CHOIX D’UNE FERME QU'ON VEUT ACHETER OU LOUER
En choisissant une ferme qu’on veut acheter ou louer, il est nécessaire de s'arrêter à une foule de considérations. Les plus importantes sont : le sol, le sous-sol, nature de la surface, aspect, et la situation par rapport au marché.
SoL.——La nécessité de faire attention à la nature et à la qualité du sol n’a pas besoin de démonstration. En s’assurant de ses qualités et en corrigeant ses défauts, s'il en a, les profits du fermier seront grandement influencés. "Telle est l'importance du sol, et la nécessité d'adapter un système à ses propriétés particulières, qu'on ne peut asseoir aucun système général de culture à moins que toutes les circons-
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tances qui regardent la nature et la situation du sol et du sous-sol ne soient connues ; et telle est souvent la force de l’habitude qu’il arrive rarement qu’un fermier qui a long-temps été accoutumé à une espèce de sol réussisse également dans la culture d’un sol différent. Faute d'attention à la nature des sols beaucoup de tentatives folles, infructuses et coûteuses ont été faites pour introduire différentes sortes de plantes qui ne leur convenaient nullement; et les engrais souvent ont été mal appliqués. L’ignorance peut de même empêcher beaucoup de personnes de se servir des moyens de perfectionnement, quoique les dépenses pourraient être légères et à leur portée. Par l'ignorance des moyens propres à la culture des différens sols, beaucoup de pratiques infructueuses peuvent aussi être adoptées. Les sols peuvent se définir par les termes généraux suivans :—graveleux, glaiseux, pierreux, tourbeux, alluvial et loameux.
Quoique les sols sableux ne soient pas naturellement précieux, cependant comme ils sont faciles à cultiver et bien adaptés aux moutons, sorte de troupeaux très profitable, soumis à un bon traitement, on peut les exploiter avec des avantages considérables, et lorsqu'ils sont d’une bonne qualité ils peuvent être inapréciables, soumis à un système de culture régulière. On les travaille aisément dans toute saison et à des frais modérés ; il ne sont pas aussi sujets aux détériorations par suite des vicissitudes de la température, et en général ils retiennent l’humidité, ce qui procure d’excellentes récoltes même durant les ét és les plus secs Les récoltes tirées de sols sableux sont nombreuses, telles que patates, carottes, orge, seigle, avoine, sarrazin, pois, blé d’inde, trèfle, sainfoin, mil et autres herbes. Cette espèce de sol n’a pas en général assez de force pour la production du blé ni des fèves en grande perfection, sans beaucoup d’amendement dans son tissu au moyen d’additions de grandes quantités d’engrais fécondans et de l’aménagement le plus habile ; il sera donc plus profitable de cultiver dans les sols sableux les récoltes qui viennent en grande perfection et à moins de frais, autant que le permet un bon mode de culture. La fertilité des sols sableux est en grande partie proportionnée à la quantité de pluie qui tombe et à sa fréquence. En général le climat du Canada eit suflisamment favorable pour les sols sableux soumis à une culiure judicieuse.
Les sols graveleux diffèrent beaucoup des sols sableux dans leur tissu. Souvent ils se composent de petits cailloux de différentes espèces, et contiennent souvent du granit, pierre à chaux et autres substances rocheuse, partiellement mais non très minutieusement décomposées. Le graveleux est généralement ce qu’on nomme sol äffamé, particulièrement quand les parties dont il se compose sont d’une substance dure et d’une forme arrondie, Les sols graveleux s’épuisent facilement ; car la matière animale et végétale qu’ils contiennent, n’étant pas entièrement liée aux parties terreuses constituantes du sol (qui sont rarement suffisamment abondantes pour cela) est plus sujette à se décomposer par l'action de l'atmosphère et à être emportée par l’eau. Un sol graveleux se prète assez profitablement à la culture des patates, pourvu qu’on les plante de bonne heure et que la saison soit modérément moite, Le mais croît en
grande perfection dans ces sortes de sols, dans des saisons favorables.
Les sols pierreux, dépouillés de toutes les pierres au-delà d’une certaine grosseur, produisent en général de bonnes récoltes de toutes sortes. Il n’est nullement nécessaire ni utile d’ôter les pierres qui entravent beaucoup le labourage et le hersage, que lorsqu'il est en état de guérêt. Soumis à l'herbe, comme de raison, toutes les pierres sur la surface qui pourraient prévenir l'opération du fauchage doivent être ramassces.
Un sol glaiseux est souvent d’une nature si adhésive, que dans une saison sèche la charrue le retourne en si grandes masses, que l’on peut à peine le briser ou l’émietter avec les plus lourds rouleaux. Il faut donc beaucoup de travail pour le mettre dans un état propre à produire soit du grain ou de l'herbe, et on ne peut le cultiver que dans un état particulier et par un temps favorable. Il y a beaucoup de terre de cette espèce en Canada qui donnerait de fortes récoltes si elle était soumise à un bon système ; cependant, comme il faut de fortes dépenses pour la cultiver, exigeant de solides instrumens et un attelage d’une grande force, les profits de cette terre ne sont pas aussi grands, à moins qu’elle ne soit occupée par un fermier assidu et habile. Ces sols sont très propres à la production de fèves, blé, avoine, trèfle et mil, mais ne le sont pas à celle de l'orge ni de; patates, à moins qu’ils ne soient soumis à un système très exact. Les glaises sont de la bonne terre pour les prairies, et sont bien propres au foin. Une forte glaise, lorqu’elle n'est pas froide, ni humide, est ce que l’on prétère à Cheshire et antres parties de l'Angleterre, pour les laiteries.
Dans les sols tourbeux, l’avoine, le seigte, les pommes de terre (patates), les turneps, les carottes, le trèfle et le mil peuvent se cultiver en grande perfection. Le blé et l’orge pourraient réussir dans ses sols s'ils étaient pourvus en abondance de chaux ou de terre calcaire ; et l'herbe dite foin est très bien adaptée à cette sorte de sol dans le climat chaud du Canada. J’en ai vu de très luxuriante qui avait été produite naturellement dans ces sols. Les marais à Cambridgeshire, Angleterre, consistent en tourbe et en sédiment, et sont très productifs.
Les sols alluviaux sont formés de sédimens de l’eau. Le long des bords des rivières, et autres localités, on rencontre les sols aquatiques formés par la matière décomposée de végétaux pourris et par les sédimens des ruisseaux. Ils sont en général p'ofonds et fertiles, et pas sujets à être détériorés par la pluie, parce qu’ils sont ordinairement assis sur une couche de gravier délié. Ils produisent de bonnes récoltes lorsqu'ils sont bien désséchés et à l'abri de la crue des eaux.
Le terme loameux s'applique aux sols qui sont moins tenaces que la glaise et plus que le sable. Lzs loams sont de tous les sols ceux qu'on doit préférer d’occuper. Ils sont friables, et cultivables en général dans la saison propice de l’année, se labourent plus facilement et avec moins de force d'attelage que la glaise, résistent mieux aux intempéries et exigen .arement un changement dans la rotation adoptée des récoltes. Ils sont par dessus tout particulièrement bien adaptés à la
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