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DU SEIGLE

Sur le continent de l'Europe le seigle est beaucoup cultivé. Il exige moins de culture et d'engrais que le blé, quoique quelques-uns le considèrent la récolte de grain la plus épuisante. Le seigle a deux variétés celui d'hiver et celui d'été, mais la différence est si petite que l'un semé avec l'autre, on ne saurait presque pas les distinguer. Le seigle viendra dans des terres sèches et sableuses et produira une récolte tolérable ; en général on peut admettre qu'il préfère le sable à l'argile. Le sol devrait être préparé comme il l'est pour le blé. Selon Thaér le seigle prend 30 parties de nourriture contenue dans le sol sur 100. Le seigle peut résister à un climat plus froid que ne peut le blé ; mais il souffre également d'un temps humide pendant la fîeuraison. Un minot (bushel) de semence suffira par arpent. Comme sa végétation est moins rapide que celle du blé, on doit le semer lorsque la terre est sèche, parcequ'un gol humide peut facilement faire pourrir le grain avant qu'il ne soit entièrement germé.

La culture postérieure et la récolte du seigle sont les mêmes comme celles du blé ; le produit en grain est plus grand que celui qu'on obtiendrait du blé, semé dans des circonstances semblables quant au sol, et dont la paille est d'un plus grand volume. Sir H. Davy trouva dans 100 parties de seigle 61 d'amidon et 5 de gluten. Le seigle, selon Thaér est le grain le plus nourrissant après le blé. Dans d'autres pays on se sert du seigle uniquement pour faire du pain ; il n'en est pas de même en Canada où on en fait usage dans les distilleries ; la paille est inutile comme fourrage, mais excellente pour couvrir en chaume ; et en Ecosse on en fait des chapeaux de paille, dans le genre de ceux de Livourne. Ce grain pourrait avec beaucoup d'avantage être semé dans une terre qui ne peut pas produire du blé. Il est sujet à moins de maladies que les autres grains, excepté à celle qu'on nomme V ergot, c'est-à-dire une production de graines longues, calleuses et cartilagineuses, tantôt droites, tantôt courbées. La ressemblance de cette graine à l'éperon du coq lui a donné ce nom dans quelques pays. Les terres humides sont le plus souvent la cause de cette maladie. En France et en Suisse l'usage de cet ergot a causé la gangrène sèche ( chronic.) En Suisse les animaux ne veulent pas manger du seigle qui est attaqué de l'ergot.

DE l'orge.

L'orge, quoique moins un grain prcpre à en faire du pain, peut être considérée comme le premier en valeur après le blé. En Suède et en

Laponie elle est plus cultivée qu'aucune autre graine, vu le court espace de temps qu'elle doit rester en terre, ce qui quelquefois n'est que six semaines et rarement plus de sept ou sept et demie. En Espagne et en Sicile on en a deux récoltes par année dans le même sol ; l'une est semée en automne et mûrit au mois de mai, et l'autre» semée en mai, est mûre en automne. L'orge est une graine te':idre, et facilement endommagée dans les différons degrés de sa végétation ou de la récolte. Le climat du Canada est très favorable à la culture de l'orge dans tous les degrés de son progrès jusqu'au moment qu'elle est engrangée.

11 y a différents degrés, sinon espèces d'orge. La variété généralement cultivée en Canada est la carrée ou à quatre rangs, parcequ'on la considère la plus productive et que les brasseurs aiment à la prendre. L'orge à longs épis ou à deux rangs est partiellement cultivée dans ce pays ; elle est belle et obtient un plus haut prix que celle à quatre rangs. La semence de l'orge nue ou l'orge à blé a été introduite. Cette graine n'est considérée par quelques-uns que comme de l'épeautre, qui lui ressemble beaucoup. Je ne puis pas dire si la culture a réussi.

En choisissant parmi les variétés, le meilleur grain de semence''est celui qui n'est en aucune manière noir à l'extrémité, qui est d'une couleur pâle, vive, jaune mêlée d'un peu de blanc et luisante ; si l'écorce est un peu ridée, ce sera mieux encore, parce que cela prouve qu'elle a sué en tas et que sa couverture est mince. La couverture de l'orge à grosse écorce étant très roide, sera lisse et creuse, même après que la fleur dedans est rétrécie. La nécessité de changer la semence de temps à autre, en semant celle qui provient d'un sol différent, comme on l'a observé plus haut, n'est nullement plus évidente que dans la culture de ce grain, qui autrement devient de plus en plus grossier d'année en année. Mais avec ce grain comme avec tous les autres il faut surtout faire attention à ce que la semence ait un bon corps.

Le meilleur sol à orge est une terre grasse légère, très finement pulvérisée. Elle ne viendra pas bien dans un sol très sableux ou très tendre, ni dans une forte argile, qui conviennent le mieux au blé. Elle réussira bien dans des terres légères, si leur situation est chaude et sèche. En Canada on les sème ordinairement sur un retour de pommes de terre ou d'autres légumes ou dans un simple labour du friche.

La meilleure saison pour semer l'orge c'est le commencement de mai ou plutôt dès que le temps est favorable et la terre en bon état. Un correspondant de la société de Bath en Angleterre, communique l'expérience suivante : " Je trem.pai mon orge de semence dans de l'eau noire prise d'un réservoir qui recevait constamment les égouts de mon tas de fumier et de mes étables et écuries. A mesure que la graine légère surnageait, je l'ôtais et laissais le reste tremper pendant 24 heures. En la sortant de l'eau, je la mêlai avec une quantité suffisante de cendres de bois bien tamisées, pour la répandre également, et j'en semai trois champs. Le produit fut de 60 bushels par acre, l'orge fut bonne et franche, sans aucune des petites graines de mauvaises herbes. Personne dans ce pays n'avait un meilleur grain." Le même individu dit qu'après avoir semé la

même année de l'orge sans ce procédé et que comparée à celle de la semence trempée la récolte fut inférieure sous tous les rapports.

Il y a un grand avantage à tremper la semence, parceque cela avance la germination ; en même temps celle-ci est plus égale et par conséquent la germination l'est, ainsi que le grain prend aisément le dessus sur les mauvaises herbes. Yoici des indications pour tremper la semence dans de l'eau claire, Otez d'abord à peu près un tiers du contenu de chaque poche d'orge de semence^ pour que la graine puisse enfler ; mettez tremper les sacs avec la graine dans de l'eau propre ; qu'elle en soit couverte au moins pendant 21 heures ; si la terre est bien sèche, et qu'il n'y ait d'apparence de pluie pour au moins dix jours, il vaut mieux qu'elle y reste 36 heures. Semez la graine mouillée tel qu'elle est sans y ajouter autre chose. La semence se répandra bien, parce que l'eau nette n'a pas de ténacité ; celui qui sème n'a qu'à observer de mettre un tiers ou un quart plus de semence en volume, qu'il ne fait avec de la graine sèche, vu que le grain est enflé dans cette proportion. Hersez le plutôt possible après l'avoir semé. Quoique cela ne soit pas nécessaire, donnez lui l'avantage d'un sillon frais s'il est convenable.

La quantité de graine semée en Canada est près de deux bushels par acre. Un bushel et demi et peut-être moins suffirait dans une terre bien préparée ; cependant on considère qu'une semence claire d'orge est peu avantageuse pour les raisons suivantes. Si la première partie de la saison est sèche, les plantes non seulement seront arrêtées dans leur végétation, mais elles ne pousseront pas des talles ; et s'il y a de la pluie plus tard, les plantes commenceront à pousser et à émettre un grand nombre de jeunes tiges qu'on ne peut pas s'attendre à voir parfaitement mûrir en même temps que les premières tiges ; elles produiront donc une montre inégale, et le grain sera en général d'une qualité inférieure. De bons juges préfèrent donc de semer une quantité suffisante pour obtenir une pleine récolte, sans compter sur les telles postérieures; ils pensent qu'elle mûrit plus également est que le grain et plus généralement bon.

L'orge est mûre lorsque l'épi a perdu la couleur rougeâtre ou lorsque les épis se penchent vers la paille. La récolte de l'orge exige plus de soins que celle des autres grains, vu que la paille est très cassante ; après une certaine période il faut la couper, car lorsqu'elle reste trop longtemps sur pied, les épis se cassent et causent de la perte. C'est pour cette raison qu'on devrait la couper lorsque le grain est tendre et que la paille a encore une bonne partie de sa sève naturelle ; conséquemment elle restera long-temps dans le champ avant que le grain soit mou et la paille sèche. Si on la met dans la grange avant d'être suffisamment sèche, l'orge chauffe facilement et diminue en valeur. On peut la moissonner avec la faux à javelière, et il vaudra toujours mieux de l'engerber dès qu'elle est coupée et de la mettre debout en tas.

L'orge est plus difficile à battre que les autres grains. En Angleterre on a une machine pour ôter les barbes de l'orge, et chaque fermier qui cultive ce grain devrait en avoir une. Le produit de l'orge en Canada dans des terres bien préparées est peu inférieur à celui de l'orge qu'on cultive en Angleterre, On obtient de 20 à 40 minots par l'arpent, et j'ai même

entendu parler d'un plus grand produit. Le produit moyen dans le Middle*sex en Angleterre est de près de 1570 livres de grains et de 2590 livres de paille par acre d'orge.

Outre qu'on en fabrique la drèche, le whisky et la bière, on se sert de l'orge à différens usages. On en prépare l'orge mondt'e fine et superfine ; la première (pot barley) est faite en ôtant l'écorce, et l'autre (pearl barley) en continuant l'opération jusqu'à arrondir le grain. On s'en sert dans la soupe, le gruau et la médecine (eau d'orge ) On fait moudre l'orge comme l'avoine et elle donne une farine semblable : La qualité la plus grossière avec le son sert à engraisser les bestiaux surtout les cochons et la volaille ; l'espèce fine ou bluttée, mêlée avec de la fleur de blé ou de seigle donnent, a ce que l'on dit, un pain très léger et très agréable. La fleur d'orge la plus fine sans mélange fera de bon pain qui est bien supérieur à celui fait avec du maïs.

Le produit de l'orge en fleur devrait être de 12 livres sur 14 livres de grains bien propres : la paille sert particulièrement de litière et de fumier et ne vaut pas grande chose comme fourrage. L'orge est sujette à peu de maladies ; la rouille qui en est la principale a été décrite.

DE l'avoine.

L'avoine est un grain très utile, et le climat et le sol du Bas-Canada sont favorables à sa culture, nonobstant les chaleurs de l'été. On peut la cultiver et comme grain panifiable et comme nourriture des chevaux. C'est le grain le plus facile à cultiver, parcequ'il vient dans presque toutes les terres qu'on peut labourer et herser. Il y a une grande variété d'avoines. Celles qui se cultivent ici ont déjà été décrites, et le fermier peut choisir celle qui convient le mieux à son soi. On se procure facilement la meilleure qualité, de sorte que c'est la faute du fermier même s'il en sème une autre espèce. Dans quelques parties de l'Angleterre les fermi3rs ont été en peine de choisir les meilleurs grains pour obtenir la meilleure semence ; ils la font trier à la main par des femmes.

L'avoine se contente d'un sol quelconque depuis l'argile la plus tenace jusqu'à la fondrière, pourvu qu'elle ait une situation assez sèche. Si la saison est passablement humide, un sol graveleux ou sableux produira une récolte de l'avoine commune blanche ou noire. Le climat le plus convenable à l'avoine est un peu frais et humide. S'il est très sec et très chaud,les panicules sèchent aisément et se resserrent au point, qu'elles n'amènent pas assez de nourriture aux épis, qui alors ne deviennent jamais fortes, mais ont une écorce épaisse, de longues barbes et produisent peu de farine. Cela arrive quelquefois en Canada et le meilleur remède est de la semer de bonne heure. L'avoine n'épuise pas tant le sol dans un climat humide que dans un climat sec. La meilleure avoine et pour sa qualité et pour sa quantité, est celle qui est semée sur un retour de foin, ou dans des friches nouvellement labourées j nulle graine ne semble mieux quahfiée par la nature pour être semée dans une prairie levée que l'avoine, car tout en obtenant une belle récolte en premier lieu, elle met la terre en bon ordre pour la culture subséquente. On devrait

toujours semer l'avoine dans une terre qui n'est pas assez riche pour le blé ou l'orge, et elle y portera plus de profit qu'aucun de ces deux céréales, dont le produit moyen serait inférieur.

Le temps pour semer l'avoine doit-être choisi immédiatement après la semence du blé. Le succès en dépend grandement d'une semence faite de bonne heure, pour que le plant couvre la terre avant les grandes chaleurs de l'été. De l'avoine qui n'est pas semée avant le 21 mai reste mieux dans le grenier et la terre aurait alors un guérêt d'été. Quelquefois l'avoine seme'e plus tard réussira ; mais si l'été est bien chaud et sec, elle peut être considérée comme manquée ; et s'il y a des gelées de bonne heure en automne avant qu'elle ne soit parfaitement mûre, elle donnera une petite récolte. On sème ordinairement deuxbushels par acre ; mais dans un bon sol une moindre quantité d'une semence saine peut suffire si elle est semée à temps. La culture subséquente consiste à la nettoyer de mauvaises herbes avant que la fleuraison se prépare.

Quelquefois on récolte l'avoine en lu moissonnant avec la faux et l'engrangeant déliée. Si la récolte est bonne je recommanderai toujours de l'engerber, et de la planter debout en tas comme le blé et l'orge ; c'est la méthode la plus sûre qui facilite beaucoup le battage. On devrait toujours couper l'avoine avant qu'elle ne soit parfaitement mûre, afin de prévenir la chute du grain et d'augmenter la valeur de la paille comme fourrage. L'avoine dans ce climat est rarement endommagée pendant la récolte, si elle est coupée à temps et liée en petites gerbes.

Le produit de l'avoine dans les îles britanniques est plus grand que celui qu'on peut en obtenir en Canada dans des saisons ordinaires. Je ne dirai pas ici ce que je crois être le produit moyen de l'avoine dans ce pays, car aucune autre culture n'a été si négligée, n'est si imparfaite que celle-ci. Mais je t-uis convaincu, que si on voulait passablement bien cultiver l'avoine et la semer à temps, de bonnes récoltes seraient obtenues.

Le produit de l'avoine en farine devrait être de 8 sur 14 livres de grain. C'est ce que j'ai reçu des meuniers d'Irlande, déduction faite de leur moture qui est d'un quatorzième. Sir H. Davy trouva dans 100 parties d'avoine 59 d'amidon, 6 de gluten et 2 de matières saccharines.

On fait usage de l'avoine en partie en farine pour servir de nourriture k l'homme, en partie pour nourrir des chevaux et occasionnellement dans la distillation. La consommation de la farine d'avoine comme nourriture humaine pourrait être bien augmentée en Canada, et elle épargnerait une quantité considérable de blé pour être exporté, et par là elle augmenterait considérablement les revenus de l'agriculteur.

DU MAÏS ( BLÉ d'iNDE. )

Le maïs est la céréale dont la forme est la plus noble. On le considère comme originaire de l'Amérique du Sud, et il doit avoir été cultivé au Pérou et au Mexique de temps immémorial. Il fut introduit en Europe au commencement du 16me. siècle. Maintenant il est cultivé dans presque toutes les parties de l'univers où la température de l'été est égale K

45^ ou l'excède et va quelquefois même à 48°. Il fleurit sur le continent de l'Amérique à peu près depuis le 40me. degré de latitude australe jusqu'au delà du 4ôme. degré de latitude boréale. C'est le grain qui après le riz fournit de la nourriture au plus grand nombre du genre humain ; et on peut le considérer comme le don le plus précieux que le nouveau inonde a fait à l'ancien. Comme grain panifiable on ne peut pas beaucoup le recommander ; il contient beaucoup de fleur, mais très peu de gluten et ne fera du bon pain que mêlée à celle de froment. Il sert de nourriture aux hommes préparé de diff"érentes manières dans les Etats- Uni?, le Haut-Canada et quelques parties du Bas-Canada. Il est excellent pour engraisser le bétail et les volailles de toute espèce, et dans un climat et un sol convenables sa culture devrait être encouragée et étendue.

Il y a beaucoup de variétés de mais ou de blé d'inde : le grand rouge, grand jaune et grand blanc sont bien connus et très productifs. Le maïs doux, le mais quarantain c'est-à-dire qui mûrit en 40 jours à compter de celui de sa semence, le mais égyptien. Les deux dernières espèces ont de petits et beaux épis qu'on peut à peine distinguer l'un de l'autre. Elles sont les plus hâtives, ont besoin de moins de temps pour mûrir et pourraient convenablement être introduites dans le Bas-Canada,

Dans ce climat on devrait planter le mais dans le sol le plus sec et le plus chaud, soit terre grasse, soit sableuse ; il ne réussit pas bien dans les terres argileuses (glaises) ou dans un sol bas et plat. Il faut un degré considérable de chaleur dans le sol et dans l'atmosphère pour mûrir le mais. On le plante jjresque partout en rangs à peu près à la distance des sillons de pommes de terres ou un peu plus, pour admettre l'extirpateur et le cultivateur dans les intervalles. Si le sol dans lequel on cultive le maïs est propre à la culture du blé, on considère le premier une bonne préparation, parceque le blé d'inde contient peu de gluten. On peut préparer le sol comme si c'était pour des pommes de terre ou des navets et élever le terrain en sillons corruue on fait pour les navets. La cendre est le meilleur engrais qu'on puisse y appliquer. Un acra n'exige pas plus d'un gallon de semence ou à peu près 25000 grains. Si la terre est sèche et en bon ordre le temps de la semence est entre la 15 et le 31 de mai. S'il ûùt un temps froid et humide la semence pourrit facilement. La plantation par fosses ne convient qu'à un sol très sec. On marque la terre avec la charrue en lignes droites à la distance de trois pieds l'une de l'autre, ensuite on tire dans la direction opposée et à angles droits d'autres lignes de sorte à diviser le champ en quarrés : le planteur prend alors une pioche et fait, à chaque intersection des lignes, un trou de la profondeur d'un pouce et demi et du diamètre de six pouces et dans ces trous il dépose régulièrement 5 à 6 grains, qu'il couvre d'un pouce et demi d'une terre fine. Si on plante par sillons, on met sur le dos dans de petits trous à la distance de deux pieds, 4 ou 5 grains dans chaque trou, qu'il couvre avec à peu près un pouce et demi de terre fine.

La culture subséquente consiste à sarcler, piocher et remuer la terre avec la pioche et la charrue. Le dernier procédé se fait en rechaus-

«ant les plantes après avoir écarté toutes les mauvaises herbes et toutes les plantes maladives ou faibles qui probablement ne porteraient pas de produit. On met quelques grains de citrouille dans chaque deuxième fosse ; on obtient par lô un poids considérable d'un riche végétal sans beaucoup de trouble. ni dépense, et qui sert à la nourriture des bestiaux et des cochons. On dit qu'une cuillerée de gypse mise dans chaque fosse de blé d'inde lors du premier piochage, est un engrais suffisant.

On ne peut pas considérer le maïs une récolte certaine au delà du 45me. degré de latitude ; et comme le Bas-Canada est au nord de cette ligne la culture de ce grain est peu sûre ; en effet lorsque les été? sont humides et frais, il manque presque généralement. Le fermier n'y peut rien faire, si ce n'est de planter son maïs dans le sol et la situation les plus favorables. Mais si la récolte manque, on en retirera toujours quelque nourriture pour les bestiaux, et le terrain sera préparé pour la récolte suivante aussi bien que par un guérêt d'été.

On étête le maïs, lorsqu'on vrant l'enveloppe de l'épis on trouve les grains durs, non pas assez pour les moudre ou sécher, mais assez dur pour résister à la pression de l'ongle du pouce. On a encore une autre marque de s'en appercevoir, c'est lorsque toute la farine a quitté les anthères, et que celles-ci sont entièrement mortes et sèches. Entin on a un troisième signe, savoir, lorsque les extrémités de la soie sont fanées et brunies au lieu d'être d'un vert brillant. Dès que l'on s'apperçoit de tous ces signes, la tête et les lames ont atteint leur but, et plutôt on les ôte mieux c'est, car après cela elles ne font plus aucun bien et retardent seulement la maturation des épis, parcequ'eiles en excluent le soleil et l'air. Après avoir ôté les tètes et les feuilles on les met en bottes entre les rangs pour sécher et être ensuite transportées dans la grange ou les meules : elle servent de fourrage au bétail. Dans les Etats-Unis on fait grand cas de ces letes et feuilles et on prétend qu'elles donnent autant de bon fourrage qu'un acre de foin. Dans notre climat pourtant je ne crois pas que cette estimation serait juste, nique ce fourrage approche seulement du produit d'un arpent de foin.

C'est vers la fin de septembre que la récolte a ordinairement lieu ; les épis sont ôtés de la lige avec la main et immédiatement étendus dans la batterie de la grange ou dans un autre bâtiment convenable. Si on donne le maïs aux cochons on n'a pas besoin d'ôter l'enveloppe de feuilles ni d'égrainer l'épis; autrement on ôte les premières et bat ou égraine l'épis. Dans les Etats-Unis et le Haut-Canada on peut évaluer le produit d'un acre de mais de 30 à 70 bushels et peut-être plus quelquefois. Dans de bonnes années un sol convenable produit dans la province inférieure presque la même quantité, mais seulement lorsque toutes ces circonstances sont favorables. C'est le grain le plus profitable qu'on puisse semer dans une terre neuve pendant les 2 ou 3 premières années ; il réussit ordinairement mieux la oii il y a des cendres de bois qu'ailleurs.

On se sert des épis verts de différentes manières. Dans le Sud de la France et les environs de Paris, on marine les fleurs femelles comme

les concombres avant que l'anthère s'épanouisse. Lorsque le grain est en lait on lait usage des épis pour les faire rolir ou cuire. Un ^rand champ fournira des épis moux pendant cinq ou six semaines.

Ainsi que plusieurs autres grains on peut faire fermenter le mais et le soumettre à la distillation pour en faire de Tesprit : la farine en pâte et frite avec du lard est la nourriture commune d'une partie des paysans de l'Angleterre.

DE LA CULTURE EN GRAND DES LÉGUMES DONT LES FRUITS SERVENT A l'homme ou aux ANIMAUX.

Le fruit des légumes est considéré comme la substance la plus nutritive produite dans les climats tempérés. Ils contiennent une plus grande proportion de matière analogue aux substances animales qui dans l'état de siccité ont l'apparence de colle et sont aussi nourrissantes que le gluten. Au travaillant sain cette substance est un équivalent de nourriture animale. La paille coupée avant qu'elle soit entièrement mure est plus nourrissante qu'aucune des herbes céréales. Mais les plantes légumineuses ne sont pas seulement plus nourrissantes pour l'homme et l'animal, mais on peut dire qu'elles fournissent de l'aliment même aux végétaux; puisqu'elles n'épuisent pas seulement le sol moins que les autres plantes, mais quelques-unes d'elles et particulièrement le lupin ont été enterrées vertes comme engrais depuis les temps les plus reculés. Beaucoup d'agriculteurs scientifiques considèrent une belle récolte de pois ou de vesce comme nourrissant le sol parle gas acide carbonique stagnant sur sa surface, ce qui coïncide avec l'opinion générale qu'ils équivalent à un labour et avec le prix qu'on y attache dans l'assolement, comme il a déjà été expliqué. 11 y a deux raisons pour que les pois et la vesce n'épuisent pas tant le sol que d'autres plantes. 1^. parceque leur ombre couvre toute la terre, 2°. parce qu'ils laissent tomber tant de feuilles sur la terre. Les légumes cultivés dans l'économie rurale du Bas-Canada sont presque limités au pois, mais comme il est probable qu'on en introduira bientôt d'autres, je donnerai une table des produits nutritifs des plus utiles de ces plantes, le pois et la fève telle que donnée par Sir H. Davy, Einhoff et Thaër. Les produits sont pris de 1000 parties de chaque.

Nom.

Matière saccharine ou sucre.

Mucilage

ou amidon.

Gluten ou

Albumine.

Extrait en matière rendue insoluble pendant

l'évaporation.

Total des matières solubles ou nutritives.

Pois secs.

Fève com-

mune.

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