‹ Traité théorique et pratique de l'impression des tissus (volume 2)Chapitre 46 sur 109 · CARBONATE , BI-CARBONATE , HYDRATE , BORATE ET CHLORURE SODIQUE · texte numérisé non relu

CARBONATE , BI-CARBONATE , HYDRATE , BORATE ET CHLORURE SODIQUE

Équivalent.

Carbonate sodique.

Formule du carbonate anhydre. G Na

, , C Na + S H’ O

— du carbonate hydrate. ... 1

( G Na + 1 0 H2 O

§110. Sous les noms de soudes brutes, naturelles ou artificielles , on vend dans le commerce le carbonate mélangé de beaucoup de substances étrangères.

Les soudes naturelles s’obtiennent de la même manière que les potasses du commerce , avec cette différence cependant qu on

les retire des cendres de diverses plantes qui croissent sur les bords de la mer , telles que : le barille ou salsola , le salicorna annua , les fucus , les algues , les varechs, etc. , et qui, d’après MM. Gay-Lussac et Vauquelin, renferment de l’oxalate sodique .

Quant aux soudes brutes artificielles elles proviennent toutes de la décomposition du sulfate sodique par la craie et le charbon. (Voyez à ce sujet les divers Traités de chimie, et notamment celui qu’a publié M. Dumas, t. II , p. A69.)

Les soudes naturelles et artificielles renferment trop de matières étrangères pour qu’on puisse les employer dans les fabriques d’indiennes au degré d’impureté où elles se trouvent : aussi n’est-ce plus que dans les savonneries que l’on continue encore à les faire servir à la saponification des corps gras. On vend maintenant plus particulièrement dans le commerce : 1° les cristaux de soude , ou du carbonate sensiblement pur , mais renfermant une quantité d’eau de cristallisation qui s’élève à 62,76 p. 0/0, ou 10 éq. d'eau pour 1 éq. de carbonate; 2° des sels de soude , ou du carbonate anhydre accompagné d’une proportion plus ou moins grande de sulfate , de chlorure , de sulfite , de sulfure sodique , et quelquefois même d’une certaine quantité d’hyposulfite..

On décèle la présence du sulfate et du chlorure sodique dans les soudes du commerce en suivant la marche que nous avons indiquée p. 109. La présence du sulfite y est rendue manifeste par plusieurs procédés. Quand il y existe en quantité notable , il suffit de dissoudre le sel dans un peu d’eau, et d’y verser quelques gouttes d’acide sulfurique concentré , qui déplacent l’acide* sulfureux du sulfite et le font reconnaître à l’odeur qu’il exhale. Quand, au contraire, il y a peu de sulfite, on commence par déplacer l’acide sulfureux au moyen de l’acide sulfurique employé en léger excès. A cet effet on dissout une certaine quantité de soude dans l’eau , et après avoir saturé d’acide sulfurique cette dissolution, on met l’acide sulfureux en évi-

dence, Soit par les moyens que nous avons indiqués p. 11, soit en versant dans la liqueur quelques gouttes de sulfate manganique coloré en rouge , et dont la couleur se trouve à l’instant détruite. On reconnaît les sulfures qui accompagnent la soude au moyen d’un papier imprégné d’un sel de plomb (carbonate ou acétate) , qui se colore en brun noirâtre en présence des sulfures. Le sulfo-sulfate est celui des hypo-sulfites qui se rencontre dans la soude. Quelques chimistes ont pensé qu’il suffisait, pour l’y découvrir, de saturer d’acide sulfurique une solution de sel de soude et de s’assurer si, pendant cette saturation, la liqueur devient louche ou laiteuse et dépose du soufre ; si , en un mot, il se produit alors le genre de phénomènes que l’on réalise si facilement en traitant un hypo-sulfite par un acide. Mais une soude contenant un mélange de sulfite et de sulfure produit aussi bien ces phénomènes; car du moment où l’acide sulfurique vient à déplacer l’acide sulfureux et le sulfide hydrique, ces deux corps se détruisent mutuellement pour former de l’acide sulfo-sulf urique, ainsi qu’un dépôt de soufre. Le meilleur moyen, selon nous, consiste à saturer presque complètement la soude d’acide acétique , et à verser ensuite dans la liqueur une solution d’acétate plombique , qui y détermine un précipité blanc , lequel peut être formé par un mélange de sulfate et de sulfo-sulfate plombique, ou par l’un ou l’autre de ces sels isolés. On lave légèrement ce précipité ; o;i le recueille sur un filtre pour le faire sécher, puis on le chauffe dans un tube de verre fermé à l’une de ses extrémités. S’il devient noir, on a la preuve qu’il contient du sulfo-sulfate , puisque S Pb O se décompose par la chaleur en gaz sulfureux et en sulfure plombique.

§ 111. Applications. Le carbonate sodique sert à former directement ou indirectement tous les sels sodiques dont on peut avoir besoin.

Il sert aussi à la préparation de la soude caustique ; mais on l’emploie surtout dans le blanchiment, où, d’après les procédés ac-

vil S MATIÈRES PREMIÈRES INORGANIQUES.

tuellement en usage, il a complètement remplacé la soude caustique. Par le moyen de ce sel, on opère la saturation et la décomposition de plusieurs sels libres ou imprimés sur tissus de coton et de lin. C’est ainsi qu’on le fait servir quelquefois à la précipita .tio.n des oxides ferriques et chromiques qui se trouvent à l’état .salin sur ces tissus , ainsi qu’à la neutralisation de l’alun qui .entre dans la composition de certains mordants, etc. Nous le .verrons figurer aussi dans quelques procédés appliqués à la fixation de l’indigo imprimé.

Bi~ carbonate sodique.

Formule . — O Na

Équivalent . = 945,77

§ 112. Ce sel, assez répandu dans le commerce, est spécialement destiné à la pharmacie ; il est d’un prix tel , que les fabricants de toiles peintes sont peu tentés d’en acheter. Ils préparent donc chez eux celui qui leur est nécessaire , mais par un procédé dispendieux et irrationnel, comme nous le verrons toutà-l’heure , tandis qu’aucun produit ne peut s’obtenir plus facilement. Il suffit, en effet, d’étaler tout simplement des cristaux de soude concassés sur des claies d’osier ou sur un tissu de crin tendu par des cadres de bois qu’on dispose en rayons, soit dans une chambre , soit dans des caisses où l’on fait arriver de l’acide carbonique. Ces cristaux, bientôt attaqués par cet acide , se séparent en deux parties : l’une , liquide, qui s’écoule dans un réservoir, moyennant une légère inclinaison donnée aux rayons; l’autre, solide, qui est du bicarbonate sensiblement pur. Dans les fabriques d’indiennes , pour l’obtenir, on fait dissoudre du carbonate sodique dans l’eau, et dans cette dissolution on verse peu à peu de l’acide .sulfurique préalablement étendu de; ce liquide , afin de ne pas développer de chaleur, ce qui déterminerait l’expulsion de l’acide carbonique. En faisant réagir 1 équivalent d’acide sulfurique sur 2 .équivalents de carbonate sodique , on forme du

sulfate et clu bi-carbonate sodique , d’après l’équation ciaprès :

C’est, comme on le voit, payer trop cher l’acide carbonique que l’on fait concourir à la formation du bi-carbonate sodique. (Voyez Bleu faïence et Bousage .)

§ 113. Le bi-carbonate sodique s’emploie tou¬

jours avec succès dans toutes les circonstances où il s’agit de neutraliser des acides libres ou imparfaitement saturés par des bases quelconques. C’est pour cette raison qu’on s’en sert dans l’opération du bousage, ainsi que dans l’impression du bleu et du vert solide, employés comme couleurs d’enluminage dans les garancés.

Hydrate sodique.

.== H2 O + Na — 503,38

Formule. .

Équivalent.

§ 11 II. Ce composé est connu sous le nom de soude à la chaux et sous celui de soude caustique. De même que l’hydrate potassique, il êst généralement produit dans les établissements de toiles peintes, à moins que ceux-ci ne soient à proximité d’une fabrique de produits chimiques. On le prépare au moyen du carbonate sodique, qu’on décompose par l’hydrate calcique., et en observant exactement les mêmes précautions que pour la préparation de l’hydrate potassique. (Voy. p. 113.)

§ 115. Applications. On se sert de l’hydrate sodique dans la fabrication des savons et dans celle de l’aluminate sodique. Avant l’introduction du procédé américain pour le blanchiment, la soude caustique était exclusivement employée pour ce genre d’opération ; maintenant elle est remplacée par le sel et les cristaux de soude. On se sert aussi de l’hydrate sodique pour monter des cuves d’indigo, et pour dissoudre des sulfures métalliques colorés et des matières colorantes, telles que le santal, le rocou, . etc.

Borate sodique.

Anhydre. Hydraté.

Formule. . . Bo Na Bo Na 1 0 H

§ 116. Dans le commerce, ce sel est plus généralement connu sous le nom de borax. On y trouve le borax prismatique, qui contient 10 équivalents d’eau pour 1 équivalent de borate sodique, et le borax octaédrique , qui contient la moitié moins d’eau. Le premier conserve sa forme; l’autre, exposé au contact de l’air, ne tarde pas à se déliter. Le borax prismatique, chauffé, fond dans son eau de cristallisation, se boursoufle ensuite, et finit par se vitrifier au rouge ; il a une saveur légèrement alcaline, verdit le sirop de violette, et ramène au bleu la teinture de tournesol rougie par les acides.

§ 117. Applications. Le borax est peu employé en teinture ; anciennement il entrait dans la composition de quelques couleurs; mais, maintenant, ce n’est guère que comme alcali faible qu’on Futilise. Quelques fabricants le substituent à la soude et à la potasse pour dissoudre le cachou, et l’introduisent aussi dans la composition de quelques couleurs d’application, en raison de la faculté qu’il possède de neutraliser les acides qui s’y trouvent, sans que l’acide borique, mis alors en liberté, nuise à , l’étoffe.

Chlorure sodiqu e .

§118. Il n’est que très rarement employé, et seulement comme agent chlorurant , ou comme corps propre à attirer l’humidité de l’air.

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