‹ Traité théorique et pratique de l'agricultureChapitre 33 sur 84 · ETENDUE DE TERRE CONVENABLE POUR UNE FERME · texte numérisé non relu

ETENDUE DE TERRE CONVENABLE POUR UNE FERME

L'étendue d'une ferme doit dépendre beaucoup des capitaux de l'agriculteur, mais elle ne doit jamais être moindre de cent arpens en ce pays, lors même que le capital du fermier serait insuffisant pour la soumettre au meilleur état de culture à la fois. Les profits d'une ferme moins grande ne sont pas suffisans, avec la plus grande frugalité, ou même avec parsimonie, pour soutenir la famille d'un laboureur dans une certaine aisance. Ces remarques toutefois s'appliquent plus particulièrement aux cultivateurs propriétaires. Ceux qui louent des fermes feront bien de choisir celles qui sont au-dessous de leurs capitaux plutôt que celles qu'ils ne pourraient garnir d'animaux, ni cultiver d'une manière convenable. Il serait imprudent de payer des loyers pour une terre qu'on ne peut occuper avec profit, faute des moyens nécessaires, €t cela pourrait aussi entraîner une chétive culture, ce qui ne serait profitable ni pour le propriét^iire, ni pour le locataire. Mais comme le louage des terres n'est pas d'un usage très étendu en Canada, il n'est pas nécess;iire de s'arrêter plus long-temps au sujet des baux ou des rentes. Les fermiers des vieux pays qui ont de la famille, puis des capitaux raisonnables, trouveront qu'il est de leur intérêt d'acheter des terres boisées, plutôt que louer des terres usées à bail de courte durée. Les améliorations nécessaires ne peuvent se f lire prudemment que par ceux qui sont propriétaires. Aux étrangers qui viennent ici il paraîtra

peut-être très plausible qu'on leur offre des terres défrichées à de 5 à èOschelings l'acre de rente annuelle, éloignées de quelques milles seulement de Montréal et de Q,uébec et exemptes de dîmes et de taxes ; cependant les profits qu'on peut réaliser ne seront nullement égaux à ce qu'on anticipe ordinairement d'après les calculs des loyers, des produits et des prix.

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