‹ Traité théorique et pratique de l'agricultureChapitre 29 sur 84 · ANIMAUX DOMESTIQUES DONT ON SE SERT EN AGRICULTURE · texte numérisé non relu

ANIMAUX DOMESTIQUES DONT ON SE SERT EN AGRICULTURE

Dans toutes les parties du monde l'homme a exercé et peut continuer à exercer de différentes manières une puissante influence sur les animaux, sur leur distribution et leur amélioration. Dans la plupart des pays il a réussi à domestiquer ceux qui sont utiles, et à exterminer ceux qui nuisent à ses intérêts.

Les bénéfices qui sont résultés pour l'homme, de l'apprivoisement et de l'amélioration des animaux sont au-delà de tout calcul. Il les a employés au travail et pour se procurer la nourriture, les vêtemens. des remèdes et des matériaux pour diverses manufactures. Toutes les quadrupèdes les plus utiles de l'ancien monde ont été introduits avec succès en Amérique et dans d'autres contrées nouvellement découvertes, et ils se sont multipliés prodigieusement.

Dans les îles britanniques les animaux domestiques sont parvenus au plus haut dégré d'amélioration profitable dont les diverses espèces soient susceptibles. Le sol et le climat, en été comme en hiver, étant extrêmement favorable pour l'éducation, l'élève et l'alimentation des animaux, ils ont atteint ce dégré de perfection qui est proportionné à l'habileté, à l'industrie et aux soins du fermier appliqués à leur régie. Nui autre pays du monde n'est si propice pour les animaux delà plus grande taille, le climat étant tempéré et les pâturages très luxurians, et la nourriture d'hiver abondante et d'une excellente qualité.

On a beaucoup écrit sur les diverses races d'animaux et les princi} es de leur perfectionnement au moyen de l'éducation, de l'élève, du traitement et de l'alimentation. Il est en mon pouvoir de citer les autorités les plus approuvées sur ce sujet ; je choisirai celles qui me paraîtront devoir être les plus utiles à l'agriculteur canadien, afin de le mettre en élat de faire le choix d'animaux le plus judicieux et le plus profitable, selon sa condition et ses moyens : et quand il aura fait ce choix, de les gouverner, et de perfectionner par des soins leur éducation, et de leur

fournir des alimens nuti itifs en suffisante quantité, dans toutes les saisons de l'année, ce qui seul peut rendre les animaux domestiques profitables à leur maitre, en ce pays comme ailleurs.

OBJET DE l'amélioration DES RACES.

Le grand objet du laboureur, dans tous les cas, doit être d'obtenir les rapports les plus lucratils de ses produits bruts ; de préférer l'espèce et la race d'animaux, qui l'indemniseront le plus de la nourriture qu'ils consomment. La valeur intrinsèq^io que l'animal aquerra définitivement, est d'une considération tout-à-fiit distincte et inférieure.

" Perfectionnex Us formes plutôt qu^ élever la taille^ dans presque ions les cas, doit-être le grand but de famclioraiion. Toujours la taille se déterminera par Vahondance ou la rareté de la nourriture, et toutes tentatives pour V élever outre cette mesure seront infructueuses et même, pour un temps, nuisibles aux progrès des animaux comme aux intérêts de leurs propriétaires. Il est certain que les animaux, trop grands o u trop petits, approeheront également de cette taille jjrof table qui s^ accorde le mieux avec leurs pâturages ; mais V animal de liante taille devient maladif et dégénère dans sa forme et dans toutes ses bonnes qvcdités ; tandis que le petit, tout en augmentant de taille, s^améliore sous fous les rapports, " (Gen. Rep., Scotland, c. 14.) Cette opinion, j'en suis convaincu^ est très correcte dans toutes ses particularités.

MOYENS d'améliorer LES RACES.

Améliorer une race c'est produire un changement dans la forme ou la description de manière à rendre l'animal plus propre au travail qu'il doit faire ; plus apte a devenir gras ou à produire le lait ou la laine, ou des qualités particulières de ces articles. Faire un choix convenable de parens est le principe fondamental de cette amélioration. L multiplier par des individus choisis de la même souche, ce qui s'appelle système interne (in-and-in) ; 2. multiplier par des individus de deux différentes souches ou de dilTérens types, appelé le système des croisemens; 3. multiplier par des individus de même type, mais de souche différente, ce que l'on peut appeler multiplier dans la ligne, ou dans la même race.

Toutefois les alliances de même lignage sont à présent le système adopté par ceux qui sont considérés comme les meilleurs éleveurs.

La taille, la forme et les qualités générales des animaux inférieurs, dans leur état naturel, peuvent toujours se tracer à l'influence du sol et du climat ; donc le climat, le sol, la quantité et la qualité des produits prescrivent, en grande partie, au cultivateur l'espèce de troupeaux qu'il doit employer pour consommer ces produits. Là où il n'a pas un constant approvisionnement de gras pâturage, comme en Angleterre et en Irlande, il ne peut élever avec bénéfice les races les plus grandes et les plus améliorées de ces pays. Choisir les animaux qui puissent s'accom* modei de nos prés est le premier soin du fermier canadien. Sa condi'

tion et ses moyens doivent décider de ses récoltes ainsi que de l'espèce particulière de ses bestiaux.

Une maturité précoce est une excellente qualité dans toutes sortes de troupeaux. Quant aux animaux qu'on nourrit pour la carcasse il est très important qu'ils deviennent gras de bonne heure ; parce que non seulement ils rapportent le prix de leur nourriture, outre les profits du nourrisseur, mais encore généralement une plus grande valeur pour leur consommation, que les animaux qu'on engraisse lentement. Une propension dans un animal à devenir gras de bonne heure est une preuve certaine qu'il s'engraissera promptement en aucun temps après Un naturel soumis et docile est une qualité désirable dans ia plupart des animaux domestiques. La quantité de chair, et les proportions qu'ont entre elles les parties fines et grossières, puis le poids des deux à l'égard de celui du rebut constituent la valeur comparative de deux animaux de même poids.

La première de ces qualités semble se déterminer par la race et la nourriture ; la seconde, par la forme et les proportions de l'animal, et la troisième par toutes ces choses et le dégré d'embonpoint. Il est bien connu que la chair des animaux bien faits de petite taille, tant bètes k cornes que moutons, est d'un grain plus fin et d'une saveur plus agréable, est plus entrelardée et plus succulente que celle des gros animaux, et rapporte en conséquence un prix plus élevé (de près de deux sous par livre) dans tous les principaux marchés d'Angleterre et d'Irlande.

Les qualités requises dans les animaux sont différentes selon les fins auxquelles on veut les appliquer. Les principales productions des troupeaux sont la viande, le lait, le travail et la laine. Une race de bestiaux également propre à la boucherie, à la laiterie et à la charrue serait bien désirable, mais à peine s'en trouve-t-il. Ces qualités sont, par la généralité de ceux qui s'y connaissent, regardées comme incompatibles et comme devant appartenir à des animaux de formes et de proportions différentes. Quant aux moutons, je crois qu'on ne saurait obtenir de la laim trèsfirie de ceux qui sont les plus aptes à devenir gras ; ils rapporteront le plus de viande pour la nourriture qu'ils consomment. En Canada la laine des moutons est d'une très grande importance pour les agriculteurs, et, par rapport à la carcasse, est d'une valeur proportionnelle beaucoup plus élevée qu'en Angleterre ; donc une bonne race de moutons, produisant de la laine longue et d'une certaine finesse, est celle qui convient le mieux à ce pays.

Les formes qui indiquent une propension à engraisser au plus vite et avec la momdre consommation d'alimens, et qui portent le gras sur les parties les plus précieuses de la carcasse, sont les suivantes : —

La tête, les os et autres parties moins précieuses doivent être fines, dessinées et aussi petites que possible. L'encolure pleine à la poitrine et aux épaules, et s'apetissant graduellement jusqu'où la tête se joint au cou. Le poitrail large et le coffre profond. La carcasse doit être grande les côtes s'élargissant à mesure qu'elles s'éloignent de l'épine, afin de donner delà solidité à la structure et à la constitution, et afin que les intestins puissent se loger entre elles ; mais il ne faut pas qu'elles soient

prominentes. Les épaules doivent être non seulement peu osèeuses et arrondies vis-à-vis l'aisselle, mais larges, pour donner de la force, et bien revêtues de chair. Le dos, des épaules à la queue, doit être large, plat et presque égal ; les quartiers longs, les flancs pleins et larges. Les animaux dont le corps est rond et fait en forme de barril, têtes, cous et gorges dessinées, petites pattes, et qui ont le moins d'apparence de rébut, sont ceux qui s'engraissent le plus facilement et qui indemnisent le plus de la nourriture qu'ils consomment.

On peut dire qu'une race est améliorée, lorsqu'une qualité désirable, qu'elle n'avait pas auparavant, lui a été inoculée, ainsi que lorsque ses défauts ont été corrigés ou diminués, et ses bonnes qualités enchéries. L'amélioration, dans son application la plus étendue aux troupeaux d'un pays, peut encore s'effectuer lorsque, par un changement total ou partiel de bestiaux, la valeur des productions naturelles du sol se trouve augmentée et qu'on en retire une plus grande quantité d'alimens humains et autres commodités désirables. Quelque puisse être le mérite de l'habile traitement qui est nécessaire à la formation d'une bonne race, ceux là peuvent revendiquer justement une part considérable de ce mérite, qtii l'introduiront et l'établiront là oiÀ ses avantages n'ont jamais été envisagés, et oi^i les entraves à son succès sembleront presque insurmontables.

Que les races s'améliorent par les plus grands mâles, c'est une opinion bien générale ; mais cette opinioii, selon quelques-uns, est contraire à la vérité, et a fait beaucoup de tort. Le grand but des alliances, par quelque mode que ce soit, est l'amélioration de la forme, et l'expérience prouve qu'on n'a obtenu ce résultat à un dégrc éminent, que dans les occasions on la femelle excédait en taille la proportion ordinaire entre les femelles et les mâles ; et que généralement le contraire avait lieu quand les mâles étaient d'une grandeur disproportionnée. L'épitôme suivant de la science de la multiplication est tiré de l'ouvrage de feu Henry Cline, chirurgien éminent, qui la pratiqua en grand sur sa ferme à Southgate. Quoique le système de Mr. Cline soit désapprouvé par quelques éleveurs, cependant il a été traduit dans la plupart des langues continentales, et dernièrement développé par Mr. de Dambasle, en France, et par d'autres.

C'est principalement du volume, de la solidité et de la force des poumons que dépend la santé des animaux. La faculté de convertir les alimens en nutrition est en proportion de ce volume. Un animal qui a de gros poumons est capable de convertir une quantité donnée d'alimens en plus de nutrition qu'un animal dont les poumons sont petits, et par conséquent est plus apte à devenir gras. La grandeur du coffre indique celle des poumons, et sa capacité dépend plus de sa forme que de l'étendue de sa circonférence ; car de deux animaux de môme sangle, l'un peut avoir des poumons beaucoup plus volumineux que l'autre. Un cercle contient plus qu'une ellipse de même circonférence. Donc un coffre profond n'est pas spacieux s'il n'est large à proportion.

Une petite tête indique généralement un animal de bonne race. Les cornes sont très nuisibles aux moutons. Le crâne d'un bélier avec ses

cornes pesait cinq fois plus qu'un crâne sans cornes, et ces crânes étaient ceux de moutons de même- âge, 4 ans. La grandeur naturelle de la tête étlit la même dans les deux, indépendamment des cornes. Un mode de multiplication qui préviendrait la production des cornes, serait d'un profit considérable dans l'augmentation de ia viande, de la laine et autré^ parties précieuses des moutons.

Pour obtenir la forme la plus améliorée, on a pratiqué les deux modes de multiplier décrits comme système interne, et système des croisemens. Le premier est peut-être la meilleure manière, quand une espèce particulière approche par la forme de la perfection, surtout pour ceux qui peuvent n'être pas instruits des principes d'où dépend l'amélioration. Quand le mâle est beaucoup plus grand que la femelle les produits sont généralement d'une forme imparfaite. Si la femelle est proportionnellement plus grande que le mâle les produits seront d'une forme améliorée. Par exemple si on allie un bélier de belle forme et de grande taille avec des brebis d'une taille proportionnellement plus petite, les agneaux ne seront pas aussi bien faits que leurs parens ; mais si on allie un petit bélier avec des brebis plus grandes, les agneaux seront d'une forme améliorée.

La meilleure méthode d'améliorer la forme des animaux consiste à choisir une femelle de belle taille, et plus grande à proportion que le mâle. L'amélioration dépend de ce principe : la faculté qu'a la mère de fournir à ses petits de la nourriture est en proportion de sa taille, et de la faculté de se nourrir elle-même d'après l'excellence de sa constitution. La grosseur du fœtus est généralement calculée sur celle du père ; donc lorsque la femelle est disproportionnellement petite, la quantité de nutrition n'est pas assez copieuse, et son poulin a toutes les disproportions d'un affamé. Mais lorsque la femelle est grande, elle suffit amplement à la nourriture d'un fœtus dont le père est d'une taille moindre que la sienne.

Pour obtenir des animaux d'un poumon volumineux, croiser est la méthode la plus expéditive. En choisissant des femelles grandes et bien faites pour les accoupler avec un mâle de belle forme^ mais d'une race un peu plus petite, on obtiendra ce perfectionnement, si nécessaire suivant Mr. Cline. Si on allie un bélier sans cornes avec des brebis cornues, presque tous les agneaux seront isans cornes, tenant plus de la nature du père que de la mère. Le croisement par des taureaux sans cornes produira souvent le même résultat.

On peut voir des exemples des bons effets des croisemens dans la race améliorée des chevaux et des cochons en Angleterre. Le grand perfectionnement de l'espèce chevaline fut le résultat du croisement par le» étalons de petite taille, barbes et arabes ; l'introduction des cavales de Flandre en ce pays est l'origine de l'amélioration de la race des chevaux de traits. Les formes du cochon ont été grandement améliorées par le croisement par le verrat chinois de petite taille.

Les exemples des effets produits par le croisement des races, sont plus nombreux. Lorsqu'il était de mode à Londres d'avoir de grands chevaux bais, ks fermiers de Yorkshire accouplèrent leurs jumen& avec

tles étalons beaucoup plus gïands qu'à l'ordinaire, et firent ainsi un tort notable à l'espèce, en produisant une race d'animaux à poitrine serrée, à longues pattes, gros d'ossement et bons à rien. On adopta une semblable pratique en Normendie pour y grossir l'espèce chevaline au naoyen des étalons du Holstein, et conséqûemment la meilleure race de chevaux en France aurait été gâtée, si les fermiers ne se fussent aperçus à temps de leur erreur, en remarquant que la forme des produits était très inférieure à celle des étalons indigèues. Quelques éleveurs de l'île de Sheppy s'imaginèrent qu'ils pouvaient améliorer leurs moutons au moyen des gros béliers de Lincolnshire, mais les produits en furent toutefois très inférieurs sous le rapport de la forme, de la carcasse et de Id quantité de la laine ; ces troupeaux se ressentirent beaucoup de cette tentative de les améliorer. Les essais pour améliorer les animaux d'un pays par les croiseraens, veulent être faits avec la plus grande précaution ; car une fausse pratique, poussée trop loin, peut produire des torts irréparables. Dans les pays où des races particulières subsistent depuis des siècles, on doit présumer que leur constitution est adaptée à la nourriture et au climat.

Les règles de l'économie animale sont telles, qu'une bête se fera graduellement à de grandes vicissitudes de climat et à des changemens de nourriture, et subira par degré de grands changemens dans sa constitution ; mais ces changemens ne peuvent s'effectuer que par degré, et souvent ce n'est que par un grand nombre de générations, qu'ils peuvent s'accomplir. Il peut être bien de perfectionner la forme d'une race indigène, mais en même temps il peut être très injudicieux d'augmenter sa taille, car la taille des animaux est communément ad;iptée au sol et au climat qu'ils habitent. Là où les productions sont nourrissantes et abondantes, les animaux sont grands, ayant grandi en raison de la quantité de nourriture qu'ils sont depuis des générations accoutumes à obtenir. Là où les productions sont minces, les animaux sont petits, proportionnés qu'ils sont à la quantité de nourriture qu'ils peuvent se procurer. Les moutons de Lincolnshire et du pays de Galles sont des exemples de ces contrastes. Les moutons de Lincolnshire mourraient de faim sur les montagnes du pays de Galles.

L'erreur générale dans les croisemens vient d'une tentative d'augmenter la taille des races indigènes, effort infructueux pour vaincre les lois de la nature. Nul essai pour élever la taille des animaux par quelque mode de multiplication que ce soit, ne peut jamais réussir sans un changement analogue dans la qualité et la quantité de leur nourriture et leurs moyens de se la procurer sans beaucoup de fatigue. On doit aussi faire attention au climat. Un animal à petites cornes amélioré n'atteindrait jamais sa perfection dans les prés maigres et grossiers et sous le rude climat des montagnes d'Ecosse. La taille est, de fait, d'une considération subordonnée. Le grand objet, comme on l'observe ci-dessus, est d'obtenir les plus grands rapports possibles de la nourriture consommée ; et c'est seulement là où la quantité et la qualité sont en grande abondance que les animaux de grande taille, s'ils sont d'une bonne race, doivent être préférés aux animaux de petite taille.

Les chevaux arabes sont en général les plus parfaits du monde, ce qui est dû probablement à des choix faits avec beaucoup d'attention, et à ce qu'ils n'ont pas été mêlés avec des types différens de la même espèce ; c'est pour cela que les mâles n'ont jamais été d'une taille disproportionnée à celle des femelles.

Les chevaux indigènes de l'Inde sont petits^ mais bien proportionnés* Dans l'intention d'augmenter leur taille, la Compagnie des Indes orien-* iales a adopté le plan d'envoyer de grands étalons dans ITnde. Si on fait un grand usage de ces étalons, une lignée disproportionnée en sera le résultat, et on aura peut-être gâté irrémédiablement une race précieuse de chevaux. D'après la théorie, la pratique et de nombreuses observations, et c'est sur ces dernières qu'on doit plutôt se fond3r que sur les deux autres, on peut raisonnablement, ainsi que l'obf erv^e Mr. Cline, tirer la conclution : c'est une erreur d'augmenter la taille d'une race d'animaux indigènes ; car ce qu'ils gagnent en taille, ils le perdent à proportion en forme, deviennent moins vigoureux et plus sujets aux maladies.

Les opinions ci-dessus énoncées peuvent être considérées comme celles des éleveurs pratiques les plus éminens, comme Bakevvell, Cully, lord Sommerville, Perry, et autres, et de la généralité des théoristes, comme Goventry, Darwin, Hunt, Young, etc., quoique quelques personnes de moins d'expérience puissent être d'une opinion contraire.

George Culley, agriculteur d'une grande pratique en fait d'élève et d'alimentation, dans ses observations sur les troupeaux, concourt non^ seulement dans ce principe, en tant qu'il regarde les quadrupèdes, mais le considère comme applicable aux oiseaux et enfin à toutes sortes d'animaux. Sa conclusion est, " que de tous les animaux, de quelque espèce que ce soit, ceux dont les os sont les plus petits, les plus nets et les mieux faits sont en général les mieux proportionnés, et ceux dont la chair est la meilleure et la plus fine. Je crois, " ajoute-t-il, " qu'ils sont aussi les plus vigoureux, ceux qui ont le plus de santé et qui sont les plus aptes à devenir gras, susceptibles des plus grandes fatigues pendant leur vie, et ceux dont la viande se vend le plus cher la livre après leur mort. "

Après la naissance, la première intervention de la part de l'homme doit-être de fournir la mère d'alimens d'une qualité légère et délicate, comparés à ceux dont elle fesait ordinairement usage, et d'administrer aussi la même sorte de nourriture à ses petits autant qu'ils peuvent, par leur nature, en faire usage. A mesure que les animaux augmentent en taille et en force, on doit leur donner abondance d'air, d'exercice et de nourriture, selon leur nature ; et dans tous ses efforts pour les apprivoiser et les instruire, l'homme doit se guider d'après des principes de douceur et de conciliation plutôt que sur ceux de la rudesse et de la contreinte.

te but de nourrir et de soigner les animaux est d'élever leur taille, de les rendre propres au travail, d'accroître certains produits animaux, ou de les engraisser pour la nourriture de l'homme. Pour engraisser le bétail on doit observer les préceptes suivans : abondance de noinTÏ-

ture convenable, un dégré convenable de chaleur, protection coî;tre les intempéries, air et eau purs, tranquillité, netteté, aise et santé,

La nourriture doit se donner en abondance, mais non pas jusqu'à sa^ tiété. On doii permettre des intervalles de repos et d'exercice, selon les circonstances. Même les animaux qui paissaient dans de riches pâturages, on a trouvé qu'ils s'alimentaient plus vite en les conduisant ailleurs une fois par jour, soit en les parquant ou en les mettant dans un pâturage inférieur pendant deux ou trois heures. On peut donner d'abord une nourriture plus grossière aux animaux d'engrais, et à mesure qu'ils acquièrent de la chair, on peut leur donner une nouriiture d'une qualité plus solide et pius substantielle. En général on peut observer que si les facultés digestives de l'animal sont en bon étnt. plus il absorbe de nourriture plus on obtiendra promptement le résultat désiré ; une quantité très modérée au-delà du nécessaire constitue l'abondance ; mais en retenant cette quantité additionnelle, un animal, surtout s'il est jeune, peut continuer à manger pendant plusieurs années sans jamais devenir gras. Un bœuf de moyenne taille, soigné convenablement, engraissera avec de la bonne pâture dans l'espace de o à 4 mois. Les jeunes animaux qui grandissent, exigent une nourriture moins riche que ceux qui sont d'un âge miir. A moins que les alimens ne soient entièrement privés de leurs propriétés végétatives avant d'entrer dans l'estomac, om ne peut en obtenir toute la nutrition dont ils sont susceptibles. Quant aux feuilles et aux tiges des végétaux, elle s'elTectue généralement par la mastication ; mais elle exige quelque soin pour s'opérer quant aux grains. De-là, l'avantage de mêler le grain qu'on donne aux chevaux et au bétail avec de la paille hachée ; et c'est pour cela que quelques-uns supposent que l'instinct qu'ont les oiseaux d'avaler de petits cailloux est distiné par la nature au même but. Mais le moyen le plus efficace de détruire le principe de vie est l'application de \à chaleur, si les alimens végétaux de toutes sortes pouvaient se cuire à la vapeur ou à l'eau avant d'être donnés aux animaux, (du moins en hiver) pour les engraisser pour la boucherie, ou les nourrir pour le lait, il est probable que, d'après l'analogie et l'expérience, on en obtiendrait beaucoup plus de nutrition. Le sel se donne avec avantage à tous animaux ; il agit comme stimulant sur l'appétit, flicilite la sécrétion de la bile et est généralement favorable à la santé et à l'activité, et prévient ou guérit les maladies.

Pendant les chaleurs excessives de l'été, les animaux ont besoin d'ombre, et d'eau en abondance en tout temps. L'eau doit-être molle et pur, d'une température modérée, au-dessous de celle de l'atmosphère en temps chaud, et l'excédant en hiver. A l'exception des breuvages chauds mêlés d'un peu de farine, ou a'autres matière riche, on ne pense pas que les alimens liquides soient aus^^i généralement avantageux' pour engraisser les animaux, que ceux qui, étant également riches, sont solides. 11 n'est pas nécessaire de donner de l'eau aux animaux immédiatement après avoir mangé ; les animaux qui pâturent dans les prés recherchent rarement l'eau après s'être empli le corps, il se couchent

d'abord, et quand le procès de la digestion a duré quelque temps c'est alors qu'ils court après i'eau. Donner de Teau aux animaux établés un heure ou une heure et demie après ce qu'on peut appeler leurs repas, c'est je crois le meilleur temps.

La propreté favorise la santé, en facilitant la transpiration et la circulation. Les animaux dans leur état sauvage soignent eux-mêmes cette partie de leur économie ; mais à mesure qu'ils sont cultivés ou soumis au contrôle de l'homme, il doit y pourvoir ; et afin de s'assurer leur utilité pour ses besoins, cette partie de la culture, ainsi que d'autres, doit J5e suppléer par l'art. On sait que peigner et brosser le bétail et les vaches nourris à l'étable contribuent grandement k la santé. Baigner occasionnellement les pieds des animaux établés dans de l'eau chaude, contribuerait, sans cloute, à leur santé. Les bains d'eau chaude, comme celle dont on se sert pour bouillir ou cuire à la vapeur les alimens, on s'en est servi avec avantage pour les cochons.

Un animal peut être bien nourri, bien logé et bien nétoyé sans être confortable sous tous les rapports ; et chez les brutes, comme chez l'homme, le manque de bien-être influe sur les facultés digestives. Si la surface d'un étable où loge un bœuf ou un cheval dévie beaucoup du niveau, il sera continuellement incommodé ; et il le sera la nuit si la surface est rude ou si on ne lui prépare chaque soir un lit de litière pour s'y réposer. La forme des râteliers et des mangeoires est souvent moins commode qu'elle pourrait l'être. Ce devrait être un devoir aussi agréable qu'il est propre à servir nos intérêts, de faciliter autant que possible le bien-être de ces animaux dont la vie doit être bientôt sacrifiée à la nôtre. Un bon état de santé sera, en général, le résultat d'un mode convenable d'alimentation et de traitement ; mais à proportion que notre traitement, vis-à-vis de nous-mêmes comme des autres animaux, est rafiné et artificiel, les fonctions de la nature deviennent dans la même proportion sujettes aux dérangemens et aux interruptions causés par des changemens ataiosphériques et diverses causes accidentelles,

CHOIX DE TROUPEAUX POUR LA MULTIPLICATION ET l'aLIMENTATION.

Le volume de l'animal était le seul signe de sa valeur avant l'introduction des perfectionnemens de Bakeweil ; et quand on pouvait obtenir une grande taille, on attachait plus d'importance au prix que l'animal rapportait en dernier lieu, qu'aux frais de sa nourriture. Mais depuis que les éleveurs ont commencé à calculer avec plus de précision, les animaux de petite ou de moyenne taille sont généralement préférés pour les raisons suivantes :

Les animaux de petite taille se gardent plus facilement, ils s'accommodent d'une herbe plus courte, ils recueillent de la nourriture o\x un gros animal vivrait à peine et sont pour ces raisons plus profitables. Leur chair est d'un grain plus fin, doone un jus plus succulent, est d'une saveur souvent supérieure, et communément plus entremêlée de gras et de maigre, surtout quand ils sont alimentés pendant une couple

d*années. Les animaux de grande taille ne sont pas au«si bien calculée pour la consommation générale que ceux d'une taille moyenne, surtout pendant les chaleurs ; les premiers battent les prés plus que les petits, ils ne sont pas aussi actifs, exigent plus de repos, recueillent leur nourriture plus difficilement et ne consomment que les plantes les plus délicates. Les petites vaches de la vraie race laitière donnent proportionnellement plus de lait que les grandes. Le bétail de petite taille peut s'engraisser simplement avec de Therbe même d'une qualité médiocre, tandis que le bétail de grande taille exige les plus gnis pâturages, ou l'alimentation à l'étable, ce qui entrame des dépenses qui épuisent le profit du fermier. Il est beaucoup plus aisé d'entretenir des troupeaux de belle forme, faciles à nourrir et de petite taille que ceux de grande taille. Beaucoup de personnes peuvent garder du bétnil de petite taille, tandis qu'elles n'auraient pas les moyens d'acheter ni de maintenir de grandes races, et les pertes, s'il leur ;irrive quelque accident, sont plus faciles à supporter. Les animaux de petite taille se vendent mieux pour le boucher, parla raison qu'en proportion de leurs dimensions respectives, il y a une plus grande superficie départies précieuses dans un petit animal que clans un grand, et deux bœufs de 12 stones chaque par quartier rapportent plus d'argent qu'un bœuf de 24 stones également gras.

D'un autre côté on prétend, en faveur de la grande espèce, que, sans discuter laquelle des deux mange le plus, en raison de sa taille, depuis la naissance jusqu'à la boucherie, cependant, à tout prendre, l'animal de grande taille indemnisera autant de sa nourriture le nourrisseur, ou le fermier, qui l'engraisse ; que bien que quelques grands bœufs soient d'un gros grain cependant qiiand on porte attention à l'espèce, (comme c'est le cas avec la race de Herefordshire, ) le grand bœuf est d'une nourriture aussi délicate que le petit ; que si la ])etite espèce est mieux calculée pour la consommation des familles privées, des villages ou des petites villes, cependant le bétail de grande race est mieux adapté aux marchés des grandes villes, et en particulier de Londres ; que si la viande du bœuf de petite taille est meilleure quand elle est fraiche, cependant celle du grand est sans contredit plus propre à être salée, objet très essentiel dans une contrée maritime et commerciale, mais non pour le Canada quant à présent. Plus le bœuf est épais mieux il retient son jus quand il est salé, et plus il est propre aux voy^iges de long cours ; que la peau du grand bœuf est d'une grande utilité pour diverses manufactures ; que lorsque les pâturages sont bons, le bétail et les moutons augmentent en taille, sans une attention très particulière de la part de l'éleveur. Les animaux de grande taille sont donc ceux qui conviennent naturellement aux bons pâturages.

Tels sont les argumens invoqués de part et d'autre, et d'après lesquels il paraîtrait que beaucoup dépend des pâturages, du goût, du mode de consommation, des marchés, etc., et que les deux côtés de la question ont chacun leurs avantages. Toutefois, l'éleveur intelligent (à moins que ces pâturages ne soient d'une nature tout-à-fait obligatoire) préférera naturellement élever des animaux de moyenne taille.

D<ivi% de L()n-;;]eat, Tun dca rigricultcurs les plus liubiles qtie TAngle» terre ait produits, a fait quelques observations utiles au sujet de la taille,- Il regrette que les tentatives faites pour améliorer la race des vaches, fies chevaux et des moutons, aient é'é trop exclusivement dirigées d'après 1g principe d'élever la taille de l'animal, tandis qu'en général, la seule véritable amélioration qui ait été faite, est celle qu'on a introduite dans la race des cochons, et c'était en diminuant sa taille et en introduisant une espèce plus vigoureuse et apte à atteindre une plus grande perfection de bonne heure.

Q,aoiqti'il soit extrêmement désirable d'amener la forme du bétail à, la plus grande perfection possible, cependant on ne doit pas sacrifier le profit et l'utile à l'agréable qui peut plaire à l'œil, mais qui n'emplit pas le gousset, et qui, dépendant beaucoup du caprice, doit-etre souvent changeant. A l'égard de la forme, les éleveurs les plus expéri' mentes paraissent s'accorder sur les particularités suivantes : — La forme doit-étre compacte, de manière qu'aucune partie de l'animal ne soit disproportionée aux autres parties, et le tout doit se distinguer par un développement et une rotondité générale, la poitrine doit être large, car nul animal dont la poitrine est étroite ne peut être engraissé facilement ; la carcasse profonde et droite, le vendre d'un grandeur modérée, car lorsqu'ir est plus spacieux qu'à l'ordinaire il indique dans les jeunes animaux un état de maladie, et dans les vieux il est considéré comme une preuve que l'animal ne rapportera pas en viande, en lait, et en travail la valeur de la qu:mtité extra de nourriture qu'il consomme ; les pattes doivent être courtes, car les individus à longues pattes de la même famille ou de la même race, sont les moins vigoureux et les plus difficiles à élever ou à engraisser ; la tête, les os, et autres parties moins précieuses, doivent être aussi petites que le permettent la force et autres propriétés que l'animal doit avoir. De même chez les animaux élevés pour la boucherie la forme doit-ëtre telle qu'elle con^ tienne la plus grande proportion possible de parties fines comparées aux parties grossières et moins précieuses de Fanimal. On atteint ce but au moyen du choix, et de cette manière on peut satisfaire aux désirs du consommateur.

Heureusement la forme des animaux a mérité l'attention d'un éminent chirurgien, Henry Cline, écr., de Londres, dont j'ai déjà en partie posé les doctrines, dont voici la substance : La forme extérieure n'est qu'une indication de la structure interne, les poumons d'un animal sont ce à quoi on doit fnïre attention le premier, carde leur volume et de leur solidité dépendent principalement la santé et la force d'un animal ; les signes extérieurs du volume des poumons sont la forme et la grandeur du coffre, surtout sa largeur ; la tête doit être petite, car elle désigne généralement un animal de bonne race ; la longueur du cou doit être en proportion de la taille de l'animal, afin qu'iT puisse recueillir sa nourriture aisément ; les muscles et les tendons doivent être gros, ce qui fait qu'un animal voyage avec plus de facilité. C'était autrefois la pratique de calculer la valeur d'un animal sur le volume des os. De gros os étaient considérés comme un grand mérite, et un

animal gros d'ossement supposait toujours une grande taille. On sait que cette doctrine fut poussée trop loin. La force de l'animal ne dépend pas des os, mais des muscles ; et lorsque les os sont disproportionnellement gros, ils indiquent, suivant l'opinion de Cline, une imperfection dans les organes de la nutrition. Bakevvell insiste fortement sur l'avantage des petits os, et le célèbre John Hunter déclara que de petits os étaient généralement accompagnés de corpulence dans tous les sujets qu'il eut occasion d'examiner. Toutefois, un petit os, étant plus lourd et plus substantiel, exige autant de nourriture qu'un os creux et dont la circonférence est plus grande.

Une maturité précoce dans les animaux, c'est-k*dire une propension à croître rapidement jusqu'à une taille convenable, est d'une grande conséquence. Les animaux qui ont la propriété de croître sont ordi* nairement droit sur le dos et sous le ventre, ont les épanles bien effacées et le ventre plutôt mince qu'autrement. Mais on doit se tenir en garde contre des intestins maigres et petits comme étant un grave défaut, indiquant un animal qui profite mal. Un taureau qui produit de bons écroîts est inestim able ; mais on ne doit pas se servir d'un taureau dont les produits sont ditlormes ou d'une taille gigantesque.

Atteindre vite la perfection, non seulement sous le rapport de la croissance ou de la taille, mais sous celui de l'embonpoint, est un objet essentiel pour le fermier ; car son proHt doit en dépendre en grande partie. Q,nand des animaux élevés pour la carcasse simplemi=:nt, deviennent gras de bonne heure, ils ne rapportent p is seulement plus vite le prix de leur nourriture, avec profit pour le nourrisseur, mais encore généralement une plus grande valeur pour leur consommation, que les animaux qui s'engraissent lentement. Cette qualité désirable dépend beaucoup d'un tempérament doux et docile, et comme cette docilité est due en grande partie a la manière dont l'animal est élevé, on ne peut trop fortement recommander de les accoutumer de bonne heure à être fimiliers. Une race docile a d'autres avantages encore. Elle n'est pas si portée à briser les clôtures, ni à envahir les champs voisins ; elle est donc moins sujette aux accidens et peut être élevée, maintenue et engraissée à moins de frais. La qualité d'une maturité précoce dans un pays oii la consommation de la viande est considérable, est extrêmement bénéficielle au public, en çe qu'elle tend évidemment 3 fournir de plus grands approvisionnemens au marché ; et cette propension à devenir gras de bonne heure, est une preuve certaine que l'animal deviendra gras promptement à une époque plus avancée de sa vie.

La jouissance d'une constitution robuste et de sr^nté, est une qualité très précieuse dans les troupeaux. Là ou le climat est rude il est essentiel que les bestiaux qu'on y élève et maintient, soient capables de supporter les sévérités et les vicissitudes de la tempér.iture, comme la rareté des alimens, ou toute autre circonstance dans leur traitement, qui pourrait faire tort à une race plus délicate ; sous ce rapport diverses espèces de troupeaux diflfèrent beaucoup, et il importe de choisir

pour différôntes situations des animaux d'une constitution qui convienne

à l'endroit où on les doit garder.

Quelques races se distinguent par la qualité de la chair. Dans quelques races la saveur de la viande est supérieure, et le jus qu'elle produit est ?ucculent et riche. Les races dont la chair a ces qualités sont ; les plus précieuses. Une disposition à l'emhonpoint est un grand objet dans les animaux destinés aux tueries ; certains animaux possèdent cette qualité tout le temps de leur vie ; dans d'autres elle ne se déclare qu'à une époque plus avancée, lorsqu'ils ont atteint leur comjdet dévelop- | pemcnt, et qu'ils sont en même temps fournis d'une quantité convenable de nourriture. En An'2;letprr3 les bons connaisseurs pensent *' que la meilleure race de bétail à petites cornes, étant plus grande qu'aucune autre espèce, exige un bon traitement, et plus d'âge que la généralité des bestiaux ; que le bœuf s'améliore jusqu'à l'âge de 7 ans, les vaches jusqu'à 6 ; et si ils ne sont pas bien entretenus jeunes, ils leur faut un autre année ; qu'ils ont de gros os, sont, dit-on, d'un gros grain, et la viande n'est pas aussi entrelardée que celle de quelques autres espèces, bien qu'ils fassent quelquefois de bon bœuf apiès leur mort ; qu'ils ont souvent les épaules plus larges que la race à longues cornes, ce qui est un grand défiut ; car quoique les épaules ne puissent être considérées comme rebut, cependant elle sont comparativement une perte, en ce que la chair est d'une valeur moindre que celle du croupion,, des lombes et de l'échine ; de là, les bestiaux dont la forme est la plus parfaite, sont ceux dont îe.^ épaules sont les plus petites à proportion de leur taille, qui ont le moins de rebut et de parties d'une valeur inférieure."

D'après un r.ipport d'une ferme à Cumberland, Angleterre, choisie à cause de sa régie supérieure, en 1832, il paraîtrait " qu'on a trouvé, après plusieurs années d'expérience, que la pure race de bétail à petites cornes, est trop tendie pour le climat, et difficile et dispendieuse à hiverner. " Cette ferme sous le rapport du sol est, dit-on, égale en valeur à aucunes terres dans le ncrd de l'Anglett rre.

Le ctlèbre Bakewell préférait la race améliorée du bétail à longues cornes à toutes les autres. Il était d'opinion que cette race pouvait se garder en bon état avec moins de nourriture qu'aucune autre d'égal poids ; qu'aucune autre race ne l'égalait si de bonne heure pour la boucherie, ni n'indemnisait autant pour la consommation de trois ans de nourriture. La race à longues cornes est celle que l'on estimait le plus dans les comtés de l'Irlande où l'on élève le mieux les bestiaux, et était amenée à une grande perfection à l'âge de quatre ans et demi et souvent à l'âge de trois ans et demi, nourrie à l'herbe. J'en ai vu des troupeaux de cent à la fois, nourris à l'herbe, dans le comté de Galvvay, se vendre 20, 23, et dans une occasion jusqu'à 25 louis sterling chaque ; et des génisses grasses du même âge, de 15 à 18 louis sterling chaque, et qui n'avaient jamais été établées. Le bétail à longues cornes était bien adapté au pâturage, étant bien protégé par une peau épaisse et élastique, et un poil long et dru.

Les pâturages dans lesquels ce gros bétail est nourri en Irlande sont les meilleurs du nrionde, et c'est de ce gro& bœuf dont on approvisionnait généralement les contracts du gouvernement pour l'armée et la marine en temps de guerre, et il scrc actuellement, je suppose, à la consommation des grandes villes manufacturières d'Anjj^Icterre, ainsi qu'aux approvisionncmens de la marine anglaise. Ces animaux sont, à ma cotmaissance personnelle, d'une constitution robuste, et si on en fegait un choix de moyenne taille, je suis convaincu qu'ils réussiraient bien ici chez les fermiers qui leur fourniraient une sullisante quantité d'alimens nutritifs.

Ils se trompent beaucoup ceux qui espèrent améliorer une race d'animaux en les croisant avec de gros mâles nourris à outrance, ou qui supposent que ces mâles puissent transmettre à leurs produits toutes les qualités de la taille et de la chair qu'ils ont acquises à force de soins et d'alimentation. Les [jroduits, certes, peuvent être bien d'ossemens et et de taille ; mais sans un traitement convenable par après, cette augmentation d'ossemens leur sera très préjudiciable, à eux et à leur propriétaires.

Il se peut qu'il soit très profitable pour les éleveurs de goût d'amener par leurs soins les troupeaux à un dégré extr;îordinaire de perfection, et on leur doit beaucoup d'éloges de ce qu'ils donnent l'exemple de ce que peuvent produire les soins et une éducation supérieure ; mais ceux qui désireraient posséder une semblable espèce d'animaux, peuvent être sûrs que s'ils u'adcp ent le même svstème de soins et d'éducation, ils ne pourront jamais se la procurer au moyen d'aucun croisement avec ces animaux suj érieurs. En Angleterre, un fermier désireux d'exceller, avait acheté un taurciiu d'un nourrisseur de goût ; après l'avoir gardé pendant quelque temps, celle bête perdit de sa graisse et devint faible et languissante. Le fermier, se rencontrant avec le nourrisseur, se plaignit que l'animal dépér issait beaucoup, quoiqu'il eut force herbe, foin, etc. ; l'éleveur lui dit " que l'herbe et le foin n'étaient pas suffisans, qu'outre ces choses on lui avait doimé du grain, puis un seau de lait chaque jour depuis qu'il avait quitt sa n ère. "

Tous animaux gardes par un fermier doivent être abondamment approvisionnés d'alimens nutritifs en tous temps ; et les mâles destinés à la multiplication, nourris généralement comme le commun des troupeaux et tant s">itpeu plus choyés, seraient bien conditionnés et beaucoup plus utiles que s'ils t tnient soignt^s à outr mce, et ils seraient même considériiblement mieux alimentés que les autres bestiaux du termier. Les fermiers les mieux expérimentés sont bien convaincus qu'une animal revêtu d'une grande quantité de gras ne peut transmettre ce gras ni un meilleur tissu à ses produits, et que les meilleurs animaux ne sont jamais produits par les plus gros mâles.

M. H lyward, fermier anglais, dit ; Il est bien connu qu'il est beaucoup de fermes, et de grands di-tricts où jamais les troupeaux n'engraissent, et qui sont en effet insuffisans pour cela ; et quelle en est la cause si ce n'est que les troupeaux se multiplient par des croisemens continuels avec des mâles élevés avec plus d'avantages sous le rapport du

logement, de îa nourriture et du climat, comparas aux produits de ces

fermes et de ces districts ? La conséquence en est que les troupeaux Bont toujours maigres et longs, gros d'osscmens, incapables de supporter les rigueurs du climat et les inconvéniens naturels du logement et de la nourriture que la plupart des fermiers ont à leur donner en santé et en vigueur ; il est donc évident que la pratique des croisemens n'est pas seidement acrompagnée de beaucoup de déponf-es inutiles, mais entrave ce que tout fermier rationnel doit avoir en vue, c'est-à-dire la possession d'un troupeaux sous tous rapports adaptés a la nature et aux localités de s;i situation et de ses moyens.

Je ne fiis pas ces citations dans le but de détourner les fermiers de croiser avec des animaux de moyenne taille. Au contraire, je crois que ces croisemens amélioreraient les troupeaux de ce pays, pourvu toutefois qufî les troupeaux, n'importe de quelle espèce, soient constammeni et abondamment approvisionnés d'aîimens nutritifs, car sans ceia toutes tentatives d'amélioration seront superflues.

Les bestiaux de race canadienne, si on apportait l'attention qu'il faut à leur éducation et à leur alimentation, je ne doute nullement que. de tous les troupeaux qui se trouvent actuellement clans le pays ils ne soient les plus convenables et les plus profitables pour la province du Bas- Cjnada. Les meilleures vaches laitières que j'.iie eues étaient de cette race, quoique je les eusse achetées au marché parmi des troupeaux qui n'-avaient pas élé élevés, ni soignes, ni alimentés de la manière la plus judicieuse ni la plus exacte. Les vaches sont (le petite taille, mais généralement d'une excellente forme, os, têtes et cornes bien proportionées. Elles donnent du lait plus riche qu'aucune autres vaches, et bien que la quantité qu'elles en donnent par jour puisse ne pas être aussi forte que celle des grandes vaches américaines, elles en donnent plus constamment et plus longtemps.

Si cette race était soignée avec attention, comme le sont les bestiaux de races choisies en Angleterre, si elle était pourvue suffisamment de nourriture depuis la naissance jusqu'à la maturité, si on choississait les animaux les mieux faits, mâles et femelles, pour la multiplication ; si on engraissait, mâles et femelles, ceux qui sont d'une forme défectueuse pour la boucherie, si on affranchissait à l'âge de 8 ou 10 jours tous les mâles qui ne sont pas nécessaires à la réproduction, cette race de bétail montrerait des perfections dont les fermiers ne paraissent pas avoir d'idée. Le bœuf de cette race, traité judicieusement, on pourrait le nourrir de manière à le faire peser aisément, mort, de 700 à 1000 livres, à Tâge de 4 ans ; et les vaches, de 400 à 600 livres, au même âge, poids tout-à-fait suffisant pour nos pâturages, notre nourriture et nos marchés. Le croisement par des taureaux d'une race différente, d'une bonne forme et d'une taille modérée, on pourrait l'essayer avantageusement ; mais la taille du taureau doit approximer autant que possible celle de la race des femelles dont on a jfait choix.

Ci-suivent l'estimation relative delà chair des principales races, au marché de Smithfield, Londres, et la différence, terme moyen, dans le prix, pour les meilleures qualités de chaque en juin, 1829 :

BcDuf écossais • 49. 8d. le stone de 8 liv. pour compen-

ser le rebut.

Leicester, Hereford ) ^ 4 i^^^^ .^^^^

et à petite cornes fines j

Lincoln à petites cornes, 4 0 idem. idem.

Bêtes grossières inférieures, 3 10 idem. idem.

Les moutons, les veaux et les agneaux d'une taille modérée se vendent à des prix plus élevés à proportion que ceux de grande taille. J'ai vu des rapports des marchés anglais Fan dernier, qui font voir que la différence entre la plupart des viandes de boucherie est au moins de deux sous par livre en f.iveur de la petite taille. Cette différence entre deux animaux de 700 livres chaque et un animal de 1400 livres, s'élèverait à environ 5/. ou 6/. en faveur des animaux de petite taille, au marché anglais ; somme qui paier;iit leur nourriture k l'étable.

Il est bien possible que deux animaux du poids de 700 livres chaque puissent consommer plus de nourriture qu'un animal de 1,400 livres. Je ne crois pas que ce f^ut ait jamais é;é varifié par des expériences exactes. Toutefois les connaisseurs les plus compétcns ont calculé la nourriture nécessaire aux animaux sur leurs tailles et leiirs poids respectifs, pesés vivans, et d'après mes propres observations et mon expérience, je crois que la plupart des animaux en parfaite santé, consomment de la nourriture à proportion de leur taille et de leur poids, ou à peu près, quoiqu'il puisse se trouver des exceptions.

L'usage parmi les fermiers canadiens ici de laisser entiers les mâles du bétail et des m.outons après le temps propice, fait beaucoup de tort à la qualité du bœuf et du mouton, et on ne doit pas espérer de voir le bœuf ni le mouton dans bur perfection tant qu'on suivra cet usage ; les animaux ne peiîvent se nourrir aisément ni produire la meilleure viande, sMs ne sont châtrés jeunes ; les veaux se coupent à l'âge d'une semaine ou deux, et les agneaux du printemps vers la première ou la deuxième semaine de mai, ou avant, si le temps est favorable.

D'après une expérience que je fis en 1833, avec trois vaches, l'une de la race a cornes moyennes, grande vache bien faite de l'espèce ; et deux de pure race canadienne, ou peu c'en faut, élevées par moi-même, tontes du même âge, 8 ans ; elles eurent des veaux au printemps de 1833, furent traites jusqu'au 1er. août, ensuite taries, et eurent en abondance du trèfle et du mil (clover & timothy ) de regam depuis ce temps jusqu'au moment où elles furent tuées. Lorsqu'elles furent mises à l'engrais, la plupart des fermier» des vieux pays eussent donné un prix bien plus élevé pour la grande vache que pour aucune des deux autres ; elle étaient toutes en bon état quand eîles furent mises à l'engrais. Pendant tout le temps qu'elles donnèrent du lait, les petites vaches en donnaient plus chacune que la grande. Le 8 octobre la plus petite fut tuée, l'autre vache canadienne le fut le 7 novembre, et la grande vache américaine à cornes moyennes le 21 novembre ; toutes avaient continué de s'améliorer jusqu'au moment où elles furent tuées.

Poids des 4 qrts. moins le suif.

Suif.

Peau

Rebut

Total.

No. l 1 36-2 Ibs.

Rebut consistait en tête, cœur, langue, foie, pans, ro^^noris et pieds.

Si N°. 1 eut élé gardé à l'herbe jnsq i'.iu moment ou N*^. 2 fut tué, je crois qu'elle eut eu autant de suif que N^. 2. ^ Si N°. 3 eut été aussi gras que N'^. 2, il eut, d'après sa taille et son apparence, pesé 900 livres, au moins, mort. Lorsque les vaches furent mises à l eniirain, je ne croyais pas qu'il fût possible qu'aucune des petites vaches pût, avec la même herbe et dans le même espace de tea)ps, être nourrie de manière à peser 2 cents livres au-dessou? du poids de la grande vache. No. 1 avait presque un septième de son poids en suif, tandis que son rebut ne s'élevait p is à un neuvième. N'^. 2 avait presque un sixième de son poids en suif, tandis que son rebut s'élevait guère au-dessous d'un dixième. N®. 3 n'avait à peu près qu'un douzii me de son poids en suif, tandis que son rebut excédait un huitième. Les pieds de la graoc'e vache, N'o. 3, pesaient 18 livres et demie ; ceux de N^. 2 ne pesaient que 13 livres : voilà pour les gros et les petits os.

Il est impossible de faire avec du bétail nourri à l'herbe une expé., rience plus franchement, sous le rapport de la santé et de la condition, la nourriture étant la même, et les animaux étant les meilleurs des différentes races en ma possession. Ces animaux ayant é:é nourris pendant Thiver dans des étables séparées, j'eus occasion de rn'as.-urer de la quantité ordinaire de nourriture consommée par chacun d'eux durant des années, et j'ai remarqué que la grande vache était la plus gr mde man2;euse de toutes les vaches en ma possession. J'ai nourri à l'étable dans une occasion des vaches de différentes races, avec les même résultats en faveur de la petite taille.

J'entends par des vaches de taille petite ou moyenne, celles qui, étant nourries à Pherbe, peuvent peser à peu près autant que N*"", 1 et 2, comme dans Peslimation ci-dessus, à l'â^e de 4 ans, et comme ces vaches, nourries régulièrement en tout temps depuis leur nnissance avec des alimens convenables. Les fermiers canadiens et ceux des vieux pays ne doivent pas juger des qualités du gros bétail canadien d'après la condition génér de actuelle de ces troupeaux. La uiultiplication, l'éducation et l'alimentation ont été trop négligées pour qu'il soit possible de bien calculer leur valeur d'après leur apparence actuelle, excepté chez les fermiers qui ont soumis cette race à un essai raisonnable. Sûi emerd; ce ne p?.u[ être par patriotisme, ni dans la vue d'accroître les richesses nationales ou individuelles que nous cherchions hors du pays ce que nous possédons ici en égale (et suivant moi en plus grande) perfection ; et lors même que dans leur état actuel les bestiaux seraient inférieurs, ce devrait être pour nous un sujet d'orgueil et d'ambition de les porter par des soins et Palimentation 9u plus haut dégré d'excellence qu'ils peu-

Yent attendre. Néanmoins ceux qui prét*èrenl les grandes races, et qui sont résolus à les nourrir abondamment et soigneusement, je ne prétends pas leur conseiller de les chan2:er contre aucune autre. I! se pr^ut qu'ils puissent trouver leurs profits sntisfesans, et en ce cas il se- T.iit inexpé(iiont de diminuer la taille de leurs animaux. Dans ce que j'ai dit je désire plus particulièrement recommander à ceux qui ont des p;Hites races, et qui veulent en élever la taille, de chercher à parvenir à leur but, plutôt par des soins et des traitemens si'périeurs, que p;T aucun autre moyen, cette méthode étant la seule par laqu lie on puisse le faire avec bénéfice et permanemment.

Les moutons indif^ènew, ou canadiens, exigent de l'amélioration, et elle p' ut s'accomplir facilement, en ce qu'il s'en trouve dans la province plusieurs bandes, provenant d'une excellente race importée qui s'augmente et que l'on pourrait croiser avec les moutons indigènes très .avantageusement. En pronuisant l'amélioration re^u'se, on doit dûment faire attention au protit, et préférer l'espèce de moutons qui rajîportera les plus grandes valeurs en produits du mr;rché, en retour de la nourriture qu'elle consoMime.

Comme je l'ai déjà observé la laine est le rnppfirt le plus précieux que les moutons pui-sent donner ici, si la quantité et la qualité se rapprochaient tant s;ât peu de celle que yirofluit en Angleterre le mouton à longue laine de Leiccster. Quelque bonne que soit li taille d'un mouton, on doit le rejeter comme bélier mul.iplicateur, s'il n'est pas revêtu d'une bonne toison qui couvre toutes les parties de son corps. On t^upposc que la laine des Ujoutons importés devient, deux ou trois ans,

détériorée et d'une qu dité plus grossière. Je ne puis dire s^i ce fait est véritable, ni pourquoi il le serait. 'Quoique les moulons exigent plus de soins ici qu'en .Angleterre, en ce qu'il faut les établer l'hiver et les nourrir avec des alimens secs pendant 4 ou 5 mois de Tannée, cependant ils pourraient devenir des troupeaux très protitables si on leur portait l'attt'ntion qu'ils reclament. Le tac, qui déiruit tant les moutons aux îles britanniques, ils en sont tout-à-fait exempt en C.mada. Toutefois ils n'atteindront pas la perfection si on b s sêne par des jougs ou des liens Pété pour les empêcher d'ampiéter sur les récoltes. Les clôturas doivent suffire pour les empêcher d'empiéter, sans qu'ils soit besoin de jougs ni d'autr* s entraves nuisibles. Il vaut mieux ne pas garder de moutons du tout que de ne pas les garder comme ils doivent l'être. Les moutons demandent de l'ombre pour s'y retirer occasionnellement pendant la chaleur de l'été, car ils sont beaucoup tourmentés des mouches.

Les variétés des moutons sont nombreuse en Angleterre. Les moutons dits Lincolns et vieux Leicesters, sont une grande race qui produit, dit-on, de la laine de 10 à 18 pouces de long et pesant de 8 à 14 livres la toison, il s'engraissent lentement, excepté sur les terres les plus riches.

La race de New Leicester ou de Dishely est très estimée en Angleterre, lorsqu'elle est bien fournie de laine, et elle n'est considérée comme telle que lorsque les toisons donnent une moyenne de 7 livres

chaque, sur un troupeau qui a atteint son entier déreloppement. La laine doit-être longue, fine et soyeuse, pas grosse ni encline à friser. Les formes de ces moutons sont \rh belles. Ils ont la tête dessinée et petite, le cou court et bi poitrine pleine ; le corps rond, le dos large et droit, mais le ventre un peu mince ou avalé ; leurs pattes et leurs ossemens sont fins, et particulièrement petits à proportion de leur taille. Ils sont d'un tempérament tranquille et s'engraissent de bonne heure et facilement ; leur chair est d'un gr.iin fin et d'une bonne saveur, mais trop grasse en Angleterre pour plaire à tous les goûts.

Je crois qu'il résulterait de grandes améliorations en croisant deux ou trois fois des moutons de Leicester avec des moutons canadiens. J'ai vu de bons moutons en Irlande produits par un croisement entre cette espèce et les mérinos.

Les moutons de South Dawn sont très estimés en Angleterre ; on préfère leur viande à celle de tout autre mouton. Leur laine est excellente mais la quantité en est petite. Je pense qu'au moyen d'un croisement utile et d'une multiplication soignée, ces moutons donneraient les moyens d'introduire ici une race robuste avec des toisons plus fortes que celles qu'ils ont généraleiTient en Angleterre.

Les cochons de race canadienne sont d'une espèce qui ne peut être bien profitable. Ils exigent une gr uide quantité de nourriture pour s'engraisser, et n'ont pns un seul trait caractéristique des cochons de la meilleure espèce. En iVngleterre la race de Woburn, une nouvelle espèce de cochons introduite par le, duc de Bedford, est la plus parfaite que j'aie vue. Ils sont bien faits, très épais du corps, leurs pattes sont courtes et très petites, constitution robuste, il sont ir^s prolifiques, d'une disposition à s'engraisser facilement, et pèsent près de deux fois autant que quelques antres cochons dans un même espace de temps donné. Un croisement entre ces cochons ou ceux de race chinoise et la race canadienne produirait de l'amélioration. Nos voisins des Etats-. Unis ont une très bonne espèce de cochons, qu'ils importent chaque jour en cette province. Il n'y a aucune difficulté quelconque à produire Tamélioration nécessaire dans nos troupenux de cochons, si l'on veut seulement y faire attention, et elle peut s'accomplir à {r^a peu de frais. Il y a plusieurs bonnes races de cochons dans la province, qu'on peut se procurer à des prix modiques.

Dans le choix des pourceaux, les os petits et fins sont ce qui les recommandent davantage. Cette qualité est plus essentielle dans les cochons que dans aucun autre animal. Ils n'exigent pas, comme les bêtes de somme ou de trait, de gros membres potir se mouvoir ; certes, plus ils sont relègues, mieux c'est pour le fermier, et toujours je me suis aperçus que les plus petits d'ossemens étaient ceux qui avaient le plus de prrpention à acquérir de la chair, les plus faciles à engraisser et ceux qui indemnisaient le plus de la nourriture qu'ils consomment, quelque soit leur poids. La race dite Woburn et la race chinoise sont les plus belles d'ossemens, à proportion de leur taille, de toutes celles que j'aie vues, et seraient, j'en suis sûr, la meilleure sorte de cochons qu'on pût introduire dans ces provinces. Les cochons sont, et doivent

être ane des parties les plus précieuses de nos troupeaux, et on pourrait quadrupler leur taille actuelle sans aucune difficulté.

Page 1