ; de méme que l’eau de chaux a le même effet sur les semençes de l’uredo eegclum quelle a sur celle de l'uredo fætida.

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Je crains qu’il ne se présente beaucoup de difficultés pour tremper effectivement la graine, par rapport à la structure de la semence de l'orge et de l’avoine, dont l'écuille entoure si épaissement l’amande, que l’eau de chaux ne peut pas si aisément pénétrer jusqu’à l’embryon que dans l’amande nue du blé et du seigle.”

Mr. Bauer a donné des dessins du grain et des plantes malades, depuis le moment de l'infection, pendant tout le cours de la maladie, telles que vues à travers un microscope ; et d’après ma propre expérience et mes observations, je crois ses remarques très exactes, et méritant l’attention du fermier plus qu’aucunes autres que je n’ai jamais lues à cette égard ; et je ne doute pas que le remède qu’il propose, ou aucun autre qui peut déiruire Ja vitalité des champignons dans la graine de semence, ne puisse prévenir la maladie, à moins que l'infection ne procède du sol, et même dans ce cas, il a prouvé que trempant la semence dans de l’eau de chaux et le séchant à l'air avant de le semer, on empêche que la semence ne soit infectée du sol. Les fermiers devraient essayer tout remède raisonnable, pour guérir radicalement ces maladies pernicieuses.

La nielle est une substance dont les feuilles des végétaux sont quelquefois couvertes, ce qui cause leur dépérissement et leur mort, et qui injurie la santé des plantes, On la trouve sur le blé en forme d’une exsudation glutineuse. En printemps et en été le blé est moins sujet à cette maladie que l’espèce d‘automne.

Qu’on considère la carie, la rouille et la nielle séparément ou comme la même maladie, qui se manifeste à différentes périodes de la croissance des plantes, nous sommes convaincues que l’on peut foutes les considérer comme provenant d’une atmosphère malsaine, lorsque la récolte est à certain dêgré de son progrès vers la mâturité. L’espèce du blé qu’on sème, savoir qu’il soit de paille mince ou épaisse, a ur effet considérable à diminuer ou gugmenter les conséquences de ces maux pernicieux ; et qu’un sol égal, la culture et la situation ont chacune leur influence respective. Îl arrive rarement que la carie, la rouille ou le nielle se font appercevoir dans des saisons sèches, excepté dans des champs confinés, ou cropit la rosée du. soir, et restent jusqu’à ce que le soleil du midi lés enlève. C'est pour cette raison que le blé échappe rarement ou jamais à un dommage partiel ou général. D’un autre côté, on s’apperçoit plus ou moins de la carie, de la rouille, de la nielle et de la gomme d’épi dans des saisons très mouilleuses, froides ou chaudes. Dans de pareilles saisons le blé à la paille fine souffre beaucoup moins que le blé à paille épaisse, circonstance qui semble étre en contradiction directe avec la doctrine : que ces maladies sont causées par des champignons ou des plantes parasites dans un champ semé un même jour des deux espèces de blé, et récolté de la même manière; la partie qui avait le blé à paille mince, donna non seulement un tiers de plus de produit, mais le grain se vendit au marché de 2 chelins 6 deniers de plus que ce- Jai de laûtre. Les terres qui au fond sont naturellement humides, sont sujettes à causer des maladies du blé ; et où la semence est faite dans une terre trop puissante soit par un engrais excæsif, soit par d’autres causes, l'une ou l’autre de ces maladies lattaqueront certainement.

Des situations continges, où l’air n’a paë une libre circulation, sunt dé favorables, particulièrement s’il y a des pluiés chaudes, des bruines ou äes brouillards du matin. En un mot, lorsque la gelée-blanche ou les vapeurs d’aucune espèce sont chassées par le vent, il ny Are pus de danger pour la récolte ; mais où c’est le soleil qui les fait disparaîlre, dans certaines saisons. on doit craindre des pertes sérieuses.

“ Ici l’on doit que, quoique la nielle soit une maladie tout-àfait inconnue en temps sec, c’est néanmoins dans les saisons où le temps a été très sec et très chaud, que ses effets sont les plus sensibles. Dans de pareilles saisons la rouille se manifeste souvent sur des terres eèches et légères, et sur toutes les terres qui ne produisent point d’étamines, il paraîtrait que les plantes souffrent par le défaut de nourriture.

Lorsque ces maladies sont communiquées par l’atmosphère, leur action est si soudaine qu’il semble impratiquable de se pourvoir d’une antidote efficace à leurs effets. En Angleterre, les blés sont les plus affectés dans des situations basses et humides, dans le voisinage des forêts, de haies et de rivières qui serpentent. Les peupliers, les saules et les bouleaux sont considérés comme favorisant la rouille et la nielle, lorsqu’ils se trouvent près des champs de blé ?”

La mouche à blé dans ces dernières années a été décrite comme une des plus grandes ennemies du blé en Ecosse, et comme on peut raisonnablement supposer, que l’année passée, la même espèce de mouches a fait tort aux Plés du Canada, il sera utile de faire une description de cette mouche et de ses ravages destructeurs.

Dans l'Amérique du Nord cet insecte, ou un autre de la même fawille, a été connu depuis beaucoup d’années, surtout dans la Nouvelle Angleterre, et ses ravages terribles sont de temps à autre décrits dans les papiers publics, sous le nom de Hessian fly (mouche hessoise.) Dans la nomenclature moderne, ainsi que nous en informe le révérend W. Kirby, la mouche à blé, anciennement la fripula tritici de Linnée, s’appelle la cecidomyia tritici, etla mouche hessoise la cecidomyia destructor. Cette mouche se fait d’abord voir vers la fin de Juin ; et selon les observations de M. Shireff, sa vie dure 39 jours. La couleur de la mouche est orange, les ailes sont transparentes et changent de couleur selon le jour dans lequel elles sont vues. Elle dépose ses œufs dans le calice des fleurs, en tas, du nombre de deux à dix ou même quinze ; et les larves se nowrrissent sur le grain. Elles sortent des œufs en huit ou dix jours ; elles sont d’abord parfaitement transparantes, et prennent peu de jours après une couleur jaune, Elles ne voyagent pas d’une plante à l’autre, et on en a compté 47 dans une seule. Quelquefois on trouve dans la même fleur des larves et un grain qui est ordinairement grésillonné, comme étant dépourvu de nourriture ; et quoique le pollen peut fournir de la nourriture aux larves en premier lieu, elles se réunissent bientôt autour de la par ticinférieure du germe et y vivent probablement sur la matière destinée àformer !s grain. Le céraphron destruclor fait la chasse aux larves c’est une mouche ichneumone qui dépose ses œuf dans le corps des larves de la mouche à blé $ et c’est là le seul échec

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découvert jusqu'à présent pour empêcher la destruction entière du blé attaqué par la cecidomie. Mr. Shireff parlunt de la mouche ichneumone dit : ‘* Je n’ai pas pu m’assurer si en effet elle dépese ses œufs dans le corps dé la larve ; cependant il ne peut pas être douteux, qu’elle perce les larves d’un aiguillon, et en la perçant souvent, il est probable que la mouche se plait à les détruire et à déposer ses œufs dans leur corps. Mr. Gorrie évalue la perte de l’économie rurale par cette mouche dans la Carse du district de Gowrie seule à #20,000 en 1827, à €30,000 en 1828, et à £36,000 en 1829. Le même auteur en 1830 décrit le prospect du blé dans la Carse de Gowrie de la manière suivante :—Les cecidomies sont encore en vie en légions considérables ; il est maintenant certain que les mouches seront cette saison aussi abondantes que jamais ; il est aussi vrai, qu’elles ne déposeront leurs œufs dans aucune autre plante que dans celle du genre du blé ; la seule chance de leur échapper c’est lorsqu'elles paraissent en état de mouches, Si ce beau temps peut les amener d'ici en une quinzaine de jour ou trois semaines, la plus grande partie en aura péri avant que le blé soit en épi; ou si ceci a lieu avant l’approche de la mouche alors le blé d’été seul souflrira ; mais ces chances sont médiocres. Nous connaissons trop bien l’histoire et les habitudes de l’insecte pour croire que les brouillards, la pluie, la rosée, où la sècheresse arrêteront ou avanceront leur activité, si elles viennent en masse avant que le blé soit en épi. Nos voisins dans les Lothiañs sont outre ce vil cousin menacés de l'invasion d'un ennemi non moins formidable, lascices pumilarius, qui, nous en sommes bien informés, a déjà commencé ses déprédations et amincit un peu trop libéralement les champs de blé. Comme la mouche héssoise de l’Amérique, il attaque les jointures inférieures qui deviennent l’habitation des jeunes larves. N'’est-il pas probable que c’est la même espèce ‘’insectes qui détruisent si fréquemment en printemps les récoltes de blé en Canada.

Mr. Gorie a prouvé en Ecosse par des expériences, que l'espèce de blé connu en Angleterre sous le non de turgid (enflé) où blé comique est à l’abri des ravages de cette mouche. Ce blé à la tige svelte et vigoureuse, et produit beaucoup ; mais la qualité du grain est inférieure au blé commun d’automne. Les fermiers les plus distingués sont d’opiuion que le seul remède efficace contre les ravages de cétte mouche ést, de cultiver cette espèce de blé qui sera défavorable à sa propagation, ou à l'abri de ses ravages. Mr. Shireff découvrit des myriades de mouches à blé lors qu’elles se montrèrent pour la preinière fois, s’élévant d’un champ qui auparavant avait élé continuellement labouré et hersé. Je ne me rappelle pas que cet insecte a été beaucoup connue en Angleterre ou en Irlande, et il est difficile de rendre compte de cette circonstance,

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