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AGRICULTURE DE LA CHINE

Dans l'empire chinois les perfectionnemens agricoles ont de tout temps été encouragés et honorés. L'agriculteur est considéré comme un membre honorable autant qu'utile à la société ; il prend place après les hommes de lettres et les officiers de l'état, dont il est fréquemment l'ancêtre. Le soldat en Chine cultive la terre. Les prêtres sont aussi agriculteurs, toutes les fois que leurs couvens possèdent des terres.

La Chine produit presque toutes les plantes utiles de l'Europe et du reste de la terre, puis elle en a qui lui sont particulières. Les principaux articles de nourriture sont les végétaux. Le riz est le grain ordinaire du pays, le cochon l'animal le plus nombreux, et le thé la principale plante d'exportation. On y cultive une espèce de choux blanc appelé pelsai dont il se fait une grande consommation dans tout l'empire comme aliment ; le Dr. Abel pense qu'il est aux Chinois ce que la patate est aux Irlandais, bouilli, il a le goût des asperges ; cru, il se mange comme de la laitue et n'est pas inférieur. Souvent il pèse de quinze à vingt livres, et croît jusqu'à la hauteur de deui: ou trois pieds. On le conserve frais pendant l'hiver en le mettant dans la terre. On cultive presque toutes les plantes dont on se sert en médecine, ainsi que l'indigo, la cannemelle, et le tabac qui est d'un usage universel chez tous les âges, et chez les deux sexes. Les Chinois font peu d'usage de viande. Le mouton à large queue, habitant les endroits montagneux du pays, le pourceau et le canard sont les animaux les plus estimés, peut'être parce qu'il en coûte moins pour les garder.

Dans l'agriculture chinoise le grand objet est de se procurer l'eau et les engrais. On tire Teau des puits au moyen de pompes à chaînes mues par des bœufs, ou avec des seaux mus par des brimbales, absolument semblables à celles qui servent au même but en Canada, et on la distribue de la manière ordinaire sur les terrains cultivés. On se procure les engrais par tous les moyens imaginables.

Chez eux^ dit Livingston, exposer avant tout le plus grand espace du sol possible paraît être l'objet des labours, et ceci s'eifectue le mieux en le brisant en grandes masses, et on le laisse ainsi jusqu'à ce qu'il soit tout-à-fait préparé pour l'ensemencement. Lorsqu'il est tombé assez de pluie pour permettre à l'agriculteur d'inonder ses champs, ils sont tous mis à flot, et communément on les laboure encore en cet état, comme on le fait d'une jachère, et alors, traîné parle même animal qui tire la charrue, on passe sur le sol un râteau, ou plutôt une espèce de herse, d'environ trois pieds sur quatre et pourvue d'une rangée de dents, pour briser les mottes et le convertir en une espèce de marais ; et comme les dents de la herse ne sont espacées que de deux à trois pouces, elle sert en même temps, et très efficacement, à extirper les racines et nettoyer la terre. Pour quelques raisons on laisse sécher la terre ainsi préparée ; on la forme alors en planches et en tranchées ; les planches sont d'une largeur convenable pour l'arrosement et les engrais ; les tranchées intermédiaires sont communément de la profondeur de neuf pouces, et d'une largeur suffisante pour donner aux plan ches l'exhaussement nécessaire ; mais lorsqu'on a besoin des rigoles pour la culture des plantes aquatiques, on retranche quelques parties du sol afin de donner aux rigoles la dimension convenable.

Le cueillement des engrais est tellement apprécié chez les Chinois, qu'un nombre prodigieux de vieillards, de femmes et d'enfans, inaptes à d'autres ouvrages, sont employés constamment à parcourir les rues, les chemins publics, les grèves des canaux et des rivières, avec des paniers attachés devant eux et tenant à la main de petits râteaux de bois, pour ramasser le fumier des animaux, et les immondices de toutes sortes qui peuvent servir d'engrais ; on les mêle avec un peu de terre glaise, et les convertis en gâteaux, séchés au soleil. Ces engrais quelquefois sont un objet de commerce et vendus aux fermiers, qui jamais ne les emploient dans leur état primitif. Leur premier soin est de construire de grandes citernes qui puissent contenir, à part de ces gâteaux, des fumiers de toutes espèces, toutes sortes de matières végétales, comme feuilles, racines ou tiges de plantes, la vase des ca* naux, les eicrémens d'animaux, et jusqu'aux saletés amassées par les barbiers ; ils y ajoutent autant d'urine qu'il peuvent se procurer, ou de l'eau suffisamment pour délayer le tout ; et c'est en cet état, généralement au dégré de fermentation putride, qu'ils les appliquent aux labours. A divers endroits d'une ferme, et près des sentiers et chemins, des réservoirs sont faits pour amasser tout ce qui peut produire des engrais ; et cependant la quantité d'engrais recueillis par tous les moyens ne suffit pas aux demandes.

Les cendres (îes bois et celles des herbes sont considérées par les Chinois conrime les meilleurs engrais, et sont mélangées avec d'autres matières pour former une composition qu'on répand sur les terres ou qu'on- applique aux plantes individuelles. Le ciment des vieilles cuisines est très estimé comme engrais ; un agriculteur renduit une cuisine pour avoir le vieux mortier, afin qu'il en puisse fertiliser son champ. Les Chinois font grand cas des engrais de privés. Le fumier et l'urine des animaux sont recueillis avec beaucoup de soin, et sont employés mélangés ou séparément. Cornes et os, réduits en poudre ; graine de chanvre et autres, dont on a extrait l'huile ; pommettes sauvages, plumes d'oiseaux, suie, balayures de rues, le contenu stagnant des égoûts, tout sert d'engrais, et on les transporte à de grandes distances, lorsqu'on peut se procurer les transports d'eau. On se sert de chaux principalement pour détruire les insectes ; les Chinois, cependant, en connaissent les propriétés fertilisantes.

Souvent ils fument les plantes plutôt que le sol. La nature du climat justifie cette pratique laborieuse mais économique. Communément la pluie tombe en si grande quantité et avec tant de violence qu'elle em . porte toutes les parties solubles du sol, et les engrais d'où l'on présume que dépend sa fertilité. Il est donc urgent pour l'agriculteur chinois de réserver la nourriture nécessaire à la plante, afin de l'appliquer dans le temps convenable. Dans ce but des réservoirs d'une capacité suffisante sont pratiqués aux angles de chaque champ ou autres lieux convenables.

Les engrais appliqués aux plantes à mesure qu'elles croissent en maturité sont souvent changés. Le mélange des sols est, dit-on, fréquemment employé comme substance d'engrais. Ils changent constamment les pièces de terre de sols, mêlant du sable à celui qui semble être trop tenace et de la glaise lorsqu'il est trop délié, etc. Ils dirigent leurs billons et leurs rigoles du nord au sud, si les circonstances l'admettent, pratique désirable assurément. Avant de semer ils gar.. dent les semences dans des engrais liquides jusqu'à ce qu'elles germent. Je vais ici dire un mot de la fête agricole nationale des Chinois, Chaque année, le 15e. jour de la première lune, qui correspond généralement à un jour au commencement de notre mars, l'empereur fait en personne, la cérémonie d'ouvrir la terre ; il se rend en grande pompe au champ dont on a fait choix pour cela. Les princes de la fiimille impériale, les présidens des cinq grands tribunaux, puis un nombre immense de mandarins l'accompagnent. Les officiers de la maison de l'empereur sont rangés sur deux côtés du champ, les divers mandarins sur le troisième, et le quatrième est réservé à tous les laboureurs de la province, qui s'y rendent pour voir honorer et pratiquer leur art par le chef de l'empire. L'empereur avance dans le champ seul, se prosterne et touche la terre neuf fois de sa tête en signe d'adoration de Fieii, le Dieu du ciel. Il récite à haute voix une prière préparée par la cour des cérémonies et dans laquelle il invoque les grâces du Grand-Etre sur son travail et sur celui de son peuple ; alors, en sa qualité de prêtre suprême de l'empire, il sacrifie un bœuf qu'il offre

comme un hommage au ciel, source de tout bien. Tandis que sur 1 autel 011 fait l'ofifrande de îa victime, on présente à l'empereur une charrue ÎL laquelle est attelée une paire de bœufs, décorés de la manière la plus magnifique. Le prince se revêt de son manteau impérial, empoigne de sa main droite le manche de la charrue, et ouvre plusieurs sillons dans la direction du nord au sud ; alors il abandonne la charrue aux principaux mandarins, qui, travaillant tour à tour, font voir leur dextérité comparative. La cérémonie se termine par une distribution de monnaie et de pièces de drap, comme cadeaux aux journaliers, dont les plus habiles achèvent le reste de l'ouvrage en présence de l'empereur. Après que le champ est suffisamment préparé et fumé, l'empereur s'avance de nouveau pour commencer l'ensemencement, avec les mêmes cérémonies et en présence des journaliers. Ces cérémonies se font le même jour par les vice-rois dans toutes les provinces.

AGRICULTURE DE l'aUSTRASIE.

Pour les Canadiens une courte notice sur l'agriculture des îles austrasiennespeut être intéressante.

Les îles de l'Austrasie occupent une très grande étendue de la surface de notre globe, et seront probablement un jour remplies des descendans des Anglais. Dans ces régions à peine connues, la population et la culture peuvent compter sur de rapides progrès : un climat tempéré, un sol extrêmement fertile et propre à la culture, l'abondance d'eau, les voies de communication intérieures y favorisent la santé, l'aisance et l'industrie des Européens. La superficie du pays est représentée comme extraordinairement propre à l'application de l'économie rurale, h, la charrue, à la bêche, aux laiteries et à la foulure des moutons. Un M. Evans, qui, en 1818, fit un voyage de 300 miles dans rintérieur, dit que plus il avançait plus le paysage était beau ; les coteaux et les vallons étalaient une verdure éclatante, et présentaient à une certaine distance l'aspect de champs entourés de palissades d'arbres. Partout des ruisseaux promenaient dans les plaines leurs eaux et leurs sinuosités ; plusieurs des collines étaient couvertes d'arbres forestiers, et aux groupes de ceux-ci se mariaient le mimose et le casuarina, se dessinant ça et. là le long des coteaux et dans les vallées de manière à ressembler à une succession de parcs.

Leurs productions minérales sont le charbon, de la meilleure qualité, et qui se trouve souvent dans les collines, que l'on exploite par le flanc, comme une carrière de pierre ; la chaux, l'ardoise et le fer, en grande abondance. Le blé, l'orge, le maïs et le blé d'Inde, y sont parfaitement cultivés. La colonie convient particulièrement au maïs et aux moutons. La laine des moutons de la Nouvelle-Galles méridionale, égale la première qualité de celle que produit la Saxe et peut être exportée en Angleterre à peu près aux mêmes frais de transport. D'après un calcul fait en 1820, compensant libéralement toute espèce de dépenses, de casualit(:s et de détériorations, l'argent consacré à l'élève

des moutons en cette colonie peut se doubler dans le cours de trois ans, sans compter le paiement d'un intérêt de 75 par cent.

Des millions d'acres de terre de la meilleure qualité, parfaitement libres 'de bois, revêtus des herbages les plus luxurians et qui peuvent subir de suite toutes les opérations de l'agriculture, sont, dit-on, inappropriés. Le colon n'est exposé à aucune dépense pour défricher sa ferme ; il n'a qu'à mettre le feu aux herbes pour préparer sa terre aux labours. Tout se qui peut se cultiver en plein air en Angleterre peut être cultivé à la Nouvelle-Galles méridionale. Les fruits de l'Italie et de l'Espagne y viennent à leur plus grande perfection, excepté l'orange qui exige un peu de soin en hiver.

La Nouvelle-Galles est peut-être le pays du monde qui convient le mieux à l'agriculteur qui veut émigrer ; ses avantages augmentent tous les ans par le grand nombre d'émigrans indépendans qui y arrivent de l'Angleterre. Rendus là, un octroi de terre, proportionné aux moyens qu'on a de le faire valoir, nous est alloué avec un certain nombre de criminels comme journaliers, qui, ainsi que les familles des émigrés, sont nourris pendant six mois à même les magasins publics. Ce pays est représenté comme pouvant suffire à tous ses besoins et à presque; tous les objets de luxe. Le cotonnier s'y produit dans toute sa perfection.

Une société austrasienne agricole fut établie en 1823. Le Magasin aiistrasitn à^JlgricuUure et Journal du Commerce est une publication trimestrielle. En juin 1824, il fut passé un acte du parlement créant une *' compagnie austrasienne agricole pour la culture et l'amélioration des terres incultes dans la colonie de la Nouvelle-Galles méridionale. " Cette compagnie a un établissement à Londres dont le but est de réaliser un capital d'un million de livres sterling par actions de cent livres chaque.

Dans la session dernière du parlement anglais une compagnie des terres obtint une chartre quelque peu différente de celle des compagnies des terres du Canada.

Les herbages naturels offrent, dit-on, une abondance de pâture à toutes les saisons de l'année, et le fermier n'est obligé de faire aucune provision d'hiver, soit comme foin, soit comme aliment artificiel pour ses, bestiaux.

Le chien de la Nouvelle-Hollande est un animal sauvage et qui a fait beaucoup de dégâts parmi les moutons des habitans ; c'est le plus grand ennemi de l'agriculteur du pays, et il n'est pas facile de le détruire.

Dans l'île de la Nouvelle-Zélande, il croît une plante qui remplace en tout le chanvre et le lin. Elle est de deux espèces, l'une dont les feuilles sont jaunes, l'autre rouge foncé, et toutes deux semblables aux feuilles des glaïeux. Ces feuilles servent à faire des lignes et des cordages qui sont beaucoup plus forts que tout ce qu'on fait en Europe en ce genre. On les divise aussi en plusieurs parties qu'on lie ensemble pour en faire des filets. Les vêtemens ordinaires, par un procédé sim* pie, sont faits de ces feuilles, et les plus fins des fibres, mais d'une autre manière. Cette plante se trouve sur les terrains élevés comme sur les

terrains bas, dans les terres sèches et dans les marais profonds ; mais comme dans ces derniers endroits elle est plus développée, il faut croire qae ce sol lui est propre. On l'a récemment cultivée avec succès en Irlande, mais pas assez pour en déterminer la valeur.

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