DES ENGRAIS MINÉRAUX
La conclusion parait exacte, que les différentes terres et subs- ! tances salines qu'on trouve dans les organes des plantes, sont fournies par le sol dans lequel elles viennent. Les tables de Saussure prouvent que les cendres des plantes sont semblables quant à leurs parties constituantes au sol dans lequel elles végètent. Il parait que dans la végétation les formes composées sont uniformément produites par des formes simples ; et les élémens dans le sol, l'atmosphère et les terres sont absorbés et font parties de structures belles et variées. Les engrais fossiles doivent produire leur effet, soit en devenant une partie constituante de la plante, soit en agissant sur sa nourriture plus essentielle, de sorte à la rendre plus propre à l'objet de la vie végétale. C'est peutêtre dans la première de ces voies que le blé et quelques autres plantes parviennent à la perfection après que la chaux a été appliquée à la terre qui ne les ferait pas mûrir par l'usage le plus abondant du fumier seul.
Davy, dans sa chimie appliquée à l'agriculture, dit : — *' La forme la plus commune dans laquelle la chaux est trouvée à la surface de la terre, est en combinaison avec l'acide carbonique ou l'air fixe, et elle bouillonnera si elle est jetée dans un acide fluide. Lorsque la pierre à chaux est fortement chauffée, le gaz de l'acide carbonique est dégagé, et il ne reste alors que la terre alcaline pure ; dans ce cas, il y a une perte de poids, et si le feu a été très fort, elle approche de la moitié du poids de la pierre ; mais dans des cas ordinaires la pierre à chaux, bien séchée avant d'être brûlée, ne perd pas plus de 35 à 40 pour cent, ou de 7 à 8 parties sur 20 de son poids. La chaux éteinte est une combinaison de chaux avec à peu-près un tiers de son poids d'eau ; c'està-dire 55 parties de chaux absorboBt 17 parties d'eau.
Lorsque la chaux, ou récemment brûlée ou éteinte, est mêlée avec aucune matière végétale fibreuse et humide, il y a une forte action entre la chaux et la matière végétale, et elles forment une espèce de composition (composte) dont une partie est ordinairement soluble dans l'eau. Par cette sorte d'opération, la chaux rend nutritive la matière qui antérieurement était comparativement inerte : et, comme le charbon et l'oxigène abondent dans toutes les matière.» végétales, elle est en même temps convertie en carbonate de chaux. L'opération de chaux vive et de marie dépend de principes absolument différens. La chaux vive appliquée à la terre contribue à amener toute matière végétale dure à un état de décomposition et de solution plus rapides, afin de la rendre propre à servir de nourriture à la plante. La marie ou le carbonate de chaux ne fera qu'améliorer le tissu du sol, ou sa relation avec l'absorption ; ils n'agissent que comme un des ingrédiens terreux. La chaux vive, lorsqu'elles s'adoucit, opère de la même manière que la marie ;
inais, pendant l'opération de s'adoucir, elle prépare de la matière soluble d'insoluble qu'elle était.
Lorsque la chaux est appliquée sur une terre, oii il y a une quantité quelconque de matières animales, elle occasionne le dégagement d'une quantité d'ammoniac, qui peut-être sera absorbéa par les feuilles des plantes et formera peut-être par ses cbangemens subséquens le gluten. C'est de cette circonstance que dépend l'opération de la chaux dans sa préparation pour le blé, et son efficacité à fertiliser la tourbe et à amener à un état de culture tout sol ayant abondance de racines dûres, de fibres sèches ou de matière végétale inerte.
La solution de la question, si la chaux vive doit être appliquée h, un sol, dépend de la quantité de matières végétales inertes qu'il contient. La solution du problême, si la marie, la chaux douce ou de la pierre de chaux pulvérisée doivent être appliquées, dépend de la quantité de matières calcaires qui se trouvent déjà danj^le sol. La chaux détruit à un certain degré, l'efficacité d'engrais animal, et ne devrait jamais être appliquée avec lui. excepté lorsqu'il est trop riche, ou bien pour empêcher les exhalaisons pernicieuses. Elle est injurieuse lorsqu'on la mêle au fumier commun, et rend insoluble la matière extractive.
La pierre à chaux, contenant la silice et l'alumine, n'est pas si propre à faire des engrais que la pierre à chaux pure.
Le Plâtre. — Sans compter qu'on s'en sert dans la forme de chaux et de carbonate de chaux, les matières calcaires sont appliquées en agriculture dans d'autres combinaisons. Un de ces corps c'est le plâtre ou sulphate chaux, substance qui consiste d'acide sulphurique (le même corps qui, combiné avec l'eau consiste dans l'huile de vitriol) et de chaux. S'il est sec il contient 56 parties de chaux et 75 d'acide sulphurique.
La nature du plâtre est aisément démontrée. Si l'on ajoute de l'huile de vitriol (acide sulphurique) à de la chaux vive, il est produit une chaleur violente ; si le mélange est allumé, Teau se dégage, et le plâtre reste seul, si on a appliqué assez d'acide, et il reste du plâtre mêlé avec de la chaux vive, si la quantité d'acide employée était trop petite. Le plâtre de Paris, c'est du plâtre sec pulvérisé. On s'en est beaucoup servi dans les Etats-Unis, où il fut d'abord introduit par Franklin après son retour de Paris, on ses résultats avaient attiré son attention. Sur un champ de Lucerne près de Washington il sema les paroles : ceci a été semé avec dit plâtre. UeÏÏei surprit tous les voyageurs, et l'usage de cet engrais devint bientôt général et produisit de grands résultats. On l'a essayé dans presque tous les comtés d'Angleterre, mais il y manqua quoique appliqué de différentes manières et sur différentes récoltes. Il est difficile de rendre compte de l'opération du plâtre. Quelques-uns ont supposé que son action consiste de ce qu'il absorbe l'humidité de l'air ; mais cette action doit être comparativement msjgnifiante. Combiné avec de l'eau il retient ce fluide trop violemment pour l'abandonner aux racines des plantes, et son attraction adhérente de l'humidité est peu considérable ; la petite quantité dont on se sert est encore une circonstance qui milite contre .cette idée. On a erronné-
lïietit 3it, que le ^lâïfé àccélèrs la putréfaction de substances animales et la décomposition de l'engrais.
La cendre du sain-foin, du tréfile et du mil, donne beaucoup de plâtre ; et la substance est probablement intimement combinée comme une partie nécessaire de leurs fibres boiseuses. Si c'est là le cas, on peut aisément expliquer la raison de ce qu'il opère en si petite quanti* té ; car un acre de treffle ou de sain-foin ne donnerait, d'après une juste estimation, que trois ou quatre minots de plâtre. La raison de ce qu'il n'est pas efficace partout, c'est probablement parceque la plupart des terres cultivées en contiennent suffisamment à l'usage des herbes. Dans le cours commun de l'agriculture le plâtre est fourni dans l'engrais ; car il est contenu dans le fumier des bâtimens et celui de tous les animaux herbivores ; et les grains, les pois et les fèves ne le con* somment pas ; mais lorsqu'un terrain est exclusivement destiné aux prairies et au pacage, il sera continuellement consommé.
C'est une circonstance remarquable, qu'on prétend que le plâtre n'a aucun bon effet comme engrais, s'il est exposé à l'air de mer. C'est peut-être là la cause de ce qu'il a manqué en Angleterre.
Le rebut des savonniers a été recommandé comme engrais. Son efficacité dépend des différentes matières salines qu'il contient, et dont le principal ingrédient est la chaux douce.