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GERMINATION DES SEMENCES

La germination est généralement le premier procès de la végétation ; car on peut admettre qu'originairement toutes les plantes proviennent de semences. Les conditions nécessaires à la germination regardent ou l'état intérieur de la semence elle-même, ou les circonstances dans lesquelles elle se trouve en égard aux substances qui l'environnent.

La première condition de la germination c'est que la semence soit parvenue à sa maturité. Des semences qui n'y sont pas parvenues ne germeront que très rarement, parceque leurs parties ne sont pas préparées à produire les combinaisons nécessaires dont dépend la germination. La plupart des semences parfaitement mûres conserveront la faculté de la germination pendant beaucoup d'années. Ceci a été prouvé par l'expérience de semer des graines ainsi conservées, et par le labour profond de champs qui ont été long-temps sans culture. En Ecosse un champ ainsi labouré après un repos de 40 ans, produisit de l'avoine noire sans semence. Ceci ne pouvait avoir lieu que parceque la charrue ramena près de la surface des semences qui avaient été trop enfouies pour germer ; cependant le fermier le trouvera toujours avantageux de semer des g«-aines qui n'ont qu'un an. La deuxième condition c'est que la graine semée soit couverte et protégée contre l'action des Tayons de la lumière.

Une troisième condition nécessaire à la germination c'est l'accès de la chaleur. Jamais on n'a connu une semence germer au point ou au dessous du point de congélation. Les semences ne germeront pas en hiver en Canada, quoique confiées au sol qui leur est propre ; le principe vital n'étant pas nécessairement détruit elles germeront au retour du printemps, lorsque la terre sera dégelée et la température élevée à son dégré convenable. Ce dégré varie beaucoup selon les différentes sortes de semences, ce qui est facile à comprendre en observant seulement le temps de leur germination respective soit dans le même ou dans des climats différens ; car si des semences qui se sèment spontanément d'elles mêmes, germe à la même période en différens climats, ou en différentes périodes dans le même climat, la température requise pour leur germination doit nécessairement être différente. De pareils cas se présentent continuellement à notre observation. Adanson trouva qu'on peut faire germer en trois heures des semences qui germent dans l'espace de douze heures dans un dégré ordinaire de chaleur, pourvu qu'on les exposât à. un plus haut dégré de chaleur ; et que des semences transportées du climat de Paris à celle du Sénégal accélèrent les périodes de leur germination d'un à trois jours. Selon le même principe, des semences transportées d'un climat plus chaud dans un climat plus froid, germent plus tard jusqu'à ce que le dégré de la température est élevé à la

hauteur du premier. Une quatrième condition de germination c'est l'accès de l'humidité. Des semences tenues parfaitement sèches ne germent pas. L'eau ou quelque liquide équivalent est essentiel à la germination. La pluie est toujours à désirer par le fermier immédiatement après ses semences ; et s'il ne pleut pas il doit avoir recours à l'irrigation artificielle. La quantité qu'on y emploie n'est pas indifférente: il peut y en avoir trop peu et trop, s'il y en a trop peu, la semence meurt faute d'humidité ; s'il y en a trop, elle pourrit. Ce n'est pas également le cas avec toutes les semences. Il y en a qui ne veulent qu'un peu d'humidité, pendant que d'autres ne germent qu'en partie enfoncées dans elle, tel que le riz et quelques autres grains de ce genre ; mais aucune espèce des derniers n'est cultivée dans le Bas-Canada.

La période nécessaire pour compléter le procès de la germination n'est pas la même pour toutes les semences, même lorsque toutes les conditions nécessaires sont remplies. Telle espèce requiert un plus court, telle autre un plus long espace de temps. Les herbes sont du nombre des plantes qui germent le plus rapidement.

Adanson donne le tableau suivant comme un résultat de ses observations de la période de germination d'un grand nombre de semences : — Blé et millet - l jour. Orge depuis 4 à 7 jours. Fèves - - 8 Avoine depuis 2 à 6

Mélon et cresson 5 Pois depuis 2 à 6

Radis et betterave (3

Lorsqu'une semence est confiée à la terre sous les conditions spécifiées plus haut, le premier symptôme infaillible de germination doit être déduit de la prolongation de la radicule se faisant chemin a travers ses propres intégumens, et dirigeant son extrémité dans la terre. Le développement des élémens de la tige, si l'espèce en a une, est le dernier pas pour compléter la plante de telle manière que la semence ait été déposée, la tendence invincible de la radicule est de descendre pour s'établir dans la terre ; et celle de la première feuille réelle de s'élever dans l'air. On a beaucoup conjecturé à l'égard de ce phénomène. La seule conjecture raisonnable que je puisse découvrir, c'est que le créateur a doué le règne végétal d'un pouvoir analogue à celui qu'on nomme instinct chez les animaux, les dirigeant infailliblement vers la situation dans laquelle ils peuvent se procurer la nourriture et acquérir le développement de leurs parties. Les phénomènes chimiques consistent uniquement dans les changemens faits dans l'aliment destiné à nourrir et à développer l'embryon jusqu'à ce qu'il soit devenu plante. La graine semée contient la nourriture destinée à alimenter l'embryon dans l'état de germination. Cet aliment pourtant n'est pas encore propre à nourrir immédiatement l'embryon, certaine préparation antérieure y est indispensable ; il faut que certains changemens dans ses qualités aient lieu. L'humidité dont s'embibe une semence confiée à la terre produit un dégré de fermentation semblable à celle à laquelle est soumise l'orge pour la convertir en drêche. Cette fermentation qu'on nomme fermentation saccharine change la farine de la semence en une nourriture douce et saccharine, propre à alimenter le jeune plant. Pius donc que la graine

semée est pleine et parfaite, plus elle sera capable de nourrir et de pro 1 duire et perfectionner la plante. La radicule indique la première la vie en étendant et brisant les intégumens, et s'établissant finalement dans la terre ; après elle le plumelet développe ses partie?, en développant le commencement de la feuille, de la branche, de la tige, et finalement les feuilles séminales fanent et tombent, et l'embryon est converti en plante, propre à prendre immédiatement de la terre et de l'atmosphère la nourriture nécessaire à ses progrès futurs.

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