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DE LA CAROTTE

Le climat et une grande quantité du sol du Canada est très favorable à la culture des carottes, et dans un sol convenable elles donneront plus

de produit précieux, qu'aucune plante bulbeuse quelconque. La meilleure espèce pour la grande culture est la carotte longue et rouge ou la carotte des champs. De la graine nouvelle et parfaitement porpre est très essentielle, car elle ne végète pas la deuxième année. On doit éviter de se servir d'ancienne graine. Le meilleur sol pour la carotte est une terre grasse profonde et sableuse ; un pareil sol devrait au moins avoir un pied de profondeur et être également bon depuis la surface jusqu'au fond. Des terres marécageuses ou tourbeuses, si elles sont bien égoutées, produiront de bonnes carottes. La carotte des champs ne réussira dans aucun autre sol.

En préparant la terre pour la carotte il est nécessaire de la labourer avant Thiver, pour que la gelée puisse la pulvériser. En printemps on devrait la bien labourer une autrefois à la profondeur de 10 à 12 pouces et une deuxième fois en labourant en large s'il est possible. Je recommanderai d'enterrer le fumier bien pourri ou du composte en automne. Dans quel temps qu'on y emploie du fumier, il devrait être de cette nature. Lorsque la terre est bien pulvérisée en printemps on devrait la distribuer en sillons peu profonds, de la grandeur de ceux qu'on fait pour les pommes de terre ou les navets. Un rouleau de bois léger devrait y être passé pour égaliser le dos des sillons et la-dessus on peut semer deux rangs de semence à 6 ou 8 pouces de distance. Les rangs dans lesquels on dépose la graine devraient être d'un pouce de profondeur et faits avec un instrument de bois ou un râteau à deux larges dents de 6 à 8 pouces de distance, et qu'on peut trainer le long des sillons et ainsi former les rangs. On y sème alors la graine à la main, et on la couvre moyennant un râteau ou une houe légère. La culture postérieure et le sarclage seront bien plus faciles à faire lorsque la carotte est semée de cette manière. Un double rang de plantes viendra dans chaque sillon.

Quelques fermiers anglais pour préparer la graine à être semée mêlent 2 livres de graine bien propre à un bushel de sable bien fin ou de terreau, ce qui suffira par acre, et ils font cela quelques jours avant de semer, en ayant soin de brasser le tout chaque jour, et d'arroser d'eau la surface du tas chaque fois qu'on brasse, pour que chacune de ses parties soit également humectée, et que la végétation ait également lieu dans tout le tas. Il y a un grand avantage à préparer les semences si longtemps avant de la semer, car elle avance sa végétation par ce prO'. cédé ; elle reste seulement peu de temps dans la terre, et est plus capable de résister à ces tribes nombreuses de mauvaises herbes dans le sol, dont les grains sont d'une végétation plus rapide. Les égoûts de fumier sont souvent employés pour arroser le tas.

Après avoir pour la première fois éclairci et pioché les plants, celles qui sont arrachées plus tard peuvent être données aux cochons et fourniront une nourriture considérable de cette manière de chaque acre. Les plantes devraient être de 6 à 8 pouces de distance dans les rangs, et si la distance est plus grande il n'y aura pas de mal.

On arrache les carottes ordinairement vers la fin d'octobre : on peut faire cela soit à la bêche soit à la fourche à 3 dents, on coupe les têtes

et les racines laissées en tas séparés sont ensuite emportées dans des charettes. Les têtes aussi devraient être données aux bestiaux. Dana un sol sableux les carottes se conserveront jusqu'au printemps suivant sans souffrir des gelées. Elles ne chauffent pas si facilement que les navets, mais plus que les pommes de terre ; elle se conserveront bien dans des caveaux qui ne sont pas trop chauds ; mais c'est dangereux d'en laisser une grande quantité ensemble dans des caves ou des caveaux. Elles doivent être parfaitement sèches avant de les emmagasiner, et celles dont on veut se servir avant le 1er. janvier peuvent rester dans un bâtiment quelconque qui est bien clos ; on aura soin de les couvrir de foin ou de paille, car une petite gelée ne fera pas de dommage à celles qui doivent servir immédiatement. Il sera donc seulement nécessaire de trouver de la place dans la cave à celles dont on aura besoin en janvier, février, et mars ; car ce qui en est requis en printemps peut rester en terre dans la plupart des situations. L'acre peut en donner entre 2, 5 ou 600 bushels dans un sol et avec une culture convenables, et elles n'exigent pas plus de frais que les pommes de terre.

L'usage de la carotte pour nourrir les animaux de travail et les cochons a été expliqué par Mr. Burrows, fermier anglais, de la manière suivante : — " Je commence à arracher la carotte dans la dernière semaine d'octobre, parceque vers ce temps je cesse ordinairement de nour rir mes chevaux de lucerne, et n'ai plus d'autre ressource pour hiverner mes chevaux que mes carottes et une portion convenable de foin, jusqu'à la première semaine de juin quand la lucerne est de nouveau parée à être coupée. En réduisant cette pratique en système, j'ai été à même de garder dix chevaux de voiture durant les mois d'hiver pendant les dernières six années, sans leur donner aucun grain quelconque, et j'ai en même temps fait une grande épargne de foin. Je donne la carotte à mes chevaux de voiture à la raison de 70 livres par jour à chacun, sans leur en accorder autant dans les courtes journées de l'hiver. Les hommes auxquels le soin des chevaux est confié, coupent quelques carottes dans le foin ou la paille hachée et dans le rebut des granges; ils donnent le reste des carottes en entier vers la nuit avec une petite quantité de foin dans leurs crèches ; et avec cette nourriture mes chevaux jouissent d'une santé non interrompue. Je fais mention de ceci, parce que quelques personnes semblent croire, que des carottes données seules sont dangereuses à la constitution des chevaux ; mais la plupart des préjugés des hommes n'ont pas de meilleure source et sont acceptés au hasard ou hérités des ancêtres. J'ai tellement réussi avec les carottes comme nourriture d'hiver des chevaux, qu'à l'aide de la lucerne comme aliment d'été, j'ai pu prouver par des expériences faites sous ma surveillance personnelle, qu'un bon cheval d'attelage de Norfolk, qui avait fortement travaillé la valeur de deux journées par jour en hiver et en été, peut être entretenu toute l'année avec le produit d'un acre de terre. J'ai aussi employé très avantageusement les carottes à la nourriture des cochons pendant l'hiver, et j'ai par ce moyen fait de ma paille un excellent fumier, sans l'aide des bêtes à cornes ; les cochons ainsi nourris sont vendus à Londres comme cochons qui ne tettent plus (porkers). " Une

awtre circonstance très en faveur de la carotte c'est qu'elle n'a pas besoin d'être cuite, comme la pomme de terre, pour être donnée aux chevaux, aux bestiaux et aux cochons, quoique sans doute elle serait plus avantageuse comme nourriture étant cuite. On dit que dans la distillerie la carotte contenant plus de matière sucrée donne plus d'esprit que la patate ; la quantité ordinaire est de 12 gallons par tonne. Un bushel pèsera 42 livres, et quelquefois plus. Si donc un acre produit 3 ou 400 bushels, ce retour sera égal à six ou huit tonnes de carottes, à 50 bushels par tonne, et donnera de 70 à 100 gallons d'esprit par acre, en même temps qu'il y aura un rebut considérable pour la nourriture des animaux.

Je ne crois pas nécessaire de donner aux chevaux journellement une si gnmde quantité de carottes qu'en donne Mr. Burrow?. Trois quarts de bushel ou un bushel à de grands chevaux, suffira, c'est à-dire de 32 à 44 livres par jour. Je crois que 3 ou 4 bushels de carottes seront égaux à 1 bushel à peu près d'avoine canadienne de qualité ordinaire, pour la nourriture des chevaux, et par là on peut exactement évaluer la valeur comparative d'un retour d'avoine et de carottes. Il est si nécessaire que la culture des légumes soit introduite dans notre système d'agriculture, que chaque fermier qui a un sol convenable devrait cultiver la carotte. Il est impossible de conduire avec succès et profit là culture sans légumes, du guérêt d'été et l'engrais des bestiaux en due proportion ; et nos légumes devraient être telles qu'elles puissent remplacer convenablement le grain dans l'engrais des bestiaux.

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