‹ Traité théorique et pratique de l'impression des tissus (volume 2)Chapitre 42 sur 109 · DES VAPEURS · texte numérisé non relu

DES VAPEURS

Température Çjprres-

pondante

de la vapeur.

Pi ession

sur un centimètre carré

en Kilogrammes.

exp rimee

en atmosphères.

comparée

avec une colonne

de mérou le en mètres.

CARBONE ET HYDROGENE.

§ 83. Propriétés chimiques, Les phénomènes chimiques auxquels l’eau peut donner naissance sont tellement nombreux , qu’il nous serait impossible de les passer tous en revue dans ce travail ; nous nous bornerons à énumérer les principaux points sous lesquels il convient d’envisager Veau, afin d’en faire comprendre l’importance dans la plupart des opérations de teinture.

Par une influence en quelque sorte physique, l’eau, en présence de certains corps, détermine une action chimique. Ainsi le fer et l’étain , qui résistent à l’action de l’acide nitrique concentré, s’oxident immédiatement sous l’influence d’une certaine quantité d’eau. Le zinc, qui, en contact à froid avec l’acide sulfurique concentré, peut rester inattaqué, s’oxide pareillement dès qu’on ajoute de l’eau à ce mélange. Les carbonates barytique, potassique et sodique, qui résistent à l’action d’une température très élevée, se décomposent sur-le-champ lorsqu’on les chauffe en présence d’un courant de vapeur d’eau. Souvent, pour opérer une douille décomposition entre des sels solubles, on est obligé de faire intervenir l’eau. On peut, par exemple, verser une solution de carbonate sodique dans une solution concentrée de nitrates calcique et magnésiqùe , sans qu’il s’y forme un précipité en rapport avec les quantités de chaux, de magnésie, qui se trouvent dans la liqueur ; mais aussitôt qu’on y ajoute de l’eau, fl se produit un précipité abondant. Enfin il y a des dissolutions salines auxquelles on ne peut ajouter d’eàu sans qu’il en résulte un trouble , dû à la décomposition du sel dissous; c’est particulièrement dans les dissolutions de mordants qu’on étend d’eau que ce fait est observé. Ce genre de phénomène explique l’obligation où l’on est de faire intervenir de la vapeur d’eau, durant l’impression des mordants, pour chasser de ces derniers L’acide acétique. Enfin tout le monde connaît l’effet de l’eau dans le volcan de Lemery.

L’eau peut concourir directement à former des combinaisons avec une multitude de corps, mais surtout avec des composés d’un ordre élevé. De telles combinaisons contractent ordinai-

rement la propriété de se dissoudre dans l’eau ; quand il en est autrement, elles jouissent de propriétés particulières auxquelles on ne peut être assez attentif.

Ces combinaisons, se formant à deux conditions, ne doivent point être confondues.

Dans les unes, l’eau se combine sans développement de chaleur, en sorte qu’elle peut toujours en être expulsée par des agents purement physiques, comme si elle y était libre . Dubois, du charbon, des tissus exposés à l’air humide, ou même im^ mergés dans l’eau, absorbent de ce liquide des quantités fixes et déterminées. Un sel dissous et cristallisé dans l’eau, le sulfate sodique, par exemple, retient 10 équivalents d’eau, comme partie constituante :.or, cette eau, ces différents corps la perdent dans toutes les circonstances où elle pourrait être enlevée si elle était isolée. Faisons remarquer que dans ce genre de combinaison les propriétés chimiques des corps n’ont éprouvé aucune altération ; ils se comportent , jusqu’à un certain point, comme s’ils étaient pris isolément

Dans les autres, l’eau, en se combinant avec les corps, développe une certaine quantité de chaleur; c’est ce que l’on remarque en mettant l’eau en contact avec les acides sulfurique et phosphorique , et avec les oxides barytique, strontique et calcique, ainsi qu’avec certains sels, le nitrate calcique et le carbonate potassique, par exemple. Dans ces combinaisons, l’eau ne peut être enlevée que par l’intervention d’un agent chimique ; si l’expulsion de ce véhicule peut avoir lieu par le calorique, ce n’est qu’à une température bien supérieure à celle où l’eau libre entre en ébullition. Dans ce dernier cas, les corps en combinaison avec l’eau acquièrent quelquefois des propriétés chimiques qu’ils ne possédaient pas : ainsi les oxides ferrique , aluminique, chromique et stannique, privés d’eau par calcination, sont des corps parfaitement indifférents, incapables de se combiner, tandis que, unis à l’eau, ils jouissent de la faculté d’engendrer des sels par leur combinaison avec les acides.

CARBONE ET HYDROGENE.

Les corps qui se dissolvent dans l’eau sont :

Parmi les corps simples, l’oxigène, le chlore, le brome, l’iode et l’azote ; les autres y sont insolubles ou peu solubles.

Parmi les composés binaires du premier ordre, tous les oxacides , l’acide silicique excepté , lorsqu’il a été mis en liberté dans des conditions à ne pouvoir pas s’hydrater ; les oxides et les sulfures ammonique, potassique, sodique , lithique, barytique , strontique et calcique ; tous les chlorures , excepté les chlorures cuivreux, mercureux et argentique , et enfin un grand nombre de fluorures, de bromures etd’iodures.

Parmi les composés binaires du second ordre (les sels), tous les sels à base potassique , sodique et ammonique , excepté l’hyperchlorate , le fluosilicate potassique et l’antimoniate sodique .

Quant aux autres sels, quelle que soit la nature de leurs bases , qu’ils soient saturés ou acides , ils sont solubles dans l’eau à peu d’exceptions près’ pour chaque genre, pourvu que les acides qui les constituent aient pris naissance indirectement; tels sont les nitrates, les chlorates , les sulfates, etc. (Voyez notre Int. à l’Ét. , p. 19/1-199.)

• On peut établir en thèse générale qii’un corps n’est soluble dans l’eau qu’autant que le volume moléculaire de son équivalent est égal au moins à 336 c. c. , en prenant l’équivalent de l’eau pour 112 c. c. Ainsi :

Le vol. de I éq. de soufre .

— I éq. de carbonate bary tiqué

— I éq. de chlore. .

— I éq. acide sulfurique. . . .

* — ! éq. nitrate plombique. . .

Parmi les substances d’origine organique , celles qui se dissolvent principalement dans l’eau sont les substances riches en

— I 1 2 c.c. Le soufre est insolub.

*“ 22 4 Le carbonate bary tiq .

est insoluble.

“ 336 Le chlore est soluble.

— 336 L’ac. suif, est solubl,

— 448 Le nitrate plombique

est soluble.

oxigène ; les acides par exemple ; les substances neutres , représentées par du charbon , plus les éléments de l’eau , enfin toutes les matières colorantes à peu d’exceptions près.

L’eau agit chimiquement sur les corps par l’un ou par l’autre de ses principes constituants , ou par les deux à la fois.

En mettant l’eau en contact avec le chlore, le brome et l’iode, on obtient un mélange oxidant puissant par suite de l’action que ces trois corps exercent sur l’hydrogène , l’un des principes constituant^ de l’eau, Q,uand au contraire l’eau est en contact avec un corps avide d’ oxigène , elle lui cède tout son oxigène , et son hydrogène est mis en liberté. On conçoit d’après cela que tous les corps composés binaires du premier ordre , dont les éléments ont une tendance marquée pour l’un ou pour l’autre des principes constituants de l’eau ou pour les deux à la fois, doivent être détruits par elle. On remarque, en effet, que les chlorides , les bromicfes et les iodides sont presque tous décom ■ posés par l’eau. Les corps halogènes, en s’hydrogénant, abandonnent les radicaux auxquels ils étaient unis , qui s’oxident alors aux dépens de l’oxigène de l’eau.

Les chlorides antimonique , phosphorique et arsénieux ne peuvent pas se trouver en contact avec l’eau sans se transformer sur-le-champ en chloride hydrique et en oxacides.

Le chloride antimonique. . Cll0Sb2 ) CboHm ou 5 éq. chloride hydriq.

d’après la formule ... H10 O5 j Sbz (L ou \ éq. acide antimoniq-

Le chloride phosphorique. Cl10 PJ ^ Cbo H1" ou 5 éq. chloride hydriq.

d’après la formule . . . H19 0*' j P2 CL ou 1 éq. acide phosphor.

Le chloride arsénieux . . CP! As1 j CL H" ou 3 éq. chloride hydriq.

d'après la formule. . . U(> O5 \ As2 O3 ou 1 éq. acide arsénieux.

Enfin en contact avec les matières organiques, l’eau agit, dans des conditions déterminées, comme agent oxidant des plus énergiques.

8Z|. .%p!>iiea<ioaîs. L’eau est employée à l’état de vapeur ou à l’état liquide; dans le premier cas on s’en sert ou pour

CARBONE ET HYDROGENE.

chauffer des bains de teinture , en utilisant la chaleur latente de la vapeur d’eau (voyez spécialement l’opération du garançage), ou pour vaporiser des tissus sur lesquels sont imprimées des couleurs qui se combinent plus intimement par cette opération. (Voyez Vaporisage. )

La vapeur d’eau est encore employée comme force motrice ; mais il n’entre point dans nos attributions de l’envisager ici sous ce point de vue.

Dans tous les cas où il s’agit d’utiliser la vapeur d’eau, les vases où elle est produite , désignés sous le nom de générateur, se recouvrent souvent à l’intérieur d’un sédiment formé par les matières salines qu’abandonne l’eau en passant à l’état de vapeur. Delà des inconvénients graves , en tête desquels il faut placer celui de faire perdre aux parois métalliques de ces vases une partie de leur pouvoir conducteur de la chaleur et d’obliger d’en porter les surfaces de chauffe à une température très élevée ; d’où résultent non seulement une plus grande détérioration des bouilleurs , mais encore des accidents fréquents et plus ou moins dangereux. Il est donc très important de prévenir la formation de ces dépôts , surtout quand ils sont séclimenteux et compactes , comme il arrive trop souvent. A cet effet plusieurs moyens ont été proposés. Des chimistes recommandent de mélanger à l’eau une certaine quantité de carbonate sodique ; d’autres donnent la préférence à l’alun. D’après des expériences qui nous sont propres , nous avons lieu de croire que les tartrates potassique et sodique sont les agents les plus propres à prévenir ces dépôts Stratiformes. 2 ou 3 kilog. de l’un de ces sels suffisent pour préserver de cet inconvénient , pendant des mois, des bouilleurs qui marchent sans interruption. Il s’y produit bien un dépôt , mais formé de tartrate calcique , sel pulvérulent qui n’adhère pas aux parois des vases. La dépense est d’ailleurs fort peu considérable; car, outre que ces tartrates sont à très bas prix , en vidant la chaudière on peut neutraliser l’eau par un sel de chaux et précipiter

ainsi l’acide tartrique qu’elle renferme encore en dissolution , à . l’état de tartrate calcique. Ce dernier, recueilli et décomposé par l’acide sulfurique , donne de l’acide tartrique étendu, et celui-ci , saturé par la soude ou la potasse , redevient propre à une nouvelle opération.

L’eau est employée dans presque toutes les opérations qui constituent l’art de la toile peinte ; dans le blanchiment et le nettoyage des toiles , dans les bains de teinture, et comme véhicule pour la confection des couleurs.

Les matières salines étrangères que renferme l’eau , et qui varient suivant la nature des terrains qu’elle traverse, exercent une très grande influence sur les opérations de teinture en particulier. Nous indiquerons les moyens de corriger et de prévenir autant que possible les fâcheux effets de ces substances quahdnous traiterons des matières colorantes.

Eau oxigènèe.

Formule . ht -j- O

Équivalent . 212,48

5} 85. Ainsi que l'indique son nom, ce corps résulte de la combinaison de l’eau avec l’oxigène. C’est le produit le plus remarquable que l’on doive à la chimie ; jusqu’ici on ne l’a obtenu qu’en décomposant certains suroxides par des acides en présence de l’eau. (Voyez notre Int. àl’Et.) Nous ignorons s’il se forme dans d’autres circonstances.

L’eau oxigénée est le corps oxidant le plus énergique que l’on connaisse; doué de la plus grande instabilité , il abandonne son oxigène dans des circonstances très variées et détruit les couleurs. (Voyez Blanchiment.)

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