DES NAVETS
Les navets et lo trèfle sont les deux grands suppots de la meilleure économie rurale de la Grande-Bretagne, comme conservant la fertilité du sol pour produire du grain, pour améliorer la race des bostiaux et des moutons et comme fournissant régulièrement toute l’année de la viande aux bouchers. Il n'y a pas de doute qu'il en sait ainsi ; mais il n'y a pas de doute non plus que le système de la culture des navets na pourra jamais être introduit avec un avantage égal dans le Bas-Canada. Le climat ne s’y prête pas et probablement ne le fera jamais, ni pour cultiver en grand le navet, ni pour le conserver bon et sain après qu'ils auront été produits.
Un climat frais, humide et tempéré convient le mieux aux navets. L’Irlande produit des navets plus grands qu'aucune partie des Iles Britanniques. J’ai vu deux navets pris dans le champ dans la première semaine d‘octobre, et présentés à une société d'agriculture en Irlande, dont chacun pesait 42 livres. Thaër dit que des navets produits dans les champs de l'Allemagne atteignent rarement un poids au delà d’une demi-livre chaque, et qu'avec tous ses soins il n’a pas pu réussir À Moeglin d’en obtenir un au-dela de 14 livres. En France et en Italia ils sont encore moindres. Dans les climats rapides de la Russie et da la Suède ila sont tout à fait inférieurs. Je n'en ai pas vys ici d'une grosseur considérable ; et à cause des ravages des pucerons et des fréquentes saisons sèches les navets sont ici la culture la plus incertaine. Dans des terres neuves, dans les bois ou dans des terres maréçageuses avec une abondance de cendres, on peut obtenir une réçolte passable de navets, mais ils ne seront pas très gros. Les navets suédois (choux de siam ) pourraient convenablement cultivés praduire up retour tolérable, et ils se conserveraient mieux que les autres, Le jaune d'A. berdeen et le jaune d'Hollande viennent après les navets suédois pour leur vigueur et leurs qualités nutritives, et se conservent beaucoup inieux que les blancs. On donne beaucoup en Angleterre le navet suée dois et les espèces jaunes aux chevaux de travail, avec de Ja paille et du foin.
La terre doit être bien pulvérisée et parfaitement propre nour produire des navets. Si elle est dans cet état préparatoire, on peut ouvrir les sillons avec la charrue pour recevoir le fumier de la même manière et à la même distance comme pour les pommes de terre, de 27 à 30 pouces. Le fumier y est alors charié et répandu dans les sillons aussi régulièrement que possible. Cela fait on le couvre à la charrue en séparant chaque sillon en deux et en formant un nouveau sillon au-dessus du fumier. La terre ainsi distribuée en sillons est prète à recevoir Ja semence, quieste aée sur le dos des sillons au moyen de machines de différentes formes.
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La plus simple est la machine à un rang de Northumberland. Elle a deux roues qui marchent dans le creux à chaque côté du sillon qu’on veut semer, ce qui permet à celui qui sème de tenir la machine exactement au milieu du sillon. La semence est mise dans un cylindre de fer. blanc à travers une ouverture qui se ferme et s’ouvre à cet effet ; delà la semence tombe à mesure que le machine est mise en mouvement, à travers des trous faits à des distances égales dans un tube de fer-blanc, qui la jette dans la terre. Immédiatement en avant de ce tube est un coûtre de fer, aiguisé sur le devant, qui couvre la partie antérieure du tuhe de fer-blanc et qui fait une raie dans la terre d’un ou de deux pouces de profondeur, dans laquelle tombe la graine, Ce simple appareil est monté sur des roues légères, et a un cadre léger, avec deux manches derrière, que tient l’ouvrier pour la maintenir dans une marche égale, Elle est généralement attachée à un rouleau de bois, qui couvre deux sillons en même temps, et qui est mené par un cheval. A cette brouette à sillon est ordinairement attaché derrière le coûtre et le tube un petit rouleau, qui presse et couvre la semence lorsqu’elle est me- #ée par un homme, sans un cheval ou un rouleau, mais les sillons doivent être roulés auparavant.
On a proposé, jusqu’à présent sans beaucoup de succès beaucoup de modes pour prévenir les ravages des pucerons. On a mêlé la semence avec de la graine de raves, parceque le puceron préfère la rave au navet. On prétend aussi, qu’en trempant la semence pendant 24 heures dans de l’eau de tabac forte, dans laquelle le tabac a été cuit, on empêche le pucerons d’endommager le jeune plant jusqu’à ce qu’il ait la troisième feuille. Mais dans des saisons bien sèches, telle que celle de 1834, il n'y a pas de remède connu pour prévenir efficacement les ravages du puceron en Canada dans des terres cultivées depuis longtemps. Il est nécæeare en tout cas de semer la graine épaisse, parce que la plante est exposée à Lant d’accidens.
On peut semer le navet depuis le ler. de juin, pour les navets suédois qui devraient ètre semés de bonne heure, jusqu’au 10 de juillet. Si le retour est destiné à être vendu au march‘, pour la table, plus sa végétation est rapide, plus il sera tendre et cuisant bien, Des navets qui prennent beaucoup de temps à avancer ne cuiront pas bien et seront dûrs et gluants. Ils exigent de grands soins en les piochant et sarclant, ét ne doivent pas être plus près l’un de l’autre que de 8 à 10 pouces, Les navets suédois peuvent être transplantés pendant un temps couvert et humide, lorsqu'on découvre des lacunes dans les rangs.
En Norfolk, le meilleur comté de l'Angleterre pour les navets, un acre des meilleurs est considéré suffisant pour la nourriture de 100 moutons seulement pendant une semaine. Le produit des navets semés à la volée varie en Angleterre de 15 à 20 tonnes par acre, eton considère cela un bon retour. Le navet globe blanc en sillons produit ordinairement dans le nord de l’Angleterré depuis 25 à 30 tonnes par acre, égales à peu près à 1000—1200 busheis ; les navets jaunes et suédois donnent un peu moins. Le produit des navets en matière nutritive, tel que prouvé par Sir H.Davy est de 42 en 1000 parties; des suédois 64 en 1000.
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Selon Thaër 100 livres de navets équivalent à 22 livres de foin : et un bœuf pour engraisser sur des navets, doit avoir tous les jours un tiers de son poids, En Angleterre un bœuf de 840 livres doit avoir pour l'en. graisser un acre de navets du produit de 30 tonnes, quantité qui suffirait à 10 moutons. Mr. Young dit qu’une bête mangera journellement depuis un tiers jusqu’à la moitié de son poids de navets, avec une portion de foin ou de paille.
On ne peut pas conserver les navets en Canada, excepté dans des caveaux exprès ou dans des caves ; et, à l’exception des navets suédois, ils ne se conserveront pas seulement dans les caves, sans chauffer et se perdre, dès qu’une grande quantité est mise ensemble. Voici l'opinion exprimée dans le code d’agriculture, quant à la conservation des navets en Angleterre.
L’emmagasinage des navets est sujet à trop d’ouvrage et de risque pour être avantageux dans la plus grande partie du royaume. On n’emmagasine jamais les navets communs en grande quantité, quoique quelquefois on en arrache et on er: met en tas une portion, comme les pommes de terre ; on les couvre légèrement de paille comme on fait à celles-ci, et on les conserve de même sous un abri pendant quelque temps; dans ces occasions il faut ôter les feuilles et les racines afin d'empêcher qu'ils ne chauffent et ne pourrissent. Les tas ne doivent pas être couverts de terre comme les pommes de terre, car autrement leur entière destruction est inévitable. Cette racine contient trop d’eau pour être conservée dans un état frais et palatable longtemps après être arrachées de terre, et quoique la perte dans des saisons extraordinairement sévères, surtout pour la variété blanche et globulaire soit très grande, il est probable que d’emmagasiner systématiquement tout ou une grande partie du retour, porterait encore plus de perte une année dans l’autre, outre cela la dépense et le travail, lorsque les navets sont cultivés en grand, seraient insupportables. ”
On sait très bien que les navets exposés à une nuit de forte gelée en Canada, perdraient une grande partie de leurs meilleures qualités, et seraient par là absolument hors d'usage pour la table. Ils sont d une nature si tendre et si aqueuse. que mis ensemble dans les caves en quelque quantité considérable, ils sont inévitablement perdus. En supposant même qu’on pût les conserver dans les caves ou caveaux, comme on conserve les pommes de terre, en grande quantité, quel est le fermier qui aurait assez de place pour en emmagasiner ce qui est nécessaire pour nourrir quelque peu de bestiaux, aux taux de 10 ou 1200 bushels par tête. Tous les fermiers qui savent ce que c’est que de nourrir les bestiaux dans l’étable avec des navets, savent bien, qu’on ne peut pas profitablement les engraisser de même, à moins qu’on ne leur donne autant qu'ils peuvent en manger.