CARBONE ET HYDROGÈNE
ont fait imaginer un instrument très répandu dans les arts, l'aréomètre. La construction de l’aréomètre repose sur ce principe. qu’un corps mis dans un liquide s’y enfonce plus ou moins, selon que la densité en est plus ou moins grande que celle de ce liquide. C’est à l’aide de cet instrument qu’on évalue la quantité de matières salines d’acides et d’alcalis en dissolution dans un liquide; mais les indications qu’il fournit ne sont pas d’une rigueur absolue, attendu que la densité de l’eau, par exemple, n’augmente pas et ne diminue pas toujours proportionnellement au poids de la substance qu’on y introduit. 11 faudrait, pour que des instruments de ce genre fussent tout-à-fait exacts, que, comme M. Gay-Lussac l’a fait pour l’alcoolomètre , ils fussent gradués pour chacune des dissolutions au dosage desquelles ils doivent servir, parce que, durant le mélange de deux liquides ou la solution d’un corps solide dans un liquide, il se produit des contractions qui font que la densité du mélange n’est pas la moyenne delà densité des corps mélangés. Parmi ces instruments, le plus généralement employé est l’aréomètre de Baumé ; celui de Richter, cependant, lui est préférable, en ce qu’il donne directement la densité du liquide, tandis que celui de Baumé, divisé en degrés de pure convention, ne l’indique qu’autant qu’on connaît la relation qui existe entre la quantité du corps dissous et les degrés de l’instrument gradué.
Comme il y a pour un grand nombre dexorps liquides des tables qui établissent la relation existant entre la densité de ces liquides et le poids des substances qui y sont en dissolution , nous pensons qu’on ferait bien de substituer à l’aréomètre de Baumé les densimètres et volumètres spécifiques de MM. Gay- Lussac et Collardeau , à l’aide desquels on obtient des indications infiniment plus précises, surtout quand on a soin de tenir compte de la température du liquide.
§ 81. Eau à l’état de vapeur. Soumise à l’action de la chaleur, l’eau se dilate d’abord, puis entre en ébullition , et enfin se réduit en vapeur à un degré de température qui est déterminé par
l’influence de la pression à laquelle elle est soumise. Ce degré de température où l’eau entre en ébullition est d’autant plus bas que la pression est plus faible, et d’autant plus élevé, par conséquent, que la pression est plus forte. On conçoit donc que si, à l’aide d’un corps de pompe, l’on vient à soustraire l’eau à la pression de l’atmosphère , elle pourra bouillir à une température très basse , et même se vaporiser à0°. On comprend de même que, chauffée dans un vase dos dont la résistance des parois viendra s’ajouter à la pression de l’atmosphère, l’eau n’entrera en ébullition qu’à une température infiniment plus élevée, et que même elle pourra être chauffée sans bouillir tant que la résistance des parois du vase ne sera pas vaincue par la tension de la vapeur d’eau,
§ 82. Indépendamment de la pression, il est des corps qui peuvent agir physiquement et chimiquement sur l’eau, de manière à en faire varier beaucoup le point d’ébullition. Ainsi, M. Gay-Lussac a démontré par expérience qu’une eau bouillante et retirée du feu entrera de nouveau en ébullition, quoique soustraite à l’influence de la chaleur, si on y jette quelque peu de limaille de fer ou de tout autre corps poreux; tandis qu’au contraire cette eau restât-elle sur le feu, on en arrête instantanément l’ébullition en y dissolvant des sels déliquescents, tels que, par exemple, le chlorure et le nitrate calcique, l’acétate et le nitrate potassique, les chlorures zincique et sodique. (Voyez notre Int. àl’Ét., p. 194.)
Quand l’eau a été chauffée de manière que sa tension fasse équilibre à la pression atmosphérique seulement , ou à cette pression, augmentée soit par l’action chimique des corps qu’on a dissous dans le liquide , soit par la pression des parois des vases dans lesquels se trouve ce liquide , elle se réduit en vapeur en produisant à 0m,76 de pression, un volume de vapeur 1,700 fois plus grand que celui de l’eau à l’état liquide. Durant ce changement d’état, l’eau absorbe Une quantité de chaleur qui devient insensible au thermomètre, et que par cela même on désigne sous le nom de chaleur latente. Un litre d’eau, chauffée
CARBONE ET HYDROGENE.
au point d’être réduite en gaz, produit 1,700 litres de vapeur, et rend latente une quantité de chaleur telle que 5k ,60 d’eau à 0° étant mis en contact avec ces 1,700 litres de vapeur, il en résulte 6k-,60 d’eau à 100°. C’est sur cette propriété dont jouit l’eau de changer ainsi d’état physique que reposent toutes les applications de la vapeur, soit qu’on lui demande de la force, soit qu’on lui demande de la chaleur.
Les fabricants étant tous les jours dans l’obligation d’appré^ cier le degré de température et de tension de la vapeur dont ils font usage , nous reproduisons ici un tableau de MM. Arago et Dulong sur la force élastique de la vapeur aux différentes pressions.