‹ Traité théorique et pratique de l'agriculture [microforme]Chapitre 69 sur 139 · INSTRUMENS ARATOIRES ET MACHINES · texte numérisé non relu

INSTRUMENS ARATOIRES ET MACHINES

Les instrunens fondamentaux de l’agriculture sont la charrue, la herse et la charette ; ils sont communs à tous les pays civilisés, quelque grossiers de construction qu’ils soient dans quelques uns. La charrue est commune à tous les siècles et à tous les pays, et sa forme primitive est presque partout la même ; cependant elle à subi divers changemens dans s4 forme depuis le 16e. siècle jusqu’à nos jours, dans les lies Britanniques surtout. Comme les opérations du labourage, ainsi que beaucoup d’autres opérations de la praticullture, doivent souvent varier dans le mode d'exécution, 11 est clair qu'aucune sorte de charrue en particulier ne peut être supérieure à toutes les autres, sous tous les rapports et dans toutes espèces de sols ou inclinaison de surface,

Les charrues sont de deux sortes : celle qui est montée sur des roues, qu’on nomme charrue à ruelles, et celle qui est sans roues, nommée araire simple. Celle-ci est plus légère de tirage, mais il faut un laboureur expérimenté et attentif pour en faire usage. La première opère avec plus de solidité et exige bien moins d'adresse chez le conducteur ; il en est même quelques unes qu’on n’a pas besoin de tenir, excepté quand on entame et dédouble les sillons. Au total si on prend les laboureurs tels qu’ils sont et les charrues telles que construites généralement, on trouvera qu’un canton labouré avec des charrues à roues présente plus d'élégance dans l’ouvrage, qu’un canton labouré avec des araires s:mples ; mais d’un autre côté, si l’on choisit un canton où l'araire simple de forme améliorée est généralement adopté, on trouvera que les laboureurs sont de meilleurs manouvriers et l’ouvrage mieux fait, et à beaucoup moins de frais de travail, qu'avec les charrues à roues,

Dans la construction des charrues, de quelque espèce que ce soit dont on fasse usage, il est quelques principes généraux auxquels on doit s’attacher invariablement, tels que de donner au coûtre et au soc, c’est-àdire cette partie qui coupe, perfore et renverse la terre, cette forme longue, étroite, nette, pointue et aiguisée, qui oppose moins de résistance en passant dans la terre, et au versoir cette espèce de forme évasée et recourbée qui tend non seulement à diminuer Ja friction, mais contribue aussi puissamment à bien ranger la tranche du sillon. Le sep et la flèche doivent aussi être faits de manière à ce que la force motrice, ou Pattelage, soit placé dans la meilleure position de tirage, C’est ce qui est surtout nécessaire Ià où plusieurs animaux sont employés ensemble afin que l’ensemble du tirage puisse coïncider,

Quand on veut bien labourer on enlève la terre dans une position horizontale et lui donne celle d’une espèce d’angle, de sorte qu’on peut la laisser dans cet état incliné, les sillons apuyés les uns sur les autres, jusqu’à ce que tout le champ soit complètement labouré, La profon-

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deur et la largeur du sillon les plus approuvées des fermiers, et que l’on rencontre communément dans les meilleurs champs labourés, sont dans la proportion de deux tiers au tiers ; ou si le sillon est de six pouces de profondeur, il doit avoir neuf pouces de largeur, et être placé dans un angle de 45 cézrés,

Placer la ligne du tirage à angles droits avec les épaules des chevaux, est d’une grande importance dans la formation d’une charrue, circonstance qu’ignorent beaucoup de charrons, bien qu’elle soit connue de tous ceux qui ont la moindre connaissance de Ja mécanique, $i l'on prend Pangle que font les épaules des chevaux avec une ligne perpendiculaire par l’horizon, et si l’on y trace une autre ligne à angles droits ou parallèle à la chaîne de tirage, la longueur de cette ligne depuis les épaules des chevaux jusqu'où elle joint ou croise le coûtre, à la moitié de la profondeur du sillon, sera de 13 pieds 2 pouces, pour des chevaux de taille ordinaire.

Si Ja charrue est faite dans les formes, la ligne de tirage doit passer à travers le trou du milieu du point d’attache au bout de la flèche. Ceci exige que la flèche soit de 7 pieds de long, afin de lui donner une hauteur convenable au point d'attache. Cette partie de la charrue qui repose sur la terre doit étre un parfait niveau et en parallèle avec la ligne de tirage. Le coûtre ne doit pas dévier beaucoup d’un angle de 45 des gres.

Le versoir, pour les sols meubles et les jachères mortes, est génélement plus efficace lorsqu'il a une concavité considérable ; mais pour retourner les pâturages ou aucune surface dure, ainsi que pour les sols glaiseux, ilse nettoie mieux et opère plus nettement lorsqu’il approche plus du niveau et, dans les glaises très fortes, lorsqu'il est formé d’une surface concave. L’aile inférieure du versoir, d’après les formes les mieux approuvées, est un morceau séparé qui, lorsqu'il s’use, peut être ôté pour être remplacé.

La charrue à semence est presque la seule en usage en Ecosse et dans beaucoup d’endroits de l'Angleterre ; mais il est 28 comtés de lAngleterre où les charrues à ruelles sont d’un usage général aujourd’hui, et cela dans quelques uns des meilleurs comtés pour les récoltes, tels que Devon, Kent et Hertford, produisant du grain égal à aucun autre grain de ce pays ; Norfolk, le meilleur comté pour les turneps et l’orge ; Berks, le comté où Georges 3 possédait de grandes fermes, fesant usage des charrues à roues ; Gloucester, Worcester qui n’en cède à aucun autre comté de l’Angleterre pour les produits agricoles ; Warwick, fameux pour le grain ; Lincoln, produisant plus de bœuf et de mouton à Pacre qu'aucun autre comté de la Grande-Bretagne ; Hampshire, Wilts, et Dorsetshire, grenier de l'Angleterre. Ces comtés sont au nombre de ceux qui se servent de la charrue à ruelles, presque exclusivement, d'1 moins très généralement.

Les charrues à ruelles sont de deux sortes : celles, et ce sont de beaucoup les plus communes, où les roues sont introduites pour régler la profondeur du sillon et rendre Pinstrument plus ferme à manier, et celles que l’on pourvoit de ruelles, afin de diminuer le frottement de la

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semelle au tailiant, Cette dernière n’est pas très connue, mais elle promet, soi-disant, de grands avantages.

‘“ Les charrues à ruelles, pour la direction et la solidité, varient beaucoup dans leur construction en différentes places, selon la nature des sols, et autres circonstances ; mais sous toutes les formes et dans toutes localités, elles exigent peut-être moins d’adresse chez le laboureur. Les roues semblent avoir été ajoutées aux charrues en raison du manque dexpérience chez le laboureur ; mais dans toutes sortes de sols, et plus particulièrement dans les sols picrreux et coriaces, elles sont d’un grand secours à ces laboureurs, leur permettant de faire leur ouvrage avec plus d'ordre, quant à la profondeur, et beaucoup plus de netteté quant à l’ égalité de surface. Vu le frottement causé ‘ar les roues, elles sont généralement considérées comme offrant beaucoup plus de résistance, et par suite comme exigeant plus de force dans le tirage employé, et sont en outre plus coûteuses de construction, plus sujettes à se briser et plus aptes à tre dérangées sur la voie par les buttes, les pierres et autres inégalités, que peut présenter la surface du terrain, que les charrues sans roues. On observe aussi qu'avec les charrues à ruelles les manouvriers sont sujets à baisser trop les pointes des socs de manière à occasionner par leur direction inclinée une forte pression sur les roues qui doivent se mouvoir horizortalement. I’effet de cette lutte augmente le poids de tirage infiniment au-delà de ce qu’on se serait imaginé ; pour cette raison les ruelles doivent être considérées comme de nulle importance en disposant une charrue pour le travail, mais passant légèrement sur la eurface elles sont d’un secours important p'ur fendre de vieux prés, on des terrains où se trouvent des cailloux, des roches on des racines d’erbres, et pour corriger la dépression du soc lorsqu'on rencontre des obstacles soudains, aussi bien que pate le remettre promptement en action lorsqu'il est chassé vers la surface,” Communication du bureau d'asriculhire.

‘La charrue écossaise am ibrée, avec une et quelquefois denx roues, posées près du bout du pin on, sûns autre avant-train, se meut très légèrement et est très utile : ces changemens exigent peu de temps et de trouble. Là où l’on ie dé roues, la charrue va très bien, sans conducteur, sur un terrain meuble eu léger et où il y a peu de pierres, excepté eu entrant et en sort nt?

La charrue à roucs de Beverston est corsidérée comme un excellent instrument. Parmi les rapports p ublic sen 1832 sur des fermes en Angleterre, choisies pour ke ‘ur régie supérieure, il en estun a. .rme de Beverston, près Titbury, Gloucestershire, contenant plus de 1300 acres et cultivée par Mr. J: x66D Hayward, dont le système est le résultat de Pexpérie nce et de longnes observations, et non le fruit d’une vaine théorie, mais pis n dune pratique réc lle heureuse et continue. On dit que la culture, larézie la diligence et l’économie pr atiquées sur cette ferme sont dates de l’astention de tous les fermiers d° Angleterre. Sur cette ferme la charrue à ruelles de Beverston est la seule dont on fasse usage, et la ferme est 11 première sur la liste des terres choisies pour leur bonne régie en Angleterre.

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La charrue à ruelles de Norfolk paraît lourde à cause de a grosseur de son avant-train ; mais dans les sols légers et friables elle opère très bien et ne demande qu’une petite force de tirage.

Morton, de Leith Walk, conçut en 1813, l’idée d’introduire dans le corps de la charrue une roue d’environ 15 pouces de diamètre, devant servir de semelle, et fit plusieurs expositions d’une semblable charrue sous les yeux de la société agricole de Dalkeith,

On s’est servi en Angleterre de la charrue à roue-friction de Plenty ; elle a deux roues sous le timon, puis une par derrière sous la sep, et exige, dit-on, moins de force motrice que d’autres charrues. La charrue améliorée à rouc-friction de Wilkie fat inventée en 1825, et se fabrique maintenant près Gl:scow, Elle est considérée comme l’instrument de beaucoup le plus parfait du genre qu'on ait produit jusqu'ici. La roue est plicée de façon à s’incliner par le point vertical, à un angle d'environ 30 degrés ; et, suivant Pangle du sillon coupé pir le coûtre et le soc, elle donne plus de solidité au mouvement de la charrue que lorsqu'elle ne fait que tourner dans le fond du sillon. Le soc est de fer trempé, ce qui est une grande épargne et dans Pachât et dans les réparations. La roue, faite de même métal, dure long-temps. Il a été prouvé dans un concours agricole en 18929 que le tirage de cette charrue était d’au moins 30 par cent moindre que celui d’une charrue ordinaire de la forme Ja plus approuvée. Le prix en est aussi plus bas que celui d’aucune autre charrue maintenant en usage, Un morceau de mécanisme est scellé à la roue, au moyen duquel on peut indiquer la quantité de terre sur laquelle la charrue a passé.

La société pour l’encouragement des &ris, manufactures et commerce, présenta la médaille d’irgent de la société à un Mr. Ball, de Saxlingham, Norfolk, pour une charrue à roues de son invention, munie d’une vis de rappel et qui a été adoptée par besucoup de grands propriétaires. Sir Jacob Astley déclara qu'il s’en servait, et qu’il l'avait vu opérer contre des charrues ordinaires de Norfolk, et la trouvait bien suppérieure; elle façonnait le sillon bien mieux, plus également et avec moins de tirage pour les chevaux, et n’était pas sujette aux réparations ordinaires comme le sont généralement les autres charrues, et que la généralité des fermiers du voisinage Papprouvaient, Elle est représentée comme très propre à briser la terre coriace, et, en ajustant la vis, on peut donner au sillon depuis 1 pouce jusqu’à 9 de profondeur, et la fixer à aucune des profondeurs intermédiaires avec la plus grande exactitude. Le timon est lié à l’essieu des roues de manière à ce qu’elles se prêtent aux inégalités du terrain sans influancer le mouvement de la charrue. Elle peut se convertir en un araire simple en la dégageant de Pavant-train.

Un savant auteur anglais sur Pagriculture disait en 1830 :—‘ Dans les sols durs et tenaces il n’est peut-être pas instrument mieux adapté que la charrue à roues de Herefordshire, nonobstant les obstacles que présentent son poids et la difficulté de son tirage ; car elle ne perd pas facilement le terrain, et en mème temps elle compense les frais additionnels qu’elle coûte par la diligence avec laquelle elle opère.” A Dorsetshire les ruelles sont considérées comme un apanage indispensa-

ble à toutes les charrues qui y son’ .:n usnge, à cause du sol qui &:t dif cile à labourer.

Il est plusieurs sortes de charrues à rigoles, avec des roues, géné-

ralement, qui régularisent la profondeur ues rigoles. On pourrait en

introduire quelques unes utilement en Canada pour creuser des rigoles. Les plus approuvées sont celles du duc de Bridgewater et celles inventées par Clark et Gray.

Des dessins de plusieurs sortes de charrues à roues à patentes ont été envoyés ici à la société d'agriculture de Ja fonderie de fer de Ransom, Ipsw ch, Angleterre, avec l'avertissement suivant :—* Les s avantages de ces charrues sur les charrues ordinaires sont qu’elles sont plus durables, moins incommodes et moins coûteuses d’entretien, et si simples dans leur construction que toutes les parties sujettes à s’user le laboureur peut aisément les réparer sans être obligé de les transporter hors du champ. Elles sont faites de façon à opérer avec la moindre résistance, et conviennent à toutes les terres, en variant le soc ou le versoir que l’on peut adapter à tout sillon, quelque soit sa largeur.”

Le tirage s'applique extrêmement bien à cette charrue et doit étre des plus eflicaces. Le point de tirage est perpendiculaire au-dessus du point de traction, ou sep où s'adapte le soc, et prévient toute pression sur les roues, le plus grand défaut des charrues à ruelles,

On récammande la charrue flammande améliorée de Plenty, avec une roue et un coûtre extirpateur. Cette chariue diffère de lParaire simple (swing plough), en ce qu’elle a une petice roue, par laquelle Ja profondeur du sillon se régularise mieux, puis un coûtre extirpateur qui arrache l'herbe et les plantes parasites et les enfouit au fond du sillon ; elle est aussi plus large de la pointe, On la dit propre aux sols légers et friables.

J'ai donné les opinions de plusieurs auteurs agricoles sur le mérite des charrues à roues. Je n'ai pas introduit ces citations par manière de recommander les charrues à roues, ni pour induire ceux qui se servent d'usires simpi adopter des charrues à roues. Les fermiers qui se servent de l’araire ::mple, et qui exécutent bien les labours avec cet instrument, auraient tort de les changer,

En Angleterre on prétend que l’agriculture est parvenue au plus haut point de perfectionnement dont elle soit susceptible. Les instrumens améliorés et les machines y sont amenées à une plus grande perfection que dans aucun autre pays du monde, cependant la charrue à ruelles est encore d’un usage très général, bien que tous les avantages de Pa raire simple y soient connus des fermiers et des propriétaires par la démonstration pratique. Si Ja charrue à ruelles est en réalité infiniment inférieure à l’araire, c’est d’une obstination inconcevable de continuer à s’en servir dans ce pays là

On peut bien excuser les fermiers canadiens de ne pas se défaire im-

médiatement de la charrue avec laquelle ils peuvent travailler, et d’adonter Paraire qu’ils ne savent pas très bien conduire, lorsqu'une majorité de leurs co-sujets d’Angleterre, depuis le pair | instruit jusqu’au plus pauvre fermier, persistent à le rejeter, nonobstant tout ce qui a été

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Le: terres d'Angleterre sont en grande partie de la g'aise forte, et if. siles à labourer comme il faut. Une grande portion du sol du Cariada est de ja terre forte et se laboure très difficilement dans la saisor sù j2 lue bourage doit se faire. Ces circonstances font que la charrue à #oues convient mieux aux deux pays dans certaines localités.

Il n’y a pas de doute que la charrue à ruelles du Bas-Cara'a a susceptible d'amélioration dans sa construction, et la manière d’:pliquer le tirage. Je suis convaincu, toutefois, qu’une charrue à ruelles bien construite est mieux adaptée à une grande partie des terres fortes et brutes de la province et à lhabileté et aux habitudes actuelles du laboureur, qu'aucun araire qui ait jamais été inventé. J'ai vu d’excellens labours faits avec la charrue à ruelles, et dans la plupart des cas contraires, la faute doit plutôt s’attribuer à l’inattention du laboureur qu'aux imperfections de la charrue.

Là où la tranche du sillon est coupée en proportions inégales, l’ouvrage doit être mauvais ; quand les raies ne sont pas droites, ni les sillons bien nétoyés, l’ouvrage est encore pire ; mais ces défauts ne sont pas occasionnés uniquement par la charrue à roues : avec le meilleur araire du monde, si le labovreur est gauche ou distrait, toutes ces imperfections peuvent avoir lieu dans Pexécution de Pouvrage.

Lorsque les perfectionnemens agricoles auront fait des progrès, l’habileté et Pexpérience des fermiers seront plus grandes, et les agriculteurs adopteroni l'espèce de charrue et les autres instrumens qui conviendront le mieux à leur but. Ceux qui ont des terres légères qui peuvent se labourer avec deux chevaux et qui sont capables de manier l’araire simple doivent certainement s’en servir ; mais dans d’autres circonstances je crois qu’il serait plus prudent d” améliorer la charrue à roues canadienne, que de la rejeter tout-à-fait ; et je crois de mon devair d’avouer cette opinion, quoiqu’elie puisse être contraire à celle de la plupart des fermiers des vieux pays.

On se sert de beaucoup d’instrumens en Anglet, tels que scarificateurs, batteurs, cultivateurs, extirpateurs, brisoirs, etc., cue lon n’introduira pas ici probablement avant quelque temps ; ani je crois qu'il n’est pas nécessaire de les décrire tous. Le dernier numé 0 contiendra des dessins des plus utiles instrumens.

Le brisoir, extirpateur, ou herse nivelante, est un précieux instrument dans les sols forts et glaiseux. Il consiste en deux cadres, lun triangulaire et l’autre oblong. Par le moyen des manches la partie oblongue de cette herse s'élève ou s’abaisse, de manière que lorsque la terre est émietté par les dents de la herse triangulaire, alors en enfonçant les dents de la herse oblongue qui suit dans les endroits élevés elie emporte ou traîne partie du sol des élev ations; et quand on les élève par les manches, elle laisse ce sol dans les creux ou bas-fonds ; par ce moyen le terrain "est amené à une surface pre esque plane, qu *elle soit horizontale ou oblique. Quelquefois il est nécessaire de mettre un plus grand nombre de dents à la partie oblongue üu brisoir, afin qu’elles soient plus près l’une

de l'autre et fonctionnent plus efficacement. Les dents sont minces et tran

chantes à leur partie antérieure, afin de couper, larges et épaisses derrière,

pour la force, et s’amoindrissant par le haut presque jusqu’au bout.

Une herse triangulaire, bien faite, et fournie de dents de fer, convient le mieux aux terres brutes où il y a des p'erres et des souches, Cette herse est bien connue dans le Bas-Canada.

La herse de Berwickshire est un instrument parfait ; elle se compose de deux pièces jointes par des barres de fer, ayant des crainpons et des crochets. Chaque partie consiste en 4 barres de bois liées ensemble par un nombre égal de traverses de fer, d’une dimension moindre, et emmortoisées. La première barre est de 2 pouces et demi de large sur 3 d'épaisseur, et la dernière de 2 pouces de large sur 1 d'épaisseur. Les barres les plus longues sont inclinées formant un certain angle avec les plus petites, de manière à représenter un rhomboïde, et elles sont pourvues de dents espacées à intervalles égaux. Cette inclinaison des iongues barres est telle que des perpendiculaires de chaque dent, tombant d'une ligne tirée à an: xles droits avec la ligne du mouvement de la herse, diviseront l’espace entre chaque barre en partis égales, de sorte que lorsque l'instrument se meut en et les dents marquent également la terre où elle passent. Cette herse est la meilleure pour les terres exemptes de souches et de pierres.

Une herse pour semer de la graine d’herbe n’a besoin de rien de plus que la herse de Beriwvickshire sur un plus petit plan.

La herse-balai sert à herser les terres à herbes pour en disperser la rudesse et les matières décomposantes ; on s’en sert aussi quelquefois pour couvrir la semenc. de foin et de trèfle. On enlasse de petites branches raides dans un cadre consistant en 3 ou plusieurs traverses, et on les arrange de manière à ce qu’elles soient rudes et touflues par dessous. Aux extrémités du cadre pardevant on adapte quelquefois deux roues d’environ 1? pouces de diamètre sur lesquelles il se meut ; quelquefois, cependant, on ne se sert pas de roues, ct on applique Pinstrument à toute la surface brute, qu’il traîne sur le terrain.

Le rateau à cheval de Norfolk, dont on donne une gravure, sert aux récoltes d’orge et d'avoine, et pour le foin. Un homme, puis un cheval mené avec des rènes, sont, dit-on, capables de râcler de 20 à 30 acres par jour sans se forcer. Le grain ou le foin se forme en javelles ou rangées à travers le champ, en levant simplement l’outil d’où il tombe des dents, sans arrêter le cheval. Cet instrument est plus facile à manier et est plus eflicace sur les terrains inégaux que le rateau à cheval amérieain. Le rateau manuel à grain est de dimensions et de constructions différentes en Angleterre. En général la longueur du rateau est de 4

pieds, et ses dents en fer de 4 pouces de long etespacées de 1 à 2 pouces. Young fait mention d’un râteau de cette dimension qui avait 2 roues de 9 pouces de diamètre: afin d’en rendre le tirage plus facile, les roues étaient placées de telle sorte qu’au moyen du manche les dents restaient lans la position qu'on voulait. On s’en servait pour le grain ei le foin, et il fonctionnait très bien.

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