‹ Traité théorique et pratique de l'impression des tissus (volume 2)Chapitre 101 sur 109 · CHAPITRE Y · texte numérisé non relu

CHAPITRE Y

Résines.

§ 351. On trouve dans le commerce, sous le nom de résines, différentes substances qui, pour la plupart, proviennent des exsudations naturelles ou artificielles de certains arbres. Dans nos pays, on fait à la base des pins et des sapins des incisions d’où s’écoule une matière tantôt fluide qui porte le nom de térébenthine, tantôt molle, sous forme de grumeaux, et que l’on appelle galipot. On retire de ces produits et par divers procédés, 1° la colophane , 2° le brai gras et le brai sec , 3° la poix blanche et la poix noire. (Voyez dans les traités de chimie la préparation de tous ces produits) . Comme produits d’exsudations analogues aux précédents, nous retirons des autres climats et d’arbres différents, la résine copale, la résine mastic, la résine sandaraque , la résine laque, et beaucoup d’autres encore qu’il est inutile d’énumérer ici. Enfin on extrait directement les résines des organes des végétaux qui les renferment, en faisant macérer ceux-ci dans l’alcool. — On distille alors l’infusion alcoolique , on retrouve la résine pour résidu et on lui fait subir un lavage à l’eau froide.

Les résines ont pour caractères génériques d’être solubles dans l’alcool et insolubles dans l’eau , de se fondre par la chaleur et de ne pouvoir se volatiliser sans se décomposer.

La densité des résines varie depuis 0,92 à 1,2; leur cousis-

tance n’est pas la même : les unes sont dures et présentent une cassure vitreuse ; les autres, plus ou moins molles selon la quantité d’huile essentielle qu’ elles retiennent encore, 11e peuvent être réduites en poudre. Ce n’est que dans des circonstances particulières et fort rares qu’on obtient des résines d’une forme cristalline régulière. Comme elles sont généralement solubles dans l’éther, dans l’alcool, dans les huiles essentielles et dans les huiles grasses , on met à profit les particularités qu’elles offrent en présence de ces agents, pour en séparer les principes constitutifs et immédiats. Elles se dissolvent aussi dans l’esprit de bois et dans l’acétone ; le dernier de ces véhicules est celui qui exerce sur elles l’action la plus prononcée. — La résine copale, par exemple, qui n’est que difficilement attaquée par l’alcool , est promptement ramollie et gonflée par l’acétone.

Se comportant comme de véritables acides faibles , elles sont toutes plus du moins attaquables par les alcalis , et donnent naissance, en raison de leur composition complexe, à des composés salins, en partie solubles et en partie insolubles. — Ces derniers sont décomposés par les acides qui s’emparent de leur base et mettent les résines en liberté.

Quelques acides concentrés dissolvent les résines sans leur faire subir d’altération, tandis que d’autres les modifient plus ou moins. L’acide acétique est du nombre des premiers; il en dissout un grand nombre, et forme avec elles des solutions qui se prennent en masse par le refroidissement. — C’est au moyen de cet acide qu’on parvient quelquefois à faire cristalliser une résine. Les acides sulfurique et nitrique les dissolvent à froid, et par une élévation de température réagissent sur elles en formant plusieurs produits au nombre desquels figure le tannin artificiel (Hachette).

§ 352. AppiicatiosBs.Les résines, étant solubles dans l’alcool, dans les huiles essentielles et dans les huiles grasses, entrent dans la préparation de vernis dont on se sert pour graver les rouleaux à l’eau chaude. — Ces vernis préservent de l’action des

acides les parties du rouleau qui doivent rester blanches. On associe les résines au saindoux ou à d’autres graisses pour constituer des réserves grasses qu’on imprime à chaud sur les tissus qui sont destinés à passer dans les bains chauffés à une température inférieure à celle du point de fusion des résines.

Si la dissolution de la résine copale dans l’alcool était plus facile, il est plus que probable qu’on emploierait ce corps, soit pour constituer des réserves , soit pour faire adhérer au tissu les couleurs d’application qui n’y sont que superposées. — Modifiée par la chaleur, elle se dissout facilement dans l’essence de térébenthine, mais en donnant un vernis coloré. — Pour prévenir cette coloration , on doit réduire en petits fragments la résine copale , la faire gonfler dans l’acétone , et , lorsqu’elle est fortement tuméfiée, la mettre en digestion au bain-marie dans l’huile essentielle de lavande; on obtient de la sorte une solution incolore et aussi concentrée que possible. Cette solution étendue sur une surface quelconque se réduit en lames minces , transparentes , qui offrent toute la résistance du copal. Nous nous sommes assuré que des couleurs très fugaces, le carthame par exemple, imprimées sur la toile avec le vernis , peuvent résister à des bains de teinture bouillants ainsi qu’à des passages en cuves d'indigo sans être altérées. Des solutions de gomme laque et de caoutchouc ont été aussi employées avec succès pour fixer mécaniquement des couleurs sur tissus ; nous parlerons de leur préparation à l’occasion de ce genre de fabrication. Enfin la résine entre comme partie constituante dans certains savons employés au blanchiment des toiles de lin.

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