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dans des champs bien cultivés, fournissant d’abondantes et excellentes récoltes—des nombreux troupeaux d’animaux bien nourris—des habitations commodes pour toutes les classes—laccroissement des villes, des villages, des arts mécaniques, des manufactures et du commerce—des chemins de fer et antres chemins pour faciliter les communications, et des fondations pour l'éducation. Les moyens d'accomplir toutes ces choses sont en notre pouvoir, si nous voulons seulement nons en servir. Nous ne sommes point, et nous ne serons jamais, j’espère, accablés de forts loyers, de dîmes, de taxes et de paupérisme, pour paralyser notre industrie et diminuer ses produits. Les cultivateurs du Canada peuvent devenir les plus indépendans de leur classe dans l’Empire Britannique— s’ils veulent seulement introduire dans leur système d'Agriculture et dans l'application de ses produits les améliorations que leur indiqueront la raison et l'expérience, l'intérêt et la politique.
C'est l'A ;ricullure, el l'Agriculture seule, qui peut soutenir dans Paisance et dans une véritable dignité les habitans d’un pays comme celui-ci. Si nos terres sont couvertes de grain et d'animaux —le grain et les animaux pourront toujours acheter les manufactures et les délicatesses des autres pays dont nous aurons besoin.
Je ne crois pas qu’il existe dans le monde une société dont tous les membres pourraient jouir de ce degré d’indépendance et d’aisance comparatives, nécessaires au vrai bonheur, plus certainement que les cultivateurs de ce pays. Une telle société, où les extrêmes des richesses et de la grandeur, et la misère du paupérisme ne sont jamais:mis en contraste, sera toujours la plus désirable pour le Canada. Il ya un trait bien louable dans le caractère des cultivateurs Canadiens—c’est qu’ils ne se livrent point à l’ostentation ou à l’extravagance—qualité que tous les agriculteurs qui viennent s’établir parmi eux devraient imiter, en tant que cela serait consistant avec l’aisance et les jouissances raisonnables de la vie. Il est très-possible que de l'argent soit dépensé d’une manière qui ne contribue point à l’aisance ou au véritable bonheur du cultivateur ou de sa famille ; s’il était employé différemment il donnerait des avantages et de la respectabilité à l’un et à l’autre. Le cultivateur qui est économe dans ses dépenses personnelles, pour mieux assurer l’aisance et l’établissement de sa famille, sera toujours utile et respecté dans la société dont il est membre.
Quoique la science de d'Agriculture ait éprouvé de grandes améliorations pendant les quarante dernières années, et quoiqu'il soit possible de l’améliorer encore, il est cependant probable que le plus haut degré de perfectionnement n’est pas aussi éloigné pour la culture que pour les arts etles manufactures où de nouvelles combinaisons de matériaux et de machines ajoutent à l’excellence antérieure de l'article produit. Dans les articles qui sont le produit de l’agriculture, la science et l’industrie n’ont pas le même avantage. Le climat et le sol sont les principaux instrumens au moyen desquels vient toute végétation—l’homme n’a aucun contrôle sur le premier, et sur le second il en a bien moins qu’on ne le suppose généralement. Il y a dans chaque sol une certaine puissance productrice appelée en termestechnique la portée de la terre,qui forme évidemment la limite des améliorations que l’onterite de faire. Le trop grand
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emploi du fumier, dans ce pays ou dans tout autre pays où l’irrigation n’est pas en usage, peut même devenir nuisible, lorsqu’on s’en sert à un dégré qui surpasse la mesure demandée par l’état et Ia force de la terre— les récoltes de grain n’augmentent point en quantité, et leurqualité ne s’améliore point ; l’épi est mince et court, ct le grain d’une qualité inférieure. Cela est surtout vrai pour les sols minces et légers. En fesant de profonds sillons en :bourant, et en retournant graduellement le sol nouveau ( lorsque sa profondeur est suffisante pour le permettre ) ct en Pincorporant avec le sol cultivé antérieurement, on améliorera grandement les terres où on a depuis long-tems ou constamment récolté —quoique si on mettait ces terres en paturage ce serait certainement le meilleur moyen de rétablir la fertilité et les ingrédients nécessaires à un sol pour produire des récoltes profitables.
On ne peut douter quenos cultivateurs ont encore à apprendre bien des choses qui contribueraient grandement à leur avantage—mais je connais les difficultés qu’on éprouve maintenant pour leur donner l’instruction convenable, ou pour effectuer les améliorations qu’il est si désirable d'introduire dans l’agriculture. Les préjugés, qui sont parfaitement naturels, et dont sont imbus les agriculteurs à un plus haut degré que toute autre classe d'hommes dans l’univers, ne se déracinent pas facilement ; les nouvelles pratiques ne s’introduisent pas plus aisément—surtout dans les lieux où les cultivateurs sont peu dans l’habitude de lire la pratique ou les résultats de l’agriculture dans les autres pays. Dans la réalité on n’a publié en Canada, pour servir de lecture générale aux cultivateurs, aucuns cuvrages propres à les instruire dans la théorie ou la pratique d’un système d’agriculture amélioré et profitable, adapté au climat et aux circonstances du pays. Je me flatte qu’on me pardonnera d’avoir ôsé entreprendre de suppléer en partie à cette lacune, et que j’éprouverai 'indulgence de tous ceux qui pourront découvrir les erreurs et les inexactitudes qui se seront sans doute glissées dans ce traité.
Il faut être prudent lorsqu’on recommande aux cultivateurs des expériences nouvelles. Iis devraient en faire l’essai sur une petite échelle, à moins qu’elles n’aient réussi dans des circonstances semblables à celles où on propose de les introduire, et si, dans les pages suivantes, il m’arrivait de recommander aux cultivateurs des changemens qu’ils ne pourraient concilier avec la raison et l'expérience, qu’ils se gardent bien de les adopter sans les mettre d’abord à l’épreuve au moyen d’expériences sur une petite échelle. Tous les cultivateurs expérimentés doivent convenir que le pouvoir et la capacité d’un sol pour produire, le meileur mode de le travailler, et d’en retirer les plus grands profits avec le moins de frais possible, ne peuvent être connus d’une manière sure que par des épreuves suivies de plusieurs années ; et que l’apparence extérieure du sol, et même les moissons croissantes, ne peuvent être considérées comme des indices suffisans de la valeur de ce sol. Les étrangers qui viennent s’établir dans un pays doivent donc bien prendre garde de condamner la pratique du pays, suivie par des générations successives, et qui peut devoir son origine à la nature du sol, au climat, ou à des circonstances locales ; et si les nouveaux venus rejettent en entier le système qu’ils trouvent en opération, et adoptent entièrement celui d’un autre pays, ils
commettront une aussi grande erreur que s'ils eussent adopté le système du pays où ils sont venus.
Le climat, le caractère de la surface de la terre et la forme de gouvernementiqui prévaut doivent toujours influer sur l’agriculture. Jusqu'à quel point le gouvernement peut affecter le perfectionnement de l'agriculture en Canada, est un sujet sur lequel je ne suis point appelé à prononcer ici mon opinion ; je dirai seulement que la sécurité et une liberté raisonnable, à un prix modéré, sont essentielles à la prospérité de l’agriculture dans ce pays comme dans tout autre pays ; mais le climat et le caractère de la surface de la terre ont sur la culture et la direction des terres un effet matériel qu’il est à peine au pouvoir de l’homme de contrôler.
Je m'efforcerai de rendre ce trailé utile aux cultivateurs du Canada, ou au moins à cette partie d’entre eux qui peuvent avoir eu moins d’expérience que moi dans la théorie ou la pratique de l’agriculture ; et ceux qui penseront qu’il est possible qu’ils puissent encore apprendre quelque chose d’utile, quelque étendues que soient déjà leurs connaissances, pourront trouver de quoi les intéresser dans cet ouvrage.
Ayant cet objet en vue, je donnerai, dans la première partie, un court aperçu de l’origine, des progrès et de l’état actuel de l’agriculture chez plusieurs des peuples tant anciens que modernes, surtout en Bretagne, en France, dans la Flandre,les Etats-Unis, &c. Je sais que l’état passé de l’agriculture ne peut guère que gratifier la curiosité ; il n’en est pas ainsi de son état actuel qui est propre à exciter notre curiosité et à affecter nos intérêts, Il n’y a probablement aucun des pays auxquels je ferai allusion qui ne possède quelque animal au production végétale, ou ne suive quelque mode d’agriculture qu’on pourrait introduire avec avantage en Canada ; mais à l’exception des pays que j'ai nommés, et quelques parties de l’Italie et de la Suisse, je ne connais dans ce moment aucun rapport bien intéressant d'Europe. La seconde partie contiendra un tableau précis de Ja science de l’agriculture, et des principes qui servent de base à ses opérations et à ses résultsts. La troisième partie et les suivantes feront voir l’application de ces principes à la pratique de lagriculture, en les adaptant au climat et aux circonstances locales du Canada, et se termineront par quelques observations sur cette partie du trafic et du commerce de ce pays, que je regarde comme intéressant nos cultivateurs directement ou indirectement.
On me pardonnera, j'espère, de m'être servi d’un langage meilleur que le mien en copiant des passages des auteurs que j’ai nommés. Quoique cet ouvrage soit en partie le fruit de mes propres -observations et de mon expérience comme cultivateur pratique, il n’offre néanmoins en grande partie qu’une compilation d’autres livres, adaptée à la pratique de Vagriculture en Canada.
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