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MOYINS DE PRÉDIRE LE TEMPS

L'étude des changemens de l'atmosphère a été dans tous les siècles un objet plus ou moins intéressant aux agriculteurs ; l'étude en Angleterre, île, comme elle est située, est très différente de celle qui s'en fait sur le continent de l'Amérique du Nord. En Angleterre le temps est bien plu* variable qu'ici, surtout quant à la pluie et la sécheresse.

Les bases naturelles de cette étude, c'est le r^gne végétal. Beaucoup de plantes dépendent de l'atmosphère pour clore ou ouvrir leurs fleurs, pour resserrer ou étendre leurs parties etc. Donc si le chardon de Sibérie se ferme vers la nuit, le jour suivant sera beau ; s'il s'ouvre il sera nuageux et pluvieux. Si le souri africain reste clos après 7 heufes du matiH;^ il mouillera bientôt. Le règne animal a des signes d'un changement prochain, surtout les bestiaux et les moutons, et pour cette raison les pâtres sont généralement ceux qui, de tous les hommes, senties plus exacts en pronostiquant le temps.

Le règne minéral, les pierres, les terres, les n^étaux, etc., indiquent souvent les changemens prochains. L'apparence de l'atmosphère, la lune, et le caractère général de la saison, la domination de certains ve.nts, voila tous des signes qui méritent d'être observés.

L'influence de la lune sur le temps a été cru parla généralité des hommes de tous les siècles. Voici les principes sur lesquels les savans se sont basés pour embrasser les notions reçues sur cet objet intéressant : il y a dix situations dans l'orbite lunaire où la lune doit exercer son influence particulière sur l'atmosphère ; et quand conséquemment des changemens de temps peuvent facilement avoir lieu, savoir : — 1. la nouvelle lune ; 2. la pleine lune, lorsqu'elle exerce son influence conjointement avec ou en opposition au soleil. 3. et 4. les quadratures, ou ces aspects de la lune, où elle se trouve à 90<^ de dislance du soleil ; ou lorsqu'elle est au point de milieu de son orbite, entre les points de conjonction et d'apposition, savoir dans le premier et dernier quartier. 5. le périgée et 6. l'apogée, ou ces points dans l'orbite de la lune dans lesquels elle se trouve a la plus grande et à la plus petite distance de la terre» 7. et 8, Les deux passages de la lune sur l'équateur, l'un desquels Toaldo nomme l'ascendance de la lune, et l'autre sa descendance, l'équinoxe ; ou les deux lunistices, comme les appelle DeLalande ; 9. la lunistice boréale, lorsque la lune pendant une lunaison ou période entre deux nouvelles lunes approche le plus qu'il est possible de notre zénith ou point de l'horizon qui se trouve directement au-dessus de notre tête. 10. Le lunistice austral, lorsque la lune est à sa plus grande distance de notre zénith; car l'action varie grandement selon son obliquité. Toaldo compara avec ces dix points une table d'observations de 48 ans ; le résultat est, que les probabilités d'un changament de temps à certaine période de la lune sont dans les proportions suivantes : — Nouvelle lune 6 à 1 ; premier quartier 5 à 2 ; pleine lune 5 à 2 ; dernier quartier 5 à 4 ; périgée 7 à 1 ; apogée, équinoxe, ascendant 13 à 4 ; lunistice septentrional 11 à 4; lunistice méridional 3 à L

La doctrine que la nouvelle lune va amener un changement a ses chances comme 6 à 1. Chaque situation de la lune altère cet état de l'atmosphère qui a été occasionnée par la précédente ; et il arrive rarement qu'il s'effectue un changement dans le tems sans un changement dans les situations lunaires. Ces situations sont combinées en égard à l'inégalité de leurs révolutions ; et le plus grand efl*et est produit par l'union des syzigies, ou de la conjonction et opposition d'une planète avec le soleil, avec les apsides ou points dans les orbites des planètes, dans

desquels à la plus grande ou la plus petite distance du soleil ou de k terre. La proportion de leur pouvoir de produire des variations est la suivante : — Nouvelle lune coïncidant avec le périgée 33 à 1 ; idem avec l'apogée 7 à 1. Pleine lune coïncidant avec le périgée 10 à 1 ; idem avec l'apogée 8 à 1. La combinaison de ces situations cause généralement des orages et dès tempêtes ; et ce pouvoir perturbatoire aura toujours le plus grand effet, plus ces situations sont proches du passage de l'équateur, particulièrement dans les mois de mars et de septembre.

A la nouvelle et pleine lune, dans les mois de mars et de septembre et même lors des solstices, surtout les solstices d'hiver, l'atmosphère prend un certain characière, par lequel elle se dislingue pendant trois et quelquefois six mois. Les nouvelles lunes qui ne produisent pas de changement du tems sont celles qui ont lieu à une distance des apsides. Comme il est' parfaitement vrai que chaque situation delà lune altère l'état de l'atmosphère qui a été produit par une autre, de même il a été observé, que plusieurs situations de la lune sont favorables au beau et d'autres au mauvais temps. Les situations de la lune favorables au mauvais temps sont le périgée, la nouvelle et la pleine lune, le passage de l'équateur et le lunistice du nord. Celles appartenant aux premières sont l'apogée, les quatratures et le lunistice du sud. Le changement du temps a rarement lieu le jour môme de la situation de la lune, mais il le précède ou le suit. On a observé que les cliangemens affectés par les situations lunaires pendant les six mois d'hiver les précèdent et les suivent pendant les six mois d'été. Outre sur les situations de la lune auxquelles se rapportent les observations précédentes, l'octant doit encore être attentivement employé le quatriènie jour avant la nouvelle et la pleine lune, ces jours sont nommés les octants. Vers cette époque le temps est disposé à changer, et on verra aisément que cela fiura li:^u à la prochaine situation lunaire. Virgile nomme ce jour un prophète très sûr. Si ce jour les cornes de la lune sont claires et bien dessinées, on peut s'attendre à du beau temps ; mais si elles sont chargées et les bords mal dessinés c'est un signe de mauvais tems. Si le temps ne change pas le quatrième, cinquième ou sixième jour de la lune, nous devons .supposer qu'il continuera jusqu'à la pleine lune, et quelquefois même jusqu'à la prochaine lune ; et dans ce cas les situations lunaires ont seulement un faible effet. Plusieurs observateurs de la nature ont aussi remarqué, que l'approche d'une situation lunaire est souvent critique pour les malades. Selon le Docteur Herschel plus la lune approche de son plein, change ou entre dans ses quartiers à minuit (e'est-àdire à deux heures avant ou après minuit) p'us le temps sera beau en été, mais plus elle le fait vers le matin moins il sera beau. L'entrée de la lune en son plein, ses changemens et quartiers pendant les six heures de l'après midi, savoir : de 4 à 10 heures peut être suivie d'un beau temps; mais cela dépend beaucoup du vent. La même entrée pendant toutes les heures après minuit, exceptées les deux premières, est défavorable au beau temps : la même chose à peu-près peut être observée en hiver.

Par le baromètre nous pouvons à un certain point, acquérir cette précience du temps, que possédaient les anciens. Chiiptal croit que la valeur du baromètre, comme indicateur du temps prochain, est plus grande que la connaissance humaine du paysan le plus expérimenté, et en effet que tous les autres moyens ensemble.

Si le mercure monte il prédit en général le beau temps, s'il tombe du mauvais temps comme de la pluie de la neige, de gros vent, de l'orage.

S'il tombe soudainement il annonce le tonnerre dans un temps très chaud, surtout lorsque le vent est au sud ; en hiver cela annonce la gelée ; et si dans un temps frêleux il tombe trois ou quatre divisions, il suivra un dégel ; mais s'il monte pendant une gelée continuelle, on peut s'attendre à avoir de la neige.

Si après que le mercure est tombé il fait mauvais, le temps ne durera pas longtemps ; nous ne pouvons pas non plus compter sur un beau temps continuel, s'il suit bientôt le mercure montant. Si, en mauvais temps, le mercure monte considérablement, et continue à monter pendant trois ou quatre jours avant que le mauvais temps cesse, on peut s attendre à un beau temps continu.

Pendant le beau temps, si le mercure tombe beaucoup et bien bas, et continue de même pendant 2 ou 3 jours avant qu'on ait de la pluie, on doit attendre beaucoup de pluie et probablement du gros vent.

Le mouvement inconstant du mercure indique du temps variable.

Vers la fin de mars, ou plus généralement au commencement d'avril, le baromètre tombe beaucoup avec du mauvais temps, après quoi il tombe rarement plus bas qu'à 29 dégrés 5 minutes jusque vers la fin de septembre ou octobre, lorsque le mercure tombe encore beaucoup avec des vents orageux, car l'air prend sa constitution d'hiver. Depuis octobre jusqu'en avril le baromètre s'il descend bien bas va de 29 dégrés 5 minutes à 28 dégrés 5 minutes et souvent plus bas ; durant la constitution d'été de l'air, le mercure tombe rarement plus bas que 29 dégrés 5 minutes. Il s'ensuit que tombant le dixième d'un pouce en été, il indique assurément de la pluie, ainsi qu'il le fait en hiver en descendant entre deux et trois dixièmes.

On a trouvé que l'huile de vitriol devient plus léger ou pluspésant en raison de la quantité d'humidité plus ou moins grande qu'elle imbibe de l'air. L'attraction est si grande, qu'on a observé que son poids a changé de 3 à 9 dragmes.

En faisant un cordeau de bonne ficelle à fouet bien sèche, attachant à son bout un plomb, le suspendant après une boisure et tirant une ligne précisément par le point qu'atteint le plomb, on trouvera que par un temps très modéré il monte au-dessus de la ligne, et qu'il tombera audessous, si le temps probablement devient beau.

Un fermier qui veut s'accoutumer à observer le lever et le couchef du soleil pendant toute l'année, sera capable de former une opinion assez exacte du temps. Si le soleil se couche beau sans que des nuages interviennent lorsqu'il disparait sous l'horizon, le jour suivant sera généralement beau ; au contraire si le soleil se couche obscurci par des

nuages qui interviennent lorsqu'il disparait de l'horizon, il pleuvrr, généralement dans les 24 heures. L'aspect de ratrnoypiièrc indique les vents et les orages avant qu'ils aient lieu. En effet la providence a fourni beaucoup de t-ignes par lesquels le fermier attentif et industrieux peut se garder beaucoup contre tout changement soudain du temps, qui lui causerait du dommage ; et en observant continuellement le lever et le coucher du soleil l'occasion de voir le plus superbe spectacle de la nature le dédommage de son attention. Si quelques saisons nous sont moins propices que les autres, par une sécheresse ou une humidité continuelle, nous devrions nous réjouir et être reconnaissans de ce qu'elles ne sont pas fréquentes, et qu'elles sont ordinairement les conséquences de causes naturelles, qui en partie ont été expliquées dans les pages précédentes.

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