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…— : La manufacture de fleur de pommes de terre se fait considérablement
dans le voisinage de Paris; et cette fleur est vendue à un prix plus élevé que celui de la fleur de blé, à l'usage des confiseurs et des boulangers qui en font les sartes plus délicates de! pain. (On lave et rape la pomme de terre, et l’on sépare l’amidon de la poulpe ainsi obtenue par la filtration ; on le sèche sur des tablettes dans des chambres chauffées par un poële ; et on le réduit en fleur sur le plancher en y passant un rouleau de fer. On le passe ensuite à travers un bluteau, et on le met en sacs pour la vente. La manufacture la plus complète dans le voisijage de Paris en 1829 fut celle de Mr. Delisle à Bondy. La plupart des opérations s’y font au moyen de l'engin à vapeur, servi par des enfans, --Le comte Chabrol dans son retour statistique de Paris rapporte que 40000 tonnes de pommes de terre sont annuellement manufacturées en farine dans un rayon de 8 lieues autour de la cité.
La quantité de farine produite par les pommes de terre varie non seulement selon l'espèce, mais selon l’époque où l'extraction a lieu. Les variations qui sont le resultat de cette dernière cause sont à peu près les suivantes :—240 livres de pommes de terre produisent de farine ou fleur de pommes de terre au mois
d'Août, de 23 à 95 livres ; au mois de Mars, de 45 à 98 livres. ‘de Sept. de 32 à 33 livres ; d’Avril, de 38 à 98 livres. d'Octobre, de 32 à 44 livrres ; de Mai, de 28 à 20 livres. L'extraction de la farine devrait être discontinuée à l’époque où les pommes de terre commericent à pousser, parceque la farine est détruite par la germination. Les pommes de terre rouges produisent une plus petite quantité de farine. La meilleure de toutes est celle d’une couleur blanche jaunâtre, car sa farine est très bonne et très abondante. On prétend que la farine de pommes de terre mêlée à la fleur de blé fait un excellent pain, et même sans mélange on en fait d’excellentes galettes qu’on mange chaudes, Les pommes de terre donnent un bon amidon ; et leur rejet dont on fait de l’amidon, possède la qualité de nettoyer les vêtemens sans endommager leur couleur ; et l’eau transvasée de l’amidon en poudre, est supérieure, pour nettoyer les soieries sans le moindrement endommager leur couleur.
Des pommes de terre gelées, mais qui par là ne sont pas encore devenues acqueuses on fait du vin. On écrase les pommes de terre avec un marteau on par une presse à cidre. Un bushel doit avoir dix gallons d’eau, préparée en étant bouillie, mêlée d’une demie livre de houblon et d’une dernie livre de gingembre blanc commun. Cette eau après avoir bouilli une demi-heure est versée sur ies pommes de terre écrasées dans une cuve ou un vaisscau proportionné à la quantité qu’on veut faire. Après avoir reposé dans cet état de mélange pendant trois jours, on y ajoute de la levure pour faire fermenter la liqueur ; dès que la fermentation a cessé, la liqueur est décantée dans un baril aussi clairement que possible, et on ajoute pour chaque gallon une demi-livre de
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étéré brut, Après avoir ét£ peridant trois mois dans le baril, la liqueur peut servir,
Liquetrs spiriluenses.—Les pommes de téire qui ont souffert par la gelée, donnent une plus grandé quantité d’esprit d'une meilleure qua- Hé, que celles qui sont fraiches ; elles ont besoin d’une proportion de levüte de drêche pour produite la fermentation. A peu près un quart de lévüre ou moût de drêche doit avoir férmenté au moins pendant six heures avant que la levure de pommes de terre y soit ajoutée; autrement à dernière étant prédisposée à fermenter, sera parée à l'alembic avant R première, et le résultat serait de produire un acide qui rend l'esprit dûr,ét mêlé avec l’eut, lui donnera une couleur blanchâtre où bleuâtre, Lofbque l'esprit est fort, l'acide reste en solution, maïs il se montre, lorsqu'on le mêlé avec de l’eau, tel qu'il a été dit plus haut.
Les pommes de terre cuites et mélées r.vec de la farine de fèves ou d'orge et de la récoupe, engraissent les bestiaux, les moutons et les cochons en moins de temps qu'aucune autre nourriture. Les pommes de terre données crues ne payeront pas. Elles sont d'autant plus nutritives lorsqu'elles sont cuites que c'est un grand gaspillage que de les donner crues aux animaux, au lieu de les cuire, Thaër trouva que les pommes de terre données aux bestiaux produisent plus de fumier qu'aucun autre aliment ; 100 livres de pommes de terre donnèrent 66 livres de fumier de la meilleure qualité.
.On peut se servir de nourriture de pommes de terre gelées en les dé. gelant dans de l'eau froide et les faisant cuire avec un peu de sel, Du sel ou du salpêtre, de la paille ou de la goudriole d'avoine, cuits avec elles, en feront une bonne nourriture pour les bestiaux ou les cochons. On peut en faire de l’amidon ou des liqueurs spiritueuses lorsqu'elles sont trop douces pour êtte palatables.
Le meilleur préservatif contre les maladies des pommes de terre, c’est d'en changer fréquemment la semence provenant d’un sol différent ; celles qui viennent d’un sol marécageux font la meilleure semence pour toute antre pièce de terre. On dit que la perluré est le résultat de ce qu'on .plante trop souvent la même semence,et de ce que les têtes portent trop de pommettes. On prétend qu'avant les derniers 50 ou 60 ans le plant de pommes de terre ne müûrissait jamais les pommettes, et que la Suriname et d’autres espèces dernièrement introduites ne produisent pas encore des semences parfaites à la tête du plant. Ceci expliquera en quelque mänièré, pourquoi la pomme de terre rouge commune a si peu de fleurs et de pommettes ;, et l'espèce Lankman que j'ai cultivée ici pendant déux où trois ans ne produisit aucune fleur ni pommette, quoique le plant fût très fort. J’ai pourtant vu de nouvelles variétés dernièrément introduites, produisant dés fleurs en abondance, mais les raque ne fürent pas si nombreuses que celles qui n'avaient pas de
eurs, ® Le fermier qui veut cultiver judicieusement et qui plante de bonnes poinmes de terre de seménce lisses réussira généralement à avoir une bonné récolté dans le sol lé plus convenablé; et s’il n’a pas un tel sol, il devrait ÿ substituer quelque autre légume p. e. des fèves, des vestes
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ou du guérit d'été, Une bonne distribution des semences doit être VIA ER strictement observée qu'aucune autre partie de l'économie rurale.