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LE POIS

Le pois est le légume le plus estimé; dans la grande culture et pour ges semences et pour sa paille. On dit que le Sud de l'Europe est sa patrie. On le cultive dans cette province avec succès et même assez considérablement, mais pas encore autant qu'il devrait Pêtre. La terre après que les pois ont été ôtés et si le sol est d'une bonne qualité, peut être préparé pour y semer du blé le printemps suivant.

Dans rOxfordshire en /Angleterre, dans les excellentes terres près de Banbury on a introduit une nouvelle espèce de pois nommé *' le pois aux cochons." On dit que c'est une variété grise du pois hâtif de bordure, ayant df s fleurs simples, et étant prêt à être fauché vers la fin de juin, quoiqu'on ne le sème que vers la mi-avril. Le produit est de 82 bushels par acre ; et après que les pois sont ôtés, on sème dans la même terre des navets, qui donnent encore une bonne récolte, de sorte qu'on a deux récoltes précieuses dans une année.

Le sol qui convient le mieux aux pois c'est un sable sec et calcaire ; il devrait être bien labouré, mais non pas trop riche. Le climat requis pour les pois est sec, non pas trop chaud. Le climat du Canada est généralement favorable: avec une culture et dans un sol convenable, les pois feront une récolte aussi certaine qu'aucune autre que nous avons. Un 5 semence hâtive produira probablement la meilleure récolte. La quantité de la semence est à peu près un bushel et demi par acre ; et si le pois est petit un bushel ou un peu plus. Eu Angleterre les bons fermiers ont adopté le mode de les semer en sillons après la charrue, déposant la semence dans chaque deuxième ou troisième rayon ; ou si la terre est bien pulvérisée en la sillonnant à la charrue et en y faisant ensuite entrer la semence et hersant le champ. Les pois doivent être couverts de deux à quatre pouces de terre, et si on les sème à la volée la meilleure méthode dans des terres sèches et légères (les seules qui leur conviennent), est de les enterrer légèrement avec la charrue, en petits sillons bien égoutés par des rigoles &,c. ; aucune autre récolte ne doit être plus à l'abri de l'humidité du sol ; on devrait donc semer les pois dans des planches étroites et élevées ou à la volée ou en sillons. Dans le dernier cas il sera nécessaire de les rechausser légèrement à la main ou à la charrue, avant qu'ils ne viennent en fleur, et l'on améliorera le produit.

En récoltant les pois un grand soin est nécessaire, par rapport à la graine et à la paille. Lorsque les pois mûrissent, ils fanent ou deviennent bruns dans la paille, et les cosses commencent à s'ouvrir. Lorsqu'ils sont dans cet état on devrait sur le champ les faucher afin que la perte, lorsqu'ils égrainent, soit moins grande. Après avoir été moissonnés au plutôt ou coupés moyennant une sorte de croc ou faux. on devrait les metire en petits tas, qui sont formés en mettant de petites portions l'une contre l'autre, afin que le grain et la paille sèchent plus parfaitement et ne soufi"rent pas de l'humidité de la terre. Les tiges et les feuilles étant très succulentes, on devrait y porter beaucoup de soins en mauvais temps, on devrait tourner les veiliotes ou tas, autrement elles auront du

dommage. Les pois blancs surtout doivent être bien secs avant de Jes entrer, autrement la montre n'en sera pas bonne. La paille, si elle est bien récoltée, fera un bon fourrage pour les bestiaux et les moutons S irtout; mais si elle est beaucoup exposée à l'humidité, ou si les veillotes ne sont pastournées,on ne peut s'en servir que comme litière ou pour augmenter le fumier dans la cour de la ferme. S'il y a du temps humide pendant que les pois sont en veillotes dans le. champ, il y a une grande perte, parce que beaucoup de pois égraineront, et ceux qui restent seront endommagés ; heureusement des récoltes i)luvieuses sont rares en Canada. Dans le voisinage des grandes villes, les pois verts pour le marché sont un moyen profitable pour disposer d'une récolte.

11 est très difficile de déterminer le produit des pois en Canada. En Angleterre le produit est de 12 à 32 bushels par acre. J'ai toute raison de croire qu'avec une culture convenable on peut obtenir ici un produit aussi considérable ou plus considérable qu'en Angleterre. Le produit des pois en fleur est comme trois à deux au volume du grain, et écossés et fendus pour la soupe comme 4 à 2. L'usage des pois dans la soupe, puddings, et autres objets culinaires est bien connu.

En Ecosse on fuit souvent le pain de la fleur de pois et on le considère bien salubre et substantiel. La portion de pois qui n'est pas consommée ici comme nourriture humaine, sert généralement a l'engrais des cochons, et ils sont à cet efl"et supérieurs à tout autre aliment, sans excepter le mais. Les cochons nourris aux pois engraissent plus aisément qu'aux fèves, et le lard de cochons nourris aux pois, enflera en cuisant et aura un bon goût, pendant que celui décochons nourris avec d'autres grains diminue en cuisant et a un goût moins délicat. Le lard du Bas-Canada est bien supérieHr à celui qui y vient des Etats-Unis. En Angleterre le pois blanc est préféré au pois gris pour engraisser les cochons.

En cuisa?.t, quelques montres de pois, sans parler de la variété, se réduisent fiicilement en poulpe ou purée, pendant que d'autres conti' nuent à conserver leur forme. La propriété de cuire dépend du sol ; une terre tenace ou sableuse, qui a été chaulée ou améliorée avec de la marne, ou sur laquelle on a appliqué le gypse, produit des pois qui ne se réduiront pas en cuisant, quelle que soit la variété à laquelle ils appartiennent. Elle produit le même effet sur les fèves sèches et en cosse et en général sur les grains et cosses de toutes les plantes légumineuses, cette famille de végétaux ayant une grande disposition à absorber le gypse du sol. Pour arrêter cet efl'et en cuisant on doit jeter dans l'eau du sub-carbonate de soude. — (Bull. Sci. Agr., année 1828.)

La graine des pois d'aucune espèce peut être nettoyée en la triant à la main et en ôtant tout mélange, ou dans le champ pendant la fleuraison, en arrachant tous les plants qui n'appartiennent pas à la bonne espèce qu'on veut garder pour la semence. Les pois sont sujets à peu de maladies, c'est surtout le ver dans la cosse, et la nielle. Dans des saisons ordinaires aucun de ces maux n'est bien commun ici, et il n'y a pas de remède connu contre eux, excepté une culture judicieuse et une

semence bfitivc. Tremper la graine avant de la semer est utile en cft que cela avance la végétation et la rend plus vigoureuse et plus uniforme,

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