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DÉPÉRISSEMENT NATUREL

Quand même une plante ne souffrirait pas de l’influence d’une injure accidentelle, ou d’une maladie, il viendra pourtant le temps que ses

différens organes essuiront l’approche d’un dépérissement naturel s’emparant insensiblement d’elle, et finissant par sa mort. La durée de l’existence végétale est très différente en différentes espèces ;. cependant dans le règne végétal ainsi que dans le règne animal il y a un térme, une limite que l’individu ne peut pas dépasser, Quelques plantes sont annuelles, et ne durent qu'une saison, s'élévant souduinement de la semence, atteignaut rapidement la maturité, produisant et semant leurs graines, et périssant immédiatement après. C’est là le caractère des différentes espèces de grains p. e : l’avoine, le blé, l’orge. Quelques plantes vivent pendant une période de deux ans et sont nommées biennales, s’élevant la première année de la semence, produisant des racines et des feuilles, muis point de fruit ; et dans la deuxième année produisant fleurs et fruits p. e: la carette, le panais, et le carvi. D'autres

plantes sont perpétuelles, c’sst-à-dire durant plusieurs années. 11 y a

des parties de plantes perpétuelles qui périssent annuellement, ou qui sont annuellement séparées de l'individu, savoir: les feuilles, les fleurs et le fruit, ne laissant que la racine, vu celle-ci et le tronc, qui se soumettent enfin aux ravages du temps et finalement à la mort.

Les plantes souffrent des infirmités de la vieillesse aussi bien que les animaux, et exhibent des symptômes semblables d’une dissolution prochaine. La racine se refuse à imbiber la nourriture que lui offre le sol, ou si elle en imbibe une partie, elle est faiblement circulée et partiellement distribuée ; la circulation du sap et des sucs convenables se fait avec difficulté, et est finalement obstruée en entier ; les rejetons deviennent rabougris et diminutifs ; et les fruits dégénèrent palpablement et en quantité et en qualité, Les branches plus petites ou terminales fanent et dépérissent les premières, puis les plus fortes branches aussi avec le tronc et la racine ; le principe vital décline graduellement, sans aucune chance de se remettre et est finalement éteint. La vie éteinte, la nature s’empresse à amener la décomposition ; la surface de l'arbre est couverte d’algue et de mousse, qui attirent et retiennent l’humidité; les pores vides l’absorbent, et la putréfaction suit rapidement. Alors vient la tribe des champignons qui fleurissent sur du bois pourri et en accélèrent la corruption ; les papillons et les chénilles cherchent un asile sous l’écorce, et perforent le bois ; etles piverts, à la recherche d’insectes, le percent plus profondément et creusent de grands trous pour y placer leurs nids. La gelée, la pluie et la chaleur font leur part et toute la masse s’émie et se dissout en un riche terreau, propre à produire de plantes nouvelles.

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